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Les Giètes

Publié le par Yv

Les Giètes, Fabrice Vigne (texte), Anne Rehbinder (photos), Ed. Thierry Magnier, 2007


Un mot d'abord sur la genèse du livre  : les éditions Thierry Magnier proposent "une série de photographies dont il ignore tout [...] à un écrivain. Il s'aventure alors dans l'écriture d'un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer."

Donc, muni des photographies très réalistes d'Anne Rehbinder, Fabrice Vigne se lance dans la vie de Maximilien Bertram. Maximilien a 80 ans, vit dans une maison de retraite, et sous prétexte de ranger ses papiers retrouve et reprend l'écriture de son journal stoppée 45 ans auparavant. Il écrit évidemment sur sa vie actuelle et sur la relation privilégiée qu'il entretient avec son petit-fils, Marlon, mais aussi sur son passé, ses espoirs et ses déceptions de militant communiste, de syndicaliste. Ses propos sont émaillés de citations très a-propos de Flaubert qu'il admire. Maximilien est à la fois sans concession, mais ne juge pas, légèrement  désenchanté, mais plein d'espoirs.
Fabrice Vigne maîtrise parfaitement son sujet, ... ses verbes, ses compléments et son style également ! J'avais beaucoup aimé TS et L'échoppe enténébrée et je retrouve dans ce livre le style intelligent, jamais pédant, utilisant un vocabulaire (dont "les giètes", expliqué en plein cœur de l'ouvrage) plus large que la moyenne. J'ajouterai que je me suis attaché à Maximilien et à son entourage que F. Vigne décrit avec beaucoup de tendresse, d'humour et de simplicité. J'aurais aimé continuer un petit bout de route avec lui et j'avoue que j'aurais tellement avoir eu cette relation avec un de mes grand-pères disparus trop tôt.
Pour ceux qui veulent lire de beaux livres intelligents, vraiment, je recommande la lecture de Fabrice Vigne (Sylire aussi). Voir aussi le blog de Fabrice Vigne.

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Les cinq quartiers de l'orange

Publié le par Yv

Les cinq quartiers de l'orange, Joanne Harris, Quai Voltaire, 2002


Françoise Simon revient s'installer dans le village de son enfance sur les bords de Loire, en Anjou. Elle y ouvre un restaurant qui connaît rapidement le succès. Cependant, un secret, vieux de cinquante ans, lié à son véritable nom (Framboise Dartigen) et à sa famille l'empêche de se dévoiler au grand jour.
Ce livre assez formidable fourmille de très belles descriptions des paysages ligériens et des personnages. Des intrigues se croisent, s’entremêlent. Framboise raconte son enfance, pendant la guerre, ses baignades dans la Loire omniprésente, et relate aussi sa vie actuelle. L'auteure oscille entre présent et flash-backs pour notre plus grand plaisir.
En débutant ce livre, conseillé par Flora, je croyais avoir à faire à une gentille histoire, légère. Or c'est tout le contraire : complexe dans le déroulement et brillant à souhait.

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Panique à Porterhouse

Publié le par Yv

Panique à Porterhouse, Tom Sharpe, Belfond, 1998


Suite à l'article de Valdebaz sur un livre de Tom Sharpe (La route sanglante du jardinier Blott), je me suis procuré moi aussi un livre du même auteur. Porterhouse, un collège so british de Cambridge est en plein émoi. Lady Mary, veuve de l'ancien Maître y introduit un professeur chargé d'éclaircir la mort de son mari défunt. Dans le même temps, la mafia entre dans ce collège par la grande porte. C'est donc la panique. Tom Sharpe écrit très joyeusement et se lit tout aussi joyeusement. Il se moque gentiment de la vieille Angleterre, avec un humour typiquement anglais. C'est drôle, ça part dans tous les sens. Ma seule réserve réside dans  la longueur du livre : 436 pages, c'est long. Une petite de coupes de certaines pages n'apportant rien de particulier m'aurait convenu.

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Les aquariums lumineux

Publié le par Yv

Les aquariums lumineux, Sophie Bassignac, Denoël, 2008


Claire habite dans un immeuble aux fenêtres sur cour (évidemment, la référence au fameux film du même nom : Fenêtre sur cour, d'Hitchcock est présente). Elle observe ses voisins, se lie avec l'un d'entre eux M. Ishida. Après, je ne sais plus, parce que je ne suis pas allé jusqu'à la fin. Ce qui aurait pu faire une belle galerie de personnages, n'est finalement qu'un amoncellement de clichés et de lieux communs, dans les portraits comme dans l'écriture, fades tous les deux. J'ai donc stoppé ma lecture de ce roman, qui, pour utiliser moi aussi un lieu commun (y'a pas de raison, non ?), m'est tombé des mains.

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Cadeau d'adieu

Publié le par Yv

Cadeau d'adieu, Vladimir Tasic, Les allusifs, 2003


Je continue mon exploration des éditions Les allusifs, par ce roman du Serbe Vladimir Tasic. Un matin, un Serbe installé au Canada reçoit par colis, les cendres de son frère disparu mystérieusement quelques années auparavant. Ce colis est le prétexte pour cet homme pour se remémorer sa jeunesse en Serbie, en famille avec ce frère aimé. Cette histoire simple n'est cependant pas toujours aisée à suivre, car beaucoup de digressions alourdissent le propos. Si j'ai plutôt apprécié le livre dans son ensemble, j'ai été gêné par ces parenthèses, parfois obscures et qui arrivent sans qu'on s'y attende. Néanmoins, je reste sur une bonne impression d'un livre finalement, beaucoup plus sage que ce que j'ai déjà lu chez cet éditeur.

