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Schlag en cavale

Publié le par Yv

Schlag en cavale, PH. Vender, FloVass, Mémoirédition, 2022

Dans un département rural de l'ouest de la France, Flo Vender, un jeune junky, erre de petites villes en petites villes, séjourne parfois en HP avant d'être définitivement exclu de la dernière unité de soins fréquentée.

Lorsque la directrice de cette unité est assassinée, c'est le jeune homme qui est prioritairement suspecté, d'autant plus qu'il est introuvable et qu'une cavale est très probable.

L'enquête des gendarmes va mettre à jour un pan inconnu et insoupçonné de la victime et de quelques personnes de son entourage.

Écrit à quatre mains comme il est de coutume de dire lorsque deux personnes s'associent pour un ouvrage, ce Schlag en cavale est assez inégal et traîne parfois dans des digressions oiseuses et des longueurs. Les dialogues empruntent à différents niveaux de langage ce qui les rend maladroits : entre argot et tournures plus complexes qu'on ne juxtapose que peu dans une même bouche. Usage parfois de mots ou d'abréviation que je ne connais pas du tout et dont il n'est pas aisé de trouver la définition dans un dictionnaire, bon Schlag par exemple, je ne connaissais pas et j'ai cru comprendre que ça signifie paumé, flemmard.

Il y a aussi de bonnes choses dans ce roman : la vie dans des endroits reculés, dans des zones rurales où tout le monde se connaît depuis l'enfance, où rien ne peut se cacher longtemps, ou chaque incartade est connue et montée en épingle par les bien-pensants. Les pensées les plus intimes, les travers des uns et des autres, leurs turpitudes sont aussi pas mal vues.

Les deux auteurs placent leurs personnages dans un mode où la drogue circule aisément, l'alcool itou et le sexe y est également très présent, ce qui leur fait mettre en quatrième de couverture l'avertissement suivant : "Lecture déconseillée aux moins de 16 ans". Je ne peux qu'opiner.

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RIP. Fanette

Publié le par Yv

RIP. Fanette. Mal dans la peau des autres,  (tome 5), Gaet's, Monier, Petit à petit, 2022

Fanette s'ennuie derrière le bar du rade minable dans lequel de pauvres types viennent boire leurs coups. Dans le lot des habitués, il y a l'équipe des nettoyeurs de maisons de morts. Derrick, Maurice, Albert, Eugène et Mike. Ce qu'aucun d'eux ne sait c'est que Fanette est flique et qu'elle les surveille. Mise là, à la suite d'une affaire qui a mal tourné, elle ronge son frein, s'emmerde dans les grandes largeurs. Jusqu'à ce que certains détails titillent sa curiosité.

Tome 5 de cette série, toujours excellente. Après les albums consacrés à Derrick, Maurice, Ahmed et Albert et avant Eugène (l'ultime tome, en 2023), c'est Fanette qui raconte sa vision des choses. La bague qui a disparu lors d'un nettoyage et qui cause bien des embêtements et des rebondissements voire met carrément le bordel dans la tranquille vie des (anti)-héros n'a toujours pas réapparu. Fanette n'est pas de l'équipe des nettoyeurs et sa vision des événements est extérieure, elle apporte son lot de détails que l'on colle pour reconstituer l'histoire. Mais que vient faire la police la-dedans ?

Scénario qui ne faiblit pas et dessin toujours au top, cette série est vraiment excellente, dure, noire, sans trop d'espoir en l'espèce humaine et en ses actes. Les mecs sont vils, veules, envieux, violents et vicieux. De la pure fiction, cela va sans dire.

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Potosí

Publié le par Yv

Potosí, Ander Izagirre, Baromètre, 2022 (traduit par Alfredo Mallet)

La ville de Potosí en Bolivie est connue pour ses mines d'argent et d'étain. Le Cerro Rico -littéralement le Mont Riche- est la montagne qui surplombe la ville. C'est lui qui renferme les précieux métaux. Depuis des siècles, il est exploité ainsi que les mineurs qui y travaillent par des compagnies privées qui font des profits. Et pour les femmes et filles de mineurs, c'est encore pire, lorsque l'espérance de vie culmine à 40 ans pour les hommes et 45 pour les femmes. Elles sont souvent veuves ou orphelines, subissent les violences des hommes et doivent vivre quasiment sans argent très en deçà du minimum, pauvrissimes.

Ander Izagirre s'est rendu à Potosí pour enquêter sur les conditions de vie de ceux qui vivent là-bas. Il y croise notamment Alicia, 12 ans, qui travaille dans la mine, une jeune fille qui va le marquer, qui va nous marquer.

