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Vieux os

Publié le par Yv

Vieux os, Ariane Payen, Le lion z'ailé de Waterloo, 2022

Mont-les-Sources, bourgade tranquille connue pour sa source qui passe par le café La Claire Fontaine tenu par Roger et Ginette, son zoo en mauvaise situation économique et sa maison de repos Les Lampions pas en meilleure posture.

Une année dans la vie de la petite ville, de septembre 2011 à septembre 2012, une année qui va tout changer, entre arrivées de certains, départs d'autres, rapprochements, éloignements, événements tragiques, rebondissements et chamboulements.

Beaucoup de personnages, chacun ayant quelques lignes de description en ouverture du roman auxquelles je me suis souvent référé au départ pour ne pas perdre le fil. Le roman est décousu, j'imagine volontairement, il passe d'un intervenant à un autre, sans lien apparent, ce qui peut surprendre et qui finalement, est plutôt bien vu, car il oblige le lecteur à une attention et à une gymnastique certaines. Icelui ne peut pas passer de pages sans risquer de perdre le fil ou de rater des événements, des rebondissements. Et ce roman en est empli. Ce petit bourg que l'on pouvait croire paisible va vivre des instants tendus, mais toujours dans la bonne humeur.

Ce n'est pas mon genre de littérature habituel et préféré, mais je dois dire que j'ai souvent souri et que j'ai bien aimé. Léger et divertissant tout en brossant quelques portraits bien sentis, ce roman assez gros mais pas trop dense virevolte et pétille. Très bien pour commencer l'année et pour oublier un peu la précédente, pas vraiment joyeuse.

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Bandes Dessinées à poster saison 3

Publié le par Yv

BD à poster saison 3, Ed. Pneumatiques et Ed. Rouquemoute, 2022

Saison 3 et pour le moment dernière de la collaboration des éditions Pneumatiques et des éditions Rouquemoute pour faire paraître ces toutes petites BD à poster. Originales, différentes, signées par des auteurs confirmés : Fabcaro (saison 1), Laetitia Coryn, Soulcié (saison 2), Emmanuel Reuzé (saison 3) ou débutants pour Rackham le Roux (saison 2) qui signe son premier ouvrage d'auteur. Cette saison 3 présente 4 titres, comme les précédentes :

- Fabcaro, de Nicolas Moog : comment réussir une bonne BD qui se vend : faire du sous-Fabcaro

- Catch investigation, de Lamare et Jorge Bernstein : des catcheurs mexicains qui vivent dans un petit village français, ça fait jaser

- Rigueur et engagement, de Livio Bernardo : des histoires de pigeons voyageurs ; c'est qu'ils en ont à raconter, ils voient du pays

- La mort du subjonctif, de Emmanuel Reuzé : pour devenir un vrai mec, il faut acheter un gros 4x4, dixit ce sergent-recruteur presque analpha-et totalement-bête.

De nouveau de l'humour, un peu vache et critique de la société actuelle. Pas mal pour des histoires très courtes.

Prêtes à poster, y'a plus qu'à apposer timbre et adresse, et hop, elles feront de belles cartes de voeux.

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Bandes dessinées à poster saison 2

Publié le par Yv

BD à poster saison 2, Ed. Pneumatiques et Ed. Rouquemoute, 2021

Les éditions Pneumatiques basées à Beaulieu-sur-Layon dans le Maine-et-Loire et les éditions Rouquemoute, nantaises, éditent ces toutes petites bandes dessinées à envoyer par la poste. La saison 1, j'en parlais hier. Aujourd'hui, place à la saison 2 avec :

- La grande piraterie, de Laetitia Coryn : et oui, les pirates fréquentent les magasins de chaussures pour leurs bottes de pirates

- Kouchëdsoleïl, de Jorge Bernstein : dessiner la cathédrale de Narbonne dans le soleil couchant ? Un jeu d'enfant.

- Le chat du Ronin, de Rackham le Roux : un sale temps et des démons à combattre, dure vie pour ce samouraï

- Comment réussir sa vie d'artiste, de Soulcié : la vie de dessinatuer de BD lorsqu'on est marié et papa, ce n'est pas évident

Humour, décalage sont au rendez-vous de ces étonnantes petites BD qui feront le bonheur des leurs futures destinataires, puisque je rappelle qu'elles sont de petit format (10,5cmx7,5cm) et à envoyer : tout est prêt, y'a plus qu'à timbrer et écrire l'adresse. Un jeu d'enfant.

