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Voix off

Publié le par Yv

Voix off, Denis Podalydès, Mercure de France, 2008 


Denis Podalydès acteur de théâtre et de cinéma décrit les voix qui l'ont guidé dans sa vie. Les voix de ses parents, les voix de ses frères (très présentes), les voix d'autres acteurs (Jacques Weber, Charles Denner, Michel Bouquet, André Dussolier, et d'autres peut-être moins connus pour certains). Cette description est le fil rouge du livre dans lequel au son des voix -la description est telle, qu'on les entend presque- , nous découvrons une part de l'enfance, de l'adolescence timide et torturée de Denis Podalydès. C'est toujours pudique et profond. Très bien écrit, phrases alternées longues, avec l'usage immodéré du tiret -j'aime beaucoup ce signe ; mieux qu'une parenthèse-, phrases courtes, voire très courtes : un seul mot. Beaucoup de citations de "grands textes" qu'il a lui-même dits -ou qu'il a appris- que l'on connait plus ou moins -bon d'accord, j'avoue, plutôt moins que plus. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte autobiographique, et puis cette idée d'aborder un tel récit en partant des voix est une idée excellente, originale, et pour le coup vraiment bien traitée ! A tel point que Voix off a obtenu le Prix Fémina essai 2008.

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Ailleurs

Publié le par Yv

 Ailleurs, Julia Leigh, Ed. Christian Bourgois, 2008
Une femme, avec ses deux enfants de 9 et 6 ans, revient dans la propriété familiale, en France, après 12 années passées en Australie. On comprend qu'elle était régulièrement battue par son conjoint. Personne ne l'attend. L'accueil est froid. Elle va devoir vivre là avec sa mère, son frère et sa belle-soeur qui viennent de perdre leur bébé dès la naissance, et les trois servantes omniprésentes.
Voilà le décor planté ! L'ambiance est bien sûr lourde et pesante. Les personnages tristes renferment des secrets et des non-dits. Il se passe très peu d'événements, tout l'art de Julia Leigh est de nous captiver avec seulement de l'attente. L'écriture est prenante, directe : phrases plutôt courtes, peu de dialogues -ils se parlent  tellement peu ! Tous les protagonistes ont un prénom, utilisé régulièrement dans le récit, sauf pour la femme qui revient d'Australie que l'auteur nomme  "la femme" (alors que l'on connait son prénom, Olivia). C'est un petit roman (104 pages) qui marque par son climat, son ambiance et sa densité.  Il fait partie de ces livres qui mériteraient sûrement une seconde lecture, plus tard, pour confirmer la première impression ou pour peut-être "creuser" un peu plus le sujet. Relativement simple à envisager étant donné son format.

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Le cercle des amateurs d'épluchures de patates

Publié le par Yv

Le cercle des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Schaffer et Annie Barrows, Ed. France loisirs, 2008
Obligatoire pour lire ce livre : avoir dans vos relations quelqu'un qui achète chez France loisirs ; moi, j'ai et je me le suis fait prêter.
Grande Bretagne 1946, Juliet, auréolée d'un premier succès littéraire est contactée par un habitant de Guernesey, lui demandant des renseignement sur un écrivain. De fil en aiguille, il arrive à lui raconter la naissance de ce cercle littéraire au nom peu commun. Intriguée et intéressée, Juliet commence à communiquer avec tous les membres de ce cercle, et l'envie de leur rendre visite et d'écrire son prochain livre sur eux la titille.
D'un côté, je ne suis pas très amateur des romans épistolaires, et celui-ci en est un. D'un autre côté, je suis plutôt attiré par les îles anglo-normandes, et Guernesey en particulier. Voilà pour l'avant-propos. Ensuite, et bien, ce roman se déroule sans surprise, sans déplaisir non plus. J'ai appris beaucoup de choses sur le déroulement de la guerre dans ces îles (à ma grande honte, j’avais oublié qu'elles avaient été occupées par les Allemands). Vous dire que j'ai aimé ? Vous dire que je n'ai pas aimé ? Je vais faire une réponse de Normand - ou d'Anglo-Normand ?- (oui, je sais, elle est un peu facile !) : c'est entre les deux. C'est agréable à lire, on en ressort avec quelques informations supplémentaires sur la vie à Guernesey entre 1939 et 1945, ce qui n'est déjà pas mal en soi, mais reste un petit je-ne-sais-quoi qui m'empêche d'être complètement satisfait. Les personnages sont un peu stéréotypés et l'histoire, mis à part l'environnement, est finalement banale. Mes a priori sur le type de roman (sur l'éditeur aussi, il faut bien avouer que je n'aime pas beaucoup son catalogue, en général !) s'avèrent et la visite de Guernesey n'est pas suffisante pour me faire adhérer à ce livre.

