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L'ombre de la brume

Publié le par Yv

L'ombre de la brume, Gérard Chevalier, Palémon, 2019 (1ère édition, Coop Breizh, 2003).....

Yvon Leguern est médecin à Saint-Cadou, dans les Monts d'Arrée. Il vit pour son travail, est totalement dévoué à ses patients qu'il ne fait parfois pas payer, ou alors en denrées. Yvon vit avec Tryfin, sa femme, et leurs enfants. Françoise, son assistante a une place importante dans sa vie, qui, comme de bien entendu, est amoureuse de lui. 

Tout se déroule paisiblement dans ce hameau breton jusqu'au jour où des objets disparaissent mystérieusement de la maison des Leguern, début d'une bien étrange histoire.

Léger, distrayant et particulièrement savoureux ce roman noir de Gérard Chevalier qui change de registre puisque le précédent Vivre... et revivre était plus dense, plus exotique aussi. L'ombre de la brume se lit comme on boit un punch très fruité, on commence et on ne peut pas s'arrêter en se disant qu'il n'est pas fort et c'est à la fin, une fois que le livre -ou la bouteille- est vide qu'on est tout joyeux et heureux d'avoir passé un excellent moment. Mais attention si l'abus d'alcool est dangereux, l'abus de Gérard Chevalier ne l'est pas. La preuve, je vais bien, suis sain de corps et d'esprit -enfin, ce n'est pas exactement ce que disent les membres de ma famille, mais ça c'est une autre histoire.

Je me suis régalé au point de repousser mon heure de coucher pour connaître le fin mot de l'histoire. Histoire que l'auteur dit avoir écrite en 1970, sous forme de scénario, inspirée de vacances avec ses enfants. On l'entendrait presque nous la raconter, le soir, au coin du feu, bien installés dans des fauteuils confortables, savourer les réparties, les descriptions, les situations de plus en plus folles qui montent crescendo.

Un bon conseil de lecture si vous avez un petit coup de mou, ça vous redonnera le sourire ; et si vous allez bien, lisez le aussi, ça élargira votre sourire habituel.

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Ça coince ! (48)

Publié le par Yv

Les Brumes de décembre, Daniel Cario, Presses de la cité, 2019..,

Franck Hamonic, jeune voyou alcoolique, récupérateur-receleur-vendeur d'objets, de matériel, parfois dans des déchetteries, parfois directement sur des chantiers, se suicide. Thèse qui ne plaît pas à l'adjudant Philippe Derval qui va tout faire pour tenter de prouver un meurtre. Bientôt d'autres morts suivent tendant à lui donner raison.

Ce qui me gêne dans ce gros roman, c'est le bavardage, le délayage. Cinq cent cinquante pages qui auraient pu être réduites de manière conséquente en évitant les répétitions, les détails futiles et inutiles sur telle ou telle route, telle ou telle particularité physique d'un personnage. Les dialogues sont longs et pas toujours nécessaires, comme si l'auteur avait eu un nombre de signes à respecter et qu'il lui fallût en ajouter pour atteindre l'objectif. C'est fort dommage, car l'histoire me plaisait bien, mais c'est trop pour moi qui suis loin d'être un amateur de gros livres, ou alors il faut qu'iceux soient passionnants de bout en bout. 

L'enfant de Garland road, Pierre Simenon, Plon, 2019..

"Veuf, un écrivain raté est encore torturé par un amour toxique que même la mort n'a pas réussi à éteindre. Retiré du monde, il vit dans les solitudes boisées du Vermont où il tente en vain d'en finir avec l'existence. Jusqu'au jour où son neveu de dix ans, qui vient de perdre ses parents dans des circonstances étranges, lui est confié. Est-ce une chance de salut ? Ou une épreuve de plus à endurer ? Et lorsque le sort frappe à nouveau, une traque sans merci ni pardon, commence." (4ème de couverture)

Il est sûrement très bien ce roman écrit par le fils de Georges, mais pas pour moi. Je peine à m'intéresser aux situations, aux personnages et même leurs présentations ne me plaisent pas. Ni l'écriture, pas à mon goût, ni les nombreux dialogues, pas toujours très intéressants. Ça donne un ensemble un peu plat lorsque je m'attendais à du plus fort, plus dérangeant. Le début est mou et pas emballant ni même agréable, une mauvaise entrée en matière qui ne m'incite pas vraiment à poursuivre. Dès lors, muni d'une sensation qui ne me quitte plus, je préfère arrêter les frais.

