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658

Publié le par Yv

658, John Verdon, Livre de poche, 2012 (Grasset, 2011)

Dave Gurney est un flic à la retraite. Après avoir arrêté les tueurs les plus retors pendant ses vingt-cinq années de carrière, il profite maintenant de son repos pour s'adonner à une pratique artistique consistant à retoucher des photos de criminels. Il reçoit un jour un mail d'un de ses anciens camarades étudiant qu'il n'a pas revu depuis très longtemps, Mark Mellery. Celui-ci, sorte de gourou pour dépressifs riches, fait appel à Dave parce qu'il est menacé. Il a reçu plusieurs courriers intrigants qui commencent à l'effrayer. Dave se prend au jeu, mais l'enquête se révèle beaucoup plus énigmatique et sanglante que prévue.

Au risque de passer pour un ignare en matière de polar -je n'en suis pas très loin, je l'avoue humblement- voire un benêt en matière d'énigme ou de goûts littéraires, j'ai beaucoup aimé ce thriller ! Mon préambule vaut parce qu'avant d'écrire ce billet je suis allé voir ce que les autres lecteurs-blogueurs en pensaient -ce que je ne fais que très très rarement. Et j'ai vu de tout :  des emballé(e)s, des mitigé(e)s et des franchement ronchons (voir sur Babelio notamment).

J'ai été embarqué dès le départ et jusqu'au bout (même si je concède que les dernières pages, celles de dénouement sont vraiment "cliché"). L'intrigue est énigmatique : un tueur envoie un courrier à l'une de ses futures victimes lui demandant de penser à un nombre et dans ce même courrier est glissé un billet dans une petite enveloppe sur lequel est inscrit le nombre auquel la victime à réellement pensé, celui qui donne au livre son titre, 658 ! Mais comment est-il réalisable ce tour de divination ?

Le reste de l'intrigue est à l'avenant, original et bien mené. Ce gros polar de 573 pages dans sa version Livre de poche (merci Marie) ne m'a jamais ennuyé. Et c'est un exploit !

Tout repose sur le principe énoncé par Sherlock Holmes ou Rouletabille : trouver "le bon bout de la raison", autrement dit : éliminer ce qui est impossible et le possible est alors la vérité, 

"Calme-toi, Jack. Il faut qu'on trouve un point de départ qui ait un sens. Ce qui semble s'être produit n'a pas pu se produire. Par conséquent, ce qui semble s'être produit ne s'est pas produit." (p.184)

Ce que d'aucuns peuvent juger un point faible, à savoir la lenteur du récit, est tout le contraire pour moi. J'aime bien lorsque l'enquête et l'enquêteur prennent leur temps. Je ne suis pas fan des thrillers hémoglobineux qui vont à deux cents à l'heure sans souci de la moindre réalité -même si parfois, j'en lis sans aucun scrupule et même pas en cachette Là, Dave Gurney est bien obligé de prendre son temps. Parce qu'il réfléchit Dave, et c'est même sa spécialité : relier entre eux tous les indices pour en dégager une théorie fiable autant que faire se peut, puis réussir ensuite à formuler LA réponse évidente, celle qui ne peut qu'être la réalité. Cela en fait un flic un peu hors norme, loin des flingueurs. C'est celui qui met la touche finale.

En prime, la vie conjugale de D. Gurney est en jeu, sa relation avec sa femme Madeleine est questionnante et peut-être pas aussi solide qu'il le pense. Elle se pose beaucoup de questions sur sa vie de femme de flic -peut-être quelques stéréotypes- et c'est ce qui rend ce récit crédible et les personnages humains, ce qui facilite l'identification du lecteur. A mon bémol sur les questions de Madeleine je peux ajouter celui sur les répétitions flagrantes des moindres indices, l'auteur prenant sans doute son lecteur pour un malade d'Alzheimer à qui il faut tout redire sans cesse, mais bon, il fait cela plutôt habilement et dans ma grande bonté, je lui pardonne.

En résumé, pour moi, un très bon polar qui fera très bien sur la plage cet été (en poche, il n'est pas trop lourd à placer dans le fond du sac). Cependant, une dernière question -extrêmement importante, que dis-je, essentielle à la bonne compréhension du roman- me turlupine : l'auteur parle souvent de "l'odeur humide de la neige" (p.296), la neige a-t-elle une odeur ? N'habitant pas dans une région connue pour ses chutes de neige abondantes, je croyais à sa consistance inodore et sans saveur. John Verdon -ou des lecteurs du blog-réussira-t-il à me convaincre du contraire ?

