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Un sur deux

Publié le par Yv

Un sur deux, Steve Mosby, Sonatine éditions, 2008

John Mercer est un flic reconnu, respecté et admiré par les autres policiers. La mort de l'un des ses collègues, et ami proche le plonge dans une dépression. Deux ans plus tard, il revient dans son service : il n’apparaît être plus que l'ombre de ce qu'il a été. C'est au moment de son retour que le tueur en série qu'il a déjà traqué deux ans auparavant reprend lui aussi ses activités.

Soyons clair et précis : je n'ai pas aimé du tout. L'histoire est sordide, pas très originale : on a droit aux descriptions de tortures et de cadavres mutilés (je préfère de loin une suggestion à une description au scalpel des horreurs). Les personnages n'ont pas vraiment de carrure, ni les flics, ni le tueur. Enfin, un mauvais polar à mon goût, racoleur et déplaisant. Si après cela sa lecture vous tente quand même, eh bien lancez-vous dans les 415 pages qui le composent, mais je vous aurais prévenu !

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L'homme du lac

Publié le par Yv

L'homme du lac, Arnaldur Indridason, Ed. Métailié noir, 2008

Un squelette lesté par un émetteur radio est retrouvé au fond d'un lac qui se vide, en Islande. Erlendur et ses équipiers Elinborg et Sigurdur Oli mènent l'enquête.  Pour cela ils s'intéressent aux disparitions des années 60, non élucidées. Rapidement ils se forgent la conviction qu'il faut chercher vers les pays de l'ancien bloc de l'Est, communiste.

Je lisais récemment dans un Ouest-France (du 22/11/08) une interview d'Indridason expliquant que si les polars nordiques avaient en ce moment le vent en poupe c'était probablement parce les flics y étaient réalistes, humains et proches de nous. Il ajoute qu'il est pour lui inconcevable d'écrire une scène de poursuite de voitures ou d'une fusillade, simplement parce qu'en Islande, on ne s'y poursuit pas en voiture et que les policiers ne sont pas armés. J'avoue être tout à fait d'accord avec ce côté réaliste et humain des personnages des romans d'Indridason (ou Mankell entre autres), ce qui fait que j'apprécie beaucoup plus les polars nordiques que les polars étasuniens qui se ressemblent tous beaucoup.

Ma parenthèse étant faite, dans L'homme du lac, Indridason se sert de l'intrigue policière pour nous brosser un portrait peu flatteur de l'ex RDA dans les années 50/60 : une longue partie de ce roman y est consacrée, très bien documentée et très intéressante pour se faire une idée de ce qu'on vécu les habitants des anciens pays communistes. L'autre partie du roman consiste en la recherche de la vérité sur ce squelette. On retrouve avec grand plaisir les trois enquêteurs islandais englués dans leur propres soucis. Le dépaysement nordique n'est pas non plus étranger au plaisir que j'ai eu à suivre Erlendur et ses collègues.

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Atelier 62

Publié le par Yv

Atelier 62, Martine Sonnet, Ed. Le temps qu'il fait, 2008


Le résumé du livre est on ne peut plus simple : Martine Sonnet est la cinquième et dernière enfant d'une famille normande. Le père, artisan-forgeron, obligé de quitter son village -plus assez de travail- pour embaucher à la Régie Renault, atelier 62 forges et traitements, réputé comme le plus dur de l'usine de Boulogne-Billancourt. Déracinement normand-enracinement parisien. Années 50/60. Années où tout change : les ateliers se mécanisent, la vie quotidienne aussi.
Ce livre ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà lu : mi-récit-mi-documentaire. L'auteure alterne les chapitres. Les uns consacrés à l'usine, en pleine mutation mécanique, écrits comme un documentaire (conditions de travail, relations ouvriers-direction, rapports et références au journal du syndicat de la Régie, ...) ; l'écriture est directe, sèche, descriptive, assez classique. Les autres s'attardent sur l'histoire familiale : l'arrivée à Paris, la figure omniprésente du père ; écriture plus allusive, elliptique : beaucoup de phrases sans verbes, omissions de déterminants ; un parti-pris et un style singuliers.
Soyons directs : j'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, même si les chapitres-usine sont plus difficiles d'accès. Cependant, à mon grand regret, je crains que ce livre ne reçoive pas l'accueil qu'il mérite dans le cadre du prix inter C-E pour lequel il concourt, du fait de sa construction hors du commun.