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A l'ombre des patriarches

Publié le par Yv

A l'ombre des patriarches, Pierre Pouchairet, Jigal polar (poche), 2019 (Grand format, 2016)....

Jérusalem-Est, le corps d'une femme européenne est retrouvé. Dany et Guy, deux flics israéliens enquêtent pendant que des juifs extrémistes tentent de monter cette histoire en crime religieux perpétré par des Palestiniens. Très vite la tension monte. 

Maïssa, flic palestinienne enquête sur l'enlèvement d'une de ses amies, enlèvement qui se trouve lié à l'enquête de Dany et Guy.

A peine commencé ce roman policier, j'ai eu l'impression de l'avoir déjà lu. Sensation qui se prolonge durant quelques pages avant que je ne me souvienne que je l'avais déjà eu entre les mains avant de l'abandonner je ne sais plus trop pourquoi. Et je le sais d'autant moins que cette fois-ci, nulle envie de le laisser tomber. Comme quoi, la rencontre entre un livre et son lecteur se joue à peu de choses, une humeur, un état d'esprit...

Dans une ambiance pour le moins tendue et dans une région où le moindre détail peut prendre des proportions inquiétantes, les deux flics israéliens doivent faire preuve de tact, ménager tout le monde et toutes les susceptibilités tout en enquêtant. Tâche ardue surtout lorsque la politique s'en mêle. Pierre Pouchairet ne prend pas parti même si l'on sent bien qu'il n'estime pas les extrémistes de tous poils, juifs ou musulmans. Ses flics, Dany, Guy et Maïssa ont certes des a priori, mais la connaissance de l'autre leur permet souvent de les lever pour aller plus loin et chercher la vérité. Néanmoins, le climat n'est pas bon et la suspicion généralisée des juifs envers les musulmans et vice-versa. 

Les investigations sont difficiles à mener, les flics opiniâtres qui vont devoir se battre contre les préjugés, les violences, les extrémistes, les politiques qui voudraient que leur enquête servent leurs intérêts. Ce polar est dense, intense parce que son auteur le mène brillamment avec tous les enjeux régionaux, avec toutes les difficultés : les Palestiniens qui voient leurs territoires diminuer et qui, pour certains, en appellent aux armes ; les Israéliens qui ont peur des attentats et qui pour certains aimeraient vivre en paix avec les Palestiniens ; mais aussi les extrémistes qui ne veulent que faire fuir -ou pire- leurs ennemis. L'endroit est complexe, extrêmement inflammable, explosif. Si l'on y ajoute l'intrigue, l'enquête, les personnages vraiment bien travaillés, c'est tout cela qui fait que ce polar est remarquable.

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La dernière mise en scène

Publié le par Yv

La dernière mise en scène, Hervé Huguen, Palémon, 2019....,

Un couple d'artistes, est retrouvé assassiné dans sa maison de Nantes, lui soixantenaire et belge, elle dix ans de moins originaire de la ville. Cambriolage qui a mal tourné ? Meurtre prémédité ? Mais alors si cette option est retenue, à qui en voulait l'assassin : à Axel Puggioni, acteur, metteur en scène et auteur, mais surtout hâbleur ou à Pauline Cariou sa compagne, animatrice d'ateliers théâtre, formatrice et consultante en communication non verbale ?

Retour de Nazer Baron après son aventure à Roscoff, Châtiment pour mémoire. Cette fois-ci, il joue sur ses terres, Nantes et les environs, même si un petit détour par Anvers sera utile pour découvrir qui était la victime Axel Puggioni. En grande partie lue dans un avion de retour de vacances, cette enquête m'a permis de ne pas trouver le temps long -un peu court même, car j'ai eu peur de ne pas pouvoir la finir avant l'atterrissage- d'autant plus qu'entre l'avion et moi ce n'est pas le grand amour. Disons que je suis bien lorsque j'ai les pieds sur terre. 

