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Saison des Roses

Publié le par Yv

Saison des Roses, Cholé Wary, Ed. FLBLB, 2019

Barbara est la capitaine de l'équipe de football les Roses de Rosigny. Cette année, leurs bons résultats leur permettent de jouer la qualification pour le championnat national féminin U19. Mais les garçons, avec moins de panache, jouent également pour le championnat national. Le club, en délicatesse financière décide de privilégier les garçons. Barbara et ses copines, énervées, décident de ne pas se laisser faire et de sauver l'équipe.

Sélection pour le Prix BD des Lecteurs. Je ne suis pas fan ni connaisseur du football et du monde qui tourne autour, mais il serait mesquin de ma part de m'arrêter à cela. Certes, l'album traite allègrement de ce sport et des efforts et du travail à produire pour arriver à des résultats. Toujours plus importants pour les filles que pour les garçons. Car c'est surtout de cela dont il est question : la différence entre les mecs et les filles. L'équipe masculine malgré le peu d'efforts de ses joueurs jouera l'an prochain en national pour l'image du club. Les filles, elles, vont devoir prouver leur valeur, se démener, se défoncer, et malgré cela ne seront pas sûres de leur avenir. Même si le sport féminin est de plus en plus médiatisé, il reste toujours très en deçà de la représentation de son homologue masculin dans les médias et auprès du public. Surtout dans certains domaines, tel le foot.

J'avoue qu'il m'a fallu m'habituer au trait rond et parfois imprécis de Chloé Wary et à ses couleurs pastels, comme si l'album était resté au soleil qui en aurait altéré certaines teintes, d'autres étant restées à l'ombre, vives. Et puis, ce qui m'a un peu gêné devient une signature, un plus évident. C'est peut-être un détail que tous les lecteurs et lectrices ne noteront pas, mais les ciels de Chloé Wary sont superbes.

Très bel album, un peu long cependant, qui malgré le contexte footballistique pas dans mes goûts, est très convaincant et aborde le féminisme, la différence hommes/femmes dans le sport, le travail, les médias de manière originale et directe.

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Le Nouveau Président

Publié le par Yv

Le Nouveau Président, Yann Rambaud, Delcourt, 2019

L'ancien Président à disparu, une nouvelle élection dont les résultats sont imminents a été organisée. A peine élu, le Nouveau Président fait face aux puissants lobbys du Parmesan qui n'hésitent pas à menacer physiquement tous ceux qui s'opposent à eux. Le Nouveau Président hésite.

Moi aussi, j'hésite : est-ce un pur chef d’œuvre absurde, loufoque, totalement frappadingue ou une escroquerie, une BD ratée ? En fait, je suis entre les deux. J'ai eu du mal à entrer dedans, et puis, je me suis pris au jeu, à l'humour franchement décalé avant de me lasser. Il faut se laisser faire, sans trop se poser de questions, mais même avec cette méthode, je me suis dit que ce n'était qu'une succession de blagues plus ou moins bonnes, de facilités et de vraies trouvailles, sans but précis, sans fil conducteur. C'est un peu vain. Ce qui est très bon, c'est que malgré des traits esquissés, des yeux absents, on reconnaît les personnages qui sont mis dans des situations abracadabrantesques.

Sans doute ne faut-il pas trop se prendre la tête à la lecture de cet album : c'est une succession de blagues sur les travers des politiciens, des médias et de nous aussi un peu. Dès lors, si c'est un album ambitieux, censé dénoncer les turpitudes du monde politico-médiatique, c'est raté, parce qu'attendu et sans réelle invention. En revanche, si c'est un ouvrage qui voulait nous faire rire et sourire de manière décalée sur notre société actuelle, l'objectif est atteint.

Sélection du Prix Lecteurs de la BD.

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Aiôn

Publié le par Yv

Aiôn, Ludovic Rio, Dargaud, 2019

En 2312, Lexi Néel est réveillée après 12 années de sommeil forcé. Elle est envoyée sur la planète Aiôn de laquelle un message d'alerte a été envoyé. C'est Maxine, l'intelligence artificielle qui la reçoit, et Lexi découvre alors une base scientifique abandonnée et le cadavre du dernier chercheur l'ayant habitée.