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Le Flux

Publié le par Yv

Le Flux, Fabrice Vigne, Le fond du tiroir, 2008


Je viens de recevoir, le dernier né des éditions Le fond du tiroir, de Fabrice Vigne que j'ai réservé grâce au bon de commande, toujours assez drôle. Est-ce un tout petit livre, ou une grande carte de voeux ?  Je n'en dirai presque rien sinon mon billet risquerait d'être plus long que l'oeuvre elle-même. Une jolie -et pas si naïve qu'elle parait- histoire, une très belle mise en page. Bref, un cadeau que vous pouvez vous faire à moindre frais et une manière originale d'envoyer vos voeux à vos amis.
 

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Poison d'avril

Publié le par Yv

Poison d'avril, William Karel, Naïve vision, 2007
Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un film. J'ai emprunté ce DVD à la bibliothèque, et voici son résumé : mars 2002, un journaliste très offensif prend la direction du journal télévisé d'une chaîne de télévision. Il impose sa vision de l'information, parfois au mépris de la vérité, ou s'arrange avec celle-ci. Les thèmes présents sur toutes les chaînes apparaissent alors : l'absence d'enjeu du premier tour, et bien sûr l'insécurité.
Ce film, avec entre autres Olivier Gourmet, Bruno Todeschini et Anne Brochet, est très politiquement incorrect. Il nous fait comprendre comment et pourquoi, par exemple, Jean-Marie Le Pen a pu se retrouver au second tour de cette élection et comment la supposée insécurité a explosé en France en 2002. Émaillé de vraies images de la campagne présidentielle, il remet complètement en cause l'intégrité de certains journalistes et doit donc nous inciter soit à regarder très prudemment le fameux journal de 20h, soit à ne pas le regarder du tout, ce que je fais depuis plusieurs années ne m'en portant pas plus mal, bien au contraire !
A noter que William Karel est aussi le réalisateur du film Le monde selon Bush, excellent lui aussi, mieux que celui de Michaël Moore, sorti à peu près en même temps.

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Léo Loden

Publié le par Yv

Léo Loden, Serge Carrère et Scotch Arleston, Ed. Soleil


Léo Loden est un ancien flic devenu détective privé qui enquête avec son oncle, un marin à la retraite et qui retrouve toujours sur sa route, Marlène, sa petite amie, inspecteure de police. Soyons légers pour ce billet : voici une bande dessinée qui vous détendra pour peu que vous aimiez Marseille, les enquêtes policières, les blagues potaches et les dessins plutôt humoristiques.  Alors, certes, vous ne ressortirez pas de ces albums plus intelligents, mais, normalement, vous aurez passé un bon petit moment. Enfin, c'est le cas pour moi, et de temps en temps, c'est quand même très agréable ! A ce jour, 13 albums sont parus. Le site officiel ici.

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Bêtes sans patrie

Publié le par Yv

Bêtes sans patrie, Uzodinma Iweala, Ed. de l'olivier, 2008
"Agu est un enfant-soldat africain, un tueur.
Il obéit au Commandant, qui a sur lui droit de vie et de mort.
Viols, exécutions, massacres : c'est la guerre civile. Agu voudrait s'éveiller de ce cauchemar. Alors, il parle."

Voilà le résumé de ce livre très dur, cru, sans concession. Uzodinma Iweala s'est glissé dans la peau d'un enfant-soldat et parle en son nom de toutes les atrocités dont il est à la fois la victime et le coupable. Il n'élude aucune situation et dans un langage enfantin, aborde des thèmes très forts : amour, mort, sexe, violence, guerre, religion, amitié, ... Ce livre qu'on pourrait facilement qualifier de coup-de-poing est écrit dans un style, je l'ai dit, enfantin, ce qui rend sa lecture parfois plus difficile (beaucoup de mots inventés ou mal compris et donc mal retranscrits par Agu), mais qui donne aussi un air de nouveauté, oserais-je dire de fraîcheur, le thème ne s'y prêtant pas ? C'est un livre prenant. Il est parfois dur de se remettre dedans, mais aucun regret de l'avoir fini. Au contraire !
A noter que Bêtes sans patrie a été traduit par Alain Mabanckou, écrivain, auteur notamment d'un excellent Mémoires de porc-épic, à lire aussi pour qui aime les légendes africaines et les histoires très originales.
PS : pour être franc, je me dois de préciser que j'ai dû m'accrocher un peu au début pour ne pas tout arrêter, tant pour la lourdeur du sujet abordé que pour la syntaxe, qui peut rebuter. Sûrement plus pour cette dernière raison, d'ailleurs !