PS : visitez le site de Martine Sonnet

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Monsieur Pain

Publié le par Yv

Monsieur Pain, Roberto Bolano, Les allusifs, 2004


Voici la quatrième de couverture : "Paris, avril 1938. [...] le poète Vallejo se meurt, possédé d'un hoquet incurable. Surgit alors un homme étrange aux poumons brûlés, acupuncteur féru de sciences occultes, Pierre Pain, qui eût pu arracher Vallejo à la mort."


Je pensais qu'avec cette approche et le style résolument décalé des Allusifs, je m'intéresserais à l'histoire. Que nenni ! Je n'ai pas réussi à entrer dedans. De trop nombreuses digressions m'ont rendu la lecture incompréhensible. C'est pourtant une écriture classique, agréable, et une époque qui me plait, mais j'ai fini en diagonale, très vite.

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Comme une tombe

Publié le par Yv

Comme une tombe, Peter James, Panama, 2006


Michael Harrison enterre sa vie de garçon avec quatre de ses amis. Enclin à faire des blagues de très mauvais goût à ses camarades, ceux-ci, cette fois-ci ont bien l'intention de se venger, en toute amitié. Pour lui donner une bonne leçon, ils font donc le tour des pubs de la région, le saoulent et décident de ... l'enterrer vivant, dans un vrai cercueil recouvert de terre et d'aller le déterrer deux heures plus tard lorsqu'ils auront visité d'autres pubs. Seulement, l'enterrement fait, ils ont un accident de voiture : trois d'entre eux meurent et le quatrième est en soins intensifs. Voici donc Michael enterré vivant sans que personne ne le sache. Affolée de sa disparition, Ashley, sa fiancée fait appel à la police. Le commissaire Roy Grace est sur l'affaire.
Voilà un roman policier comme je les aime : une belle idée de départ, des personnages fouillés, très bien décrits aussi petits soient leurs rôles dans l'histoire ; idem pour les lieux. Je ne suis pas forcément adepte des comparaisons, mais j'en vois une évidente avec les enquêtes de Kurt Wallander, héros de Henning Mankell (ce qui est un compliment pour moi, car je place Kurt Wallander en tête de mes enquêteurs préférés). Les paysages nordiques en moins, mais la pluie, la campagne, les villes et les pubs anglais en plus. On suit toute l'enquête au rythme de Roy Grace -même si on en sait plus long que lui- on voit aussi les fausses pistes, les questionnements. Evidemment, je ne raconterai pas la fin, mais de rebondissements en rebondissements, elle finit par arriver et elle ne déçoit pas. Signe de qualité pour un polar. Merci à Ys pour son conseil de lecture.

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Les quatre vérités

Publié le par Yv

Les quatre vérités, David Lodge, Rivages, 2000


Je ne connaissais pas du tout David Lodge et en visitant le blog de Keisha, j'ai vu son billet enthousiaste. J'ai donc sauté le pas. Dans Les quatre vérités, quatre personnages : Adrian, un écrivain qui ne se remet pas  d'un succès des années auparavant, sa femme Eleanor, un ami du couple, Sam, scénariste pour des séries et feuilletons télévisés et Fanny, une journaliste effrontée et féroce. Tout commence par un article très méchant écrit par Fanny sur Sam. Celui-ci, meurtri demande à son ami Adrian de le venger en rencontrant Fanny. C'est un roman (plus exactement, une novellisation de David Lodge d'une de ses pièces de théâtre ) drôle, caustique. Aucun des personnages n'est tout blanc ou tout noir. A chacun son petit secret. En prime et en toile de fond du roman, David Lodge s'intéresse à la différence entre la Littérature avec un grand "L" et les exigences médiatiques. Savoureux.