BD lue dans le cadre du Prix BD 2020 de Lecteurs.com pour lequel j'ai été juré cette année. Six titres dont je vais parler les six prochains jours. Un par jour, et on commence par le premier reçu, pas mon favori. Les autres suivent dans le sens croissant de mon intérêt. Suspense...

Atmosphère Science Fiction, qui, a priori, n'est point mon genre, mais il m'arrive parfois d'être agréablement surpris. Pas là. L'album n'est pas déplaisant, le dessin est soigné, charmant, souvent seul, sans texte, donc plus libre d'interprétation. Mais le scénario est mince et peu original. Le voyage dans le temps est un thème souvent exploité en SF. Ludovic Rio fait dans la répétition de ses cases et son histoire s'étale un peu longuement à mon avis sans apporter d'originalité.

Un poil déçu donc, mais album qui pourra ravir nombre de lectrices et lecteurs, notamment dans les plus jeunes.

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Cannonball

Publié le par Yv

Cannonball. L'adolescence n'est pas une chanson douce, Sylvia Hansel, Intervalles, 2020

Cinquante chansons. Une autobiographie en cinquante chansons rock, tel est le résumé de ce livre. Sylvia, née au début des années 80 écoute et lit sur le rock depuis sa pré-adolescence, en total décalage avec ce que les jeunes de l'époque écoutent. Mal dans sa peau, réservée, en délicatesse avec ses parents, elle se réfugie dans la musique, le rock. D'abord le Velvet  Underground et Lou Reed, puis les Rolling Stones, The Who, The Breeders...

Chaque chanson choisie par l'autrice et décrite lui rappelle un moment douloureux ou joyeux de sa vie.

Une quinzaine d'années de plus pour moi et élevé dans la chanson française, à grands coups d'émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, le décalage est grand. Déjà, Cannonball, pour moi, c'est Supertramp... moins rock que The Breeders, autant dire que c'est mal parti entre Sylvia et moi. Fort heureusement, avec le temps, et pour parfaire et surmonter mon handicap-variétés-françaises-des-années-70, j'ai découvert pas mal de groupes dont Syvlia Hansel parle et je les écoute toujours plus ou moins régulièrement. Et surtout, certes, moins rock, j'ai découvert mon Graal, FIP...

La liste est résolument rock, parfois trop pour mon ouïe sensible. Certains groupes m'étaient totalement inconnus ou j'en connaissais le nom mais pas les titres ou vice-versa, ce qui m'a permis de les découvrir, car avec ce genre de livres, on va forcément chercher sur un site d'écoute musicale les morceaux choisis. Si les entrées sont musicales, elles ne sont finalement que le contexte et le prétexte pour parler d'une adolescence compliquée -mais laquelle ne l'est pas-, dans une famille qui implose, des déménagements et éloignements des amies. Une jeune isolée parce que loin des goûts des jeunes de son âge et loin des préoccupations du moment. Décalée donc. La musique est ce qui tient Sylvia, ce qui, dans l'adversité, lui permet de tenir. L'objectif étant d'apprendre la guitare et de monter un groupe. C'est aussi le passage à l'âge dit adulte et l'ouverture à la conscience politique et là, c'est davantage Sylvia qui a un handicap sur moi : propos familiaux beaufs et racistes, réactionnaires auxquels j'ai plus ou moins échappé (bon, il y a toujours un tonton, un cousin ou autre qui cumule ces 3 tares et d'autres encore...)

Sylvia Hansel est cash, directe et se moque aisément des gens qui ont mauvais goût -entendons ceux qui n'ont pas les mêmes qu'elle- sans omettre de se moquer d'elle-même. J'ai commencé ce livre, emballé, puis cinquante chansons, ça fait un peu long et certaines chroniques sont davantage des critiques rock que des bribes de l'adolescence de l'autrice et m'ont moins intéressé. Mais on sent bien tout le pouvoir de la musique, tout ce qu'elle a permis à la jeune fille puis jeune femme de réaliser et de surmonter. Le rock en tant que ressource. Il est aussi un marqueur de la société, il se féminise, aborde des sujets longtemps laissés de côté comme la pression sociale, le rapport de classe, critique les puissants et les décideurs. Le livre de Sylvia Hansel se déguste par petites touches, histoire de bien découvrir en même temps que le texte, la chanson qui l'illustre.

