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Happy hand

Publié le par Yv

Happy hand, Guillaume Laurant, Seuil, 2006 (143 p)
Naoufel -dit Nafnaf-est un jeune Marocain, né de parents professeurs de littérature française, lui ayant enseigné un français de salon, un rien désuet. Lorsqu'il arrive en France, vers 12 ans, il devient cancre pour éviter les quolibets de ses camarades de classe -il ne les évitera d'ailleurs pas !. Ses parents meurent accidentellement. Nafnaf se retrouve d'abord chez un oncle -le furoncle Sam-, et tombe amoureux de sa belle cousine Shéhérazade, mais se met à dos son cousin Abderraouf, futur chef de bande. Nafnaf, par accident perd sa main qu'on ne peut lui greffer. Celle-ci prend alors son indépendance et raconte ses aventures en parallèle avec celles de Nafnaf manchot.
Guillaume Laurant livre un roman très drôle, truffé de jeux de mots, certes, pas tous hilarants, mais donnant le ton burlesque au livre. C'est plaisant, original -je n'avais encore jamais lu les aventures d'une main vivant seule, sans corps pour l'accompagner !- et sans rire à gorge déployée, on sourit tout au long de la lecture. Le personnage de loser ou d'anti-héros, comme on dit parfois, est pathétique à souhait ; le gros dur est méchant comme il faut ; la cousine Shéhérazade est simplement perverse et arrivera bien sûr la belle jeune fille, la princesse. Attention, cependant à elle et à ce qui peut arriver, car rien dans ce livre n'a rapport aux contes de fées.
Un avis assez ressemblant chez Ys : j'ai lu Happy hand après avoir parcouru son article.

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Le fils du vent

Publié le par Yv

Le fils du vent, Henning Mankell, Ed. Seuil, 2004
Fin 19ème siècle, Hans Bengler est un jeune entomologiste qui rêve de trouver l'insecte rare, non encore décrit, qui lui apportera reconnaissance et richesse. Il part dans le désert du Kalahari, découvre un enfant orphelin bochiman, le prénomme Daniel et décide de le ramener en Suède pour lui offrir une vie meilleure.
Roman non policier d'Henning Mankell : un beau conte philosophique sur le thème de l'enfant sauvage, qui est aussi un hommage à l'Afrique. (4ème de couverture). Les personnages sont crédibles, torturés, complexes. Juste ce qu'il faut pour faire un beau roman. Le contraste entre les paysages de l'Afrique et de la Suède à cette époque est édifiant et donne de l'intérêt en plus au livre, surtout qu'il renforce le mal-être de Daniel, l'enfant recueilli, qui ne rêve que  de retrouver le sable, le soleil et la mer (toute allusion à une chanson connue est mal venue).
Le début du livre, le périple de Hans Bengler dans le désert est un peu long, mais dès que les choses sont mises en place, ce livre devient passionnant et très beau. On se prend à espérer pour ce jeune garçon qu'il retrouve un jour son cher désert, mais là, je vous laisse l'insoutenable suspense et le plaisir de lire ce formidable roman.
PS : J'avais oublié de remercier Armande qui m'a conseillé cette lecture. Désolé.

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Le temps qu'il faudra

Publié le par Yv

Le temps qu'il faudra, Jean-Baptiste Gendarme, Gallimard, 2009
Recueil de nouvelles, souvent des histoires de couples qui se séparent, des histoires "traversées par l'amour, la haine, la mort, la fuite". (4ème de couverture).
Rien de bien folichon. Impression de déjà lu. Contrairement à ce qui est dit en 4ème de couverture, je n'ai pas trouvé que "les relations humaines [étaient] disséquées avec une férocité désolée", ni "les personnages [...] décrits sans mépris mais sans indulgence". J'ai même trouvé un certain mépris -pour reprendre le terme- des petites gens décrites. Un texte d'un écrivain blasé, et un rien condescendant. Enfin, rien de neuf. La lecture n'est jamais désagréable, loin s'en faut, mais on oublie vite les personnages et les histoires. Pas le signe d'un grand livre !