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Le fossé

Publié le par Yv

Le fossé, Hervé Jaouen, Presses de la cité, 2012

Longue lettre d'un père à sa fille dans laquelle il explique son geste, celui qui l'a amené en prison. Douze ans auparavant, Catherine, la fille de Xavier disparaît une nuit. Xavier part à sa recherche et découvre dans sa ville des quartiers qu'il n'avait jamais vus. Lui, le notable, vétérinaire, belle situation, marié, vit dans les beaux-quartiers. Catherine, 13 ans a des amis des quartiers de la zone et y disparaît. Xavier va tout faire pour la sortir de là jusqu'à commettre l'irréparable.

Hervé Jaouen dans un style direct et franc hisse son livre dans le haut du panier. Ecriture rapide et texte court (157 pages aérées) il se lit d'une traite sans pouvoir s'arrêter. On est à la fois dans un roman noir efficace, celui de la volonté farouche d'un homme de sauver sa fille quitte à y laisser sa réputation, sa situation, tout ce qu'il a construit petit à petit et dans une lettre poignante d'un père à sa fille lui expliquant tout l'amour qu'il lui porte et combien les non-dits entre eux (souvent de sa faute à lui) ont pu leur faire du mal. Cette lettre débute ainsi :

"Ma Chère Catherine,

Le directeur vient de me l'annoncer : je serai libéré dans quinze jours. Il faut croire que par le jeu des remises de peine légales nous sommes arrivés à l'échéance. Condamné à dix-huit années de prison, je vais être libre au bout de douze ans et cinq mois.

J'ignore s'il s'agit d'un pur hasard, ou d'une espèce de grâce, ou bien d'un arrangement négocié entre l'administration pénitentiaire et le garde des Sceaux en faveur du détenu modèle que j'aurai été. Toujours est-il que ma libération va coïncider avec ton vingt-cinquième anniversaire et ton mariage." (p.7)

Très habile, Hervé Jaouen fait monter le suspense et la tension et même si l'on sait que Xavier a tué pour sauver sa fille, on ne sait pas qui ni dans quelles circonstances, ni ce qui est réellement arrivé à Catherine. Tout se dévoile dans les ultimes pages.

J'ai découvert (un peu tard, je le concède) cet auteur avec l'excellentissime Ceux de Menglazeg et je retrouve ici, tout le brio de l'écrivain pour décrire ses personnages peu ragoûtants : "Une énorme femme barrait -occupait, remplissait ?- le couloir. Ridicule coquette aux cheveux crêpés roses, aux yeux bovins sous des faux cils argentés, aux chevilles en baguettes de tambour mais assez solides, cependant, pour supporter un quintal de chair, de graisse et d'eau. Ses seins étaient si imposants que sa robe sans manches se soulevait sur le devant, jusqu'à mi-cuisse." (p.52).

Sous prétexte de roman noir, H. Jaouen oppose deux mondes : celui de la bourgeoisie florissante et celui de la zone, des petits trafics et des crimes en tous genres. Deux mondes qui cohabitent ("le cri du crapaud en rut" selon Pierre Desproges) sans jamais se mêler. Sauf là ! Pour le pire !

Si vous ne connaissez pas encore Hervé Jaouen, voici une belle occasion de le découvrir dans cette collection sobrement intitulée Les petits romans noirs. Si vous le connaissez déjà, vous savez donc que c'est très bien. En plus, 9€ le livre, c'est abordable !

Et pour vraiment conclure, une dernière citation que j'aime particulièrement qui pourrait m'aller parfaitement, comme à nombre d'entre nous sans doute (c'est tellement bien dit que je ne peux résister au plaisir du partage) : "Je brode, Catherine. Je suis un secondaire. Mes dialogues qui auraient dû être sont toujours plus beaux que ceux qui ont été." (p.91)

Oncle Paul a consacré des billets à Hervé Jaouen, Claude le Nocher à ce livre.

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Ça coince ! (6)

Publié le par Yv

Le boucher de Guelma, Francis Zamponi, Ed. du Seuil, 2007 (Folio, 2011)

"Arrêté lors d'une escale en Algérie, Maurice Fabre est inculpé de génocide et crimes contre l'humanité. Ancien sous-préfet de Guelma, petite ville de l'Est algérien, il est accusé d'avoir ordonné et perpétré les tristement célèbres "massacres de Guelma" en 1945 : lors des célébrations du 8 mai, des émeutes nationalistes éclatèrent et furent réprimées dans le sang, faisant de nombreuses victimes parmi les Européens comme parmi la population musulmane." (4ème de couverture)

Malgré un thème, un contexte et une histoire très forts, je ne réussis pas à entrer dans ce bouquin. Peut-être le choix de l'auteur de faire de Maurice Fabre le narrateur ? Peut-être les incessants allers-retours entre passé et présent ? Peut-être les divers rapports des divers intervenants cernant la personnalité de Maurice Fabre, les faits qui lui sont reprochés ? Peut-être l'écriture de Francis Zamponi qui ne parvient pas à m'accrocher,  même si il n'y a rien à lui reprocher (ou alors c'est cela une écriture trop lisse, pas désagréable non, juste trop fade pour le sujet qu'elle aborde) ?

