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Délivrez-nous du Mal

Publié le par Yv

Délivrez-nous du Mal, Romain Sardou, XO Editions, 2008 (493p)
Hiver 1288. Dans une paroisse isolée du Quercy, une troupe d'hommes en noir s'empare d'un enfant. Refusant d'admettre que le petit est perdu, le prêtre du village, le père Aba, se lance rageusement à la poursuite de ses ravisseurs. Au même moment, à Rome, l'éminent enquêteur Bénédict Gui accepte une nouvelle mission : retrouver un jeune homme employé par l'administration du pape. Lui aussi a disparu sans laisser de traces, emmené par des hommes en noir. (4ème de couverture)
Je voulais essayer un roman de Romain Sardou dont j'avais entendu parler. Plein d'a priori un peu négatifs, je dois bien le dire, j'ai donc entrepris ma lecture. Eh bien, ma fois, c'est plutôt pas mal. Je me suis laissé prendre par l'intrigue, par les personnages dont on ne sait jamais s'ils sont vraiment blancs ou noirs, par l'époque et toutes les images qu'elle peut entraîner. Alors, peut-être que le livre de Romain Sardou est bourré d'anachronismes (mais peut-être pas ?), je ne pourrai pas le dire, et finalement peu importe, mais il sait raconter une histoire ! Rebondissements, retournements. La toute puissance de l'Eglise dans ses années-là et son souhait d'encore accentuer son pouvoir sont le prétexte, pour certains de justifier des actes démesurés, et pour l'auteur de se lâcher et d'ajouter même quelque dose de paranormal de bon aloi.  L'écriture est fluide, permet une lecture aisée sans tomber dans la facilité ; quelques termes "techniques" religieux m'ont échappé, et l'on se perd parfois dans les méandres de la hiérarchie de l'Eglise, mais rien qui ne nuise réellement à la compréhension du texte et au plaisir de suivre le père Aba et Bénédict Gui.

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Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen

Publié le par Yv

Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen, Arto Paasilinna, Denoël, 2007 
Le pasteur Huuskonen est un homme entier qui ne cache pas ses opinions et prêche de manière forte. Ce qui lui vaut de végéter au fin fond d'une paroisse rurale de Finlande, Nummenpää (Ah, le plaisir d'écrire des noms finlandais, improbables et souvent imprononçables pour nous Français !), plutôt que de remplir son office à Helsinki, à son grand dam et à celui de son épouse, la pastoresse, qui rêve d'une position sociale plus élevée. Le jour des 50 ans du pasteur, les habitants de Nummenpää lui offrent un ourson orphelin. Le pasteur s'en occupe et l'élève comme un enfant. Suite à quelques disputes au sein de sa famille et du village, le pasteur et Bélzeb, l'ours ainsi prénommé, se retrouvent sur les routes pour un long périple.
Arto Paasilinna fidèle à lui-même invente des personnages tous plus cinglés les uns que les autres et en premier lieu le pasteur et son ours et j'ai toujours autant de plaisir à retrouver les paysages de Finlande en sa compagnie.
Cette fois-ci, l'auteur s'attaque frontalement à la religion d'état en Finlande, l'église évangélique luthérienne. Il parle de son importance et de son influence, notamment dans les petites communes rurales. La charge est lourde. A tort, à raison ? Il trace aussi le parcours d'une belle amitié (?) homme/ours. Un homme qui de toutes façons ne se reconnait plus ni dans les hommes ni dans le dieu auquel il a pourtant voué une grande partie de sa vie.
Ce n'est pas un livre toujours fin et léger, et l'on retrouve la patte de l'auteur au détour de chaque page (à force de le lire, on sait un petit peu à quoi s'attendre : toujours plus fort, toujours plus fou), mais l'humour des personnages et des situations et la manière d'écrire d'Arto Paasilinna ont emporté encore une fois mon adhésion.

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La clef des mensonges

Publié le par Yv

La clef des mensonges, Jean-Bernard Pouy, Gallimard (Folio policier, 2009, 186 p)
Pierre Zapala est un gendarme proche de la retraite, chargé avec un collègue breton d'escorter une jeune femme, Alix, vers Bordeaux, pour une reconstitution. Elle est témoin dans ce qu'on apprendra être un panier de crabes politico-juridico-financier. A la suite de quelques rebondissements, ils se retrouvent tous les deux -Pierre Zapala et Alix- en cavale, poursuivis par les gendarmes, dans les villages et les marais entre La Rochelle et Bordeaux.
Policier qui va très vite. Ça commence très fort et ne baisse pas de niveau durant les 186 pages. La traque est impitoyable, la fuite désespérée et les deux fuyards que tout oppose se rapprochent en gardant tout de même chacun ses distances. J-B Pouy évite les clichés et son écriture nerveuse, franche et moderne donne la vitesse nécessaire au bon déroulement de l'intrigue, qui elle n'est pas nouvelle, mais qui n'est là finalement que pour le prétexte de cette fuite. Se lit vite. Bien obligé, puisqu'on veut connaître la fin.
A noter que J-B Pouy est le co-créateur de Gabriel Lecouvreur, plus connu dans le monde du polar comme Le Poulpe.

