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Les jours, les mois, les années

Publié le par Yv

Les jours, les mois, les années, Yan Lianke , Ed. Philippe Picquier, 2009
La population d'un village de montagne fuit la terrible sécheresse qui sévit. Seuls un vieil homme et son chien aveugle restent pour tenter de faire pousser, malgré le soleil et la manque d'eau, un pied de maïs. S'engage alors une véritable lutte contre les éléments, la mort, les rats et autres loups pour que l'épi de maïs voie le jour;
Yan Lianke est un écrivain chinois et ça se ressent dans la lecture. On trouve des images que l'on ne trouve pas ou très rarement dans la littérature occidentale, dans lesquelles il est beaucoup question de couleurs, d'odeurs, bonnes ou mauvaises ; le viel homme parle au chien qui comprend, mais  ne répond pas.
Je ne suis pas très habitué à ce genre de littérature, mais j'avoue avoir été intéressé et j'ai plutôt bien aimé. Je n'en lirais peut-être pas tous les jours, mais de temps en temps, je ne dis pas non !

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Le cannibale et les termites

Publié le par Yv

Le cannibale et les termites, Stéphane Dovert, Métailié, 2009
Un groupe de 5 touristes français et d'un étasunien est enlevé par des indépendantiste de Papouasie Nouvelle-Guinée, en Indonésie (faites comme moi, prenez un atlas !). Ce livre relate entre autres, leur très longue marche à travers la jungle, la confrontation des Occidentaux au monde sauvage et dépouillé des Papous.
Très habilement, Stéphane Dovert brosse les portraits de personnages archétypaux perdus dans un monde pour lequel ils ne sont pas faits. La confrontation avec les autochtones n'est pas toujours à leur avantage : qui sont réellement les sauvages ? Il prend le temps de dévoiler les facettes plus ou moins glorieuses de ses personnages. Ceux que l'on croit forts et qui s'écroulent et ceux qu'on pense faibles et qui résistent. Le paysage de la jungle indonésienne, l'humidité permanente, la hantise des otages de se retrouver face à des bêtes dangereuses, leur peur de mourir, de se faire manger, tout cela ajoute de l'intérêt, du charme et un vrai plaisir de lecture. Fort bien documenté (l'auteur a vécu 18 ans en Asie et a écrit des bouquins géopolitiques sur cette région), plein d'humour et d'ironie, ce livre a aussi le mérite de nous poser des questions sur nos certitudes occidentales (cf. 4ème de couverture : "Un roman drôle et grinçant sur les certitudes occidentales).

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Prix Orange 2009

Publié le par Yv

Bonjour,
Je vous ai parlé en son temps, de ma participation au jury du prix Orange. Participation qui consistait à pré-sélectionner 30 romans, puis à réduire la liste à 5. Cette liste était soumise au vote des internautes inscrits sur le site Orange. Je vous rappelle la liste finale :
- Nous autres, de Stéphane Audeguy, Ed. Gallimard
- La patience des buffles sous la pluie, de David Thomas, Ed. Bernard Pascuito 
- L'origine de la violence, de Fabrice Humbert, Ed. Le Passage
- Paris-Brest, de Tanguy Viel, Ed. de Minuit
- Un dieu, un animal, de Jérôme Ferrari, Ed. Actes Sud
Les urnes ont donc parlé et le premier lauréat de ce prix est Fabrice Humbert, c'est lui sur la photo. Alors, je suis un petit peu déçu, parce que c'est le livre de la sélection que j'ai le moins aimé (cf. les liens renvoyant à mes billets, on n'est jamais mieux servi que par soi-même) -j'ai voté pour Stéphane Audeguy- mais je me range derrière la majorité des votants pour féliciter Fabrice Humbert. Je retiendrai de cette expérience un mois et demi de lecture intensive, des échanges très intéressants et enrichissants avec mes collègues jurés internautes, et des rencontres avec les jurés professionnels et avec l'équipe organisatrice du prix très chaleureuses. Et ce n'est pas fini, puisque demain soir a lieu la remise du prix au lauréat, à Paris, à laquelle je serai bien évidemment présent.

