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L'homme que l'on prenait pour un autre

Publié le par Yv

L'homme que l'on prenait pour un autre, Joël Egloff, Buchet-Chastel, 2008
Le narrateur est un homme au physique commun. Tellement commun que tout le monde le prend pour un autre, une personne de sa connaissance, le présentateur de la météo, parfois quelqu'un de très proche. Ces quiproquos débouchent évidemment sur des situations diverses et burlesques.
A le lire, je me suis dit : "je vais résumer ce livre en une phrase : de l'art de ne rien dire en 200 pages, mais avec talent !" Et puis, réflexion faite, aux détours des situations loufoques, Egloff aborde sans qu'il n'y paraisse, la solitude, la vieillesse, l'usure du couple. Tout cela par touches délicates et fines. En outre, il use d'un genre que j'adore : l'absurde, les répétitions, les réflexions internes du narrateur poussées à l'extrême, la moindre futilité amenant une réflexion longue, profonde et inutile.
Malgré le manque de lien entre les chapitres -on pourrait croire plus à des nouvelles impliquant le même personnage qu'à un roman-, j'ai savouré cette lecture à sa juste valeur. Egloff a une écriture fluide, claire, non exempte d'une certaine poésie qui rend son histoire vraiment attrayante.

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Rituel

Publié le par Yv

Rituel, Mo Hayder, Presses de la cité, 2008, (414p)
Bristol, ouest de l'Angleterre, Flea Marley, plongeuse de la police remonte à la surface une main humaine, tranchée net. Quelques recherches menées conjointement avec l'inspecteur Jack Caffery, fraîchement muté de Londres, leur permettent de découvrir la seconde main. Les deux policiers recherchent alors activement le reste du corps.
Jack Caffery, à sa demande arrive à Bristol ; il est toujours en proie à ses démons - l'enlèvement et le meurtre de son frère par un pédophile, trente années auparavant qui a entraîné un sentiment de culpabilité et une soif de vengeance violente envers tous les pédophiles. Flea Marley se sent elle aussi coupable de la mort de ses parents, lors d'une plongée extrême. Eux deux forment une équipe qui va découvrir, parfois avec horreur, les rituels de certains pays d'Afrique, la sorcellerie, et les croyances importées en Angleterre.
Autant j'ai bien aimé le premier livre des aventures de Caffery -Birdman- autant là, je me suis ennuyé et j'ai même parfois souri, tellement les ficelles sont grosses. Ces deux enquêteurs, chacun autoproclamé coupable de la disparition de proches, pétris de doutes, de questionnements sont très -trop- archétypaux. Un flic abîmé par la vie et ne vivant que par son travail, ce n'est déjà pas très original, mais ça peut passer ; deux flics de ce genre, qui enquêtent sur la même affaire, ça fait un peu "too much". Si vous ajoutez à cela une histoire confuse, peu crédible, vous avez un polar vraiment très moyen. Pas infréquentable, mais loin d'être inoubliable. Moi qui me faisais une joie de retrouver Jack Caffery, me voilà follement déçu.

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Birdman

Publié le par Yv

Birdman, Mo Hayder, Presses de la cité, 2000 (502p)
Banlieue londonienne, cinq cadavres de femmes sont retrouvés, enterrés dans un terrain vague, tous terriblement mutilés. La police craint alors d'avoir à faire à un tueur en série particulièrement actif et pervers : "un maniaque sexuel de la pire espèce". L'inspecteur Jack Caffery, englué dans ses propres problèmes est chargé de l'enquête.
Ce roman policier commence comme n'importe quel autre déjà lu. Les cadavres, un tueur en série retors et un flic autant embêté par cette enquête que par sa vie qui ne prend pas la direction qu'il pourrait rêver. Et puis, soudainement, tout dérape, et là, on passe à un thriller efficace, glauque, aux descriptions assez détaillées pour qu'elles ne tombent pas sous tous les yeux.  La première partie, loin d'être désagréable laisse donc place à une seconde partie sombre, haletante, rouge sang. On suit l'enquête de Jack Caffery avec beaucoup d'intérêt, d'angoisse et d'impatience d'en connaître le dénouement. En même temps, je me suis pris à espérer pour lui un arrangement radical de sa vie.
La seconde aventure de Jack vient de paraître : Rituel ; je l'ai empruntée à la bibliothèque, et devinez quoi ? Je m'en vais de ce pas la commencer. A bientôt donc pour des nouvelles de Jack.

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Lâchez les chiens !

