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Ça coince ! (2)

Publié le par Yv

 

Francesca, Sara Poole, Éd. MA, 2011

"Rome, été 1492. Dans les entrailles de la ville éternelle, le mal s’est réveillé. Le meurtre brutal d’un alchimiste va déclencher une course désespérée pour mettre au jour un complot visant à éteindre la lumière de la Renaissance pour replonger l’Europe entière dans les ténèbres moyenâgeuses. Déterminée à venger l’assassinat de son père, Francesca Giordano défie toutes les convenances en s’octroyant la charge d’empoisonneuse au service de Rodrigo Borgia, l’homme à la tête de la plus célèbre et la plus dangereuse famille d’Italie. Elle devient la confidente de Lucrèce Borgia et l’amante de César Borgia." (4ème de couverture)

Tentant, n'est-il pas ? Comme la charmante demoiselle sur la couverture peut le laisser penser. Certes, mais bavard et long ! Pas d'intérêt particulier : écriture banale et sobre, dialogues creux. Dommage, Francesca avait l'air un rien mutin mais farouchement indépendant, ce qui, en 1492, est assez rarement des qualités que l'on donne aux femmes.

 

La soeur, Sandor Marai, Albin Michel, 2011 

"En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux.

Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coups de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance." (4ème de couverture)

Autant j'avais aimé Les Braises de Sandor Marai, autant là, je ne réussis pas à m'intéresser à cette histoire, écrite peu après pourtant, dans les années 1940. L'introduction de près de 80 pages est longue et la mise en route ardue. Et puis, après cette entrée en matière décevante pour moi, j'ai eu du mal à passer outre mes premières impressions. Il peut en être ainsi parfois des rencontres avec de grands écrivains, néanmoins, je garde ce bouquin tout près et tout prêt au cas où, un jour de meilleure disposition, je voudrais m'y remettre.

 

Black Mamba boy, Nadifa Mohamed, Ed. Phébus, 2011

"Ce premier roman de Nadifa Mohamed débute à Aden, au Yémen, en 1935. Il retrace la vie mouvementée de Jama, un enfant des rues dont le père a disparu peu après la naissance et dont la mère lui jure qu’il est né sous une bonne étoile. À la mort de celle-ci, Jama part à la recherche de son géniteur. Ce périple rendu incandescent par la croyance en une terre promise, lui fait traverser l’Abyssinie, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan, l’Égypte et la Palestine. Mais chaque frontière franchie se révèle source de déception. Les décennies passent, les empires coloniaux s’effondrent, le monde change, cependant Jama l’aventurier demeure un laissé-pour-compte, malgré le serpent tatoué sur son bras, le fameux mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin de cette partie du globe." (note éditeur)

Malgré ce résumé très tentant, je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, à m'intéresser à Jama et les autres. C'est un peu frustrant, d'autant plus que j'avais très envie de lire ce roman. Mais bon, quand ça ne veut pas, je ne me force pas... tant  pis pour moi !

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Freaky fridays

Publié le par Yv

Freaky Fridays, Brigitte Aubert, Ed. La branche, janvier 2012

Mamie Hélène est une paisible retraitée, veuve depuis une année qui fait et livre des gâteaux dans les environs de son village normand. Un jour, en allant en apporter un chez ses voisins les Devauchelle, elle est témoin de l'assassinat de toute la famille (sauf Gaëtane, la petite fille handicapée mentale et Adrianus le chien). Apeurée à l'idée d'être un témoin gênant, donc éliminable, elle met en sécurité la petite et le chien et s'enfuit. Dès lors, Mamie Hélène va se transformer, ou plus exactement, retrouver ses vieux réflexes, recherchée très activement qu'elle est par divers clans. Attention, Mamie Hélène n'est pas Mamie gâteau !

Si je vous dis : éditions La branche, collection vendredi 13, Close-up, L'arcane sans nom, Samedi 14, ça vous dit forcément quelque chose, sinon, c'est que vous ne lisez pas assez attentivement mon blog. Et dans ce cas-là, vous me voyez franchement déçu par ce manque d'assiduité. Snif, snif... Bon, je répète donc pour les quelques inattentifs : Vendredi 13 est une collection de polars aux différents écrivains s'appropriant ce jour très particulier, chacun à leur manière, et jusque là, formidablement bien. Ce quatrième opus, signé Brigitte Aubert est dans la pure lignée des autres : passionnant, rythmé avec des personnages forts et des situations parfois drôles. Mamie Hélène se fait un plaisir même pas dissimulé de faire la nique à la mafia, aux services secrets, ... Et nous avec elle ! Un vrai plaisir de l'accompagner, de voir ses transformations et un vrai suspense de savoir si elle va s'en sortir et si oui, comment. Voilà comment débute ce roman :

