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Amours défaites

Publié le par Yv

Amours défaites, Antoine George, Ed. Siloë, 2005
Recueil de nouvelles parlant de ruptures. Les couples se séparent, souvent, parce que l'homme a pris maîtresse. Lui, maladroit, peu courageux, dans ces nouvelles, c'est la femme trompée qui devient la plus forte et qui s'en sort. Trois nouvelles sont bâties sur ce modèle. Les autres sont différentes, humour noir pour la première, Chaleurs intimes, très joli texte qui n'est qu'une description d'un moment dans une station balnéaire pour la dernière, Transitions. A chaque fois de beaux textes, d'écriture classique, riche. Un dialogue, qu'on pourrait qualifier de joute verbale, en est un bel exemple dans la nouvelle Le principe de précaution. Les personnages sont bien décrits : des hommes veules et couards et des femmes qui se sortent des situations qui, a priori devaient leur nuire, encore plus fortes qu'auparavant. Peut-être un peu stéréotypé et répétitif : mon seul bémol, mais, bon, je parle en tant qu'homme ; peut-être mesdames vous y retrouverez-vous plus que nous ?
Ce sont des petits moments de vies, pas des nouvelles avec obligatoirement une chute finale. Juste des moments. La vie existait avant, existera après, parfois bouleversée, chamboulée ; d'autres fois elle reprendra son cours normal, c'est aussi cela qui fait le charme de ce livre.

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L'année de l'éveil

Publié le par Yv

L'année de l'éveil, Charles Juliet, Ed. P.O.L, 1989
Un jeune paysan, fin des années 1940, entre à l'école militaire. Enfant de troupe. Jusqu'à présent, il n'a vécu que dans sa campagne et ne connait rien d'autre. Il va découvrir la vie de caserne, les brimades, voire les sévices, que les anciens font subir aux plus jeunes, les règles strictes, parfois même au-delà de la sévérité, imposées par les chefs de sections avec, pour certains, un certain plaisir ou même sadisme. Il découvrira aussi l'amitié d'un de ses chefs, l'amour et sa passion pour le sport -boxe et rugby. C'est une année pleine de questionnements existentiels sur la valeur de la vie, la religion, la mort, ... La fin de l'enfance.
Charles Juliet aborde dans ce livre une de ses années d'enfant de troupe. Il en parlait déjà dans Lambeaux, mais de manière succincte ; il y revient en développant le sujet. On mesure la dureté de sa vie de jeune garçon et d'adolescent. Tout y est dit sans fausseté, sans détour, mais avec pudeur. Chaque phrase est travaillée, claire et précise. Pas de misérabilisme, il n'en est nul besoin. Un très beau texte qui m'engage à pousser encore ma découverte de cet auteur.
On parle un peu de Juliet sur les blogs, notamment Sylire qui vient de finir un livre d'entretiens.

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Plaisir d'offrir, joie de recevoir

Publié le par Yv

Plaisir d'offrir, joie de recevoir, Anna Rozen, Le dilettante, 1999
J'ai pris ce livre au hasard sur une étagère de la bibliothèque, d'abord parce que la couverture est très belle, ensuite parce que j'aime bien l'éditeur -toujours de belles couvertures- et enfin parce que le titre me plaisait bien. Je fus donc surpris de constater qu'il s'agissait d'une espèce d'inventaire des fantasmes et pratiques sexuelles d'une jeune femme, souvent d'une platitude morne et d'un manque d'imagination terne. Cette lecture aurait au moins pu m'émoustiller à défaut de me plaire, mais que nenni ! Banale voire ennuyeuse, même si je ne prétends pas être un expert en matière de littérature pseudo-érotique. J'ai lu, dans mon jeune temps -je suis encore très jeune même si c'est mon anniversaire aujourd'hui !- des livres plus intéressants stylistiquement parlant et aussi plus provocants et émoustillants, pour reprendre un mot que j'aime bien. Bref, une mauvaise pioche chez Le Dilettante.