Baromètre, une jeune maison d'édition associative édite ce livre d'Anger Izagirre paru en espagnol en 2015. L'auteur est journaliste, randonneur et auteur d'ouvrages alimentés par ses voyages. Son essai est dérangeant, parce que si comme moi, vous lisez tranquillement et confortablement installés dans un canapé ou un fauteuil, lire la pauvreté des habitants de Potosí et l'extrême pauvreté des femmes seules qui vivent autour de la mine est un un poil culpabilisant. Certes, je sais bien qu'on n'y peut pas grand chose et qu'encore une fois les compagnies font du profit sur le dos des plus pauvres, les asservissant de plus en plus et n'ayons pas peur des mots, les esclavagisant. Comment résister à "Alicia fait un travail qui n'existe pas, un travail pour lequel on la payait vingt pesos par jour - ou mieux, vingt pesos par nuit- un peu plus de deux euros. Maintenant, elle n'est plus payée, mais travaille gratuitement pour solder une dette que les mineurs de la coopérative attribuent à sa mère -une combine pour en faire des esclaves." (p.19/20)

Et l'auteur de tracer le portrait d'Alicia et de quelques autres qui travaillent au Cerro Rico, car il leur est impossible de partir. Il remonte également le temps et l'Histoire pour raconter le pays au temps de Huayna Capac, onzième roi de Cuzco, troisième empereur de Tahuantinsuo dont la richesse en or et argent était gigantesque, puis au temps des conquistadors espagnols qui voulaient des richesses, des métaux rares et précieux et qui ont exploité les habitants. Et l'église au comportement ambivalent : "La coca, condamnée en 1551 par le Premier Concile ecclésiastique de Lima à cause de ses propriétés diaboliques et pour être considérée comme un obstacle à la chrétienté, fut bientôt réautorisée quand on constata que, grâce à ses effets stimulants, les mitayos [indigènes exploités selon un système mis en place par les espagnols] pouvaient tenir deux jours de suite au travail sans manger." (p.33)

Et dans les retours historiques, de croiser Klaus Altmann-Barbie, Che Guevarra... la CIA qui s'allie aux dictateurs locaux pour éliminer des opposants... Mais celle qui restera en tête et qui incarnera pour l'auteur le Cerro Rico, c'est Alicia qui reverra dix ans plus tard, abîmée mais toujours en vie avec l'espoir de quitter Potosí.

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Trahie

Publié le par Yv

Trahie, Sylvain Runberg, Joan Urgell, Karin Alvtegen, Dargaud, (tome 1, 2015 et tome 2, 2016)

Trahie est l'adaptation française d'un roman de l'autrice suédoise Karin Alvtegen, paru chez Plon en 2005 puis chez Points en 2007, traduit par Maurice Étienne.

Rien ne va plus entre Eva et Henrik. Mariés depuis quelques années et parents du petit Alex, leur couple tangue. Lui a rencontré quelqu'un et refuse d'en parler à Eva. Il refuse d'ailleurs de lui parler tout simplement sauf pour le matériel. Eva décide de fouiller la vie de son mari pour savoir ce qu'il cache.

Jonas, jeune homme a quitté son travail de postier et passe ses journées à l'hôpital au chevet d'Anna, sa compagne, dans le comas depuis deux ans.

Il m'a été très difficile d'entrer dans le tome 1, totalement perdu entre les deux histoires et les retours en arrière, et puis enfin, j'ai pris le pli et tant mieux parce que cette histoire est passionnante et drôlement bien bâtie. Les hommes en prennent pour leur grade entre le psychopathe et celui qui veut bien une relation extra-conjugale mais sans en subir les inconvénients, notamment sur son couple. La lâcheté est courante.

Sylvain Runberg scénarise cette histoire, ce qui n'a pas dû être facile tant elle est retorse, et Joan Urgell dessine. Le diptyque est brillamment mené, et j'ai tourné les pages en me demandant à chaque fois ce que je trouverais derrière. La fin est flippante, je n'en dirai pas davantage, mais croyez-moi sur parole, ou mieux, allez le vérifier directement dans les albums.