Ou bien tout en même temps ?

 

 

La veuve blanche, Michèle Castelli, Presses de la cité, 2012

"En 1709, au cœur de la Balagne, en Corse, la vie insulaire suit son cours, immuable. dans ce monde rural, clos et communautaire, où l'honneur justifie tous les sacrifices, il faut faire son devoir et guetter le danger permanent : pirates barbaresques, mauvais sorts, rivalités entre bergers et paysans. Ainsi naissent, grandissent la rêveuse Fiordispina et l'insouciante Anghjulina, deux cousines confrontées à la violence sourde de leur univers, qui mêle rudesse et tendresse. Pourtant, transgressant les règles sociales, chacune, à sa manière, va fuir le destin tout tracé par leur famille pour connaître un bonheur tragique mais librement choisi." (4ème de couverture)

Voilà, tout est dit. Cette 4ème de couverture que je trouve assez maladroite résume très bien à la fois le livre et ce que je ne recherche pas en lisant. Ce n'est absolument pas mon genre de littérature je n'ai rien contre a priori, mais je n'arrive pas à m'intéresser à ces histoires d'amour contrariées dans les campagnes profondes françaises. J'ai essayé, mais j'ai abandonné. Je laisse à qui aime le soin de faire un commentaire plus à propos.

 

La cinquième carte, James McManus, MA Editions, 2012

"James McManus est dépêché à Las Vegas pour le magazine Harper. Il doit y couvrir les World Series of Poker et en particulier la place grandissante des femmes dans ce tournoi à 23 millions de dollars, ainsi que la mort de son organisateur prodigue, Ted Binion, assassiné par une stripteaseuse et son petit ami. Happé, dès son arrivée, par les démons du jeu, McManus va miser tout son à-valoir pour tenter de participer aux Championnats. Ce livre est le récit incroyablement haletant de ce grand tournoi : les joueurs, les parties acharnées, la trajectoire improbable de l'auteur, mais aussi la savoureuse ambiance de carnaval qui y règne." (4ème de couverture)

Ça ne commence pas très bien pour moi : beaucoup de noms de personnages déboulent en peu de pages, avec des consonances ressemblantes, ce qui fait que je me perds et que je dois revenir en arrière pour identifier tel ou tel intervenant. Pas bon ! Énervé le Yv ! Et puis, on arrive au Poker et c'est un jeu auquel je n'entends rien, et qui ne m'intéresse pas, que voulez-vous, je ne suis pas "dans la vibe". Le poker attire, le poker suscite les passions et moi, eh bien... je fuis ! Si j'ajoute que le récit me paraît bien longuet et un tantinet ennuyeux, je passe pour un vieux qui ne comprend rien et qui en plus use de mots désuets qui finissent en "et" (prononcer "è"). Tant pis j'assume, et même je revendique, histoire d'en rajouter une couche.

Livre pour amateurs de poker et de notes de bas de page qui pullulent.

Désolé Pauline (Gilles Paris), j'ai essayé, mais je n'avais pas les bonnes cartes (Ah, ah, elle est bonne celle-ci, non ?)

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Paraphilia

Publié le par Yv

Paraphilia, Saffina Desforges, MA Éditions, 2012

Le corps d'une fillette de dix ans, Rebecca, est découvert dans une rivière. Rapidement, l'enquête menée par un flic proche de la retraite, ne peut qu'amener sur la piste d'un tueur en série. Un meurtrier ne s'en prenant qu'aux fillettes de cet âge et qui signe ses crimes du nom d'oncle Paul. Claire, la maman de Rebecca et son ami, Matt, journaliste décident de mener leur propre enquête. Ils découvrent alors ce qu'est la paraphilie, terme qui désigne les troubles psychosexuels de manière large, dont la pédophilie fait partie.