Publié le par Yv

Lâchez les chiens !, Maud Tabachnik, Flammarion, 1998
Sud-est de la France, un instituteur, juré dans un procès, est assassiné parce qu'il a, selon ses meurtriers, "encouragé les autres (jurés) à voter la réclusion". Dans cette région, l'extrême droite a pris le pouvoir et entend le garder, coûte que coûte, quitte pour cela à bâcler une enquête policière sur un meurtre impliquant certains de ses membres.
Un peu déçu par deux lâches abandons successifs de lecture, je me suis décidé à lire ce petit polar que j'ai acheté l'autre jour à Emmaüs -5 livres collection Librio pour 1€ , les autres étant 4 livres d'Andrée Chédid. C'est une petite lecture interlude, pas désagréable. Ce n'est pas non plus un grand polar : les retournements de situation sont un peu rapides et expéditifs, ce qui nuit à la crédibilité du livre. Il manque donc d'épaisseur dans le déroulement de l'enquête jusqu'à une fin un peu décevante. Ceci étant dit, le climat d'une ville du sud-est gangrenée par l’extrême droite est assez tendu et très plausible, notamment à l'époque de la parution du livre -1998 ! Pour cette raison la fréquentation de ce livre n'est pas inintéressante, mais elle doit être prise pour ce qu'elle est : un simple divertissement, ce qui n'est déjà pas si mal !

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Soie

Publié le par Yv

Soie, Alessandro Baricco, Ed. Albin Michel, 1997 (121p)
Hervé Joncour habite le sud de la France dans les années 1860. Depuis quelques années, il fait le commerce des vers à soie et ça marche plutôt bien. Mais une année, une maladie affecte les vers. Il est alors obligé d'aller en chercher au Japon et fait un voyage qui dure trois mois pour l'aller et autant pour le retour. Là-bas, il fait affaire avec Hara Kei. Une jeune fille de la suite de cet homme, aux yeux qui "n'avaient pas une forme orientale" et qui sont d'une "intensité déconcertante," fascine et attire Hervé Joncour.
L'auteur dit de ce livre : "ceci n'est pas un roman. Ni même un récit. C'est une histoire." J'ai même envie d'ajouter que c'est un conte, tellement en la lisant on a un sentiment d'irréalité. La lenteur inhérente peut-être à un siècle moins rapide que le nôtre -imaginez, trois mois de voyage de la France au Japon-, mais peut-être aussi au thème traité : les vers à soie qui prennent leur temps pour fabriquer une soie naturelle, met en avant toute la poésie du texte, des personnages et de l'ambiance générale du livre. Une histoire pas à la mode, donc indémodable, qui se lit rapidement avec un plaisir évident.

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Les onze

Publié le par Yv

Les onze, Pierre Michon, Ed. Verdier, 2009
Pierre Michon écrit sur un célèbre tableau, exposé au Louvre, bien protégé et représentant les onze membres du Comité de salut public en 1794, intitulé Les Onze et peint par le fameux François-Elie Corentin. Ce livre commence par la biographie du peintre, dont on peut voir le portrait à 20 ans -puisqu'on ne connait rien d'autre de son apparence que ce portrait- "sur le mur sud de la Kaisersaal, dans le cortège des noces de Frédéric Barberousse", peint par Giambattista Tiepolo "aux plafonds de Wurtzbourg". (Tiepolo décorait alors le palais d'un banquier allemand, le palais de Wurtzbourg). Ensuite, Pierre Michon déroule la vie de ce peintre, à Combleux sur les bords de la Loire, entouré de ses mère et grand-mère.
J'avais déjà été séduit par l'écriture de l'auteur dans Maîtres et serviteurs, et je replonge à nouveau avec délices dans ce style si particulier, ces belles phrases longues, intelligentes ; chaque mot est à sa place et important : en enlever un c'est rendre la phrase bancale et changer tout le sens. Ce qui dans ce cas serait un sacrilège tellement la langue de Michon est élégante, riche et érudite. Ce n'est pas un livre qui se lit entre deux portes : il demande de la concentration et malgré ces remarques, il reste ouvert à tout lecteur un tant soit peu demandeur de culture et de profondeur. Exercice brillant surtout lorsque l'on sait -je ne révèle rien qui empêche de profiter de cette lecture- que ni le tableau, ni le peintre n'ont existé. Ils ne sont que fiction dans un contexte historique et au milieu de personnages, eux, bien réels.
 