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Malik Oussekine, contrecoups

Publié le par Yv

Malik Oussekine, contrecoups, Jeanne Puchol, LF Bollée, Casterman, 2022

Décembre 1986, en France c'est la première cohabitation, François Mitterrand est président et Jacques Chirac premier ministre. René Monory est ministre de l'éducation et Alain Devaquet ministre délégué à l'enseignement supérieur. Il présente une loi visant à instaurer des critères de sélection à l'entrée des universités et une autonomie pour ces établissements. Les étudiants ne veulent pas de cette reforme et dans les universités les mouvements de grève se multiplient. Le 4 décembre une grande manifestation est prévue à Paris et beaucoup de provinciaux font le voyage pour grossir les rangs et faire nombre. La foule des étudiants est impressionnante et la manif finit mal, par des heurts.  Le lendemain, pour ne pas se faire déborder, le ministre de l'intérieur, Charles Pasqua envoie ses Pelotons de Voltigeurs Motoportés chasser le manifestant. Deux flics sur des motos, un pilote et un passager muni d'une grosse matraque pour frapper en marche. Malik Oussekine, 22 ans, rentre paisiblement chez lui lorsqu'il se fait attaquer par un duo de flics. Il mourra de ses blessures.

Jeanne Puchol et LF Bollée détaillent cette nuit fatale pour le jeune homme, même pas étudiant et encore moins manifestant. Ils créent des personnages fictifs qui vont croiser ou rencontrer la victime ou qui vont permettre de raconter précisément et de différents points de vue le contexte. Le 4 décembre 1986, j'étais étudiant et manifestant à Paris et la mort de Malik Oussekine nous avait touchés et choqués, comme tous les étudiants. La veille de sa mort, nous repartions vers la gare Montparnasse dans la cohue et le désordre pour échapper aux gaz lacrymogènes et aux heurts, nous sentions bien que la tension était vive. Ce qui est terrible en plus de cette mort, c'est que le pouvoir en place a tout fait pour se dédouaner et pour rejeter la faute sur Malik Oussekine.

L'album en noir et blanc, est sobre et ne tombe pas dans un manichéisme qui serait trop facile, il montre des flics violents bien sûr et fiers de leurs actes, mais d'autres qui refusent de laisser passer les actes de leurs collègues. Il est précédemment paru en 2016, et cette nouvelle édition vient questionner les violences envers les manifestants. Elle est aussi un complément au film de Rachid Bouchareb, Nos frangins, qui devrait sortir bientôt et à la série Oussekine d'Antoine Chevrollier, récemment diffusée que je n'ai pas encore vue.

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La cygne noire

Publié le par Yv

La cygne noire, Dominique Chevallier, In8, 2022

"Cygne noir. Se dit d'un phénomène imprévisible dont la survenue est considérée comme proche de l'impossible, mais qui survient un jour et change l'ordre des choses." (4ème de couverture)

Suzanne Schubert. Élevée par un père ex-professeur de philosophie, handicapé à la suite d'un accident et très dur avec elle. Elle décide qu'elle sera un jour Présidente de la République. Avant d'arriver au sommet, elle s'entraîne avec les futurs prétendants, entre à Sciences Po, ne s'y fait pas beaucoup d'amis. Sa froideur, ses réparties cinglantes, sa grande intelligence et sa culture la rendent infréquentable car redoutée. Suzanne est irrésistible, tenace, pugnace. tout pour réussir.

Excellent roman qui débute avec une scène tragique certes, mais racontée avec une légèreté qui m'a fait pouffer : "Anne était au volant. La survenue d'un puissant désir allait lui coûter la vie. Cela faisait des mois que Pierre ne l'avait pas touchée. Elle avait soudain eu besoin de tenir son sexe dans la main. Tout en conduisant elle entreprit d'ouvrir la braguette de son mari. Tentant de venir à bout d'un bouton récalcitrant elle détourna la tête quelques secondes le regard de la route. Le choc fut effroyable. Anne mourut sur le coup." (p.7) Le reste du roman se déroulera dans le monde politique dans lequel Suzanne s'engage. Elle a trouvé le bon pigeon, celui sur lequel elle va s'appuyer pour grimper. Ce sera Antoine Gouda qui, encore loin dans les sondages, rêve de l’Élysée. Les allusions sont légion, dans les descriptions des personnages, dans certains noms : l'un est un mélange entre Straus-Kahn et Vals et Antoine Gouda/François Hollande : "Suzanne a compris que sur à peu près tous les sujets il choisit d’adopter une position médiane, mais légèrement infléchie vers la gauche afin de se trouver en parfait équilibre sur l'axe central du Parti socialiste." (p.83)

J'ai ri parfois, jaune souvent tant le roman sonne réaliste et se moque de la classe politique en général qui vit dans un entre-soi, qui voit d'un mauvais œil cette jeune femme débouler et remettre en cause la prédominance masculine et misogyne. C'est extrêmement vachard et bien vu, méchant et drôle -on peut rire des puissants qui se moquent si souvent de nous. Le cynisme est présent à toutes les pages, celui des élus bien sûr, le mépris, le machiavélisme. Leurs mots sont creux, ils les vident de leurs sens. J'en ai noté des pages, mais je ne peux pas toutes les citer, c'est dommage parce que l'auteur est très observateur et analyse finement les us et coutumes politiques.