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Low moon et autres histoires

Publié le par Yv

Low moon et autres histoires, Jason, Ed Carabas, 2008 (208p)
Bande dessinée au dessin descriptif, clair. Peu de dialogues. Les personnages ont des têtes d'animaux, chiens principalement. Ils sont assez tristes, parfois cruels, souvent meurtriers. On sent beaucoup de non-dits et d'incompréhension entre eux. Beaucoup de difficulté à vivre. Ce n'est donc pas de la BD drôle même si les situations prêtent finalement à sourire. Par exemple, dans l'histoire intitulée Low moon, au Far West la tension monte, car Bill McGill est de retour pour défier le shérif ... aux échecs.
Recueil de 5 histoires différentes les unes des autres qui, je dois le dire, m'a bien plu !

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Une vie inachevée

Publié le par Yv

Une vie inachevée, Mark Spragg, Albin Michel, 2005 (Le livre de poche, 2009, 317 p)
Einar Gilkyson est un vieil homme qui a perdu successivement sa femme et son fils. Il vit seul, dans son ranch isolé et pauvre du Wyoming s'occupant de son ami Mitch, gravement mutilé suite à un accident. Le retour de Jean, sa belle-fille qu'il juge responsable de la mort de son fils, et de sa fille de 9 ans, Griff, va bouleverser sa vie. 
L'histoire a un goût de déjà-vu ou déjà-lu : un viel homme bourru retrouve une raison de vivre par la grâce d'une enfant et l'on découvre finalement un être drôle et attachant ! Très étasunien : un vrai film larmoyant (d'ailleurs ce livre a été adapté au cinéma par Lasse Hallström, avec Robert Redford dans le rôle du vieil homme et Jennifer Lopez dans celui de Jean).
Donc, rien de bien nouveau ni dans l'histoire ni dans la manière de la raconter : peut-être un peu d'exotisme pour nous Européens, dans la description du fin fond des Etats-Unis : les vrais cow-boys, bottes et Stetson en avant.
Ceci étant, je ne me suis jamais ennuyé et si je pense n'en pas garder grand souvenir, jamais l'idée d'arrêter ma lecture ne m'a titillé. Une lecture de vacances sans autre arrière pensée que celle de passer un moment agréable et pas inoubliable !
Je dois cette lecture au partenariat BOB et Livre de poche. Merci à eux
!

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Le rivage des Syrtes

Publié le par Yv

Le rivage des Syrtes, Julien Gracq, Ed. José Corti, 1951 (322p)
Aldo, jeune homme de bonne famille d'Orsenna décide de quitter la vie facile des jeunes gens de son âge, qui l'ennuie et se fait nommer Observateur (=espion) au sud du pays - dans le pays des Syrtes-, face au Farghestan pays avec lequel Orsenna est en guerre depuis 300 ans. Cette guerre, bien sûr n'existe plus dans les faits, mais aucun document n'ayant été signé, les risques qu'elle reprenne sont toujours présents.


J'avais pris ce livre à la BM, il y a quelques mois et après en avoir lu environ 50 pages, j'avais abandonné devant l'ampleur de la tâche. Circulant un jour dans les allées d'une librairie, j'ai vu un exemplaire de ce livre qui n'attendait que moi. J'ai donc effectué mon emplette, découpé les pages, car dans cette édition, chez Corti, on découpe les pages -un grand plaisir que j'avais déjà éprouvé avec un autre livre de Gracq, Au chateau d'Argol, il y a 20 ans. Je me suis donc lancé dans cette lecture avec appréhension par peur de m'ennuyer ou de ne pas comprendre, et puis, petit à petit, je me suis trouvé happé, fasciné par l'écriture de Julien Gracq. Énormément de descriptions, une histoire qui avance très lentement, des personnages complexes au possible, mais tellement humains et bien décrits !
Alors, certes, l'écriture est exigeante : elle demande de prendre son temps ; on ne lit pas Gracq comme on lit un autre auteur. Quelles phrases ! Longues, sinueuses, tortueuses parfois, toujours compréhensibles si l'on prend le temps de lire et de respecter la ponctuation (comme à l'école, quand on lisait à voix haute).
Que dire d'autre si ce n'est qu'en lisant Gracq, on est dans le monde de la Littérature avec un grand "L" ? Elitiste, sûrement ! Intellectuel, sans doute ! Mais quel texte et encore une fois quelle fascination pour cette écriture maîtrisée, très personnelle et vraiment exceptionnelle !


