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Charly 9

Publié le par Yv

Charly 9, Richard Guérineau (d'après Jean Teulé), Delcourt, 2013

Août 1572, le roi Charles IX tente de résister aux demandes de sa mère, Catherine de Médicis et de ses conseillers qui veulent massacrer les huguenots présents à Paris pour le mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre.

A bout de résistance et d'arguments, le roi finit par céder et ordonne ce qui deviendra le massacre de la saint Barthélémy. Il ne parvient pas à s'en remettre et sombre bientôt dans la folie.

Bande dessinée tirée du roman du même titre de Jean Teulé -j'aurais pu dire éponyme, ça aurait fait bien- que je n'ai pas lu -autant j'aime écouter le romancier, autant j'ai du mal à le lire. On y trouve tout ce qui fait le succès de Jean Teulé : langage enlevé, argotique, oral, virtuose du genre, réparties cinglantes et un mouvement permanent. Ses romans sont des livres d'action. La BD de Richard Guérineau itou. Assez sombre et puis très rouge, puisque le sang devient omniprésent. Elle décrit la folie du roi, la guerre de religion et de pouvoir. Les ambitions, les jalousies, les manigances, les vacheries...

C'est un genre qui peut rebuter les historiens ou les pointilleux voire les amateurs de belles phrases qui eussent aimé me voir user du terme éponyme au début, mais qui permet aussi d'intéresser à l'histoire des moins passionnés, la gouaille et le ton direct de Jean Teulé le permettent déjà dans ses romans, la bande dessinée ouvre encore des horizons.

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Alicia Prima Ballerina Assoluta

Publié le par Yv

Alicia Prima Ballerina Assoluta, Eileen Hofer, Mayalen Goust, Rue de Sèvres, 2021

L'histoire commence à La Havane en 1931 lorsque la jeune Alicia débute les cours de danse. Puis elle continue dans la même ville, quelques années plus tard, lorsqu'elle remplace au pied levé une autre danseuse et qu'elle devient une véritable icône du ballet : Alicia Prima Ballerina Assoluta. Elle dansera avec les plus grands chorégraphes malgré une perte progressive de la vue et sera une fervente de la révolution cubaine en 1959.

Son histoire croise celle d'Amanda, en 2011 qui rêve d'être une grande danseuse et qui, dans un pays fatigué et pauvre, tente de se faire un nom.

Je ne suis pas connaisseur du monde de la danse et c'est même un art que je ne comprends pas, mais j'aime beaucoup les dessins de Mayalen Goust, ses choix de couleurs douces, son trait. Et sur ce point, je ne suis pas déçu du tout, bien au contraire. C'est doux, très beau, coloré, cela évoque sans marteler la difficulté de vivre à Cuba entre marché noir, débrouille et misère. Et la joie de vivre malgré tout, l'envie de s'en sortir.

Le scénario d'Eileen Hofer présente Alicia Alonso (1920-2019), la vraie danseuse, celle qui a existé, avec d'autres personnages fictifs. Il brosse le portrait d'une femme volontaire et motivée, ambitieuse au point parfois d'oublier la misère des Cubains, qui frayait avec les chefs de la révolution cubaine, Fidel Castro notamment. Mais aussi bien sûr la grande danseuse qu'elle fut, qui surmonta sa cécité pour continuer à danser sur les plus grandes scènes, qui fit preuve d'une volonté sans égale et qui est pour la jeune Amanda et pour toutes les jeunes danseuse du pays, un modèle.

Très bel album, grâcieux et fin qui me permet de faire la connaissance d'Alicia Alonso.

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Ça coince ! (55)

Publié le par Yv

Sous la dalle, Henri-Frédéric Blanc, Ed. du Rocher, 2002

Un homme se retrouve dans un cercueil, enterré alors qu'il n'est pas mort. Lorsqu'il revient à lui, il trouve dans sa poche un téléphone portable et tente de joindre des personnes pour le sortir de là, mais problème, il ne se souvient de rien, même pas de son nom.

Si l'idée de départ est bonne et le style de l'auteur attrayant, le tout devient assez vite ennuyeux voire même agaçant. Des néologismes aux jeux de mots faciles et pas très drôles et un humour qui ne me fait pas beaucoup rire, mais je reconnais que l'humour "parfois ça marche, parfois ça marche pas" comme disait Garcimore -que les plus jeunes veuillent bien m'excuser cette citation qui ne fera sourire que les plus de 45/50 ans. Je peux reconnaître également que mon humour est particulier, enfin c'est ce que disent mes proches.

Mais revenons à cette histoire qui tourne en rond, qui devient vite longue, l'enterré qui fait des phrases et oublie sans doute l'essentiel, celui de se poser des questions sur lui-même. Bref, un titre que l'on m'a conseillé fortement, mais qui n'est pas pour moi.