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Bandes Dessinées à poster saison 1

Publié le par Yv

BD à poster saison 1, Ed. Pneumatiques et Ed. Rouquemoute, 2021

Les éditions Rouquemoute et les éditions Pneumatiques s'associent pour faire paraître de tout petits recueils de bande dessinée à envoyer par la poste. Quoi de mieux pour la très prochaine saison des voeux de bonne année que de faire des envois originaux ? Dans la saison 1, il y a :

- Des pas dans les songes, d'Edmond Baudoin : quelques pas de randonnées en Europe et en Amérique du nord.

- La sacoche à Rimbaud, de Guillaume Bouzard : Lorsqu'on achète une sacoche ayant appartenu au poète, en devient-on un ?

- Il est libre Wax, de Téhem : Wax aime dessiner sur les murs, mais dans le monde dans lequel il vit, selon ce qu'on dessine, on peut finir en prison

- Laxa'tifs, de Fabcaro : humour absurde chez la coiffeuse

Très bien et très différents, pas le temps dans ce format de faire des essais philosophiques, mais quand même, parfois, ça pousse à la réflexion.

Tout petit format (10,5cmx7,5cm), tout est prêt, y'a plus qu'à coller un timbre et écrire l'adresse du futur heureux destinataire.

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Coups de coeur 2022

Publié le par Yv

Et comme tous les ans, avant les fêtes, je vous propose une liste de mes lectures préférés de l'année. Celle-ci peut servir pour ceux et celles qui n'auraient pas encore fait tous leurs cadeaux...

 

- Le contrat, Ella Balaert, Des femmes-Antoinette Fouque. Tout simplement parce que c'est Ella Balaert et que, comme toujours, son livre est très beau.

- Ferdaous, une voix en enfer, Nawal El Saadawi, Des femmes-Antoinette Fouque. Une force incroyable que ce texte !

- La vie suspendue, Baptiste Ledan, Intervalles. Un roman étrange dans une ville morne au secret bien gardé.

- Ceux qui brûlent, Nicolas Dehghani, Sarbacane. BD au dessin somptueux avec un duo d'enquêteurs très décalé

- La connaissance et l'extase, Eric Pessan, L'attente. Court, dense et puissant. Les réflexions d'un homme face à la bêtise humaine.

- Le poids de cet oiseau-là, Aline Bei, Aldeia. Poétique, très belle découverte

- Nettoyage à sec, Joris Mertens, Rue de Sèvres. BD somptueuse, très peu bavarde. Un héros ordinaire.

- Intolérable. Mémoire des extrêmes, Kamal Al-Solaylee, Perspective cavalière. La difficulté de vivre son homosexualité au Yémen et en Égypte.

- Tryptique en ré mineur, Sonia Ristić, Intervalles. Trois femmes à trois époques différentes pour un très beau roman.

- Les reflets du monde. En lutte, Fabien Toulmé, Delcourt. De la BD reportage excellente.

- L'évidence du vrai, Viviane Cerf, Des femmes-Antoinette Fouque. C'est Viviane Cerf, excellent comme toujours.

- L'archipel d'une vie, Andreï Makine, Seuil. Un dépaysement totale et une écriture magnifique.

- RIP. Fanette, Gaet's et Monier, Petit à petit. Pénultième tome. Vite la suite et fin...

13 titres, dont 3 chez Des femmes-Antoinette Fouque, 2 chez Intervalles et 1 pour une nouvelle maison Perspective cavalière. 4 BD. Je n'atteins pas encore la parité : 5 femmes et 9 -car un livre à 2- hommes.

Bonnes fêtes à tous

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Lettre ouverte aux onze millions de lits français qui dorment sans personne dedans

Publié le par Yv

Lettre ouverte aux onze millions de lits français qui dorment sans personne dedans, Bernard Bretonnière, Le Réalgar, 2022

"Un lit sur six, resterait, le plus souvent, inoccupé, quand la France compte un peu plus de soixante-sept millions d'habitants -vivant dans trente-sept millions de logements. Chambres d'amis sans amis, résidences secondaires sans résidents, couchages de dépannage sans pannes, etc.