Hervé Huguen connaît sa ville et c'est un plaisir de s'y promener. Pour ceux qui connaissent Nantes, ils visualisent les rues, les quartiers, pour les autres, c'est une découverte qui peut donner envie d'y venir. L'enquête de Baron est méticuleuse, minutieuse et chacun s'attarde sur ce qui peut paraître des détails. Parfois des pistes ne mènent à rien, parfois elles débouchent sur d'autres interrogations qu'il faut encore creuser. J'aime bien lorsqu'un auteur balade ses lecteurs de pistes en pistes, de doutes en doutes, pour parfois revenir à des fondamentaux -attention, je ne dis pas que c'est le cas pour cette enquête ! Ah, quel suspense ! Et là, Hervé Huguen m'a bien promené, jusqu'à Anvers si bien décrite elle aussi qu'il m'a donné envie d'y aller. 

Des petites touches de la vie privée de Baron et d'un ou deux de ses adjoints, qui pourraient mériter sans doute plus de développement, mais le risque serait de se retrouver avec des livres deux fois plus gros et donc impossibles à finir en avion sauf à partir très loin, je disais donc : des petites touches de la vie privée des personnages ajoutent de l'intérêt à cette série toute en finesse, en déduction et en travail. Nazer est un flic à l'ancienne plus Maigret -son équipe bosse dur et lui finit le travail grâce à son flair, il rassemble toutes les informations reçues, les trie et déduit- qu'un shérif défourailleur au moindre bruit. 

Une série qui en est à son quinzième volume et qui vaut le détour : personnages attachants, intrigues bien menées dans un rythme calme bienvenu.

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Soixante minutes

Publié le par Yv

Soixante minutes, Jean Chavot, Quadrature, 2019....,

"Je faisais la sieste sur l'herbe. Des poules picoraient, non loin. Dans le demi-sommeil, mes voisines à plumes me sont soudain apparues pour les créatures étonnamment bizarres qu'elles étaient. Chacune avec son caractère bien trempé, elles m'ont fait découvrir que la vie quotidienne était un théâtre extraordinaire. J'ai pris un abonnement à ce spectacle enchanteur, toujours renouvelé. Voici le compte-rendu de quelques séances où j'ai pu ressentir le tremblement intime de l'existence." (4ème de couverture)

Je recopie volontairement cette quatrième de couverture, car elle fait partie de ce recueil qui alterne les textes très courts, les un peu plus longs (jamais plus de deux trois pages). Jean Chavot flirte avec la poésie avec entre autres : Solitaire 

"La main pend de l'accoudoir. Un petit enfant assis par terre pose sa joue contre le cuir du fauteuil. Il regarde la main. Ses yeux remontent le long du bras jusqu'au visage de la femme endormie.

L'enfant approche sa joue de la main abandonnée. Tout près. Surtout ne pas la toucher, ne pas réveiller la main.

Un diamant brille à l'annulaire. L'enfant approche son œil. Tout près, tout près. Un jardin de cristal peuplé d'arcs-en-ciel s'ouvre à perte d'horizon. L'enfant y pénètre. Il s'enfonce, loin, très loin. Sans retour possible. Le sait-il seulement ?" (p.26)

Les nouvelles ont en commun le quotidien et son observation fine. Jean Chavot est un contemplateur qui sait décrire ce qu'il voit et les émotions qu'il ressent. Tout tourne autour de la nature, de l'humain, des rencontres amoureuses ou pas, des découvertes, de l'amour ou de la perte d'icelui, de la surprise, des petits gestes anodins que nous accomplissons ou voyons accomplir chaque jour par nos voisins, nos proches...

Ecrit en phrases souvent courtes, ces très beaux textes sont aussi l'occasion de s'interroger sur nos habitudes, sur notre quotidien, sur le petit truc en plus que nous pourrions faire pour que la journée soit plus belle.

Très bon recueil dans lequel j'ai noté quasiment toutes les nouvelles comme mes préférées.

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Un putain de salopard. Isabel

Publié le par Yv

Un putain de salopard. Isabel (tome 1) Loisel et Pont, Rue de Sèvres, 2019.....

Brésil 1972, Max est de retour dans le pays qu'il a quitté à l'âge de trois ans. Sa mère vient de décéder en lui laissant un peu d'argent et deux photos où enfant, il est en compagnie d'un homme mais pas le même sur chaque cliché. L'un des deux serait son père, qu'il recherche donc sur les traces de son enfance. 