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L'île abandonnée

Publié le par Yv

L'île abandonnée, Pierre Pouchairet, Palémon, 2020

La commandant Léanne Vallauri et ses amis sont installés à bord d'un Airbus qui les ramène en France après leurs vacances à New York et qui devrait arriver avant la tempête d'une force peu commun qui est annoncée en France et qui devrait être particulièrement violente en Bretagne.

Avant que l'avion ne décolle les services américains ont de sérieux doutes sur certains passagers qu'ils soupçonnent de vouloir perpétrer un attentat et sans doute faire sauter l'avion au-dessus de Paris provoquant ainsi des milliers de victimes. Les autorités françaises interdisent à l'Airbus le survol de la métropole. Il doit donc se poser à Ouessant, juste avant l'ouragan annoncé. C'est là, dans une ambiance cauchemardesque, que Léanne et ses amis devront tenter de faire la lumière sur les doutes américains.

La série Les trois Brestoises avec Léanne commandant de police, Vanessa psychologue et Élodie médecin-légiste est hautement addictive et cette cinquième aventure n'échappe pas à la règle. Privilégiant cette fois-ci l'action, le rythme et la vitesse, Pierre Pouchairet écrit-là un roman catastrophe très cinématographique, qui change un peu des premiers tomes tout en gardant ce qui en fait le sel. C'est bien parce qu'on ne s'ennuie pas, pas le temps, et que la série ne ronronne pas, comme parfois d'autres le font -pas celles que je lis, d'autres- ; enfin, ça ça m'arrive davantage avec des séries télévisées qui à force de saisons s'épuisent et moi avec. Là, rien de tout cela, c'est fou et lorsque l'on croit que le pire est arrivé, on s'aperçoit quelques lignes plus loin qu'il n'en est rien, puisque l'imagination du romancier pousse les limites. 

Toujours attaché à l'actualité, aux thèmes qui rendent notre société violente : le terrorisme, la peur, la soif de vengeance, l'auto-défense, la haine des flics, ... Pierre Pouchairet construit un polar riche et dense dans lequel il n'hésite pas à mettre en scène les présidents français et ses ministres et leurs homologues étasuniens et notamment le "twitteur compulsif", et c'est très crédible. La vie de ses héroïnes est un peu en retrait, elles n'ont que le temps de penser à l'immédiat, pas à leur avenir. Et dans les circonstances décrites, on les comprend. Vivement la suite de cette série plus qu'excellente...

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Nantes Bang ! Bang !

Publié le par Yv

Nantes Bang ! Bang !, Stéphane Pajot, D'Orbestier, 2020

Onze quartiers de Nantes, onze nouvelles. Recueil noir et rock et local. Stéphane Pajot, journaliste à Presse Océan et écrivain, moult fois ici chroniqué fait le tour de la ville qu'il affectionne tant et qu'il connaît par cœur. Parfois, c'est son journaliste fétiche qui est le narrateur, Mathieu Leduc. Parfois, il est absent. Mais toujours la ville est là et ses habitants, ceux de la nuit, ceux qui fréquentent les cafés-concert, les rades où les habitués se rencontrent, les musiciens, les rockeurs...

Chez Stéphane Pajot, tout est élégance et simplicité. Ses personnages ressemblent à ceux qu'on croise tous les jours, sans doute parce qu'ils sont ceux qu'il croise tous les jours : les patrons de bar, les copains, les journalistes, photographes, musiciens... Très attaché à Nantes, il la raconte en détail ce qui ravit le Nantais -ou presque- que je suis et qui ne connaît pas tout et qui ravira ceux qui ne connaissent pas la ville, comme une première visite.

Une petite inclinaison pour Cimetière Saint-Jacques (Nantes sud), parce que d'abord l'histoire me plaît mais aussi parce que c'est le quartier de mon enfance. Pour ne rien cacher, j'avais envisagé d'écrire cette recension en détaillant mes nouvelles préférées, comme je la fais souvent pour les recueils de nouvelles. Mais toutes me plaisent parce qu'elles mettent en scène des gens simples et les relations qui les lient. L'amitié qui fait faire des choses folles. Elles peuvent aussi parler de vengeance, de meurtre, n'oublions pas que c'est du noir. L'alcool et le rock coulent en abondance, n'oublions pas que c'est du noir. Et parfois, elles flirtent avec le "no future", n'oublions pas que c'est du noir.

