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Le principe de Frédelle

Publié le par Yv

Le principe de Frédelle, Agnès Desarthe, Éd. L'olivier, 2003

Frédelle est une jeune femme, psychologue scolaire, veuve depuis peu et devenue riche grâce à l'héritage de son mari. Elle vit seule dans une grande maison délabrée qu'elle ne veut pas rénover. Seul son père Sarkis vient la voir. Elle s'attache à un garçon qu'elle suit, Irwin. Elle entend des voix, fait des rêves étranges.

Au club de lecture de la BM, nous venons de clore le thème littérature asiatique et entamons le thème Agnès Desarthe. D'elle j'ai déjà lu Le remplaçant, c'est tout. J'ai plutôt aimé et pars avec un a priori positif. Mais là, je tombe sur Le principe de Frédelle que j'ai eu beaucoup de mal à finir. En fait, j'aime bien l'écriture de l'auteure, mais je n'arrive pas à m'attacher à Frédelle ni à ses mésaventures. C'est un conte, ce qui n'est pas forcément un genre que j'adore, mais les digressions sont nombreuses et pour tout dire m'ennuient. Je m'embrouille totalement et ne réussis à suivre ni les pérégrinations de Frédelle ni les circonvolutions de son cerveau. C'est fort dommage, parce qu'il y a des personnages intéressants, Frédelle en premier lieu, mais aussi son banquier Victor Hugo Espinoza, choisi pour son zézaiement (qui excite un peu Frédelle), Sarkis, le père et les rapports entre eux tous sont prometteurs. 

Écriture agréable, travaillée et légère, non dénuée d'humour qui me fait dire que si j'ai raté le coche avec ce livre, un autre réussira à me seoir davantage. Voici par exemple un passage typique de ce qui me plaît dans ce livre :

"Les autres hommes, ils vous aimeront pour votre argent. Pas seulement pour votre... vous voyez ? Mais la différence, c'est qu'ils ne le diront pas. Ils feront semblant de croire que ça ne change rien. Moi je sais. Je connais chacun de vos millions comme si je les avais gagnés à la sueur de mon front. Et vous me plaisez aussi pour ça. Je vous le dis. Je suis honnête. Pour parler vulgairement, vos millions, ils me font bander."

S'il y avait eu davantage de "s" dans cette dernière phrase, Frédelle aurait été disposée à partager une brève étreinte entre deux virements. C'était beau cet accent. Les accents la faisaient flancher. C'était si facile. Mais non. Victor Hugo, quelque chose en vous ne me plaît pas. Vos cheveux peut-être, ou vos oreilles. Quelque chose d'invisible plus sûrement, invisible et qui me saute aux yeux. 

"C'est une demande en mariage ?" [...]

"Oui"

"Je crois que je ne suis pas encore prête...," hasarda-t-elle

"Bien sûr, bien sûr. Rien en presse."

Quel dommage, une quatrième sifflante et elle sautait par-dessus le bureau." (p.18/19)

Malheureusement, malgré ces paragraphes plaisants, l'ensemble reste trop éloigné de mes goûts. J'ai encore quelques titres dans la liste pour me réconcilier avec Agnès Desarthe.

Sylire a un avis très proche du mien (ou vice-versa).

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Comprendre Camus

Publié le par Yv

Comprendre Camus, Jean-François Mattéi, Éd. Max Milo, 2013 (illustrations de Aseyn)

"Albert Camus fait l'objet de nombreux malentendus. Jean-François Mattéi propose de les dissiper en nous offrant une lecture novatrice du travail de ce philosophe. Il nous démontre que c'est en abordant les trois cycles de son oeuvre (l'absurde, la révolte, l'amour) que l'on comprend mieux ses différentes prises de position : son refus radical de la peine de mort et de la bombe atomique, sa méfiance en la révolution ou sa position par rapport à l'Algérie. Il prend également en compte un élément intime de la construction du philosophe et de sa pensée ; l'amour qu'il portait à sa mère." (4ème de couverture)