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Madame Bâ

Publié le par Yv

Madame Bâ, Erik Orsenna, Fayard/Stock, 2003
Marguerite Bâ est née au Mali en 1947, sur les bords du fleuve Sénégal. Son petit-fils, Michel a été happé par les sirènes du football et a disparu en France. Pour le retrouver, Madame Bâ doit remplir le formulaire officiel n° 13-0021 de demande de visa. Au fur et à mesure des rubriques de ce formulaire, Madame Bâ se raconte et raconte les siens et son pays.
Quel personnage cette Marguerite Bâ ! Elle raconte son Mali, ses coutumes, "l'Afrique d'aujourd'hui, sans fard ni complaisance". A peine 60 ans de vie dans ce pays et de nombreuses histoires à narrer.
Erik Orsenna, qui connait l'Afrique depuis quarante ans, s'est beaucoup documenté sur le Mali, de telle manière qu'on a parfois l'impression que c'est un Africain natif qui a écrit le livre. Ce qui peut d'ailleurs créer un léger malaise : est-il si bien informé, et raconte-t-il bien ce continent ? Pour vous rassurer, je vous invite à visiter son site et notamment le lien suivant sur ce roman : Madame Bâ.
Le livre est assez long (500 pages en version poche), mais cette longueur, je l'ai surtout ressentie par mon impatience à connaître la fin de l'histoire et ma volonté de ne pas rater une miette de la vie de Marguerite. C'est évidemment très bien écrit, très abordable et le regard de l'Afrique sur la riche France est original  et permet de comprendre l'attirance des jeunes Africains pour les pays du nord.
J'ai voyagé aux fins fonds de l'Afrique avec un guide enthousiaste et pédagogue et qui aime ce continent et ses habitants et qui nous le fait bien ressentir.

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Laisse-moi te raconter... les chemins de lavie

Publié le par Yv

Laisse-moi te raconter... les chemins de la vie, Jorge Bucay, Oh ! éditions, 2004
Démian est un jeune homme à problèmes qui va consulter un thérapeute. Celui-ci, Jorge est un personnage peu ordinaire. Certes, il écoute, analyse, mais pendant chaque consultation, il raconte une histoire se rapportant à la difficulté abordée par Démian.  Les histoires de Jorge sont des contes de diverses origines ou bien inventés par lui-même. Chacun nous interpelle sur les peurs et les limites que nous nous imposons, sur les thérapies, les comportements d'autrui, le mensonge, ...
Ce livre est très facile d'accès : chapitres courts, écriture fluide souvent dialoguée ; il est vivant, humoristique et jamais on ne s'y ennuie. Il n'est peut-être pas à lire d'une seule traite, mais mon conseil est de le laisser à portée de main et de le prendre souvent et régulièrement pour y lire une ou deux histoires.
Jorge Bucay est psychiatre et psychothérapeute, né en Argentine et son livre est un best-seller sud-américain.
Ce livre vous est proposé dans le cadre des "lectures de madame Yv". Vous pouvez remarquer que Madame Yv lit aussi, mais pas le même genre de littérature. Gentiment Yv m'a laissé un espace que je mets à profit pour vous conseiller -à lui aussi, il n'y a pas de raison !- la lecture de Jorge Bucay.

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TAG, ce que les livres disent de vous

Publié le par Yv

Tagué par Aliénor, je me dois de répondre à ces 14 questions : ce que les livres disent de vous ...


1/ A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?
Vieux souvenir : La jonque mystérieuse de D. Toury. Un tout petit moins lointain : Les Misérables, de Victor Hugo.


2/ Quel est le chef d'oeuvre "officiel" qui te gonfle ?
Tout Balzac. Je suis d'un naturel entier ...


3/ Quel classique absolu n'as-tu jamais lu ?
La liste peut être très longue. Balzac, donc, mais aussi Flaubert (quasi en entier, lui aussi). Ouh, que j'ai honte !


4/ Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as honte d'aimer ?
 Aucun ! J'assume !


5/ Quel est le livre que tu as le sentiment d'être le seul à aimer ?
En parlant un peu on est rarement seul à aimer un livre !


6/ Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Si ce n'est déjà fait, un livre de Gracq. Ou alors, dernièrement lu : Le passage du col d'Alain Nadaud, ou encore Nueva Königsberg, de Paul Vacca, très connu des internautes. Mais tellement d'autres encore !


7/ Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?
N'importe lequel d'Amélie Nothomb. Si en plus sa photo est en couverture, le supplice est bien pire !


8/ Quel livre pourrais-tu lire et relire ?
Nombreux sont ceux que j'ai déjà lus et relus, mais le plus probable : Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo.


9/Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect de ta personnalité ?
Un de Pierre Desproges, de préférence parmi : Chroniques de la haine ordinaire, Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis, Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis


10/ Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?
Harry Potter : j'ai essayé quelques pages et j'ai dû renoncer tellement ce n'est pas ma tasse de thé. Du coup, j'ai pu me moquer et en rire, peut-être pas jusqu'aux larmes, mais pas loin ...


11/ Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Émotion érotique, peut-être pas, mais La Robe de Robert Alexis est un roman sensuel et troublant.


12/ Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?
Un livre dense et conséquent, un livre de Julien Gracq, ou bien, je relirais Les Misérables.


13/ De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?
Aucun.


14/ Quel est selon toi le film adapté d'un livre, le plus réussi ?
Assez peu d'expérience dans le domaine. Deux exemples de polars me viennent à l'esprit : Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas adapté par Régis Wargnier et Ne le dis à personne de Harlan Coben adapté par Guillaume Canet.

Je ne passe ce TAG à personne en particulier, mais qui veut le prend à son compte.

 

 

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