"Hélène Robinson éteignit le gaz et leva les yeux de ses fourneaux pour regarder par la fenêtre. Le ciel s'était couvert, des nuages gris accouraient en bande, poussés par le vif vent d'est. Du côte du Havre, l'horizon restait bleu, les pétroliers défilaient lentement, les usines crachaient leurs panaches blancs. Elle soupira. Cela faisait plusieurs jours qu'elle n'était pas allée se promener sur la plage. Elle devrait prendre un chien. Ça la forcerait à sortir. Joe n'aurait pas voulu qu'elle reste confinée, le nez dans ses rosiers ou dans ses fourneaux." (p.7)

Je vous cite cet extrait parce que c'est à peu près le seul passage reposant qui laisse du répit au lecteur. Après, Brigitte Aubert nous entraîne dans une course effrénée sans temps mort. A peine, les Devauchelle ont-ils trépassé que d'autres suivent : "Six morts en début d'après-midi. Quatre en fin de soirée. Total dix pour la journée. Impressionnant après dix ans de balades à marée basse et de petits gâteaux. Une vraie hécatombe digne d'un vendredi 13. Freaky Friday, jura-t-elle à voix basse. Même Stephen King avait peur des vendredis 13." (p.78)

Loin d'être un spécialiste des polars, je ne connaissais pas Brigitte Aubert qui compte pourtant beaucoup de livres de ce genre à son actif (au moins quinze si j'en juge par la dernière page recensant les livres du même auteur). Je confesse mon ignorance mais me suis rattrapé, car, j'ai adoré ce livre et Mamie Hélène qui m'a impressionné et fait rire. C'est ce qui est bien dans ce bouquin : au fur et à mesure que les morts pleuvent les rires -ou sourires- enflent. L'auteure en rajoute dans le rayon ironie, moquerie des mecs, des durs, des vrais Hommes qui ne parviennent pas à arrêter une brave (?) mamie. Et tout cela écrit dans un style finalement assez... masculin : mots d'argot, gros mots, mais avec une finesse féminine de bon aloi.

Et l'intrigue, me direz-vous ? Eh bien, suffisamment tortueuse pour tenir la route et en haleine. Je ne vous en dirai point plus pour laisser agir le suspense.

Décidément, cette collection des éditions La Branche est une pépite de vrais bons polars à la française.

Grand merci Davina de chez Gilles Paris pour ses envois et son accueil.

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Aztèques freaks

Publié le par Yv

Aztèque freaks, Stéphane Pajot, La baleine, 2012

Gabriel Lecouvreur, autrement plus connu sous le sobriquet de Le Poulpe décide de partir enquêter à Nantes sur l'étrange disparition d'un avaleur de grenouilles et le non moins bizarre suicide d'un lilliputien. Arrivé dans la cité des Ducs, il découvre un cirque qui présente des phénomènes de foire, des "freaks" : homme-caoutchouc, femme à barbe, charmeuse de serpent, homme le plus fort du monde, soeurs siamoises, ... Entre promenades dans cette belle ville, visites de ses bars et du cirque, et en éclusant pas mal de bières, Le Poulpe va tenter d'élucider ce double mystère.

Nouvelle enquête donc de Gabriel Lecouvreur, qui cette fois-ci prend le TGV et débarque 1h59 plus tard au buffet de la gare de Nantes. Pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas encore cet enquêteur hors norme, prière de prendre quelques infos ici ! Il a du bol Gabriel, car le voici dans Nantes avec comme guide Stéphane Pajot qui est comme-qui-dirait un spécialiste des petites rues, des histoires, des cafés, des coins insolites de la ville. Ça commence dès l'arrivée à la gare lorsque Le Poulpe rencontre un clochard, Ulysse Junior : "Ce clodo, tel que les images d'Epinal le représentaient, était une pure merveille sortie d'un conte des mille et une galères. Comme toutes les légendes entourant la vie des clochards, on devait l'imaginer dormir sur un matelas bourré d'oseille, de lingots d'or." (p.43) Les Nantais de ma génération et d'avant ne peuvent que se souvenir du vrai Ulysse, clochard mémorable du centre ville, décédé depuis quelques années et qui malgré ce qui se disait dans les rues ne dormait pas sur un lit bourré de pognon.

Et puis, on avance dans la ville : ceux qui la connaissent suivent les parcours, les autres voyagent gratuitement et peuvent presque prévoir leur future visite dans l'ex-Venise de l'Ouest.