Si l'on connaît l’œuvre de Stéphane Pajot, on peut reconnaître tel ou tel personnage parce la nouvelle qui lui est consacrée est devenue un roman, et c'est un plaisir que de plonger dans les origines. Si l'on ne connaît pas les livres de Stéphane Pajot... eh bien c'est un tort que l'on peut contredire en lisant ce Nantes Bang ! Bang ! qui bénéficie en outre, d'un couverture superbe.

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La danse du Vilain

Publié le par Yv

La danse du Vilain, Fiston Mwanza Mujila, Métailié, 2020

Lorsque le Congo s'appelait encore le Zaïre et que le voisin angolais était en guerre civile, ses habitants passaient la frontière pour aller traquer le diamant, oubliant que chez eux il y en avait aussi, sous la protection de Tshiamuena, la Madone des mines de Cafunfu.

A Lumbumbashi, au Zaïre, les conspirations sont légion, le temps est proche du changement de régime politique et de dirigeants. Sanza, jeune homme qui a quitté sa famille est approché par M. Guillaume et sa police secrète. Il y a aussi tous ces enfants des rues à l'avenir incertain, Franz un écrivain autrichien et le Mambo de la fête où tout se finit toujours avec l'inévitable danse du Vilain.

Foisonnant et ensoleillé. Musique omniprésente, personnages tous plus barrés les uns que les autres. Ça part un peu dans tous les sens, aucun destin n'est tout tracé ni linéaire. Chaque anecdote devient un événement et chaque événement peut changer le cours d'une vie, autant pour la faire monter vers les sommets d'un pouvoir que pour plonger dans les abysses. Personne dans le roman de Fiston Mwanza Mujila n'est à l'abri de devenir quelqu'un d'important ni de replonger plus vite qu'il n'est monté.

Dans une région très troublée, le romancier met en scène des personnages qui ne le sont pas moins, qui ont envie de sortir de leur condition de pauvre, de se libérer du poids des liens familiaux, qui y parviennent plus ou moins. Travail précaire et peu payé, alcool, prostitution, guerres, tout cela constitue le fonds du roman, très présent, très fort dans lequel tentent de survivre Sanza, Tshiamuena, tous les chercheurs d'or et autres.  Dans une langue très imagée, parfois très drôle il aborde des thèmes qui ne le sont pas toujours : "Des croyances plus persistantes encore sur l'homme blanc à mi-chemin du cannibalisme hantaient la tête des gens. Les esclaves convoyés dans des embarcations ne rentraient plus jamais. Alors ceux qui tentaient d'expliquer le phénomène conjecturaient que l'homme blanc les sectionnait en morceaux, grillait des bouts qu'il mangeait avec grand appétit. A partir de la viande qui restait, il confectionnait des fromages et, puisqu'il n'entreprenait jamais les choses à moitié, il remplissait des citernes de sang humain à partir duquel il fabriquait du vin de la même couleur." (p.71) C'est assez cocasse de trouver ce retournement de pensée, puisque l'homme blanc a longtemps eu peur de anthropophagie de l'homme noir qu'il venait coloniser et réduire en esclavage.

Fiston Mwanza Mujila est né en République Démocratique du Congo et vit en Autriche. La danse du Vilain est son deuxième roman.

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Maktaaq

Publié le par Yv

Maktaaq, Gildas Guyot, In8, 2020

1989, banlieue de Los Angeles, Seth, la vingtaine vivote grâce à des petits boulots, à l'équipe de baseball des Dodgers dont il est supporter, au canapé familial qu'il est souvent le seul à occuper et au lit de Suzanne, parfois.

Lorsque Ati, son grand-père inuit débarque au volant de sa Chevrolet Impala de 1967, la vie de Seth est en passe de changer à un point qu'il n'imagine point encore.