Thriller anglais assez lourd à tous points de vue. Primo, par son poids : 520 pages plutôt denses, heureusement découpées en tout petits chapitres, permettant une lecture aisée, rapide et de se reposer de temps en temps, de sortir de l'atmosphère pesante qui fait l'objet mon deuxio. Deuxio donc, et surtout, par le thème principal qu'il aborde : les crimes sexuels concernant des enfants. Dire que l'on ne ressent rien en lisant ce livre est absolument impossible. Les auteurs -puisque Saffina Desforges est un duo d'auteurs anglais- nous plongent totalement dans le monde de la paraphilie et plus précisément dans celui de la pédophilie. Il y a un discours très dérangeant qui est celui de certains pédophiles voulant faire de leur attirance sexuelle pour les enfants un simple comportement sexuel différent. Certains, dans les années 70, aux États-Unis demandaient même que soit reconnu ce droit à ce qu'ils nomment une sexualité différente, argumentant du fait que dans certaines sociétés, les enfants sont sexués ou qu'il y a longtemps, les gens vivaient tous dans une seule et même pièce et que donc les enfants assistaient aux ébats de leurs parents, entre autres arguments spécieux. Que c'est la société actuelle, moderne qui n'accepte plus la sexualité des enfants, pudibonde qu'elle est devenue. Si le propos est à la limite de ce qu'on peut supporter, ce bouquin a le mérite de faire connaître cette opinion, sans la défendre, en l'exposant telle quelle. Alors, vous dire que l'on se sent mal à l'aise en lisant de tels propos est un doux euphémisme. C'est extrêmement dérangeant, comme rarement je l'ai ressenti dans un livre. Mais d'un autre côté, je me dis que des gens existant réellement ont tenu et tiennent encore sûrement ce genre de propos, et qu'il n'est pas totalement absurde de le savoir pour pouvoir les contredire. L'objectif des auteurs n'est évidemment pas de faire l'apologie des paraphilies quelles qu'elles soient, mais d'exposer les arguments des uns et des autres. Se mettre dans la tête d'un pédophile pour tenter de comprendre ce qu'il ressent et pourquoi il peut passer à l'acte. Pas évident, je l'avoue, parfois abject, jamais rassurant. Bon, je vais arrêter là sur ce thème, parce qu'on pourrait en discuter des heures, mais sachez que les auteurs ont fait le tour de la question assez largement et qu'il n'est pas inintéressant de s'y pencher, même si cela est parfois difficile à entendre, ou en l'occurrence à lire. "Mais vue d'un œil froid et clinique, la pédophilie ne diffère en rien des autres comportements sexuels s'écartant du modèle visant à la reproduction. Ce n'est qu'une variante de plus du désir sexuel de base, causée par des facteurs génétiques, pathologiques ou socio-environnementaux ; probablement une combinaison des trois. Ce n'est pas pour autant que c'est bien ou mal. Le bien et le mal relèvent de la moralité sociale, pas de la biologie. De l'éthique, pas de la science. Les troubles sexuels sont un domaine de la nature humaine qu'on commence à peine à comprendre." (p.300)

Pour le reste, eh bien, la révélation de l'intrigue n'est pas vraiment une surprise, mais le chemin pour y parvenir est suffisamment tortueux et semé d'embûches pour tenir en haleine le lecteur jusqu'au bout, malgré de longs passages inutiles en milieu de bouquin. Quelques grosses caricatures de méchants flics qui tabassent, de vilaines travailleuses sociales qui n'aiment pas les enfants ternissent un peu le tableau. Ce thriller est noir très noir, violent pas forcément dans des scènes hémoglobineuses, mais dans des scènes d'arrachements d'enfants et encore une fois dans des propos difficiles. Âmes sensibles s'abstenir !

Merci Pauline de chez Gilles Paris.

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La compagne de Russie

Publié le par Yv

La compagne de Russie, Édouard Moradpour, Ed. Michalon, 2012

"Alexandre, brillant publicitaire français, partage son temps entre Moscou et Paris. Rapidement, il s'imprègne de la Russie postcommuniste, attaché à ses femmes découvrant les excès, les tourments de Moscou. Une succession de portraits de nombreuses jeunes femmes russes, toutes, tour à tour, plus ou moins mystérieuses, conquises par Alexandre, incapable de les aimer, mais trop faible pour les quitter. En pilier et tournant de l'intrigue, le suicide inexpliqué de la jeune et belle Aliona va jouer un rôle fondamental dans l'évolution du héros. Cette transformation le conduira dans des voies jusqu'ici méconnues de lui. Parviendra-t-il à s'extraire de l'emprise fascinante des poupées russes, elles-mêmes en quête de stabilité, de reconnaissance, de maternité, et auprès de qui elles espèrent trouver enfin un but ?" (note de l'éditeur)

En ouvrant ce livre envoyé par Gilles Paris (sans que je l'aie demandé), j'ai cru comprendre que cette histoire était un peu celle de l'auteur : une sorte d'autobiographie romancée. C'est ce qu'explique le célèbre Jacques Séguéla en préface. Et oui, Jacques Séguéla préface ! Ce qui ne fut point pour me rassurer sur le contenu du roman ! Bon, me dis-je, ne te laisse pas guider par tes a priori, ouvre et lis ! Ce qui fut dit fut fait, je résiste rarement à un ordre que je me donne à moi-même. Je suis à la fois autoritaire et obéissant. Limite schizophrène.