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Guide de Mongolie

Publié le par Yv

Guide de Mongolie, Svetislav Basara, Les allusifs, 2006


Le mieux c'est que je vous livre la 4ème de couverture : "Un écrivain venu d'un "pays merdique" à qui il arrive de se prendre pour une mouche, un évêque hollandais égaré dans un rêve, un officier russe devenu lama, [...], tiennent leurs colloques au bar de l'hôtel Gengis Khan à Oulan Bator. Svetislav Basara,[...] nous livre ici un conte philosophique où la seule certitude est qu'il n'y en a aucune."
Que dire de ce roman si ce n'est qu'il est complètement inattendu, iconoclaste ? Je suis néanmoins partagé à la fois par une écriture originale, des thèmes abordés à foison et traités "philosophiquement" et par une certaine misogynie, misanthropie et un pessimisme ambiants trop présents. Le livre est sombre. Le fait que Basara soit Serbe, qu'il ait vécu dans une région souvent en guerre (le livre a été écrit en 1992) et sous domination soviétique pendant très longtemps peut expliquer sa haine des doctrines (communisme en tête). Cette noirceur est contrebalancée par un humour -noir lui aussi- qui fait du bien, sinon la lecture serait particulièrement éprouvante. Vous voyez, je ne sais pas prendre position sur ce bouquin, mais c'est peut-être une de ses forces : ne pas laisser indifférent.

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Tea-Bag

Publié le par Yv

Tea-Bag, Henning Mankell, Ed. Seuil, 2007


Tea-Bag est une jeune Africaine réfugiée, sans papiers, en Suède. Là, elle rencontre Tania, dans la même situation et Leïla, jeune Iranienne brimée par l'éducation traditionnelle de son père. Toutes trois désirent écrire ou raconter leurs parcours. Entre alors en scène un poète de renom, Jesper Humlin, narcissique, préoccupé par sa seule personne et ses poèmes abscons, ne supportant la critique ni sur l'un ni sur les autres. La rencontre entre lui et ces jeunes filles réfugiées est une découverte d'une autre Suède et des Suédois étrangers.
Je connais et apprécie H. Mankell pour ses romans policiers impliquant l'inspecteur Kurt Wallander. Cette fois encore, on retrouve ses thèmes principaux : critique sociale de la Suède, les immigrés, les plus pauvres, ... Tout ce qui est souvent une toile de fond dans ses romans policiers est ici le véritable environnement très présent du livre. Comme à son habitude, Mankell nous gratifie de personnages complexes, en proie aux doutes, aux questionnements existentiels, tout cela dans un style simple et clair. Le résultat est un très bon roman intelligent que l'on pourrait sûrement transposer dans beaucoup d'autres pays dits riches.

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Cochon d'Allemand

Publié le par Yv

Cochon d'Allemand, Knud Romer, Les allusifs, 2007


Knud Romer est né dans une petite ville du Danemark, en 1960 : "Nyboking Falster est une ville si petite qu'elle se termine avant même d'avoir commencé... C'est à cet endroit que je naquis en 1960, et c'était la façon la plus sûre de ne pas exister du tout." Son père est danois, sa mère allemande. Dans ce pays-là, dans ces années-là, difficile d'être allemand (l'Allemagne nazie avait occupé le Danemark pendant la seconde guerre mondiale). La famille de Knud fut victime de vexations diverses de la part des habitants, enfants comme adultes dès leur installation à Nyboking Falster. Knud Romer raconte tout cela, en profite pour nous brosser un portrait de ses grands parents maternels et paternels et de quelques autres membres de sa famille. Son récit est à la fois simple, émouvant, révoltant et déchirant. On sent chez Romer un fort ressentiment envers tous ces gens cotoyés pendant sa jeunesse.
Encore un très bon livre publié par les éditions Les allusifs. Décidément, bonne pioche à chaque fois !

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Le jour des corneilles

Publié le par Yv

Le jour des corneilles, Jean-François Beauchemin, Les allusifs, 2004


Les Courge père et fils vivent dans une cabane au fin fond de la forêt, loin de la compagnie des hommes. Le père impose à son fils mille et une brimades (et encore le mot est léger), toutes plus cruelles les unes que les autres.  Voilà pour le résumé sommaire. Que dire de ce roman sinon qu'il est, pour reprendre des termes utilisés par une critique littéraire (en 4ème de couverture), "halluciné, un ovni littéraire". Le style d'abord : écrit dans une espèce de vieux françois (on se croirait presque dans Les Visiteurs), avec des mots et des tournures de phrases étonnantes, déroutants au premier abord, mais on s'y fait aisément, et les 159 pages (à lire quand même avec attention, pour ne rien rater) passent très agréablement. Un exemple au hasard : "Décontenu, me dressant prestement, je le vis faire de même et prendre par la sente, vert d'allure et leste d'enjambée comme s'il n'avait jamais trépassé, offrant blair aux vents et recevant à distance l'odeur du putois" . L'histoire ensuite qui oscille entre horreur et grâce et qui aborde des questions existentielles comme le sens de la vie, l'amour, la mort, ... Bref, c'est un roman très très fort qui, je pense, reste à l'esprit "long de temps" après l'avoir lu !

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