Dominique Chevallier décrit un vieux monde, celui de la politique qui ne sert que quelques privilégiés. Suzanne est une jeune femme éminemment romanesque, ambitieuse, voulant prouver qu'une femme vaut largement un homme voire davantage. Elle fracasse ce panier de crabes. Elle est forte et fragile, mais peu le savent. Un personnage qu'on n'oublie pas aisément qu'on n'a d'ailleurs point envie d'oublier. Et de se prendre à rêver qu'il en existe vraiment des comme elles qui viendraient exploser ce vieux monde...

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La différence invisible

Publié le par Yv

La différence invisible, Mademoiselle Caroline, Julie Dachez, Delcourt, 2016

Marguerite a 27 ans, elle vit en couple et travaille pour une grande entreprise, dans un boulot qu'elle n'aime pas, mais il faut bien vivre... Mais Marguerite est différente : elle ne supporte pas les bruits, la foule, les cris, ne se sent jamais aussi bien que chez elle devant un bon livre avec son chien et ses chats. Très ritualisée, elle part tous les jours à la même heure pour rejoindre le bureau, fait le même trajet. Incapable de mentir, elle est "cash" et si elle trouve un pull moche, elle dit qu'il est moche et tant pis pour la porteuse du-dit pull.

Fatiguée de ne jamais se sentir à sa place, de faire des efforts considérables pour tenter de faire bonne figure, un jour, elle fait des recherches et découvre l'autisme Asperger. Et si c'était cela ?

Marguerite -alias Julie Dachez qui scénarise- est joliment dessinée par Mademoiselle Caroline, en noir et blanc au début, ce qui montre bien les répétitions de ses journées, sa relative transparence aux yeux de certains qui la trouvent folle, complètement barrée ou au mieux bizarre, étrange. Quelques touches de rouge dans les bavardages des collègues et de la couleur enfin, lorsqu'elle sait qu'elle est Asperger. Un soulagement de savoir qu'elle est juste différente, de pouvoir mettre un mot sur cette différence, que l'entourage comprenne, même si au vu des remarques, c'est loin d'être gagné.

Cette bande dessinée est un très bon moyen de comprendre comment vivent les autistes, comment pour eux, l’interaction avec les autres est difficile et leur demande des efforts, comment le bruit leur est physiquement insupportable... C'est aussi un album qui parle de la tolérance et de l'acceptation des us et habitudes de tous ; ce n'est pas parce qu'untel ne vient pas aux soirées, qu'il n'a que peu de conversation qu'il n'est pas digne d'intérêt et qu'il n'a pas une vie remplie, il n'est pas forcément autiste, puisque l'autisme ne se limite pas à une certaine asociabilité -même importante.

Julie Dachez a une chaîne Youtube sur laquelle elle parle de l'autisme mais pas seulement.

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L'archipel d'une autre vie

Publié le par Yv

L'archipel d'une autre vie, Andreï Makine, Seuil, 2016 (Points, 2017)

Un jeune homme arrive à Nikolaïevsk pour faire un stage en géodésie ainsi qu'en a décidé le gouvernement. Dans cette ville de l'extrême est sibérien, il remarque un homme qui ne se comporte pas comme les autres et décide de le suivre. Et cet homme raconte comment, quelques années auparavant, en 1952, militaire, il fut contraint de traquer dans des terres difficiles un criminel échappé d'un camp. Pavel Gartsev et quatre autres hommes mènent la chasse mais le fugitif leur échappe régulièrement.

