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Le cercle des amateurs d'épluchures de patates

Publié le par Yv

Le cercle des amateurs d'épluchures de patates, Mary Ann Schaffer et Annie Barrows, Ed. France loisirs, 2008
Obligatoire pour lire ce livre : avoir dans vos relations quelqu'un qui achète chez France loisirs ; moi, j'ai et je me le suis fait prêter.
Grande Bretagne 1946, Juliet, auréolée d'un premier succès littéraire est contactée par un habitant de Guernesey, lui demandant des renseignement sur un écrivain. De fil en aiguille, il arrive à lui raconter la naissance de ce cercle littéraire au nom peu commun. Intriguée et intéressée, Juliet commence à communiquer avec tous les membres de ce cercle, et l'envie de leur rendre visite et d'écrire son prochain livre sur eux la titille.
D'un côté, je ne suis pas très amateur des romans épistolaires, et celui-ci en est un. D'un autre côté, je suis plutôt attiré par les îles anglo-normandes, et Guernesey en particulier. Voilà pour l'avant-propos. Ensuite, et bien, ce roman se déroule sans surprise, sans déplaisir non plus. J'ai appris beaucoup de choses sur le déroulement de la guerre dans ces îles (à ma grande honte, j’avais oublié qu'elles avaient été occupées par les Allemands). Vous dire que j'ai aimé ? Vous dire que je n'ai pas aimé ? Je vais faire une réponse de Normand - ou d'Anglo-Normand ?- (oui, je sais, elle est un peu facile !) : c'est entre les deux. C'est agréable à lire, on en ressort avec quelques informations supplémentaires sur la vie à Guernesey entre 1939 et 1945, ce qui n'est déjà pas mal en soi, mais reste un petit je-ne-sais-quoi qui m'empêche d'être complètement satisfait. Les personnages sont un peu stéréotypés et l'histoire, mis à part l'environnement, est finalement banale. Mes a priori sur le type de roman (sur l'éditeur aussi, il faut bien avouer que je n'aime pas beaucoup son catalogue, en général !) s'avèrent et la visite de Guernesey n'est pas suffisante pour me faire adhérer à ce livre.

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Le Flux

Publié le par Yv

Le Flux, Fabrice Vigne, Le fond du tiroir, 2008


Je viens de recevoir, le dernier né des éditions Le fond du tiroir, de Fabrice Vigne que j'ai réservé grâce au bon de commande, toujours assez drôle. Est-ce un tout petit livre, ou une grande carte de voeux ?  Je n'en dirai presque rien sinon mon billet risquerait d'être plus long que l'oeuvre elle-même. Une jolie -et pas si naïve qu'elle parait- histoire, une très belle mise en page. Bref, un cadeau que vous pouvez vous faire à moindre frais et une manière originale d'envoyer vos voeux à vos amis.
 

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Poison d'avril

Publié le par Yv

Poison d'avril, William Karel, Naïve vision, 2007
Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler d'un film. J'ai emprunté ce DVD à la bibliothèque, et voici son résumé : mars 2002, un journaliste très offensif prend la direction du journal télévisé d'une chaîne de télévision. Il impose sa vision de l'information, parfois au mépris de la vérité, ou s'arrange avec celle-ci. Les thèmes présents sur toutes les chaînes apparaissent alors : l'absence d'enjeu du premier tour, et bien sûr l'insécurité.
Ce film, avec entre autres Olivier Gourmet, Bruno Todeschini et Anne Brochet, est très politiquement incorrect. Il nous fait comprendre comment et pourquoi, par exemple, Jean-Marie Le Pen a pu se retrouver au second tour de cette élection et comment la supposée insécurité a explosé en France en 2002. Émaillé de vraies images de la campagne présidentielle, il remet complètement en cause l'intégrité de certains journalistes et doit donc nous inciter soit à regarder très prudemment le fameux journal de 20h, soit à ne pas le regarder du tout, ce que je fais depuis plusieurs années ne m'en portant pas plus mal, bien au contraire !
A noter que William Karel est aussi le réalisateur du film Le monde selon Bush, excellent lui aussi, mieux que celui de Michaël Moore, sorti à peu près en même temps.

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Léo Loden

Publié le par Yv

Léo Loden, Serge Carrère et Scotch Arleston, Ed. Soleil


Léo Loden est un ancien flic devenu détective privé qui enquête avec son oncle, un marin à la retraite et qui retrouve toujours sur sa route, Marlène, sa petite amie, inspecteure de police. Soyons légers pour ce billet : voici une bande dessinée qui vous détendra pour peu que vous aimiez Marseille, les enquêtes policières, les blagues potaches et les dessins plutôt humoristiques.  Alors, certes, vous ne ressortirez pas de ces albums plus intelligents, mais, normalement, vous aurez passé un bon petit moment. Enfin, c'est le cas pour moi, et de temps en temps, c'est quand même très agréable ! A ce jour, 13 albums sont parus. Le site officiel ici.