Là où il me plaît bien aussi ce bouquin, c'est dans sa langue emplie de jeux de mots, de calembours bien trouvés : Stéphane Pajot se lâche totalement dans son écriture. Un vrai régal d'argot, de français plus châtié, d'expressions détournées : un vrai bon polar poulpien ! Un exemple parmi tant d'autres : présentant un personnage états-unien, taxidermiste de son état et collectionneur d'objets se rapportant au cirque, l'auteur fait dire à un journaliste : "Son vrai nom est Buster Mac Grégoire. Il a la double nationalité. Et tu ne sais pas comment on le surnommait en France ?

- Dis toujours.

- L'Empailleur State Building." (p.160)

Et puis ce que j'aime bien chez Gabriel Lecouvreur, c'est qu'il se lie facilement d'amitié avec les gens du cru, il se fond dans la masse des autochtones même s'il sait aussi s'attirer les inimitiés de certains et qu'il se prend régulièrement une bonne branlée. Ce roman ne déroge à aucune de ces règles.

Le petit plus ? Eh bien, outre de nous faire voyager à Nantes, Stéphane Pajot nous fait visiter les coulisses du cirque, des freaks. Une très forte touche d'intemporalité dans un roman pourtant bien ancré dans son époque qui ajoute de l'exotisme, du surnaturel. Je soupçonne très fortement l'auteur d'aimer ce contraste qu'il avait déjà exprimé dans son excellent et précédent roman Carnaval infernal.

Quoi vous dire de plus qui vous donnera envie de lire cette aventure du Poulpe ? Eh bien Cheryl est toujours aussi jolie, que dis-je, sublime ! Néanmoins, Le Poulpe n'est pas toujours insensible aux charmes des jolies jeunes autres dames. Mais chut, pas trop fort, dès fois que Cheryl passerait me lire ! Gabriel est toujours bien entouré, à la fois de ses amis de toujours et aussi de ses nouveaux amis régionaux. Il aime toujours autant la bibine, surtout la bière de petits brasseurs. Allez-y, c'est du bon !

Et pour finir, je me suis laissé dire qu'un nouveau projet de film était en marche (je ne sais pas vous, mais moi, à chaque fois que je lis une de ses enquêtes, je vois JP Daroussin en Poulpe et C. Couraud en Cheryl) ; pourquoi pas inspiré de cette enquête qui me paraît vraiment cinématographique. Bon, je dis ça, mais je ne suis pas cinéaste. Mais bon...

Voici une année polar qui commence vraiment sous les meilleurs auspices. Merci Stéphane !

Le Poulpe à Nantes a aussi séduit Claude Le Nocher.

Dernière minute : Le Poulpe à Nantes, c'est sur France 3 !

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L'armoires des robes oubliées

Publié le par Yv

L'armoire des robes oubliées, Riika Pulkkinen, Albin Michel, janvier 2012

Histoires croisées de Elsa et Martti, de Eleonoora leur fille, de Anna leur petite fille et de Eeva, jeune femme entrée dans la famille dans les années 60 pour s'occuper de Eleonoora alors petite fille. De nos jours, Elsa atteinte d'un cancer vit ses derniers moments mais s'accroche, ne veut pas disparaître : elle veut encore profiter de la vie, des siens et partir en paix. C'est lors d'un jeu de déguisement avec Anna, lorsque celle-ci se vêt d'une robe que sa grand mère lui dit que c'est celle de Eeva. Commence alors pour Anna une véritable enquête pour savoir qui est cette Eeva.

Roman à plusieurs narrateurs qui parle un peu de la vie en Finlande de nos jours et dans les années 60, qui parle un peu des événements de mai 68 en France, mais qui surtout détaille les personnages qu'il contient sans pour autant dresser de portraits psychologiques. On est dans des histoires d'amour et de famille et ce qui est raconté c'est d'abord les liens entre tous. Martti et Elsa font figure de grands-parents pas très proches de leur fille ni de leurs petites filles : ils ont cultivé l'indépendance jusqu'aux relations aux leurs. Malgré tout leur relation semble forte ou du moins semble se renforcer sur la fin d'Elsa. Martti a aussi une relation particulière avec Anna : ils se voient régulièrement, prennent le tramway ensemble, s'arrêtent aux terrasses des cafés et imaginent la vie des gens qu'ils croisent. Eleonoora est sans doute la plus difficile à cerner qui veut faire preuve d'autorité envers sa mère comme si elle avait des comptes à régler.

En parallèle, on peut lire aussi la vie de Eeva avant qu'elle n'entre au service de Elsa et Martti et puis ses années de travail chez eux.