Bon revenons à nos préoccupations livresques plutôt que de parler des mes faiblesses voire de mes défauts. Comment dire pour ne pas être désagréable ? Bon, je veux et peux bien comprendre pourquoi un homme arrivé à la soixantaine qui subit le suicide de son amie éprouve le besoin de raconter son parcours. Celui d'Alexandre est centré sur les femmes russes. J'ai eu l'impression d'un tableau de chasse, d'un alignement ou d'un empilement -selon le mode de classement- de rencontres féminines. Des femmes dont on ne sait rien sinon, qu'elles sont toutes belles. Pas vraiment le temps pour lui de nous les présenter plus avant, ce qui est frustrant. Si je veux bien comprendre l'idée d'écrire son histoire, je ne saisis pas la suite qui consiste à la faire lire à des inconnus. Parfois, évidemment, ça fonctionne très bien, mais n'est pas bon autobiographe qui veut ! Manifestement, É. Moradpour aurait sagement dû rester publicitaire.

Aucun intérêt, même pas -ou surtout pas- littéraire ! L'écriture est maladroite, pas mauvaise, non, juste maladroite. On sent le travail pour éviter d'être mauvais. Écueil évité, mais l'auteur est loin d'atteindre les sommets de la littérature. C'est au mieux pas désagréable stylistiquement parlant.

C'est l'histoire d'un homme qui comprend enfin à 60 balais que les femmes sont plus que des rencontres éphémères pour tirer son coup -ou pas d'ailleurs ! Bon, je dis ça, mais j'ai sûrement raté des passages plus savoureux puisque j'ai arrêté avant la fin !

Très évitable.

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Proprio

Publié le par Yv

Proprio, Vincent Ravalec, Ed. Au diable vauvert, 2012 (suivi ou précédé de Comment financer sa retraite en devenant (un bon) propriétaire ?)

L'auteur prend la future réalité de sa prochaine retraite de plein fouet : points retraite x prix de point = 1880€, ce n'est pas mal, certes, mais quand c'est pour une année entière, les perspectives sont ternes et peu enviables. Lui qui souhaite pourvoir accéder à toutes sortes de plaisirs lorsque la bise sera venue cherche LA solution pour arrondir ses vieux jours. Propriétaire de logements à louer. Voilà la bonne affaire pense-t-il, mais c'est bien sûr sans songer aux méandres administratifs, financiers et aux difficultés de trouver de bons locataires. 

Vincent Ravalec s'enquiert donc de meilleur emplacement, d'une ville rentable, ... de la bonne affaire, celle sensée lui permettre de satisfaire ses futures envies de vieux :

"Et si je voulais aller aux putes ? J'avais toujours détesté la prostitution. Oui, mais ça c'était bon quand, la blague aux lèvres, j'arrivais à harponner quelques pétillantes ingénues pour leur expliquer à quel point une relation plus approfondie nous conduirait immanquablement vers une plus-value littéraire. Vieux et croulant, je serais peut-être bien content de trouver un peu de réconfort même tarifé. Seulement encore fallait-il que je puisse m'acquitter du tarif en question." (p.15/16)

Ce livre n'est pas à proprement parler un roman, c'est plutôt l'itinéraire d'un homme en butte aux demandes diverses des banques, des notaires, des artisans, qui doit faire face à des situations qu'il n'imaginait pas lorsqu'il n'était pas encore propriétaire. Comme dirait l'autre : "Ça sent le vécu !". Toujours V. Ravalec garde le sourire -jaune parfois. Son récit est traité sur un ton humoristique, un rien détaché, quand bien même en tant que futur proprio, il est très attentif aux démarches, visites et tracasseries diverses. Ce n'est pas un vrai guide d'un professionnel de l'immobilier, mais c'est plus réel et plus drôle ! Si vous avez vu la pièce ou le film de et avec Dani Boon, La maison du bonheur, qui n'est pas un chef d'oeuvre je vous l'accorde, mais qui réussit très largement à me faire rire, les prestations offertes par les ouvriers -les excellents Zinedine Soualem et Laurent Gamelon- et l'atmosphère d'amateurisme -et c'est un euphémisme- qu'ils dégagent ne sont pas très loin des situations que peut décrire l'auteur.

La seconde partie du bouquin, elle, est un guide pour devenir un bon propriétaire. Je dis seconde partie, mais ce n'est pas si clair que cela si je m'arrête un instant sur le livre en tant qu'objet. D'abord, la couverture entière -les quatre pages- sont soignées : dessins de l'illustrateur du livre Jean-C. Denis et photos des deux auteurs en pages intérieures. Qualité habituelle chez cet éditeur. Ensuite, lorsque j'ai eu le livre entre les mains, je me suis demandé par quel bout le commencer. Car il est fait en deux parties : Proprio dans un premier temps -ou pas- et si l'on retourne le livre comme une crêpe eh, bien on tombe sur la seconde partie-ou la première ?- Comment financer sa retraite en devenant (un bon) propriétaire ? : les deux parties sont tête-bêche. Un livre original par la forme qui préfigure l'originalité du fond. Un contenant qui ravit autant que le contenu.