Et pendant que ces lits dorment sans personne dedans, pendant que vous dormez seuls, chers lits français, jusqu'à trois cent mille personnes dorment dans les rues de votre beau pays." (p.3)

Partant de ce constat, Bernard Bretonnière propose aux Français qui ont des lits ou des chambres de libres d'héberger des sans-abris, des migrants. Lui-même, après des hésitations dues au discours ambiant sur l'insécurité, le risque de vol, d'agression, et toutes autres sortes de peurs, a franchi le pas et a osé accueillir chez lui un migrant congolais de 28 ans. Et depuis, ses lits ne désemplissent pas. Il se nourrit des rencontres, des échanges avec ceux qui vivent et dorment chez lui. Un seul incident, un homme qui a été entraîné dans un mauvais chemin -mais à l'extérieur, pas chez Bernard Bretonnière chez qui il est resté correct. "Trop beau pour y croire ? Bisounoursitude ? Angélisme boboïque ? Non : stricte vérité. Ainsi, ces deux lits, chez moi, ne connaissent plus le vide, ma maison ne connaît plus l'ennui ni la morosité, nous vivons tous ensemble tellement mieux, tellement plus. Aujourd'hui, et au quotidien, je ne peux plus me passer de leur présence ; elle m'est devenue nécessaire, parce que naturelle, et revigorante, et salutaire, et vitale." (p.12)

Lorsque la réalité n'est pas ce que d'aucuns veulent nous vendre dans les médias et leurs discours moisis. Lorsque la réalité, c'est la rencontre de l'autre. Lorsque la rencontre de l'autre c'est la richesse. Et lorsque Bernard Bretonnière finit par une petite pique bien sentie que personnellement j'adore, une pierre dans le jardin des bien-pensants sus-nommés : "Et, tout soudain, je pense à vous, lits chrétiens surmontés d'un crucifix : oublieriez-vous les Évangiles ? Celui de Matthieu par exemple : "J'étais un étranger et vous m'avez accueilli"... (p.16)

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Lettre ouverte au type haut comme trois pommes derrière la fille à talons

Publié le par Yv

Lettre ouverte au type haut comme trois pommes derrière la fille à talons, Arnaud Friedmann, Le Réalgar, 2018

Se promenant aux alentours de la gare de l'est, l'auteur croise une très belle jeune femme. Il voit également un homme, "à la verticalité contrariée" parce que dire nain pourrait être considéré comme une atteinte à l'intégrité dudit homme. Celui-ci tente d'aborder la femme, disons pour être correct, de manière inélégante. Elle l'ignore et continue sa route. Le nabot, pardon, l'homme "à la verticalité contrariée" ressent cela comme un affront.

Et l'auteur ne réagit pas, par crainte de se prendre un mauvais coup. Six mois plus tard, il écrit à cet homme qui ne le lira sûrement pas. Une lettre tellement bien écrite que c'est dommage que son destinataire l'ignore, mais c'est tant mieux pour nous qui avons la chance de pouvoir la lire. Il explique son inaction : "J'ai failli t'arrêter dans la rue. Te poser la main sur le bras -le truc à ne jamais faire, le contact physique qui m'aurait valu un aller simple vers le bitume, une suite de points de suture, des déceptions quotidiennes devant le miroir de ma salle de bain habitué à renvoyer l'image d'un nez dans l'axe ; pas même la reconnaissance de la fille qui aurait continué son chemin sans se retrourner." (p.12)

Le texte est beau, fait parfois sourire, nous ramène à nos hésitations à intervenir, car avouons-le, qui aurait réagi ? Qui aurait dit au nain de se taire ? L'agression verbale subie par cette jeune femme n'est sans doute pas la première ni la dernière qu'elle entendra dans sa vie et peut-être même dans sa journée. Comme Arnaud Friedmann, je me demande  : "Mec, franchement, est-ce que ça a déjà marché ?" (p.3). Comment certains pensent que leurs techniques de drague lourdes peuvent déboucher sur un rencard ? Et je pense à toutes les femmes, et je les plains, qui quotidiennement se prennent des remarques, des demandes, des sifflets... Arnaud Friedmann aussi, mais lui, il le dit vachement mieux que moi, dans cette collection Lettre ouverte.

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Lettre ouverte au vieux crétin incapable d'écraser une limace

Publié le par Yv

Lettre ouverte au vieux crétin incapable d'écraser une limace, Isabelle Flaten, Le Réalgar, 2022

"Indignez-vous, disait Stéphane Hessel. Dans ce monde d'injustices, de guerres et de menaces incessantes, la matière est abondante. Notre lexique s'enrichit chaque jour de nouvelles révoltes. Mais de la parole à l'acte se pose la question de l'engagement, cet abime parfois infranchissable. Il s'imagine alors en justicier des nobles causes, sûr et certain de répondre présent, l'arme à la main si nécessaire, quand l'urgence l'exigera. Dans ses rêves les plus fous, il passe à l'acte sans hésiter. Face à la réalité, l'histoire n'est plus la même." (site éditeur)