C'est un roman par endroits classiques dans sa description des lieux, personnages et situations et d'autres fois plus particulier qui lance des pistes de réflexion, des sortes d'aphorismes : "J'avais déjà oublié que les enfants ont en partage parce qu'ils ne connaissent rien d'autre : la foi, reçue en naissant que tout ira bien. A une période de sa vie, on la perd un instant, inévitablement. Si on a de la chance, elle revient. Viennent des gens pour vous prendre dans leurs bras sous la couverture, dans des chambres à coucher, pour vous tendre la main par-dessus des tables, et avec eux vous réapprenez ce qu'il vous avait fallu perdre en même temps que l'enfance." (p.103) 

D'autres passages sont des constats du sens de la vie, des différences générationnelles : "A chaque époque il y a des gens, jeunes, qui se convainquent que ce qu'ils vivent n'est jamais arrivé à personne d'autres avant eux. Ils croient que leur vie, leurs joies et leurs chagrins mêmes sont exceptionnels. Que leurs amours à eux sont plus fortes que celles des autres. Ils croient que jamais ne leur échoira de sentir le poids des jours. Et peut-être est-ce le cas. Les jeunes possèdent le monde entier et le dilapident sans tristesse, parce qu'ils sont impatients de gagner d'autres mondes, toujours nouveaux." (p.46)

Riika Pulkkinen a une trentaine d'années et fait preuve d'une sorte de sagesse, au moins d'une grande observation des siens ou d'une étonnante maturité pour résumer ainsi en quelques phrases bien senties ce qui peut faire l'objet de discussions interminables. Étudiante en littérature et philosophie, son cursus l'a sûrement aidée à construire et écrire sa réflexion pour le plus grand plaisir du lecteur. Mais elle sait aussi se laisser aller et son livre est empli d'expressions, de paragraphes étonnants, quasi surréalistes, très poétiques à propos des animaux, des hommes, de l'amour, des fleurs, de la nature : "Derrière la fenêtre les racines des fils de la vie ont peut-être déjà commencé à s'accrocher à la terre. Les pommiers en fleurs, leur éclat innocent, un peu étonné de soi-même, comme une communiante qui aurait pour la première fois passé une mini-jupe et compris qu'elle la rendait attirante. Tout fut un instant à sa place, juste comme il se devait." (p.242) J'aime beaucoup l'image de cette communiante en mini-jupe, qui arrive dans cette phrase par le biais d'une image totalement improbable, mais je confesse, mon père que ça doit être mon côté pervers qui fait des siennes ! Ceci étant, c'est pas moi qui aie commencé, c'est Riika ! 

Tout cela pour dire que lorsque vous aurez entamé la lecture de ce roman (car je ne doute point que vous le ferez), vous risquez bien de ne pouvoir vous arrêter, charmé(e)s que vous serez par le mélange de Riika (maintenant qu'on a parlé de la communiante, je me permets de l'appeler par son prénom) : entre observation des liens amoureux et familiaux très réalistes, digressions oniriques et réflexions justes et clairvoyantes. Bonne lecture de ce très bon roman nordique et qui en plus réussit l'exploit de n'être pas un polar !

Gwenaelle en fait son premier coup de cœur de l'année.

Merci Aliénor.

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Bilan annuel

Publié le par Yv

Fin d'année oblige -ou pas d'ailleurs- je tire le bilan de mes lectures et de ce qui a tourné autour : les jurys, le blog, les rencontres.

Beaucoup de lectures cette année, je ne mets pas de chiffres parce que ce n'est pas un concours à celui qui lira le plus, mais là, j'ai fait très fort. Les deux jurys auxquels j'ai participé ne sont pas étrangers à cette débauche de livres :

- d'abord le Prix du roman de l'Express, décerné en milieu d'année : 16 romans à lire et à commenter pour élire en 2011, D'acier de Sylvia Avallone (pas mon favori, mais pas mal). Belles rencontres autour de ce prix de gens passionnés par la lecture et qui d'ailleurs, se sont regroupés (pour huit d'entre nous) sur un blog communautaire : les 8 plumes.

- ensuite, le Prix du roman France Télévision, décerné début novembre : 6 livres à lire et parmi eux Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan la lauréate 2011 (dans mon tiercé de tête). Tout pareil, de belles rencontres, de grandes discussions autour d'un verre et de petits fours (merci la redevance !) avec d'autres passionné(e)s.

A chaque fois, c'est un plaisir d'aller à Paris pour parler littérature, petit provincial qui aime marcher dans la capitale découvrir des quartiers que je ne connais pas, dans une ambiance bon enfant avec des organisatrices très sympathiques (Stéphanie pour L'Express et Katia pour France Télévision).

Venons-en maintenant à mes lectures marquantes de cette année. C'est cruel cet exercice ; mais pourquoi le fais-je vous étonnez-vous, tout étonnés ? Ben oui, c'est vrai ça, pourquoi le fais-je ? Ch'ais pas ! Pas mal comme réponse, réponds-je !