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L'histoire de la brume

Publié le par Yv

L'histoire de la brume, Stuart Dybek, Siloë, 2008


Recueil de nouvelles, parfois poétiques, parfois surréalistes, parfois de vrais poèmes en prose. Je n'ai pas accroché à toutes, mais certaines m'ont bien plu  et d'autres, notamment, Le baiser, sont excellentes. Dans cette nouvelle, un sauveteur sauve de la noyade une femme en lui faisant du bouche-à-bouche, en tombe amoureux suite à ce "baiser". Tout cela est très poétique, très joliment écrit.
Je ne connaissais pas cet auteur, il a reçu récemment des prix dans son pays, les Etats-Unis, pour l'ensemble de son oeuvre, dont une toute petite partie est publiée en Français.

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La tête en friche

Publié le par Yv

La tête en friche, Marie-Sabine Roger, Ed. du Rouergue, 2008
Germain est un homme de 45 ans, peu instruit, aux capacités dites limitées. Il vit de petits boulots, fréquente assidûment sa bande de copains et Annette, son amie. Par hasard, au jardin public, il rencontre Margueritte, une vieille dame, son opposée totale ; aussi petite qu'il est grand, aussi instruite qu'il est inculte, aussi seule qu'il est entouré. Une amitié improbable mais profonde naît, et tous deux échangent, apprennent l'un de l'autre. Pour Germain, cela se traduit par une découverte de ses capacités à apprendre et réfléchir et par la découverte des livres.
Une belle rencontre émouvante, prenante, entre deux personnes que rien a priori ne rapproche. Deux beaux personnages, bien décrits, qu'on a envie de rencontrer. Un style plaisant alternant jolies tournures et mots grossiers ou d'argot. Que des louanges -lues dans d'autres critiques, Sylire ou Flora, par exemple-, néanmoins, je suis un petit peu déçu : l'auteure frôle la caricature des personnages et l'emploi exagéré de métaphores, d'expressions toutes faites telles : "il n'y a pas de sots métiers, il n'y a que de la sotte engeance." ou "se cultiver, c'est tenter de grimper en haut d'une montagne" , tout au long du livre m'a agacé et a terni mon plaisir de lecture.
Livre qui concourt pour le prix Inter C-E.

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La mort leur va si bien

Publié le par Yv

La mort leur va si bien, Peter James, Ed. Panama, 2007
Deuxième enquête policière -le titre du livre est assez explicite !- du flic anglais Roy Grace, après Comme une tombe. Dans celle-ci, il enquête sur la disparition d'une jeune femme, Janie Stretton. En parallèle, on vit l'angoisse de Tom Bryce, qui, ayant trouvé un cd dans un train, l'a introduit dans son PC et est ainsi tombé sur un meurtre en direct. Les menaces de la société Scarab, à l'origine de ce film, ne tardent pas à arriver. Roy Grace et son équipe, enquêtent à toute allure mais n'empêchent bien évidemment pas tous les événements.
Peut-être moins original que le premier de la série pour l'idée de départ, mais toujours intéressant. L'intrigue -assez éprouvante, par le sujet qu'elle aborde et que je vous laisse découvrir- est bien menée, chaque piste est étudiée, aussi improbable soit-elle. Les personnages, notamment le commissaire Grace, toujours féru de paranormal, sont bien décrits, on avance dans leurs vies professionnelles et personnelles. En prime, on visite, grâce aux descriptions de l'auteur, la ville de Brighton, ses beaux quartiers et ses endroits moins recommandables.
J'aime bien ce genre de polar, classique, efficace, s'intéressant aux personnages, aux lieux, qui ne tombe pas dans le sensationnel. Pas déçu par cette deuxième enquête, j'attends la suivante.

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Les enfants sont faits pour grandir

Publié le par Yv

Les enfants sont faits pour grandir, Françoise Guyon, Ed. Siloë, 2004
Recueil de nouvelles. Toutes des histoires d'enfants. "[...] variations sur un même thème, les blessures de l'enfance brisée par le monde le plus inhumain qui soit : celui des adultes, tramé de guerres, de viols, de trahisons..." (4ème de couverture)
Une écriture et une construction du livre tout a fait étonnantes. Les nouvelles se suivent et se ressemblent ou ne se suivent pas et se ressemblent quand même. Elles sont de longueurs très inégales. Elles parlent toutes d'enfance brisée, certes, mais même si le thème est profondément triste et parfois sordide, l’écriture parfois elliptique, parfois plus crue vaut qu'on s'arrête sur ce tout petit recueil.
Voici une toute petite nouvelle intitulée : 6 décembre 2003.
"Le village d'Hutala, à quinze kilomètres de Kaboul. Matin du 6 décembre. Un matin que l'histoire avec un grand H ne retiendra pas. Rien d'important. Un matin d'enfance, un matin pour jouer aux billes. Neuf casquettes éparpillées, du sang sur le gravier. La caméra repère les impacts de roquette. Trente. Elle se pose sur un groupe de visages. Les mères pleurent."