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Le fils du printemps

Publié le par Yv

Le fils du printemps, Cristovao Tezza, Métailié, 2009
Le narrateur, écrivain en devenir, où plutôt jeune homme souhaitant réussir dans l'écriture et dont on sent qu'il réussira sans doute, a été hippie, a fait du théâtre et vit aux crochets de sa femme en attendant qu'un éditeur veuille bien donner forme à son rêve le plus cher. Parallèlement, il devient papa d'un garçon prénommé Felipe et atteint du syndrome de Down, plus communément appelé trisomie 21. Son enfant naît donc trisomique, et ça, il ne l'accepte pas. Souhaitant que cet enfant ne survive pas, d'abord il s'en désintéresse, puis tente par des exercices très particuliers, une sur-stimulation pour contrer le handicap. Et finalement, il découvre son attachement et son amour pour ce fils différent et imparfait.
"Sans aucune trace de sentimentalisme ou de commisération le discours du narrateur, fuyant l'émotion facile, est surprenant. "(4ème de couverture). Eh bien voilà, tout est dit ! Le narrateur ose écrire ses sentiments les plus bas, ses considérations politiquement incorrectes, parce le rôle du père en général  entraîne des questionnements et des moments de doute. Dans le même temps, il apporte aussi énormément et Cristovao Tezza l'écrit également.  C'est d'ailleurs le thème majeur du livre  : le rôle du père, que l'enfant soit handicapé ou non. On suit le narrateur dans le fil de ses pensées et de ses souvenirs de jeune homme dans le Brésil des années 60. C'est parfois un peu longuet -surtout si comme moi, vous ne connaissez rien au Brésil-, décousu, mais il y a souvent un passage auquel se raccrocher et l'impression d'après lecture est plutôt positive, même si j'avoue avoir passé assez vite la fin. Donc bilan mitigé !

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Le cerveau de Kennedy

Publié le par Yv

Le cerveau de Kennedy, Henning Mankell, Ed. Seuil, 2009
Louise Cantor, archéologue suédoise quitte son chantier de fouilles en Grèce et rentre en Suède. Elle trouve son fils, Henrik, mort, dans son appartement. Louise ne veut pas croire à la thèse du suicide. Elle se lance alors dans une enquête, découvrant de nombreuses facettes de son fils qu'elle ne connaissait pas. Sa recherche de la vérité la mènera en Espagne, au Mozambique, en Allemagne et en Australie. Pourquoi Henrik s'intéressait-il à la disparition du cerveau de John Kennedy ? Que faisait-il au Mozambique, dans un mouroir pour les malades atteints du sida ?
Henning Mankell explique dans la postface que ce roman est né de la colère qu'il éprouve face à l'hécatombe due au sida dans les pays d'Afrique. C'est un constat clair et net sur le "lent naufrage d'un continent rongé par le sida" et sur le désintérêt total et le cynisme du monde occidental face à cette catastrophe. Cette partie du roman est intéressante, et écrite par un homme désabusé qui connait bien l'Afrique puisqu'il partage son temps entre la Suède et la Mozambique.
Par contre, et je suis désolé de le dire parce que j'aime beaucoup H. Mankell, je n'ai pas adhéré au reste du livre : je n'ai été convaincu ni par l'énigme, ni par l'enquête et la résolution (?) de celle-ci, ni par les personnages, assez peu crédibles. Je me suis même un peu ennuyé : un comble pour un amateur de cet auteur !

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L'espion du pape

Publié le par Yv

L'espion du pape, Philippe Madral, François Migeat, Ed. Robert Laffont, 2009
En 1207, en Languedoc, la religion cathare prend de plus en plus d'importance et par voie de conséquence la religion catholique perd de son influence. Le pape Innocent III décide d'envoyer son espion Fransesco Stranieri dans le comté toulousain pour prendre la tension et tenter de faire régner le calme. Ce ne sera pas chose aisée, car des catholiques fanatiques brûlent, violent et torturent les hérétiques cathares. En parallèle, Bertrand de Touvenel, revenu d'une croisade, blasé et dégoûté par toute forme de religion et d'intolérance retrouve son domaine dévasté.
Voilà pour l'intrigue, qui, il faut bien le dire ne m'a pas scotché. Tout est déjà vu ou déjà lu : les personnages sont caricaturaux, les gentils, les méchants -pas tous de la même religion, ce serait trop facile !-, les amours naissantes puis contrariées, puis repartantes...
Ceci étant, malgré tout, je ne me suis pas ennuyé, parce que le contexte m'est particulièrement intéressant. Depuis, longtemps, je souhaite m'informer plus avant sur les Cathares, leur religion, leurs dogmes et le véritable génocide dont ils ont été les victimes. Par manque d'initiative personnelle et manque d'avoir trouvé le bon  ouvrage, je n'avais jamais réalisé ce souhait. Et bien, c'est maintenant fait, grâce à ce livre vraiment très bien documenté et très précis. Il m'a permis d'apprendre ou de revoir plein de choses sur cette religion, sur la manière de vivre à cette époque, dans ce comté. Alors, certes, j'aurais pu prendre un livre d'histoire, sûrement plus complet. L'intérêt, dans L'espion du pape, c'est que les auteurs mêlent les personnages historiques à leurs personnages romanesques, ce qui peut ajouter de la confusion, mais qui apporte surtout un côté instructif au rôle distrayant du roman.
NB : livre reçu grâce au partenariat Blog-o-book et les éditions Robert Laffont. Merci à eux.