Voilà donc une lecture qui sort de l'ordinaire, à la fois drôle et sérieuse, très bien écrite et intelligente qui me sort un peu des romans qui font ma pratique de lecture principale. Que demander de plus ? 

 

                                            dialogues croisés

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Le mystère de Roccapendente

Publié le par Yv

Le mystère de Roccapendente, Marco Malvadi, Ed. Christian Bourgois, 2012

Toscane, 1895. Le baron de Roccapendente reçoit en son château un photographe, Ciceri et le très fameux Pellegrino Artusi, auteur de La science en cuisine et l'Art de bien manger. En compagnie de la nombreuse famille du baron : enfants, mère, sœurs et de la domesticité. Lorsqu'un matin, Teodoro, le majordome du château est retrouvé mort, enfermé dans la cave, de l'intérieur, tout le monde pense à un suicide, sauf Pellegrino Artusi. Le médecin appelé pour constater le décès s'aperçoit que le jeune homme a été empoisonné. Commence alors l'enquête du Délégué à la sécurité publique, Artistico de son nom, secondé en quelque sorte par Artusi.

Note liminaire : Pellegrino Artusi est un personnage réel. Né en 1820 dans une famille de commerçants, il profite de ses voyages dans son pays pour compiler les meilleures recettes des régions. Le livre qu'il publie ensuite est vite un best-seller. Pellegrino Artusi est considéré en Italie comme le fondateur de la tradition gastronomique italienne (d'après une note de l'éditeur).

Très sympa ce petit polar italien. Situé à la fin du 19ème siècle, dans une Italie tout juste réunifiée qui n'a pas encore atteint l'unité. Marco Malvadi joue sur l'aversion des uns pour les autres, sur la différence de classes sociales, se moque gentiment des nobles qui n'ont jamais travaillé de leur vie et qui sont bien incapables simplement d'y penser. Le travail est un concept très lointain et inatteignable -et surtout pas souhaitable- pour eux !

Les personnages sont assez caricaturaux, certains totalement engoncés dans leurs rôles de baronne-mère, de baron, de fils de noble, ... Caricaturaux, mais tellement bien décrits qu'on les imagine aisément tant dans leurs physiques que dans leurs manières d'être et de se comporter. Arrogance et suffisance pour certains. Morgue et sentiment de supériorité pour d'autres. La place des femmes n'est pas enviable et Marco Malvadi le dit clairement lorsqu'il parle de Cecilia, la fille du baron qui rêve de faire des études de médecine mais qui à cette époque ne peut qu'en songer. La seule aristocrate du lot qui vaille qu'on s'intéresse à elle, puisqu'elle même s'intéresse à autrui.

Ce qui fait le charme de ce bouquin, c'est aussi qu'il se passe au 19ème siècle mais qu'il est raconté par un auteur de maintenant bien dans son époque, qui se permet des incursions dans son récit pour commenter tel ou tel événement. Par exemple : "Quoiqu'il en soit, ce samedi-là un beau hors-programme occupa la scène : car jamais, avant ce jour-là, ni les résidents ni les domestiques n'avaient été réveillés par un hurlement aussi terrifiant que celui qui venait de surprendre le château. Ce hurlement inhumain était l'oeuvre de Mlle Barbarici, qui gisait au sol, étalée comme une peau de lion, devant une porte en fer et en bois située au sous-sol. La malheureuse était non seulement immobile, mais dûment évanouie, comme il convient à une femme dans un roman qui se déroule à la fin du XIXe siècle." (p.40/41). Ça donne une impression bizarre, un anachronisme voulu et revendiqué qui fait souvent sourire voire rire. Le langage est clair, direct et simple : "Tout cela, assaisonné des visites à Noël, de son beau-frère lieutenant des carabiniers du roi à Questa Pina Onorato Passalacqua, qui avait pris part à l'expédition mettant fin, des années auparavant, aux exploits du brigand Stefano Pelloni, plus connu sous le nom du "Passeur". Lequel beau-frère, immanquablement, lui cassait les couilles avec le récit de cette héroïque entreprise, y compris la fusillade au terme de laquelle la bande tout entière avait été arrêtée et le Passeur blessé à mort : fait dont le beau-frère, sans le dire clairement, laissait entendre qu'il était le responsable. Et lui [le Délégué Artistico], il était là, à remâcher son panforte et sa bile, conscient du fait que dans ce marécage de merde où on l'avait expédié, quand bien même on serait un héros, il n'y aurait jamais moyen de le démontrer." (p.63)

Ajoutons à cela des recettes de cuisine, des métaphores culinaires notamment celle concernant la mayonnaise un peu trop longue pour être citée (p.139/140) et la méthode imparable pour éviter les désagréments olfactifs liés à l'ingestion d'asperges : "La mauvaise odeur produite par les asperges peut se transformer en agréable odeur de violette si l'on verse quelques gouttes de térébenthine dans le pot de chambre." (p.217, tiré du livre de Pellegrino Artusi), et vous avez tous les ingrédients pour un polar historique italien de bonne tenue, idéal pour une lecture "pas prise de tête".