J'ai découvert ce livre grâce à une expo des éditions Siloë dans ma bibliothèque, et très franchement, je pense que cet éditeur est à découvrir. Son site : www.siloe.fr

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Lambeaux

Publié le par Yv

Lambeaux, Charles Juliet, P.O.L, 1995 (édité aussi chez Folio)
C'est un récit autobiographique. Charles a été séparé de sa maman encore bébé et placé dans une famille d'accueil, dans les années 30. La première partie est la vie de sa maman biologique et la seconde, sa propre vie, sa douleur et sa difficulté à se construire avec son passé (qu'il n'a appris qu'à 8 ans, lorsque sa "vraie" maman est décédée), malgré l'immense amour donné par  toute sa famille d'accueil et sa seconde maman en particulier. C'est beau. C'est fort. J'ai pris une claque en le lisant. Je ne connaissais pas du tout cet écrivain, mais grâce à Sylire, c'est chose faite.
L'écriture de Charles Juliet est directe, franche, travaillée, il emploie le "tu" lorsqu'il s'adresse à sa mère, mais aussi lorsqu'il parle de lui, ce qui rajoute, à mon sens, de la force et de la proximité avec lui. Pour chaque mot :"D'abord descendre. Encore descendre. Le dégager de la tourbe, ou de la boue, ou bien encore d'un magma en fusion. Puis, le tirer, le hisser, lui faire péniblement traverser plusieurs strates au sein desquelles il risque de s'enliser, se dissoudre. S'il en émerge, enfin, il vient au jour, et quand tu le couches sur le papier, alors que tu le crois gonflé de ta substance, tu découvres qu'il n'est qu'un mot inerte, pauvre, gris. Tu le refuses. Tu redescends dans la mine, creuses plus profond, cherches celui qui apparaîtra plus dense, plus coloré, plus vivace. Ainsi sans fin. Ainsi cet épuisement qui te maintient en permanence à l'extrême de ce que tu peux."
On comprend combien a été douloureuse mais salvatrice pour Charles Juliet, l'écriture. Elle aurait pu l'être aussi pour sa maman, mais la vie et la mort en décident autrement. Alors certes, ce n'est pas un livre drôle, mais Charles Juliet réussi à en faire un livre positif, malgré tout ce qu'il y raconte.
Franchement, si vous devez lire un livre cette année -n'oubliez pas ! Les bonnes résolutions !-, n'hésitez pas vous l'avez devant vous !

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L'avenir de l'eau

Publié le par Yv

L'avenir de l'eau, Erik Orsenna, Fayard, 2008


Erik Orsenna est parti sur les routes du monde dans l'idée de répondre à la question suivante : "Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ?"  Histoire aussi de voir comment dans tel ou tel pays (Australie, Chine, Singapour, Bangladesh, ...) les autorités traitent ce problème de l'eau, du réchauffement climatique et autre dérèglement de la nature.
J'avoue avoir eu, avant d'ouvrir son gros livre, quelque appréhension sur ma "capacité" à m'intéresser à ce sujet pendant 400 pages, mais à ma grande et heureuse surprise,  j'ai fait avec M. Orsenna, un tour du monde passionnant. Jamais ennuyeux, malgré un tout petit relâchement de ma part aux deux-tiers du livre, mais très vite rétabli, toujours instructif. Et tellement joliment dit ! De ce sujet, on aurait pu tirer un livre austère, mais grâce au talent d'Erik Orsenna, j'ai eu entre les mains un livre plaisant,  et intelligent. Finalement, je n'en demandais pas moins à un académicien et notamment à M. Orsenna qui sait très bien nous parler de sujet sérieux, très sérieusement, mais aussi manie parfaitement bien l'humour et fait passer ainsi son message de manière particulièrement agréable. Le livre fini et refermé, on se rend compte du bonheur et du confort que l'on a en ouvrant simplement le robinet. Tant d'autres, à travers le monde n'y ont pas accès !
On peut aussi poursuivre la lecture de ce livre sur : www.erik-orsenna.com/blog

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