Sur place, il fait la connaissance de trois filles, trois copines infirmières, l'une Corinne déjà installée et les deux autres Charlotte et Christelle qui arrivent tout juste pour s'occuper d'un dispensaire.

Tome 1 de la série qui commence très bien et très fort. Les personnages s'installent dans la bonne humeur avant de passer aux choses sérieuses, et bien évidemment la recherche de Max n'ira pas sans quelques aventures. Il n'y est pourtant pas préparé, jeune occidental dans la forêt brésilienne. Un rien naïf, candide, il va devoir se surpasser pour surmonter ses peurs et ses angoisses face aux dangers qui déjà le guettent dès ce premier tome. 

Le scénario de Régis Loisel est très prometteur, et l'histoire commence fort. En plus, l'humour est présent et les personnages principaux très sympathiques. Olivier Pont met tout cela en dessins -et François Lapierre en couleurs- avec un trait que j'aime beaucoup à la fois classique et original. Tout cela donne un premier tome excellent où amour et aventure cohabitent avec les dures lois de la vie dans la forêt brésilienne. Ajoutons un camp dans lequel des hommes travaillent dur pour déboiser et n'aiment pas trop que l'on vienne fouiner dans leur espace ni dans leurs conditions de vie. Le décor est planté.

J'espère que Régis Loisel et Olivier Pont travaillent vite, car il me tarde de lire la suite, je subodore une série excellente...

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L'écuyère

Publié le par Yv

L'écuyère, Uršuľa Kovalyk, Intervalles, 2019 (traduit par Nicolas Guy et Peter Žila).....

Karolína vit avec sa mère et sa grand-mère dans la Tchécoslovaquie de la fin des années 1980. Lorsque sa grand-mère meurt, elle se retrouve souvent seule, sa mère travaille et fréquente beaucoup d’hommes. La jeune fille fugue alors et se lie d’amitié avec Romana et Matilda dans un centre équestre. Il y a aussi Arpi qui lui fait découvrir les Pink Floyd et la cigarette.

La vie d'une petite fille devenue adolescente dans ces années-là qui virent le passage du régime totalitaire à la démocratie. La vie de Karolína est relativement détachée du régime politique, même si, les leçons apprises par coeur à la gloire du parti, les règles strictes, les conditions de vie sont bien présentes et n'encouragent pas à l'ouverture d'esprit ni à l'épanouissement. Elle l'est beaucoup moins sur le passage à l'adolescence, sur les rivalités entre enfants. Et puis il y a les rencontres, avec Romana d'abord, puis avec le cheval incarné ici par un vieil et doux étalon nommé Cecil.

Uršuľa Kovalyk écrit là son deuxième roman paru chez Intervalles après le très bon Femme de seconde main, déjà traduit par les mêmes garçons. Court roman très différent du précédent, puisque ici, c'est une adolescente mal dans sa peau qui s'exprime. La romancière use d'une langue simplifiée, directe, qui va au plus court et raconte son histoire en moins de 130 pages sans que rien ne manque. Les situations sont parfois tragiques, parfois comiques, le langage est cru sans être grossier. Des exemple ?

"Une fois que j'ai appris à parler et que ma cervelle a fonctionné à plein, j'ai demandé à quoi ressemblait mon grand-père. Mamie a alors souri mystérieusement avant de sortir du tiroir une photo sur laquelle on voyait un grand monsieur avec une fine moustache noire sous le nez. Il avait les cheveux gras, tenait un chapeau dans la main et une jeune femme avec deux longs traits noirs en guise de sourcils s'appuyait contre lui. Elle portait elle aussi un chapeau, mais le sien était orné de magnifiques fleurs. Mamie a dit que Grand-père était un beau gosse doublé d'un sacré queutard. [...] Elle  [Mamie] lui [maman] disait qu'elle avait un clitoris à la place du cerveau. Je m'imaginais qu'elle avait une très belle fleur dans la tête, quelque chose comme un glaïeul." (p.13/14)

L'humour est parfois plus tragique, plus noir. Karolína étant doté d'un caractère fort, elle ne se fait pas que des amis et doit se défendre contre des attaques pas toujours fines. C'est un roman à la fois caustique et poétique, drôle et émouvant, celui d'une jeune fille qui se métamorphose en même temps que son pays. Uršuľa Kovalyk est une romancière à découvrir rapidement, une plume singulière et riche.