Deuxième roman de Gildas Guyot après Le goût de la viande. Très différent. Plus classique. Roman initiatique et de transmission d'une culture oubliée, phagocytée par la vie à l'américaine, d'un grand-père à son petit-fils.

C'est très bien écrit, l'auteur usant de différents niveaux de langage dans une même phrase : des mots peu usités parfois désuets accolés à des tournures familières ou courantes. Si certains passages peuvent paraître longuets, les suivants font regretter d'avoir douté tant ils sont beaux. Il en est ainsi d'un monologue d'Ati expliquant à son petit-fils l'arrivée de l'homme blanc dans son village inuit, et comment encore une fois cet homme blanc a perverti les locaux, les a soudoyés à coup d'alcool et de cigarettes, leur faisant miroiter les bienfaits de sa civilisation  "... Vois-tu gamin, quand j'étais jeune, mon père m'apprit tout ce que je devais savoir pour mériter ma place, pour pouvoir survivre et faire survivre ma famille sur ces terres gelées. Il m'apprit à pêcher, à chasser, à monter une tente. A pêcher et à chasser et à construire un feu. Ah ça oui. Mais il m'apprit aussi que je devais me méfier de l'homme blanc, de celui qui débarquait avec sa croyance, son fusil... sa croyance, son fusil et ses alcools..." (p.136)

Deux héros attachants, qui, lorsqu'on se demande où l'auteur veut nous emmener, nous accompagnant doucement mais sûrement dans leur voyage sur la route 66.

Certains romans vous font de l'effet en les lisant, effet qui s'estompe plus ou moins rapidement après lecture. D'autres vous font de l'effet en les lisant, effet qui perdure longtemps, voire très longtemps. Ce roman de Gildas Guyot ne m'a pas fait un effet foudroyant pendant ma lecture, même si certaines pages ainsi que je l'exprimais plus haut m'ont touché, mais à peine fini et posé, il continuait à vivre en moi et je pense qu'il est de ces romans qui ne s'effaceront pas de sitôt. Seth et Ati comptent. Quant à la signification du titre, je laisse le soin à l'auteur de l'expliquer, à sa manière, dans les dernières pages.

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Les seins des saintes

Publié le par Yv

Les seins des saintes, Christian O. Libens, Weyrich, 2019

Liège, au sein de la librairie Au pendu de Georges, officie un bouquiniste passionné de Simenon et qui a pour patronyme, Georges Simon. Francis Dangé, son ami, flic surnommé Maigret, le visite souvent autour d'un verre de Gigondas. Guibert, leur ami commun se joint à eux, entre deux tags sur des 4x4 qu'il vomit et deux poèmes qu'il écrit.

Pendant que ces trois-là refont le monde, icelui tourne et à Liège, c'est un dévoreur de seins de femmes qui sévit.

Polar atypique, parodique et délicieux. Construit en très couts chapitres alternant les narrateurs : les trois amis chacun leur tour, leurs compagnes, les amis de celles-ci, le tueur. Christian O. Libens procède par ellipse, par allusion et tout s'enchaîne sans aucun problème, tout est clair. Il y est beaucoup questions de seins, c'est un roman "amoureusement sexué" qui fait la part belle aux femmes, à toutes, pas forcément aux filiformes érigées en reines de beauté par les standards, plutôt aux femmes normales, celles qui vivent avec des hommes normaux ni bodybuildés, ni gonflés aux stéroïdes...Et ça fait un bien fou de passer un moment dans un roman avec des gens que l'on peut croiser tous les jours. Profondément humain, ce livre n'en dédaigne pas pour autant une visite de Liège ainsi que moult informations sur la vie et l’œuvre de Georges Simenon. On y entrevoit, brièvement, en clin d’œil, Stanislas Barberian, bouquiniste et héros de Francis Groff (Morts sur la Sambre).

Les héros nommés sont les trois amis, mais celles qui apparaissent le plus et qui feront avancer l'histoire, plus que le flic qui n'enquête pas vraiment ou plus exactement qui n'a rien à se mettre sous la dent, ce sont les femmes : Lysiane, Tina, Scholastique, Vanessa, Indépendance, ... Un polar qui, bien que le tueur ne s'en prenne qu'aux tétons des femmes, est très féministe.

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