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Un mensonge sur mon père

Publié le par Yv

Un mensonge sur mon père, John Burnside, Métailié, 2009
John Burnside est un poète-écrivain écossais qui se livre ici à l'exercice de l'autobiographie. C'est lorsqu'il prend un auto-stoppeur et que celui-ci lui pose des questions que Burnside bloque et qu'il lui ment, comme l'a toujours fait son père. Ensuite, il déroule ce qu'il connait de l'enfance de son père : enfant trouvé, confié à plusieurs familles consécutivement, vaguement joueur de foot (?), puis militaire dans la RAF. Mais surtout alcoolique invétéré et ne voulant pas se soigner, préférant  faire vivre l'enfer à sa femme et ses deux enfants, dont le petit John. John Burnside a vécu dans les quartiers les plus pauvres des villes de Grande Bretagne les plus pauvres, son père travaillant comme aide-maçon ou encore ouvrier dans les mines. Il a été "le destinataire de la haine de soi paternelle sous la forme d'une violence furieuse et, pire, d'une humiliation mesquine et cruelle. Il a appris à mentir à son père, puis plus tard sur son père." (4ème de couverture)
Ce récit est dur, âpre, violent. On ne voit pas comment ce jeune homme pourra s'en sortir et cependant malgré une écriture sombre, noire on sait qu'il le fera puisqu'il écrit ce livre et d'autres avant. Burnside se livre sans complaisance, sans fioriture. On frémit de cette enfance et de cette adolescence ruinées par son père. Et pourtant, malgré tout ce qu'il a enduré, on sent une petite lueur d'espoir. L'auteur, des années après, a envie de pardonner.  Pardonner, mais ne pas effacer. Texte très fort s'il en est. Pour finir mon billet, voici les dernières lignes de la quatrième de couverture, qui peuvent résumer mon sentiment après la lecture de ce livre : "Poussant le langage à ses limites, voici un texte inoubliable sur deux hommes perdus : le père et le fils. Sur la façon de pardonner sans rien oublier."
Dernière minute : le livre de Burnside va recevoir le Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter 2009

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R 97 Les hommes à terre

Publié le par Yv

R97 les hommes à terre, Bernard Giraudeau et Christian Caillaux, Casterman, 2008
Bande dessinée librement inspirée du livre de Bernard Giraudeau : Marin à l'encre. Carnet du premier voyage d'un jeune marin de 17 ans, Théo Laurens, embarqué sur la Marie-Jeanne. Départ de Brest, escales à la Martinique, Montivideo, Valparaiso, Honolulu, Kobé ou encore Djibouti. Évidemment, la vie sur le bateau, la vie dans les ports sont dessinées et racontées. On retrouve les thèmes chers à Bernard Giraudeau : les voyages, la mer, les rencontres. Il y décrit également son envie de rencontrer les vrais gens des pays qu'il visite et les terres plutôt que toujours les mers. Les dessins de Christian Caillaux sont originaux, dans les tracés des contours, le choix des couleurs, très différentes d'une page à l'autre, en fonction des lieux visités. J'ai lu récemment le dernier livre de B. Giraudeau, Cher amour, dans lequel il reparle de son premier embarquement, à 17 ans, sur la Marie-Jeanne, et beaucoup d'images, de paysages qu'il y décrit sont ici dessinés : un vrai plaisir de les retrouver.

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Le festin de Sébastien

Publié le par Yv

Le festin de Sébastien, Maurice Pons, Le dilettante, 1999

Sébastien est un garçon timide, terne, un anti-héros parfait. Il est affublé de sept sœurs et prend assez difficilement sa place. Il a du mal à se faire des ami(e)s et à exister tout simplement.
Partant de ce personnage falot, et de ce constat plutôt triste,  Maurice Pons écrit une farce, un conte ou encore un récit absurde autant que drôle. On sait dès la première page que Sébastien meurt d'un accident de la route, mais on ne connait les circonstances rocambolesques de cet accident qu'à la toute fin du livre. Que dire de plus ? C'est loufoque, burlesque, surréaliste, ...
Maurice Pons à l'art de nous raconter une très jolie histoire incroyable, avec des accents de Perec ou Queneau. Très très agréable moment de lecture. J'avais déjà beaucoup aimé son recueil de nouvelles Délicieuses frayeurs, et je retrouve le même plaisir de lecture dans ce court roman.
NB : ce livre est une réédition (relue et corrigée par l'auteur). La première édition date de 1968, chez Denoël.