 

Homme sans chien, Håkan Nesser, Seuil, 2013 (traduit par Esther Sermage)

"Dans la petite ville de Kymlinge, la famille Hermansson est réunie pour fêter l'anniversaire du père et de la fille aînée. Seul manque Robert, le fils honteux qui s'est ridiculisé lors d'une émission de téléréalité. Suicide ? Fugue ? Plus aucune de ces hypothèses ne tient quand Henrik, son neveu, disparaît à son tour. Pour l'inspecteur Barbarotti, chargé de l'enquête, l'hiver s'annonce brumeux." (4ème de couverture )

Alors sur le papier, c'est alléchant et les premières pages continuent de souffler le chaud et je me dis que je vais m'enquiller les presque 500 pages sans sourciller en bon amateur de polars nordiques. Håkan Nesser procède par petites touches pour nous présenter la famille Hermansson, les parents mariés depuis 40 ans, mari autoritaire femme soumise, les enfants : l'aînée modèle du père adoré par icelui, le fils quasi répudié et la dernière née non désirée. Tous sont maintenant des trentenaires et la réunion de famille risque d'être houleuse.

Mais le hic, c'est que le livre traîne en longueurs, à force de vouloir avancer à petits pas, on piétine, tourne en rond et personnellement je m'ennuie et saute des pages. Pas bon signe. Et je sens que ce qui devait faire un bon polar, noir, dense, une histoire de famille avec tous les rebondissements, les règlements de compte, tout cela n'advient pas ou adviendra mais dans moult pages. C'est dommage cette envie de faire long lorsqu'on peut faire plus serré, plus dense, plus court, plus captivant. Tant pis, je lâche, je ne saurai pas la fin de l'histoire.

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Lloyd Singer, cycle 3

Publié le par Yv

Lloyd Singer, cycle 3, Luc Brunschwig, Olivier Martin, Bamboo, 2012

Esther, la sœur de Lloyd Singer va très mal. Anorexique depuis des années, elle est hospitalisée et réclame ses proches.

L'agent La Bianca arrête un tueur de vieilles femmes qui avoue également le meurtre d'une jeune femme en 1985, dans le quartier de Little Jerusalem, le quartier juif de Richmond. Cet événement ramène l'agent La Bianca et son ami Lloyd Singer dans le quartier de leur enfance et les contraint à parler au tueur et à se rappeler des faits bien enfouis.

Cycle 3 composé de deux tomes : Psychothérapie et 1985, toujours scénarisé par Luc Brunschwig et dessiné cette fois-ci par Olivier Martin. Si le premier cycle était clairement basé sur l'enquête, le deuxième oscillait vers une psychologie des personnages plus poussée, pour le troisième on y est en plein cœur. Le ressort policier est là certes, mais au second plan. C'est l'histoire personnelle de Lloyd et de sa famille qui est ici développée. Et c'est encore une fois fort bien fait. Beaucoup de retours en arrière, datés qui nous permettent de bien comprendre (les codes couleurs aident aussi) et l'on plonge dans la psychothérapie familiale et l'on remonte dans le temps et les aïeux Singer pour bien comprendre de quoi souffre la génération du moment. C'est encore une fois très bien fait et décidément, cette série en bande dessinée est une belle découverte.

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LLoyd Singer, cycle 2

Publié le par Yv

Lloyd Singer, cycle 2, Luc Brunschwig, Olivier Neuray, Bamboo, 2011

Après sa première mission en tant qu'agent réussie, Lloyd Singer, comptable au FBI intègre Quantico et la formation pour devenir un vrai agent de terrain. Au même moment, son ami, l'agent La Bianca le sollicite pour entrer en contact avec la dernière victime d'un tueur en série qui, en quinze années, a tué et défiguré dix belles jeunes femmes. Cette dernière est la seule qui soit parvenue à lui échapper, mais elle refuse de parler aux flics.

Trois tomes de nouveau pour ce cycle 2 : Quantico, La chanson douce et Seuls au monde. Trois tomes qui s'intéressent certes à ce tueur en série et qui, dans le même temps creusent la personnalité de Lloyd et ses questionnements suite à sa première mission où il fut contraint de tuer un homme. Et l'on découvre sous l'homme bon qui a élevé ses frère et sœurs à la mort de leurs parents, sous l'homme timide et réservé qui ne se met jamais en avant, sauf sous son double Makabi, sorte de héros qui aide et sauve les faibles, un homme en proie aux doutes, aux accès de violence, un homme plus complexe qu'il n'y paraît.