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Bêtes sans patrie

Publié le par Yv

Bêtes sans patrie, Uzodinma Iweala, Ed. de l'olivier, 2008
"Agu est un enfant-soldat africain, un tueur.
Il obéit au Commandant, qui a sur lui droit de vie et de mort.
Viols, exécutions, massacres : c'est la guerre civile. Agu voudrait s'éveiller de ce cauchemar. Alors, il parle."

Voilà le résumé de ce livre très dur, cru, sans concession. Uzodinma Iweala s'est glissé dans la peau d'un enfant-soldat et parle en son nom de toutes les atrocités dont il est à la fois la victime et le coupable. Il n'élude aucune situation et dans un langage enfantin, aborde des thèmes très forts : amour, mort, sexe, violence, guerre, religion, amitié, ... Ce livre qu'on pourrait facilement qualifier de coup-de-poing est écrit dans un style, je l'ai dit, enfantin, ce qui rend sa lecture parfois plus difficile (beaucoup de mots inventés ou mal compris et donc mal retranscrits par Agu), mais qui donne aussi un air de nouveauté, oserais-je dire de fraîcheur, le thème ne s'y prêtant pas ? C'est un livre prenant. Il est parfois dur de se remettre dedans, mais aucun regret de l'avoir fini. Au contraire !
A noter que Bêtes sans patrie a été traduit par Alain Mabanckou, écrivain, auteur notamment d'un excellent Mémoires de porc-épic, à lire aussi pour qui aime les légendes africaines et les histoires très originales.
PS : pour être franc, je me dois de préciser que j'ai dû m'accrocher un peu au début pour ne pas tout arrêter, tant pour la lourdeur du sujet abordé que pour la syntaxe, qui peut rebuter. Sûrement plus pour cette dernière raison, d'ailleurs !

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L'otage

Publié le par Yv

L'otage, Olav Hergel, Ed. Gaïa polar, 2008
La journaliste Rikke Lyngdal est envoyée en Irak pour couvrir la guerre et l'après Saddam Hussein auxquels les troupes danoises participent aux côtés des troupes étasuniennes. Elle y est enlevée par des terrosistes qui exigent le retrait du Danemark contre sa libération. Lorsqu'elle s'évade et rentre au pays, elle devient une héroïne mondiale. Seulement, quelques doutes naissent au sein d'esprits de journalistes danois. Aurait-elle menti ? Et si oui, pour quelles raisons ?
Difficile de classer ce roman comme un simple polar ; l'intrigue est surtout prétexte pour Olav Hergel à démonter le fameux système danois très envié : petit pays riche, numéro un mondial des pays dans lesquels nous aimerions vivre. Sous ces aspects de pays particulièrement agréable, on y découvre en fait une société en proie à la peur des immigrés, entretenue quotidiennement par un parti d'extrême droite (le Parti du Peuple Danois) qui fait la pluie et le beau temps dans la politique danoise. En effet, fort des intentions de vote en sa faveur, ce parti s'allie avec tel ou tel autre parti de pouvoir : les ambitions personnelles des uns et des autres font le reste. Olav Hergel dresse donc un portrait peu flatteur de son pays, des ses hommes et femmes politiques, mais aussi (et presque, surtout) de ses journalistes. Il maîtrise très bien son sujet  étant lui-même journaliste depuis plus de vingt ans.
J'ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec quand même un reproche de taille : Olav Hargel pousse souvent trop son propos : il répète inlassablement ses critiques, constatations. Certes, il est bon que les choses soient dites, mais point trop n'en faut, car, à mon sens, trop rabâchées, elles perdent de leur force. Pour résumer : un bon livre, bien construit, dans un contexte extrêmement intéressant, mais un peu gâché par une critique trop systématique et trop forte à mon goût (mais en passant certains de ces passages, l'ensemble est très bien !)
Livre lu dans le cadre du prix inter C-E. Vous pouvez aussi lire un interview de l'auteur ici.