NB : Julien Gracq obtiendra le Prix Goncourt pour ce roman, qu'il refusera !
NB : Erik Orsenna tient son pseudonyme de la ville d'Orsenna du rivage des Syrtes.

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Le café de l'Excelsior

Publié le par Yv

Le café de l'Excelsior, Philippe Claudel, Ed. La dragonne, 1999 (84p)
Un homme raconte ses trois années d'enfance vécues chez son grand-père suite au décès de ses parents. Son grand-père tenait le Café de l'Excelsior.
Un tout petit livre très nostalgique, très bien écrit, comme souvent chez Philippe Claudel. Les personnages sont pudiques, populaires, bien vivants et certains, les habitués du bar, à la marge de la société. Cette grande nouvelle  a cependant un petit goût de déjà lu. Néanmoins, étant donnée sa petite taille et son écriture très agréable, on peut la découvrir sans aucun risque et je dirais même en passant un bon moment.

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Le cantique de l'apocalypse joyeuse

Publié le par Yv

Le cantique de l'apocalypse joyeuse, Arto Paasilinna, Ed. Denoël, 2008
Un vieux -l'ultime ?- communiste finlandais, ex-brûleur d'églises et "bouffeur de curés" fait promettre, à son petit-fils, sur son lit de mort,  de construire une église sur ses terres éloignées des grandes villes. Son petit-fils, Eemeli accède à son désir et bientôt c'est toute une communauté qui voit le jour autour de ce lieu de culte. Durant les années qui suivent, cette communauté ne cessera de grandir au grand dam des autorités finlandaises et européennes.
Comme souvent chez Arto Paasilinna, (Petits suicides entre amis, La douce empoisonneuse, Le lièvre de Vatanen, pour ceux que j'ai lus) les personnages sont atypiques, dotés d'un caractère fort - l'adjectif est un peu faible-, les situations sont décalées et les aventures rocambolesques. C'est un vrai plaisir que de suivre les gens de cette communauté vivant à côté du monde et réinventant un sens de la vie et de la nature que nous avons un peu oublié. Sous des dehors de pure comédie, ce livre, écrit en 1992, dénonce les dérives de l'administration -européenne notamment, mais aussi finlandaise-, nos propres dérives dans notre systématique recherche du mieux, du plus rapide, du plus performant. On sent chez l'auteur quelques sensibilité anarchique, mais toujours dans la bonne humeur. C'est d'ailleurs, la philosophie de vie des Ukonjärviniens (les habitants d'Ukonjärvi, lieu de création de la communauté) : tout doit se passer sans heurts, sans disputes et dans la bonne humeur. Et si possible, bien arrosé !
Un grand optimisme de Paasilinna dans la capacité des Hommes à se sortir de l'énorme crise environnementale dans laquelle ils se sont mis tous seuls, ou alors, un grand pessimisme, une sorte d'ironie du désespoir ?
Dans tous les cas, un vrai bon et grand moment de lecture, à recommander !

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Le petit Prince

Publié le par Yv

Le petit Prince, Joann Sfar, Gallimard Fétiche, 2008 (110p)
Ils ont osé ! Osé mettre le Petit Prince en BD. Le très fameux conte -mi-dessiné déjà- d'Antoine de Saint-Exupéry est passé sous les crayons de Joann Sfar, célèbre notamment pour Le chat du Rabbin, que j'aime beaucoup. Qu'en dire ? Pas grand chose : c'est pas mal, même si le dessin m'a un peu gêné au départ, on s'y fait assez vite. L'histoire évidemment est fidèle à l'originale, donc très belle et universellement connue.
Sans dévaloriser le travail de Joann Sfar, je me pose la question de l'utilité et du besoin de cette BD. A part l'idée de mettre ce conte à la portée de tous, et là, je pense à ceux qui ne lisent pas d'autres livres que les bandes dessinées, je ne vois pas. Pour résumer : pas mal, mais pas indispensable ; la version originale est nettement plus intéressante.

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