Toujours scénarisée par Luc Brunschwig et dessinée par Olivier Neuray, cette série sort de la fiction policière pure pour aller vers une interrogation sur les ravages provoqués par des carences éducatives et/ou affectives. Certes, tous les enfants victimes de ces carences ne finissent pas tueurs en série ou agents du FBI, mais il faut dire que là, il y a du lourd, du très lourd et que ça reste de la bande dessinée et de la fiction. Me reste à lire le cycle 3.

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Lloyd Singer, cycle 1

Publié le par Yv

Lloyd Singer, cycle 1, Luc Brunschwig et Olivier Neuray, Bamboo, 2011

Zéna a quitté la Russie pour arriver aux États-Unis et trouver du travail et l'amour. Elle  déchanta bien vite et ne connut que la prostitution. Puis elle s'enfuit avec sa fille. La voici maintenant témoin protégée, celle qui, par son témoignage peut faire tomber tout le réseau. C'est Lloyd Singer, comptable du FBI qui est chargé de la cacher, d'abord parce qu'il est insignifiant et que des truands ne peuvent pas penser à lui et aussi parce que fils d'émigrés russes, il parle la langue couramment. La protection de Zéna ne sera pas une mince affaire, heureusement, le double de Lloyd, son alter-ego, Makabi, veille.

Cycle 1 de la série avec Lloyd Singer, sous titré Dossier Zéna et comprenant trois volumes : Poupées russes, Appleton Street et Voir le diable.

Si le scénario de départ : la protection d'un témoin du FBI, n'est pas très original, tous les à-côtés le sont : la double personnalité du héros, son appartenance à une communauté singulière de la Little Jerusalem le quartier juif de Richmond, le fait qu'il ait dû s'occuper de ses jeunes frère et sœurs au décès brutal de leurs parents, son appartenance en tant que comptable au FBI et non pas en tant qu'agent, son humanité et son empathie et pas mal de détails qui font que cette histoire est tout à fait intéressante et que j'ai lu les trois tomes rapidement avec grand plaisir. Dessin classique, efficace.

Il existe d'autres cycles et je vais m'empresser d'aller les emprunter à la bibliothèque.

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Jeu de peaux

Publié le par Yv

Jeu de peaux, Anouk Shutterberg, Plon, 2021

2019, Juliano Rizzoni est le peintre le plus en vue. Ses toiles se vendent à des prix incroyables, des millions de dollars qui viennent enrichir son portefeuille déjà très conséquent, lui, le jeune héritier d'un empire international. Quelques années plus tôt, recherchant un peu de sérénité, il s'est initié au tatouage irezumi, technique ancestrale japonaise. Puis, il a signé dix tatouages sur les corps de ses amant(e)s. Lorsque ces dix peaux tatouées sont déposées chez Sotheby's à Paris pour une vente aux enchères et que les personnes qui se sont fait tatouer ont disparu, le commissaire Stéphane Jourdain et l'inspectrice Lucie Bunevial, saisis de l'enquête sont très suspicieux envers Juliano Rizzoni.

Le thriller n'est pas un genre après lequel je cours, mais je dois dire que je me suis fait prendre de bout en bout. Bon, quelques longueurs, notamment dans les briefings entre policiers qui rappellent des faits qu'on connaît et une volonté de tout expliquer, parfois une ou deux phrases auraient pu suffire plutôt qu'une ou deux pages. Je me suis retrouvé embarqué dans une histoire originale qui ne lésine pas sur les surprises, les retournements de situation et drôlement bien documentée sur le tatouage irezumi et l'art contemporain en général. Une énigme alambiquée qu'Anouk Shutterberg, pour son premier thriller, maîtrise ; elle nous balade, nous emmène pile où elle veut sans que nous puissions nous douter du final.

Thriller oblige, il y a pas mal de violence, de descriptions pas ragoûtantes, des trucs qui font un peu froid dans le dos et ailleurs. Mais même dans les scènes macabres, l'auteure a le bon goût de ne pas en rajouter avec un vocabulaire trash. Le ton du roman est moderne, la langue vive qui participe à la rapidité générale. Cependant, elle ne cède pas à certaines facilités d'écriture courantes dans le genre. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'on est dans un thriller littéraire, mais on sent qu'Anouk Shutterberg a pris soin de son scénario et de son écriture. L'histoire qu'elle bâtit suffirait à faire un bon roman, mais la touche personnelle de l'auteure le hisse un peu au-dessus. Du très bon.