Pff, quel beauté, quel panache ! Ce livre qui traînait depuis un moment et dont je retardais l'ouverture, ce livre disais-je, je l'ai prêté à ma fille qui me l'a rendu quelques jours plus tard en me disant qu'elle l'avait dévoré et qu'il était excellent. J'aime Andreï Makine et me reste toujours en tête ce magnifique roman qu'est La femme qui attendait. J'entame donc la lecture de L'archipel d'une autre vie et ainsi que prévu, je ne peux le lâcher tant l'histoire est belle. Un roman d'aventures digne des plus grands du nom. Du souffle, des paysages à le couper, une traque qui n'en finit pas parce que la ruse du fuyard ralentit ses poursuivants. Une période compliquée dans le pays, Staline est encore au pouvoir, finissant mais toujours là. La paranoïa, la peur, les intimidations, la torture sont érigées en méthode de gouvernement à tous les niveaux et Pavel, le moins gradé du groupe sent bien qu'en cas d'échec, c'est lui qui paiera les pots cassés. Le groupe n'est pas soudé, les hommes se jaugent et se haïssent, chacun jouant pour lui. Les rapports entre eux en ces temps tendus sont formidablement rendus par l'auteur. Tout cela dans des décors incroyables et des conditions difficiles.

Et puis, en marge de l'aventure proprement dite, il y a le cheminement de Pavel, ces questions qui le hantent, de l'instinct guerrier qui poussent les hommes au pire des exactions envers autrui et surtout les femmes. C'est aussi le roman d'un homme qui change, qui ne sera plus jamais le même après cette traque.

Et enfin, il y a l'écriture d'Andreï Makine, superbe, juste, qui décrit les hommes, leurs relations, leurs angoisses et tourments et les paysages : "Une légère brume voilait l'horizon. L'océan uni au ciel était le seul élément qui nous entourait de toutes parts. Et le soleil, déjà bas, renforçait cette sensation de fusion, recouvrant tout d'un poudroiement doré, ne laissant pas le regard s'accrocher à un détail. Nous étions, je le voyais à présent, au point culminant d'une petite péninsule et la hauteur du lieu créait cet effet de lévitation au-dessus de l'immensité océanique." (p.179)

Un grand roman, coup de cœur, assurément.

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Ça coince ! (59)

Publié le par Yv

Un mariage en dix actes, Nick Hornby, 10/18, 2021 (Stock, 2020, traduit par Christine Barbaste)

Tom et Louise suivent une thérapie de couple après un incident de parcours résultant d'une certaine routine mal supportée. Chaque semaine, ils attendent dans le pub avant leur session et commentent les comportements du couple qui les précède chez la thérapeute. Dix séances pour rejouer leur mariage.

Bof, bof, bof... Mais qu'est-ce qui m'a pris, ce matin-là, d'aller flaner dans les allées de cette grande surface culturelle et surtout d'y acheter des livres ? Surtout celui-ci, les autres ça a été. En fait, je me suis trompé de Nick, je croyais que j'avais déjà lu Nick Hornby, mais c'était manifestement un autre. Ne pas se fier à sa mémoire lorsqu'une impulsion d'achat se pointe la cinquantaine passée...

Le livre est hyper dialogué, pas ce que je préfère, ça tourne autour du couple, mais ça ne va pas très loin. J'aime pourtant l'humour anglais, mais là, je le trouve plat, consensuel.

Une -toute- petite lecture qui pourra plaire à des lecteurs qui ont "du temps de cerveau disponible", de ceux donc qui sont recherchés sur TF1 -ceci dit sans aucun mépris, il en faut pour tous les goûts, même si là, bon... quand même !

Le secret de la cité sans soleil, Gilles Legardinier, Flammarion, 2022

Victime d'un attentat alors qu'il court sur les bords de Seine avec son ami Nathan, et miraculeusement quasi indemne, une homme st récupéré par un Groupe auquel il appartient et emmené en Écosse. Là-bas, les responsables du Groupe, lui font comprendre que l'enquête qu'il a mené contre des vendeurs d'armes l'a mis en danger et qu'il doit  tout quitter et changer d'identité.

Contraint, l'homme accepte mais tient à en informer Nathan, lui aussi sorti indemne de l'explosion.

Bon, c'est mon premier Gilles Legardinier ! Ce livre m'a été envoyé en service de presse, et malheureusement -ou pas- ça n'a pas fonctionné. Je dois avouer que les intrigues sur de mystérieux écrits ou des trésors de sociétés plus ou moins secrètes des temps passés -ici, les Templiers et les Cathares- ne m'ont jamais ni attiré ni passionné. Encore une fois, ça fait flop ou pschitt ou les deux, et ce, dès le début. Je peine à m'accrocher à un écrit qui sans être désagréable n'a rien de captivant. C'est assez plat, consensuel. Je veux bien entendre qu'il faut faire plaisir au plus grand nombre, sans doute suis-je décalé dans mes choix et mes goûts et que le consensuel ne me sied point.

Tant pis, je ne doute pas que ce nouveau titre de l'auteur trouvera son public et qu'un grincheux comme moi trouvera d'autres titres qui lui iront mieux.

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