Dans un premier jet, j'ai sélectionné 39 livres, il faut que j'affine encore ; mon top 10 (dans le désordre) des livres sortis en 2011 :

 

- L'homme qui aimait les chiens, de Leonardo Padura, formidable

- Les Successions, de Mikaël Hirsch, belle quête (point de contrepèterie)

- Léna, de Virginie Deloffre, le roman de l'attente

- Famille modèle, de Eric Puchner, déglingué

- L'arcane sans nom, de Pierre Bordage, trépidant

- Close-up, de Michel Quint, quelle belle langue !

- Monsieur le Commandant, de Romain Slocombe, chef d'oeuvre !

- Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon, idem.

- Ceux de Menglazeg, de Hervé Jaouen, personnages très atypiques

- La sérénade d'Ibrahim Santos, de Yamen Manai, fable sud américaine

Ceux qui ne sont pas loin, qui auraient largement mérités d'être dans ce top 10, mais qui restent à la porte, parce que l'auteur de ce blog à des critères tellement partiaux et subjectifs voire même personnels que c'en est une honte (toujours dans le désordre) :

Les très fortes nouvelles de Les passagers de l'archipel de Anne-Catherine Blanc, la vie à trois dans la Carte du labyrinthe de Alberto Torres-Blandina, l'inquiétant Le jaguar sur les toits, de François Arango, le déjanté Savages de Don Winslow, la vie d'un champion d'échecs dans La dernière ronde de Ilf-Eddine, l'historique Churchill à Yalta, de Michaël Dobbs, le rapide Le Cramé de Jacques-Olivier Bosco, Mimine dans Tout autour des halles quand finissait la nuit, de Gérard Landrot, le tendre et dur Skoda de Olivier Sillig, la malicieuse Iphigénie Vanderbilt de Eric Deschodt, les étonnants 121 CV pour un tombeau de Pierre Lamalattie, le bashungien Des trains à travers la plaine (collectif).

Et puis, les autres, les derniers, retenus mais pas classés, parfois simplement parce qu'ils ne sont plus de l'année (un excès de jeunisme de Yv) parfois pour d'autres raisons plus confuses :

L'épicurien Les joyeuses de Michel Quint (qui est le seul à en placer 2 dans ce palmarès), l'ouvrier Putain d'usine de Efix (en fait lui aussi il en a deux, mais dans le même article !), Effondrement de Horacio Castellanos-Moya, le très souriant Les pari des guetteurs de plumes africaines de Nicholas Drayson, le polémique Des gens très bien d'Alexandre Jardin, la lettre au Dr Haricot de Fabrice Vigne, le lent Là-haut, tout est calme de Gerbrand Bakker, le lyonnais Le sang des bistanclaques d'Odile Bouhier, le polar allemand La mort muette de Volker Kutscher, le vaudou dans Le psychopompe de Dominique Maisons, l'exceptionnel (putain, que j'aime son écriture !) Des éclairs de Jean Echenoz, les très pur Rosa candida de Audur Ava Olafsdottir, le violent et très dur Anaisthêsia de Antoine Chainas, le génie de La vie mode d'emploi de Georges Perec, le roman graphique indispensable Maus de art Spiegelman, les nouvelles fortes de Vent printanier de Hubert Haddad... et un petit dernier pour la route, que je rajoute ce 1er janvier, car je m'aperçois que je l'ai oublié : Commissaire Garon : les cahiers du ministre, de Saint-Luc, ce qui monte ce total à 40 et permet aux amateurs de chiffres ronds de dormir l'esprit en paix.

Voilà, ça fait un peu inventaire, mais bon, libre à vous qui passez par ici de prendre ce que vous voulez, de piocher ici ou là, ou de ne rien prendre du tout !

Ajoutez à cette riche année livresque des collaborations actives avec Les Agents littéraires qui oeuvrent pour la diffusion et la reconnaissance des livres de petits éditeurs voire auto-édités et avec le club de lecture de la bibliothèque municipale !

L'année prochaine sera vraisemblablement (?) plus cool bloguesquement parlant : je pense faire moins de billets (1 ou 2 par semaine au lieu d'environ 3 cette année), je reviendrai à ce rythme effréné lorsque je serai en retraite (mais mon petit doigt me dit que ce n'est sans doute pas pour bientôt).

Bon dernier jour de 2011 à tous et les souhaits de bonne année attendront encore quelques heures !