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Une femme

Publié le par Yv

Une femme, Sibilla Aleramo, Des femmes Antoinette Fouque, 2021 (1ère  édition,1974, traduit par le collectif des éditions)

Sibilla Aleramo, pseudonyme de Rina Faccio (1876-1960), née dans le Piémont déménage lorsqu'elle a onze ans pour le sud du pays où son père est nommé directeur d'une usine. Ne trouvant pas d'école, elle continue à travailler par elle-même aidée de quelques uns de ses anciens enseignants. Puis, elle entre à l'usine dirigée par son père, sympathise avec un homme qui la viole. Sibilla alors âgée d'à peine 16 ans ne dit rien et finit par épouser cet homme avec lequel elle aura un fils. Son mari est violent envers elle, elle n'a d'autre choix que de le quitter et de laisser son fils.

Sibilla écrit-là une autobiographie romancée, publiée en 1906 qui connaît un grand succès et traduit et publié en France en 1974 par les éditions Des femmes.

Particulièrement profonde et forte, cette autobiographie raconte la difficulté d'être une femme à la fin du XIXè et au début du XXè siècles. Un récit dense et sobre dans lequel l'autrice n'élude ni ses questionnements ni ses doutes ni ses peurs ni son choix -ou non-choix- de laisser son fils pour quitter la violence conjugale et vivre. Sibilla est une combattante, une femme qui veut défendre ses convictions et ses valeurs.

Texte féministe s'il en est, à considérer que le féminisme est le souhait de pouvoir simplement vivre comme les hommes : son travail, ses amours, ses désirs, ses besoins, ses combats...

Des femmes-Antoinette Fouque réédite ce titre, en version poche, donc abordable. Il débute ainsi : "J'ai eu une enfance libre et vive. La faire revivre dans mon souvenir, en faire miroiter les facettes dans mon esprit, me semble un vain effort. Je revois la petite fille que j'étais à six ans, à dix ans, mais comme en rêve ; un beau rêve que le moindre retour à la réalité ferait sombrer. Musique aussi, à l'harmonie délicate, vibrante, nimbée de lumière, et dont le souvenir éveille toujours le même plaisir." (p.7)

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Comme si de rien n'était

Publié le par Yv

Comme si de rien n'était, Alina Nelega, Des femmes-Antoinette Fouque, 2021 (traduit par Florica Courriol)

"Cristina traverse son adolescence dans les années 1980, durant la dernière décennie de la dictature roumaine. Élève dans un lycée de province, elle s'éprend d'une camarade de classe issue d'un milieu plus élevé et se découvre une passion pour l'écriture. Mais les diktats imposés par le régime lui barrent le chemin. Jeune adulte, elle s'efforce de naviguer entre les contraintes politiques, familiales et sociales qui pèsent sur les femmes. Elle essaie d'écrire, jonglant entre précarité, censure et autocensure." (4ème de couverture)

Roman très dense dont il se dit qu'il a profondément marqué les habitudes littéraires roumaines, d'abord par le sujet principal, l'homosexualité féminine, très peu abordé auparavant et ensuite parce qu'il est situé dans une époque difficile, la fin du régime dictatorial des Ceausescu. Je suis sans doute passé un peu à côté de ce texte profond et très dense, pourtant fort bien écrit -et donc traduit- qui pourrait passer au départ pour un roman de la découverte de sa sexualité pour la narratrice, mais qui, doucement et sûrement creuse à la fois ce thème -l'homosexualité est punie moralement certes, mais aussi pénalement- et celui du pouvoir autoritaire, de la police politique, de la corruption...

L'écriture est moderne, vive, fluide et fine, parfois ironique, oralisée, familière. Elle colle à Cristina et à son histoire. Voici les premières lignes : "Fin d'année scolaire, la terminale, le bac est tout proche, on va au lycée les après-midi, les cours sont affreusement barbants, surtout le dernier, l'éducation civique -qui a lieu aujourd'hui en présence d'un invité officiel, un camarade inspecteur venu tout exprès nous parler orientation professionnelle. Le matin, l'école est réservée exclusivement aux élèves les plus jeunes, ceux de terminale, eux, ils sont assez grands pour rentrer le soir à la maison. Et ça ne leur déplaît pas vraiment de se retrouver seuls dans tout le lycée ; avec deux autres terminales, les classes "parallèles", avec la vieille bâtisse en pierre rien que pour eux. Il y a davantage de mystère l'aprèm, et puis il fait moins froid, on n'est plus obligé de garder ses gants pour prendre des notes, à présent il fait même doux, dehors, une pluie se prépare, son odeur pénètre par les fenêtres entrouvertes et on a comme une sensation de clandestinité, il y a moins de brouhaha dans les couloirs, moins de profs dans l'école, on peut fumer tranquilles dans les toilettes, et si tout le monde est impatient d'arriver en terminale c'est pour pouvoir faire la grasse mat'." (p.13)

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