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La chanson de Charles Quint

Publié le par Yv

La chanson de Charles Quint, Erik Orsenna, Stock, 2008
Deux frères vivent dans une même ville, l'un, le cadet, à l'amour unique, l'autre, l'aîné à l'amour morcelé. Le cadet a épousé son amour unique, l'aîné s'est divisé entre plusieurs femmes jusqu'à en trouver une, celle qui mourra jeune et qui le laissera seul et quelque peu désemparé.
Superbe écriture pour un roman qui ne l'est pas moins. Tout en pudeur, en poésie, Erik Orsenna décrit l'amour de cet homme pour cette femme et l'amour fraternel. Il raconte l'absence de la disparue, mais en même temps sa forte présence, malgré cette disparition. Il relate les tentatives amicales et fraternelles pour soutenir le veuf.
C'est un roman mélancolique, mais gai, racontant le passé mais se prolongeant dans le futur, expliquant même la notion de futur antérieur.
Je trouve qu'avec sa manière d'aborder la mort, l'absence, de front certes, mais encore une fois tout en pudeur, en retenue, Erik Orsenna réussit à faire passer énormément de sentiments, de beauté. Il parvient à émouvoir le lecteur sans jamais tomber dans un pathos facile et de mauvais aloi, contrairement à d'autres qui s'essayent à écrire autour de la mort mais n'ont réussi qu'à m'ennuyer (cf. E. Carrère, D'autres vies que la mienne).
Voilà pour moi un livre extrêmement tendre, émouvant, mélancolique, mais toujours gai et positif, écrit par un raconteur d'histoires hors pair.

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Les jours, les mois, les années

Publié le par Yv

Les jours, les mois, les années, Yan Lianke , Ed. Philippe Picquier, 2009
La population d'un village de montagne fuit la terrible sécheresse qui sévit. Seuls un vieil homme et son chien aveugle restent pour tenter de faire pousser, malgré le soleil et la manque d'eau, un pied de maïs. S'engage alors une véritable lutte contre les éléments, la mort, les rats et autres loups pour que l'épi de maïs voie le jour;
Yan Lianke est un écrivain chinois et ça se ressent dans la lecture. On trouve des images que l'on ne trouve pas ou très rarement dans la littérature occidentale, dans lesquelles il est beaucoup question de couleurs, d'odeurs, bonnes ou mauvaises ; le viel homme parle au chien qui comprend, mais  ne répond pas.
Je ne suis pas très habitué à ce genre de littérature, mais j'avoue avoir été intéressé et j'ai plutôt bien aimé. Je n'en lirais peut-être pas tous les jours, mais de temps en temps, je ne dis pas non !

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Le cannibale et les termites

Publié le par Yv

Le cannibale et les termites, Stéphane Dovert, Métailié, 2009
Un groupe de 5 touristes français et d'un étasunien est enlevé par des indépendantiste de Papouasie Nouvelle-Guinée, en Indonésie (faites comme moi, prenez un atlas !). Ce livre relate entre autres, leur très longue marche à travers la jungle, la confrontation des Occidentaux au monde sauvage et dépouillé des Papous.
Très habilement, Stéphane Dovert brosse les portraits de personnages archétypaux perdus dans un monde pour lequel ils ne sont pas faits. La confrontation avec les autochtones n'est pas toujours à leur avantage : qui sont réellement les sauvages ? Il prend le temps de dévoiler les facettes plus ou moins glorieuses de ses personnages. Ceux que l'on croit forts et qui s'écroulent et ceux qu'on pense faibles et qui résistent. Le paysage de la jungle indonésienne, l'humidité permanente, la hantise des otages de se retrouver face à des bêtes dangereuses, leur peur de mourir, de se faire manger, tout cela ajoute de l'intérêt, du charme et un vrai plaisir de lecture. Fort bien documenté (l'auteur a vécu 18 ans en Asie et a écrit des bouquins géopolitiques sur cette région), plein d'humour et d'ironie, ce livre a aussi le mérite de nous poser des questions sur nos certitudes occidentales (cf. 4ème de couverture : "Un roman drôle et grinçant sur les certitudes occidentales).

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