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Les grand-mères

Publié le par Yv

Les grand-mères, Doris Lessing, Flammarion, 2005 (J'ai Lu, 2007)

Sur la terrasse d'un café, sur les hauteurs de la baie de Baxter's Teeth, s'installent six personnes réparties comme tel : deux dames sexagénaires, deux hommes d'environ 20 ans de moins, leurs fils, et les filles de ceux-ci. Trois générations qui semblent représenter aux yeux de Theresa, la serveuse, la vraie image du bonheur. Très vite apparaît une autre femme, une belle-fille, qui s'approche, un paquet de lettres à la main, qui prend les deux petites filles par la main, et les emmène loin des grand-mères et pères, sans oublier de leur promettre qu'ils ne verront plus jamais les deux petites.

Au risque d'être hué, moqué, lapidé pour les plus violent(e)s d'entre vous, je ne connaissais Doris Lessing que de nom. Je dois avouer mon inculture, ma crasse ignorance, mais je n'avais rien lu d'elle. Grâce au club de lecture de la bibliothèque municipale, voici que je peux entrer enfin dans le cercle de ceux qui ont lu cette auteure nobélisée ; le thème du club pour notre prochaine rencontre est : les femmes Prix Nobel de littérature (pas dur, il n'y en a que 12 sur 105 prix attribués)

Revenons à ce tout petit roman (95 pages dans sa version poche) fort et dense, forcément dense. Doris Lessing parvient à faire naître des images avec quelques mots. Tout est dit, suggéré plutôt, en un minimum de mots : tout ce que j'aime, l'art de la concision. Par exemple, les paysages ne sont pas vraiment décrits, mais on visualise très bien les deux villes dont elle parle, celle proche de l'océan :

"Les deux petites filles avaient grandi dans un monde bleu. Au bout de chaque rue il y avait la mer, aussi bleue que leurs yeux -on le leur avait assez souvent répété. Le ciel bleu au-dessus de leurs têtes était si rarement bas ou gris qu'un temps couvert était un plaisir en raison même de sa rareté. Le vent, presque jamais aigre, apportait un agréable coup de fouet iodé, et l'air était toujours salé." (p.19/20)

L'autre ville loin de cette ambiance iodée et pleine d'embruns (comme je la rejoins et même si le soleil est moins présent en Bretagne du sud -quoique !-, l'air y est tellement bon) est décrite ainsi : "Harold partit pour son université, qui était entourée, non par l'océan, les brises marines, les chansons et les légendes de la mer, mais par le sable, les broussailles et les épines." (p.30/31). Voilà, c'est tout ce que nous saurons de ces endroits, mais c'est largement suffisant pour avoir une image propre à chacun, mais nette et suffisante.

L'auteure réussit en peu de pages à décrire ses 4 personnages principaux (Lil et Roz et leurs fils, Ian et Tom), à instaurer des liens tenaces et indéfectibles entre eux. Même les relations entre mère/fils, garçons/femmes, garçons entre eux et mères entre elles sont suggérées plus que franchement dites, mais aucun doute ne subsiste, le lecteur sait vraiment à quoi s'en tenir. Un rien poétiquement, Doris Lessing aborde des questions aussi tendues que l'identité sexuelle, l'identité tout court, l'amour filial, la reconnaissance envers ses parents, ...

Quels personnages ! Je pourrais même écrire : quelles grands-mères ! Car bien sûr c'est d'elles dont il est le plus question, elles qui dirigent leurs vies et celles de leurs garçons. Des maîtresses-femmes. Œdipe n'est pas loin, qui traîne quasiment dans toutes les pages. Et encore cette prouesse de l'auteure qui en quelques mots raconte la vie de Lil et Roz. On a l'essentiel et point de superflu, loin de ces sagas qui traînent en longueur et qui au final apporte moins qu'un livre comme celui-ci. Parce qu'en plus, Doris Lessing ajoute des paragraphes sur divers sujets comme par exemple la beauté. J'aime beaucoup l'extrait qui suit dans lequel elle parle de Ian et Tom : on peut ne pas être en accord, mais il est tellement bien écrit :

"La beauté des jeunes gens, bon, ce n'est pas si simple. Les filles, oui, pleines de leurs œufs appétissants, nos mères à tous, c'est normal qu'elles doivent être belles, et d'habitude elles le sont, ne serait-ce même qu'un an ou un seul jour. Mais les garçons, pourquoi ? A quelle fin ? Il y a un âge, un âge éphémère, vers seize, dix-sept ans, où ils ont une aura poétique. On dirait de jeunes dieux. [...] Ils n'en ont souvent pas conscience, se faisant davantage l'effet de paquets mal ficelés qu'ils essaient d'empêcher de se défaire." (p.34) (Ah, comme ils sont loin les temps de mon aura poétique ! J'en suis maintenant au charme des tempes grisonnantes voire grises.)