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J'aime pas les autres

Publié le par Yv

J'aime pas les autres, Jacques A. Bertrand, Julliard, 2007


J'ai connu Jacques A. Bertrand, il y a une petite quinzaine d'années avec un très beau livre : Le pas du loup, écrit après la mort de sa mère. Dans J'aime pas les autres, Jacques A. Bertrand change de registre et nous livre, à travers la vie d'Anatole Berthaud de la petite école à la grande, une chronique sur l'apprentissage d'un jeune homme dans les années 50/60. La vie du narrateur aurait pu être heureuse s'il n'y avait pas... les autres. C'est un petit livre très plaisant, entre roman et autobiographie, bourré d'humour et de digressions très drôles, dans lesquelles l'auteur nous donne son avis sur des sujets aussi divers que la philosophie, le gruyère et le champagne, la cigarette, l'appartenance à un groupe, ... Si vous voulez vous détendre après une lecture difficile, voici le bon remède : lisez Jacques A. Bertrand.

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Le chemin des sortilèges

Publié le par Yv

Le chemin des sortilèges, Nathalie Rheims, Ed. Léo Scheer, 2008


"Un jour, il est parti. Lui qui l'avait vue naître et accompagnée depuis toujours, il s'est retiré dans la solitude.
Dix ans plus tard, elle retrouve sa trace et le rejoint pour comprendre ce qui s'est passé. Dans une maison aux apparences trompeuses commence un huis clos où les cauchemars se confondent avec le réel.
Les souvenirs resurgissent à travers les contes de fées qu'une main invisible dépose chaque soir à son chevet."

Extrait de la quatrième de couverture, qui permet d'introduire au mieux cette histoire. Voici donc un roman lent, à l'écriture simple, sans effets de style ; c'est heureux d'ailleurs parce que cette écriture et cette lenteur permettent d'accéder plutôt aisément à un livre à la construction parfois déroutante, oscillant entre réalité, rêves et cauchemars. C'est aussi ce qui fait son originalité, ainsi que l'évocation et l'utilisation des contes de fées comme révélateurs des souvenirs. On avance lentement dans la mémoire de la narratrice et l'on ressent, au fil des pages, quantités de secrets et non-dits. Nathalie Rheims parle de la vie/la mort, l'amour, le désir d'enfanter ou non, la jalousie. Tout y est traité directement, mais pudiquement. Je n'aurais qu'une seule réserve, assez minime, c'est que j'ai senti une petite longueur d'une dizaine de pages (en abordant le conte La petite princesse), mais vite dissipée car assez proche de la fin du livre, qui elle, m'a repris et remis dans le livre.
Pour résumer : une belle découverte ce livre de Nathalie Rheims (que je ne connaissais que de nom, même si elle écrit là son dixième livre !) ; si vous voulez une lecture qui change un peu de vos lectures habituelles, n'hésitez pas !
Sylire et Brize vous donnent aussi leurs avis.

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Swap

Publié le par Yv

Swap, Antony Moore, Ed. Liana Levi, 2007


A 12 ans, Harvey Briscow échange une BD, Superman numéro un, contre un cylindre en plastique à Charles Odd, dit Bleeder, le souffre-douleur de l'école. 20/25 ans plus tard, Harvey est propriétaire d'une boutique spécialisée en BD et rêve ce Superman numéro un qui a atteint une côte très haute. Il profite d'une réunion d'anciens élèves pour revoir Bleeder et lui reparler de cet échange. A partir de là, les événements s'enchaînent et rien ne va plus pour Harvey.
Sur une idée de base intéressante et une intrigue bien menée, l'auteur nous écrit un long (trop long) polar ; beaucoup de passages pourraient être allégés sans que l'histoire, l'intrigue et la psychologie des personnages en pâtissent. Je ne trouve pas non plus cet humour noir, ce roman "délectable -extrêmement drôle" que l'on nous promet en quatrième de couverture. En résumé : bien, sans plus !
Lu dans le cadre du prix inter C-E.

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