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La petite cloche au son grêle

Publié le par Yv

La petite cloche au son grêle, Paul Vacca, Ed. Philippe Rey, 2008
Un garçon de 13 ans, très attaché à sa mère découvre, par hasard un exemplaire de Du côté de chez Swann, de Marcel Proust. C'est une révélation pour lui et pour sa mère qui espère ainsi que son rêve de faire de lui un écrivain pourra enfin se réaliser. Le père, étranger à ce monde de la littérature proustienne y entre à son tour. Dans un très joyeux désordre, s'engage alors une lutte pacifique pour conjurer un mauvais sort qui s'acharne sur la famille et pour que la bonne humeur et la vie persistent, allant même jusqu'à créer des liens entre les gens de cette petite ville, qui n'existaient pas auparavant. Tout cela grâce à Marcel Proust !
J'ai mis un peu de temps avant de prendre la décision de lire ce roman ; j'avais lu beaucoup de chroniques sur divers blogs (trop nombreux pour que je puisse mettre tous les liens. Désolé.) Et puis, un article de plus m'a finalement décidé et je ne regrette rien sauf peut-être de ne l'avoir pas ouvert plus tôt. C'est un très joli roman, plein de bons sentiments, mais pas "gnangnan", plein de douceur, de tendresse et d'amour. C'est très bien écrit, d'une écriture que je trouve à la fois simple et exigeante. Bien sûr, ce n'est pas du Proust, mais il est omniprésent ; Paul Vacca en parle admirablement bien : "[les puristes] penseront toujours que Proust n'a écrit que pour eux, qu'eux seuls peuvent en pénétrer la subtilité, qu'eux seuls le méritent. Sans se rendre compte, une seule seconde, qu'ils se révèlent aussi ridicules que les Verdurin, dont ils se gaussent. Alors au diable les erreurs ! Pourvu que l'on partage du plaisir avec d'autres." Ceci étant, que ceux qui n'ont pas lu Proust (je n'en ai moi-même lu que les deux tiers de Du côté de chez Swann) ne s'alarment pas, cette petite cloche est accessible à vous aussi.

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La femme du monstre

Publié le par Yv

La femme du monstre, Jacques Expert, Ed. Anne Carrière, 2007

Simon Darget est un homme bien, apprécié de ses collègues, bon vivant, blagueur, boute-en-train, aimé de sa femme et de ses enfants. Un matin, les gendarmes viennent l'arrêter chez lui et l'enferment en prison pour le viol et le meurtre d'une petite voisine, adolescente. Ce roman, très bien chroniqué par Finette qui m'a donné envie de le lire, est en fait le point de vue de son épouse. Elle raconte sa rencontre avec cet homme si beau ; inespérée pour elle, femme très effacée. Elle raconte aussi le procès de son ex-mari (ils ont divorcé suite à l'emprisonnement de Simon). Ce roman est très dérangeant : on y suit une femme qui sous des dehors de femme soumise et effacée cache les agissements de son mari, qu'elle devine au hasard de ses lectures de journaux (un violeur agit systématiquement dans toutes les villes dans lesquelles ils passent).  Lors du procès, elle se pose en victime, femme abusée et faible. Elle n'informera jamais la police de ses doutes quant aux viols et meurtres que perpétue Simon, préférant donner aux autres l'image d'une famille et d'un couple modèles et enviés, sa seule vraie ambition dans la vie. Au fil des pages, on découvre une femme calculatrice, détestable : qui "flique" ses enfants, ne supporte pas ceux des autres, est raciste et ne s'intéresse à rien d'autre qu'à son intérieur. Elle trouve même des circonstances atténuantes à son mari pour le meurtre pour lequel il est accusé (la jeune fille de 14/15 ans est bien sûr dans ce cas, provocante), mais aucune pour avoir brisé son rêve de femme et mère comblée.

Un livre, je l'ai dit, dérangeant, bien écrit, sans fioriture, sans effet de style -et c'est heureux pour une histoire si lourde. Alors, certes, ce n'est pas drôle, mais parfois la lecture sert aussi à être surpris, dérangé ou choqué pour certains qui pourraient l'être par celle-ci.

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Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

Publié le par Yv

Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Georges Perec, Denoël, 1966

Après une déception de lecture (un polar anglais), j'ai repris ce tout petit livre au titre extraordinaire dans ma bibliothèque perso. Sûr que le résultat serait de me faire rire et de prendre un plaisir réel, (pari largement réussi !) autant que celui de Perec, j'imagine, lorsqu'il a écrit ce bouquin fou.  Il y joue avec les mots, les détourne de leurs sens, les transforme, avec les phrases en les réécrivant de différentes manières. Enfin, bref, un vrai bon moment de lecture. Maintenant, à quoi bon résumer l'histoire ? Si je vous dis qu'un groupe de jeunes gens amis mettent tout en oeuvre pour éviter à l'un des leurs de partir faire la guerre en Algérie, vous n'aurez alors que le fil rouge du livre, mais le plus important réside dans l'écriture, les vrais trouvailles littéraires de Perec.

Pour tous ceux que cela intéresse, je note toujours l'édition originale, mais ce petit livre (110 pages) est aussi édité chez Folio, donc à petit prix : ce serait dommage de le rater.

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