 

 

dialogues croisés

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Trafic sordide

Publié le par Yv

Trafic sordide, Simon Lewis, Actes sud, 2009

Lorsqu'il apprend que sa fille partie étudier en Angleterre est en danger, l'inspecteur Ma Jian du bureau de la sécurité publique de Qitaihe, au nord-est de la Chine ne réfléchit pas et prend un avion pour aller la sauver. Inconvénient majeur, il ne parle et ne comprend que le mandarin.

Ding Ming, lui, jeune paysan chinois, parlant un anglais basique, vient d'arriver en Angleterre avec sa femme Petite Yi, clandestins. Ils sont séparés dès leurs premiers pas sur cette terre tant espérée. Ding Ming ne se résout pas à cette séparation.

D'habitude lorsqu'on veut de l'exotisme, on envoie un flic bien de chez nous dans des contrées lointaines. Là, Simon Lewis fait l'inverse. Il fait venir d'une région très éloignée, un flic aux méthodes rudes, habitué à être obéi au doigt et à l’œil par des populations tenues sous le joug de l'État chinois. En recherchant Wei-Wei, sa fille, Jian va se trouver confronter au réseau de passeurs de clandestins grâce auquel Ding Ming est arrivé en Angleterre. Le jeune homme sera d'ailleurs obligé de coopérer avec le flic, bien malgré lui. Il devra fermer les yeux sur les moyens qu'emploie Jian pour arriver à ses fins. L'opposition entre les deux, le flic autoritaire et revanchard et le jeune paysan subordonné et craintif de mal faire, joue à fond tout au long du bouquin. Entre un flic blasé qui ose tout et un jeune paysan totalement inhibé par son éducation, les principes qu'on lui a inculqués et la peur de nuire.

Un polar extrêmement rapide, malgré un passage central un peu long et lent (une grosse cinquantaine de pages sans doute évitables qui n'apportent pas grand chose) qui fait la part belle à l'action franche et virile, aux coups de feu : ça canarde un peu dans tous les sens. Ça pourrait être un énième polar rapide et violent en plus. Oui, mais. Car il y a un sacré "mais". L'auteur, qui a vécu en Chine longtemps ne se contente pas d'une action pure et dure. Il raconte le sordide des passages de clandestins et de leurs vies une fois arrivés en Europe : le travail pas payé, exténuant pour les hommes, les bars à hôtesses -je reste pudique, c'est pour ne pas dire "bar à putes"- pour les femmes, la misère pour eux, la menace sur leurs familles restées au pays, et l'obligation de rembourser les passeurs de sommes astronomiques avant d'acquérir la liberté. Il dit aussi les conditions de vie en Chine qui incitent les jeunes à vouloir quitter le pays pour trouver un eldorado lointain : "Et s'ils travaillaient dur, ils pourraient se faire jusqu'à une livre de l'heure. Ding Ming fut très content. C'était l'équivalent de quatorze yens et demi, autrement dit une très grosse somme, et on pouvait les gagner rien qu'en creusant dans la boue.  [...] Si on lui permettait de travailler dix ou douze heures par jour et sept jours par semaine, comme il l'espérait, il ne se ferait pas moins de quatre-vingts livres par semaine, soit plus d'un millier de yens. Quatre mille yens par mois ! C'était à peine croyable ! Dans son village, là-bas, il n'y avait qu'un patron ou un officier pour gagner autant !" (p.123/124) (Une erreur de traduction ? Je croyais que la monnaie chinoise était le yuan et non pas le yen ?)

En outre, on a le droit aux doutes, aux questionnements de Jian, homme qui vieillit et qui se rend compte qu'il n'a pas vraiment réussi sa vie : sa femme est morte dans un accident de voiture alors qu'il conduisait ivre, sa fille le fuit et vice-versa. Même ses convictions politiques en prennent un coup :

"Il avait aimé et détesté et idolâtré Mao, sans réserve. Il y avait eu des chants et de la passion, et le sentiment d'avoir un but dans l'existence. Puis, les temps avaient changé, et on lui avait montré que les lumières vers lesquelles Il lui avait appris dès l'enfance à diriger sa vie ne menaient nulle part. Les luttes passées s'étaient révélées une monstrueuse perte de temps. Mao, son idole, un vieux chnoque et un tricheur. Bref, on ne l'y reprendrait pas. Il ne croyait plus en rien -il ne fallait compter que sur la chance ou sur l'argent, et mieux valait avoir l'un et l'autre." (p.45)

Voilà donc pour ce polar sociétal, qui décrit les désillusions des uns et des autres, les espoirs des plus jeunes en une vie meilleure et un vieux flic blasé que seul le sauvetage de sa fille en danger maintient en vie et dans l'action.