Un roman absolument passionnant et dérangeant, "décapant sur les non-dits et la dissimulation" est-il écrit sur la 4ème de couverture. Je suis vraiment bluffé par la concision de ce roman et le nombre de questions qu'il aborde, l'air de rien, presque légèrement. Évidemment, je suis tenté par le reste de la production de Doris Lessing, mais j'ai peur d'avoir commencé par le meilleur.

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Les gribouillis

Publié le par Yv

Les gribouillis, Pascal Ayerbe, Marion Bouillie, Enfance et musique, 2011

Pascal Ayerbe fait de la musique avec des jouets, des objets détournés de leur usage premier : objets de la maison pour la plupart. Marion Bouillie fait la même chose mais dans l'illustration des chansons du "gribouilleur sonore". Ce qui donne un livre + CD original.

Les "bidouillages visuels" sont colorés, drôles, bien mis en scène, parfois sur fonds blancs, parfois sur des fonds dessinés. Beaucoup d'idées bien exploitées.

Les musiques sont du même tonneau. Je connaissais déjà cet album de Pascal Ayerbe, mais un peu différent. Là, il ajoute des voix d'enfants qui discutent, racontent des bêtises, des histoires à ces mélodies. Le résultat plait aux deux petits de la maison (7 et 9 ans) surtout  l'air qui reste bien dans la tête : P'tit vélo ("Moi, j'ai un p'tit vélo, qui fait d'la musique")

Les deux adolescents ne goûtent point ce genre de musique, plutôt versés dans des choses plus "adultes".

Les deux grandes personnes aiment bien. En fait, moi, j'adore. Bon, je préfère lorsque les enfants se taisent (d'ailleurs à la maison, ils ne parlent que s'ils ont levé le doigt et s'ils en ont eu l'autorisation. Non, mais !). Mais je suis dans une période où j'aime écouter de la musique seule, sans paroles. L'idée est originale et le résultat souvent beau et toujours mélodique. Loin des standards actuels, et tant mieux !

On ne parle pas beaucoup de lui sur Internet, j'ai trouvé une vidéo de son passage sur France Inter : ici. Elle reflète assez bien l'ambiance de l'album. Ambiance que l'on peut aisément -d'ailleurs, je le fais très facilement- comparer à celle que crée un autre musicien étonnant : Pascal Comelade.

 

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Des trains à travers la plaine

Publié le par Yv

Des trains à travers la plaine, Collectif, Ed. de l'Atelier In8, 2011

Quatre auteurs s'inspirent des textes d'Alain Bashung pour écrire des nouvelles. Ceux qui viennent me lire de temps en temps savent mon admiration pour cet artiste depuis son album intitulé Novice (de 1989), après le succès de Gaby. Je ne pouvais donc que lire ces textes parus chez l'Atelier In8 (que l'on peut avoir en coffret de 4 ou chacun séparément).

Le jour où je suis mort, de Claude Chambard, inspiré de La nuit je mens, de Samuel Hall et de Jamais d'autre que toi de Bashung est une nouvelle très inspirée des écrivains étasuniens Jim Thompson ou Steinbeck, par exemple. L'atmosphère est poussiéreuse, miséreuse, alcoolisée et religieuse. Un jeune homme mal dans sa peau, souffrant de maux de tête terribles raconte sa vie, ses rencontres et ses méfaits. L'écriture est formidable qui oscille entre phrases courtes, percutantes et d'autres beaucoup plus longues comme celle-ci : "Je rêve d'abricots & de ciboulette, de groseilles, de tisanes de serpolet, de jasmins jaunes, de tilleul, de chrysanthèmes & d'oranges sanguines qu'on m'écrase sur le visage, dont la pulpe épaisse m'étouffe, dont le jus rouge dégouline sur moi, m'ensanglante." (p.22)

Croiser les méduses, Éric Pessan qui sample Gaby, oh Gaby, La nuit je mens, Aucun express. Beaucoup plus onirique, une écriture que je peux qualifier de la même manière que pour la nouvelle précédente : formidable. Voici le tout début : "La mer : dans le miroitement bleu-gris des eaux froides, je nage. Ondine, souple, je traverse en apnée les éternelles nuits sous-marines, j'épie les sonars des baleines et me tisse des colliers de planctons luminescents. Sur ma peau nue se dépose une pellicule un peu grasse de douceurs, je glisse dans l'eau, vite. Je nage. Ma mémoire peu à peu se dissout, perle noire. Je nage et rien ne peut m'arriver au-dessous des lagons et des abysses. C'est mon pouvoir, ma force : sirène, je nage, invincible." (p.7) Et c'est comme ça jusqu'au bout ! Beaucoup de poésie, de sensualité, de désir. Rien à dire de plus, à part peut-être, excellent.