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Les violettes sont les fleurs du désir

Publié le par Yv

Les violettes sont les fleurs du désir, Ana Clavel, Métailié, 2009
Un héritier d'une fabrique de poupées, au Mexique, crée une série de poupées, les Violettes, qui lui sert de substitut au désir qu'il éprouve pour sa fille. Les Violettes devaient rester confidentielles, mais contre toute attente elles rencontrent un beau succès.
Sujet scabreux s'il en est, l'inceste ! Cependant l'auteure réussit à ne pas s'embourber : l'inceste réside uniquement -et c'est déjà beaucoup !- dans les pensées du père, qui évidemment et fort heureusement ne passera jamais  à l'acte. Ana Clavel captive, provoque avec une écriture parfois directe, mais parfois beaucoup plus dans la suggestion. Rassurez-vous, rien de trash, c'est un beau texte, un beau style. Ce n'est même jamais vulgaire. Néanmoins, malgré tous mes efforts, je suis resté un peu "en dehors". Un texte qui ne laissera pas indifférent.

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Le colonel désaccordé

Publié le par Yv

Le colonel désaccordé, Olivier Bleys, Gallimard, 2009
1807, le roi du Portugal s'exile au Brésil, une lointaine colonie, fuyant la déroute prévisible des armées de son pays contre celles de Napoléon. Il emporte avec lui quantité d'objets, dont des clavecins et piano-forte. Le capitaine Eduardo Rymar, vaillant officier de l'armée portugaise est du voyage comme convoyeur de ces appareils à musique. Lui, qui n'entend rien à la musique vit cela comme un outrage. Son installation au Brésil ne se fera pas sans mal, ni son adaptation. Ce roman est donc le périple de ce glorieux capitaine et son rapport à la musique, omniprésente.
Quel beau roman ! Dépaysement garanti : le Brésil aux moments de son indépendance, Rio de Janeiro, ses rues mal famées, la sensualité se dégageant de ses habitants, la jungle amazonienne. J'ai dégusté lentement les pages refusant de quitter Eduardo Rymar et sa famille. Je regrette d'ailleurs d'avoir eu à les laisser, une fois la dernière page tournée.
Pour être franc, il ne se passe pas de grandes choses dans le roman, mais plein de petits événements qui le rendent passionnant et qui forgent des personnages attachants, émouvants, parfois désagréables, mysogines et racistes, mais  rien de "scandaleux" si l'on se réfère à l'époque. Toujours très humains.
Olivier Bleys fait preuve d'une écriture particulièrement agréable, maîtrisée, et limpide. Il paraît bien documenté -je dis "il paraît" parce que moi, le Brésil du début 19ème siècle, je n'en connais rien. J'ai donc appris plein de choses sur le Brésil : la période de son indépendance, qu'il avait été un royaume, la révolte des esclaves demandant leur élargissement, ... Instructif, très bien écrit, beaux paysages et personnages de belles stature ; autant de raisons pour ouvrir très vite ce livre.

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Le Japon n'existe pas

Publié le par Yv

Le Japon n'existe pas, Alberto Torres-Blandina, Ed. Métailié, 2009
Dans un terminal d'aéroport, un balayeur proche de la retraite, Salvador Fuensanta, aborde les voyageurs et leur raconte des histoires. Il les garantit réelles. On peut en douter à la tournure qu'elles prennent, mais les futurs ou ex-passagers en redemandent.
Voilà une bonne idée de livre qui permet à l'auteur de nous raconter à nous aussi plein de petites histoires, entrecoupées par la description des voyageurs et des gens qui travaillent à l'aéroport. Ce Salvador est extra-ordinaire : il met de la bonne humeur dans ce grand hall impersonnel. Quel beau personnage, éminemment sympathique, qui attire les gens tel un aimant. Les histoires sont drôles, tendres, mélancoliques, macabres, mais toujours décrivent des personnages à la marge. Ce serait difficile de toutes les résumer ici. En voici le début d'une pour le plaisir, celle qui donne son titre au livre : "Le Japon n'est qu'une façade. Une opération marketing comme une autre. On l'a inventé pour vendre de la technologie et ça a marché. Made in Japan est aujourd'hui le meilleur label pour vendre une voiture ou un téléviseur." La suite, je vous laisse la découvrir dans ce formidable petit roman.
NB : je viens de découvrir les éditions Métailié : c'est le troisième livre depuis quelques jours et aucune fausse note pour le moment.

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