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Il fallait que je vous le dise

Publié le par Yv

Il fallait que je vous le dise, Aude Mermilliod, Casterman, 2019.....

L'autrice de cette bande dessinée, Aude Mermilliod a avorté. Après des années de réflexion et de recul, elle décide de raconter son parcours tant l'acte que les sentiments par lesquels elle est passée, avant et après.

Puis, elle a rencontré Martin Winckler dont elle sait qu'il a pratiqué des avortements lorsqu'il était médecin, elle lui demande de raconter son histoire qu'elle dessine.

Bande dessinée puissante, nécessaire, militante et tout à fait apaisée. La succession de l'histoire personnelle d'Aude Mermilliod et du témoignage de Martin Winckler lui donnent le côté universel qu'il aurait pu lui manquer avec la seule histoire de l'autrice. Les deux parties se complètent, se répondent et traitent de tous les aspects de l'avortement.

C'est un ouvrage remarquable tant par le thème qu'il aborde frontalement, directement, sans détour mais sans voyeurisme que par le dessin et la mise en page. C'est un dessin simple, coloré, au trait clair et une mise en page qui joue avec les codes de la bande dessinée, parfois classique, parfois une grande case pour une page. Ce dessin très abordable par tous et très beau est aussi une force qui sert le propos, il pourra permettre à tous d'entrer dans l'ouvrage.

Textes et dessins peuvent être crus mais jamais vulgaires. Descriptifs, détaillés pas seulement dans l'aspect technique, car les sentiments, les angoisses, les peurs des patientes sont décrits, représentés ainsi que le travail du médecin et de l'infirmière pratiquant l'avortement.

Un album essentiel pour ne pas dire indispensable, à lire et faire lire très largement autour de soi.

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Cuba à en mourir

Publié le par Yv

Cuba à en mourir, Stéphane Pajot, D'Orbestier, 2019.....

Mathieu Leduc, journaliste à Nantes a fait de la prison pour un crime qu'il n'a pas commis, avant d'être acquitté. A l'automne 1998, il débarque à Cuba , bien décidé à retrouver et se venger du vrai coupable qui a fui sans assumer.

C'est grâce à son ami Carlos, Cubain réfugié à Nantes qu'il a monté son séjour à La Havane. 

Retour de Stéphane Pajot et de Mathieu Leduc déjà rencontré dans Le rêve armoricain. Cuba à en mourir en est la suite, mais on peut lire l'un sans lire l'autre, même si, le mieux c'est de lire les deux. 

Court roman noir en deux parties, l'une à Cuba et l'autre à Nantes, tous les ingrédients du genre y sont et fort bien dosés et mélangés. Sexe, drogue et rock'n'roll, bien sûr mais aussi deux ambiances. Celle de Cuba où il ne fait pas bon trop parler, ni s'attirer les foudres des policiers, le rhum, les cigares, la chaleur du soleil mais aussi la chaleur humaine : les amis de Carlos vont aider le journaliste à retrouver celui qu'il recherche. En peu de mots, Stéphane Pajot montre la difficulté à vivre dans ce pays pauvre où Fidel Castro règne encore en maître. Puis la partie nantaise, tout aussi pleine de la chaleur humaine de la bande d'amis de Mathieu, mais ici, c'est plutôt le muscadet qui coule... et la pluie aussi. 

Même s'il est la suite du Rêve armoricain, ce Cuba à en mourir est construit différemment, plus linéairement et plus classique, et le charme opère de nouveau. Cela prouve toute l'étendue du talent de l'auteur qui sait jouer sur plusieurs styles qu'il maîtrise totalement. 

Ne croyez pas à du chauvinisme de ma part puisque Stéphane et moi sommes Nantais, non, il est simplement un excellent auteur de romans noirs et polars, l'un de ceux qui inventent le plus, capable de me surprendre à chaque fois, et ça j'aime beaucoup. Si l'envie vous prend de me suivre et de lire Stéphane Pajot, ce que je ne peux que vous conseiller très vivement, lisez la série des deux romans noirs cités dans cette recension (et les autres aussi). 

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