Nage entre deux eaux, de Jérôme Lafargue qui parle de Bleu pétrole : "Je ne dirai pas que Bleu pétrole m'a sauvé, non, il faut être honnête, ce qui m'a sauvé, c'est le bruit de la dizaine de CD balancés à terre par Jed une nuit de septembre." (p.7) Un jeune homme de bonne famille raconte comment il côtoie et fait les 400 coups avec une bande de zonards. Nouvelle noire, rapide qui reprend les thèmes inhérents au genre et bien agréable à lire. Pas révolutionnaire, mais un très bon moment de lecture, ce qui est déjà une grande qualité.

Où vont les vaisseaux maudits ?, de Marie Cosnay qui déjà dans le titre reprend les paroles d'Angora. Très onirique, pas ancrée dans le réel, et donc assez différente des autres nouvelles (à rapprocher quand même un peu de celle d'Éric Pessan) : "Angora sourit invariable. Elle sait comment je vais poursuivre. Mon frère m'avait tué et contre toute attente c'est lui qui disparut. cette fois il le fit définitivement." (p.21) Difficilement racontable, il faut se laisser porter par le rythme, l'écriture et l'histoire.

Ces quatre nouvelles inspirées par les chansons d'Alain Bashung sont à découvrir : chacun pourra y trouver son bonheur. L'oeuvre de Bashung suggère aux écrivains des textes sombres, noirs, mélancoliques. C'est vrai qu'on ne peut pas dire que le chanteur interprétait des bluettes légères. C'est une très belle idée d'avoir demandé à des auteurs d'écrire sur ce thème, en tant qu'amateur de l'artiste, j'ai eu énormément de plaisir à lire ces nouvelles. Une toute petite préférence pour les deux premières citées, mais les deux autres sont très bien également. Le conseil ? lisez les quatre !

Merci Isabelle.

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L'à-peu-près Dictionnaire des rêves

Publié le par Yv

L'à-peu-près Dictionnaire des rêves, Frankie Charras, Ed. Grimal, 2011

"L'à-peu-près Dictionnaire des rêves représente ce qui se fait de mieux aujourd'hui dans le domaine de l'interprétation des rêves. On ne connaît pas la date exacte de son écriture, mais on suppose qu'il aurait été écrit vers 900 après Jésus Christ, par Isidore Delacasse, sous la forme d'analyse des rêves." (Introduction, p.12)

C'est donc ce livre qui fut perdu, interdit par l'église, puis retrouvé par un arrière-arrière-grand-père de l'auteur et enfin réédité que j'ai entre les mains. Et encore, je vous passe les péripéties, sous Napoléon et les influences qu'il eut sur Gutenberg et Bill Gates. 

Christine, l'une de mes fidèles visiteuses et commentatrices m'a donné le nom de ce bouquin en me disant qu'elle avait bien ri. Je n'ai donc pas pu faire autrement que me plonger dans ce dictionnaire.

Pour commencer, on évacue tout de suite ce qui peut fâcher :

- pas mal de blagues répétées à différents mots du dico, l'une même mot pour mot. Bon, pas grave, mais peut mieux faire.

- une insistance sur un certain type d'humour consistant à brocarder le lecteur sur son prétendu manque d'intelligence et de culture. D'autres jouent sur le sexisme, mais les hommes en prennent aussi pour leur grade. C'est drôle au début, et puis, ça finit par lasser.

Venons-en maintenant à ce qui plait : dans l'ensemble, c'est drôle, léger et enlevé. Parfois, il y a même de très belles trouvailles, comme l'auto-publicité :

"Argent : Achat qui devrait changer le courant de votre vie. Economisez et achetez à Noël, pour votre famille et vos amis, L'à-peu-près Dictionnaire des rêves de Frankie Charras." (p.29)

Et puis, juste pour le plaisir, j'ai repéré une jolie suite :

"Diamant : Cadeau pour votre femme : un solitaire. Ça tombe bien, elle adore les jeux de société.

Diarrhée : Laissez couler

Dieu : (Voir Frankie Charras)

Dinde : (Voir Femme)" (p.65/66)

Toutes les blagues ne sont pas du même niveau, certaines ne font pas mouche (ou alors, c'est moi qui ne les comprends point), mais d'autres fonctionnent parfaitement et si on ne s'esclaffe pas à toutes les pages, on sourit souvent.

Une petite dernière pour la route :

"Handicapé : Visite prochaine d'un joueur de l'équipe de France de football." (p.98)

Ça ne vole pas très haut, certes, mais ça détend, on peut ouvrir ce livre de temps en temps y piquer une blague et y revenir quelques jours plus tard, histoire de se changer les idées entre deux lectures plus plombantes.

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