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L'otage

Publié le par Yv

L'otage, Olav Hergel, Ed. Gaïa polar, 2008
La journaliste Rikke Lyngdal est envoyée en Irak pour couvrir la guerre et l'après Saddam Hussein auxquels les troupes danoises participent aux côtés des troupes étasuniennes. Elle y est enlevée par des terrosistes qui exigent le retrait du Danemark contre sa libération. Lorsqu'elle s'évade et rentre au pays, elle devient une héroïne mondiale. Seulement, quelques doutes naissent au sein d'esprits de journalistes danois. Aurait-elle menti ? Et si oui, pour quelles raisons ?
Difficile de classer ce roman comme un simple polar ; l'intrigue est surtout prétexte pour Olav Hergel à démonter le fameux système danois très envié : petit pays riche, numéro un mondial des pays dans lesquels nous aimerions vivre. Sous ces aspects de pays particulièrement agréable, on y découvre en fait une société en proie à la peur des immigrés, entretenue quotidiennement par un parti d'extrême droite (le Parti du Peuple Danois) qui fait la pluie et le beau temps dans la politique danoise. En effet, fort des intentions de vote en sa faveur, ce parti s'allie avec tel ou tel autre parti de pouvoir : les ambitions personnelles des uns et des autres font le reste. Olav Hergel dresse donc un portrait peu flatteur de son pays, des ses hommes et femmes politiques, mais aussi (et presque, surtout) de ses journalistes. Il maîtrise très bien son sujet  étant lui-même journaliste depuis plus de vingt ans.
J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec quand même un reproche de taille : Olav Hargel pousse souvent trop son propos : il répète inlassablement ses critiques, constatations. Certes, il est bon que les choses soient dites, mais point trop n'en faut, car, à mon sens, trop rabâchées, elles perdent de leur force. Pour résumer : un bon livre, bien construit, dans un contexte extrêmement intéressant, mais un peu gâché par une critique trop systématique et trop forte à mon goût (mais en passant certains de ces passages, l'ensemble est très bien !)
Livre lu dans le cadre du prix inter C-E. Vous pouvez aussi lire un interview de l'auteur ici.

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La petite cloche au son grêle

Publié le par Yv

La petite cloche au son grêle, Paul Vacca, Ed. Philippe Rey, 2008
Un garçon de 13 ans, très attaché à sa mère découvre, par hasard un exemplaire de Du côté de chez Swann, de Marcel Proust. C'est une révélation pour lui et pour sa mère qui espère ainsi que son rêve de faire de lui un écrivain pourra enfin se réaliser. Le père, étranger à ce monde de la littérature proustienne y entre à son tour. Dans un très joyeux désordre, s'engage alors une lutte pacifique pour conjurer un mauvais sort qui s'acharne sur la famille et pour que la bonne humeur et la vie persistent, allant même jusqu'à créer des liens entre les gens de cette petite ville, qui n'existaient pas auparavant. Tout cela grâce à Marcel Proust !
J'ai mis un peu de temps avant de prendre la décision de lire ce roman ; j'avais lu beaucoup de chroniques sur divers blogs (trop nombreux pour que je puisse mettre tous les liens. Désolé.) Et puis, un article de plus m'a finalement décidé et je ne regrette rien sauf peut-être de ne l'avoir pas ouvert plus tôt. C'est un très joli roman, plein de bons sentiments, mais pas "gnangnan", plein de douceur, de tendresse et d'amour. C'est très bien écrit, d'une écriture que je trouve à la fois simple et exigeante. Bien sûr, ce n'est pas du Proust, mais il est omniprésent ; Paul Vacca en parle admirablement bien : "[les puristes] penseront toujours que Proust n'a écrit que pour eux, qu'eux seuls peuvent en pénétrer la subtilité, qu'eux seuls le méritent. Sans se rendre compte, une seule seconde, qu'ils se révèlent aussi ridicules que les Verdurin, dont ils se gaussent. Alors au diable les erreurs ! Pourvu que l'on partage du plaisir avec d'autres." Ceci étant, que ceux qui n'ont pas lu Proust (je n'en ai moi-même lu que les deux tiers de Du côté de chez Swann) ne s'alarment pas, cette petite cloche est accessible à vous aussi.

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