Très bon roman policer qui sait allier avec finesse les plus intimes des émotions et des questions à une violence très présente. Beau travail !

Lu sur Babelio.

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Tahoe l'enlèvement

Publié le par Yv

Tahoe l'enlèvement, Todd Borg, MA Éditions, 2012

Owen McKenna est un ancien flic devenu détective privé. Il vit au bord du lac Tahoe entre le Nevada et la Californie. Un jour, il est expressément demandé à bord d'un bateau détourné, par le "pirate" lui-même qui vient de faire passer un homme par dessus bord et qui tient un otage en respect menaçant de lui faire subir le même sort. En montant sur le pont du navire, Owen McKenna s'aperçoit que l'otage est Street, sa petite amie. Le ravisseur lui demande d'arrêter un certain Watson, coupable selon lui du meurtre de Grace Sun, trois ans auparavant, une enquête que McKenna n'avait jamais réussi à mener à bout. 

Étrange atmosphère qui se dégage de ce thriller : un coin de nature paisible, un détective qui vit peinard dans son chalet près du lac, et cette histoire de détournement de bateau. A partir de ce moment, tout part en vrille : McKenna se pose beaucoup de questions et veut absolument faire la lumière sur cette vieille histoire de meurtre. Évidemment, l'arrestation de Watson ne clôt pas le roman, rebondissements il y a. Le détective va devoir faire face à un gang de néo-nazis particulièrement désagréables pour ne pas dire antipathiques voire carrément à vomir. Mais, McKenna a des ressources, de l'aide d'anciens collègues, de Street et surtout de Spot, son chien, un superbe Danois qui obéit quasiment au doigt et à l’œil. Un duo improbable quoique pas forcément original : ce n'est pas le premier enquêteur qui officie avec un chien dressé. Spot a cependant, outre ses qualités et ses mensurations tenant à l'écart quelques importuns, un apport comique au récit. Grâce à lui, McKenna s'essaie à l'humour à froid, à l'ironie ou à l'humour décalé  : le chapitre pendant lequel il fabrique un pain en répondant au téléphone sous les yeux goguenards et étonnés de son chien, est drôle. Il est assez difficile ici de le reproduire entièrement, en voici donc un extrait situé au début : Owen expose à Street son envie de faire du pain pour un repas entre eux deux : 

"- Et je me rappelle cette tentative de faire des cookies il y a un an.

Elle fit un petit bruit bref, comme un début de rire. Rien de solide, mais c'était une musique enchanteresse après la sombre douleur d'avoir été prise en otage.

- Eh, j'avais éteint les flammes tout seul comme un grand, dis-je." (p.91)

Même si l'humour n'est pas le critère principal de ce polar, il n'en est pas totalement absent. Ni même la qualité d'écriture, plutôt bonne, voire très bonne, ce qui est une excellente surprise, car parfois les thrillers en manquent un peu. Attention, ce n'est pas non plus du Proust, mais bon, Proust n'est pas réputé pour ses intrigues policières : chacun ses qualités ! Le fait est que ce livre se lit très agréablement et je me suis surpris à le lire lentement -le rythme sans doute imposé par la nature omniprésente- pour en profiter un maximum, la grosse première partie au moins. La fin est comme souvent dans ce style de livres, enlevée et beaucoup plus rapide et le dénouement de l'enquête pas forcément inédit est assez intéressant et retors pour tenir le lecteur en éveil jusqu'aux dernières lignes. 

Pour finir de vous tenter, voici les premières lignes du premier chapitre, pas forcément très représentatives du reste, mais qui personnellement m'ont tout de suite donné envie de poursuivre ma lecture :

"Une sonnerie stridente. Une sensation humide et froide sur ma joue. Dans mon œil. Aïe. Une autre sonnerie. Façon désagréable de s'éveiller d'une sieste dans le rocking-chair.

La truffe de Spot. Insistance. La truffe d'un danois dans l’œil, c'est comme un morceau de beurre froid. Je le repoussai, m'essuyai l’œil d'un revers de manche. Une autre sonnerie. Je louchai. Quelque chose étincelait dans le brouillard de ma vision. La plaque d'identification à l'oreille de Spot, qui reflétait la lumière entrant par la fenêtre. Je regardai l'horloge : 14h47. Autre sonnerie. Je me levai en clignant de l’œil. Mes paupières étaient engluées par le fluide provenant de la truffe du chien. Cinquième sonnerie. Je passai dans mon coin cuisine et décrochai le téléphone. Celui qui appelait avait raccroché. Je n'entendis que la tonalité." (p.13)

Merci Pauline, de chez Gilles Paris.

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