Les va-t-en-guerre, on en connaît tous. Ils s'indignent, vitupèrent, hurlent contre les bellicistes, contre les autocrates ou les tyrans qui étranglent ou massacrent leurs peuples ou les peuples voisins s'il y a quelque chose à gagner, parfois juste une breloque ou l'envie d'étendre un territoire... La bière à la main, les fesses sur le canapé, ces indignés le restent par la parole. L'engagement est tout autre. Qu'il soit idéalement à la défense des plus opprimés, parfois lointains, parfois plus proches : les Yougoslaves d'il y a quarante ans et les Ukrainiens ou les migrants qui passent par la Méditerranée, d'aujourd'hui. Ou qu'il soit encore plus proche, à nos portes : SDF, femmes battues, homos frappés, enfants en situation de danger... On en connaît tous des grandes gueules qui ne bougent pas. Et peut-on leur jeter la pierre ? L'engagement n'est pas aisé, et l'on peut se sentir impuissant, totalement dépassé par les événements.

Le texte d'Isabelle Flaten est virulent, violent. Elle invective les donneurs de leçons, ceux qui ont tout-fait-tout-vu et qui en fait ne font rien. On peut parfois se retrouver dedans tant les tâches sont nombreuses et difficiles. Le travers de ce texte est qu'il est dans ce qu'il dénonce. Il n'est qu'un texte, pas un engagement physique de l'autrice -qui le fait peut-être, elle ne le dit pas. Il pourrait être lu par des millions de lecteurs qu'il ne resterait qu'un texte. Néanmoins, il donne à réfléchir sur la notion d'engagement, et permet de confirmer l'envie que j'ai de m'éloigner le plus possible de ceux qui ont des solutions toutes faites et qui ne les appliquent jamais, même pas à eux.

C'est un texte de colère salutaire, qui comme les autres de cette collection est très bien écrit. Il parle de la fureur des hommes, de leur besoin de détruire qui naît avec eux : "Tu n'avais pas encore saisi que l'histoire était un éternel recommencement, qu'après le massacre venait toujours le repentir et qu'après l'orgie venait toujours la messe. Ta génération a débarqué au beau milieu de l'orgie, l'horreur était derrière depuis quelques temps déjà et devant tout s'annonçait rose, la paix avait été signée pour de bon, une paix, croyais-tu, ferme et définitive." (p.13)

Collection et éditeur à découvrir si ce n'est pas encore fait.

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Lettre ouverte à l'Intendant du Domaine

Publié le par Yv

Lettre ouverte à l'Intendant du Domaine, Pascal Adam, Le Réalgar, 2020

"Intendant du Domaine, je rends publique cette lettre afin que vous ne la puissiez ignorer, car c’est un fait qu’on s’adresse mieux à vous en s’adressant à d’autres, et que l’on ne vous devient vraiment audible qu’en étant si tordu que vous ; et probablement n’a-t-elle, cette lettre, d’autre réponse à attendre de votre part que sanglante, au mieux, quelque discrétion par ailleurs dont vous serez capable. Je ne pense pas, Intendant du Domaine, malgré les fonctions provisoires que vous occupez et que vous voulez croire supérieures encore à ce que réellement elles sont — dans le but inavoué, peut-être même inconnu de vous, d’assurer définitivement à votre orgueil la place de toute raison et d’interdire tout accès à votre personne des conseils de l’esprit —, je ne pense pas, dis-je, que vous ayez jamais travaillé vraiment et conséquemment pu savoir en vrai, au-delà de cette pauvre question pécuniaire qui semble parfois vous obséder, ce qu’est le travail ; et l’échange merveilleux en quoi d’abord il consiste." (p.4)

Si l'on s'en tient au sens premier du texte, on lit la lettre d'un soldat gradé qui s'oppose aux choix de l'Intendant et à sa collaboration avec l'ennemi. Je suis sans doute passé à côté de plein de choses, des références, des allusions... Néanmoins, j'ai trouvé ce texte très beau, qui parfois, juste par un mot décalé, donne un ton inattendu à la phrase, une élégance un peu surannée. Et malgré la sensation de passer à côté d'un truc, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce court texte, parce que l'écriture en est superbe. Parfois, je parviens à choper le sens caché du texte, mais je suis quand même un lecteur premier degré, et là, je n'ai pas pu m'en détacher, la faute sans doute à mon goût pour l'élégance de l'écriture de Pascal Adam.

Cette collection Lettre ouverte au Réalgar comporte déjà plusieurs titres dont certains ici chroniqués (Eric Pessan et Sylvie-E Saliceti) et d'autres à venir, parce que de si bons petits bouquins si peu chers (autour de 5€), ça s'achète en nombre.

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