Pour les amateurs d'Albert Camus, voici un petit livre qui devrait plaire. Pour les autres, c'est un essai graphique extrêmement intéressant qui permet à la fois de mieux cerner la réflexion de cet homme, de connaître également mieux son oeuvre. J'avoue avoir lu pas mal Camus du temps de mes années de lycée et de mon bref passage en Fac (bref, non point pour le nombre d'années d'inscription, mais que voulez-vous les tentations étaient fortes pour un jeune homme très enclin à faire des découvertes. Je ne peux donc pas affirmer ici que je fus un étudiant assidu ni performant, l'un allant avec l'autre... Mais qu'écris-je là ? Ma grande fille vit sa première année à l'Université, je ne devrais pas lui montrer le mauvais exemple. Je me console en me disant que c'est une fille et que les filles travaillent plus et mieux que les garçons. A défaut d'appliquer une bonne éducation, je me console comme je peux, histoire d'évacuer mes scrupules.) Pouf, pouf, je reprends le fil du sujet de mon article, après ma longue parenthèse très personnelle, je disais qu'après avoir lu pas mal Camus, il y a quelques années, je l'ai laissé un peu tomber. A tort sûrement. Cet homme né en Algérie, pauvre a eu du mal à imposer sa pensée qui balançait "entre les deux pôles de son existence : "Je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil. La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire ; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout." (p.18). Par des prises de position sur la peine de mort, sur l'Algérie, sur la révolution il s'attirera des haines mais aussi des soutiens. Il obtiendra le Prix Nobel de Littérature en 1957.

Cette année étant le centenaire de la naissance de l'écrivain-philosophe (né le 7 novembre 1913) il y a fort à parier que des livres vont être re-publiés, des études diverses et variées vont paraître.  Quitte à commencer cette année Camus par un livre expliquant son oeuvre, pourquoi pas par celui-ci des éditions Max Milo, subtilement illustré par Aseyn, dans des tons noirs, blancs et gris ?

LiliGalipette a lu aussi.

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Profanation

Publié le par Yv

Profanation, Jussi Adler-Olsen, Albin Michel, 2012 (traduit par Caroline Berg)

Le dossier d'un double meurtre perpétré 20 ans plus tôt atterrit sur le bureau de Carl Morck. Le problème est que le coupable est sous les verrous. Alors pourquoi ce dossier est-il là, puisque le Département V ne s'occupe que des affaires non résolues ? En l'ouvrant, Carl et Assad s'aperçoivent qu'il met en cause trois hommes aujourd'hui très puissants au Danemark. Ont-ils voulu étouffer l'affaire ? Quel rôle a joué Kimmie, cette jeune femme de bonne famille devenue SDF qui se cache de tout le monde et particulièrement de ces trois hommes, ses trois anciens camarades ?

Deuxième enquête du Département V créé dans Miséricorde, ici chroniqué : j'ai dit tout le bien que je pensais de ce livre. Au risque de décevoir tous mes fans -euh, est-ce bien le terme approprié ?-, je ne ferai pas preuve d'originalité, puisque ce deuxième roman mettant en scène Assad et Carl est tout aussi bon. Certes, il n'y a plus la surprise de découvrir les personnages, mais il y a un certain plaisir à les retrouver quelques mois après leur premier dossier bouclé. Assad est toujours aussi surprenant et Carl toujours aussi peu enclin à bosser ; mais lorsqu'on lui met des bâtons dans les roues, lorsqu'on le met à pied parce qu'il s'intéresse de trop près aux trois hommes influents du pays, il renâcle et agit. Carl est un électron libre qui n'obéit à personne. Qu'on se le dise au royaume du Danemark ! Cependant, il aura fort à faire avec cette enquête qui le mènera dans un monde qu'il ne fréquente pas d'habitude, celui du fric, des héritiers, des écoles de prestige. En plus, comme sa précédente enquête a été appréciée, on lui adjoint une secrétaire, Rose, qui s'avère tout comme lui et Assad, ingérable, mais d'une efficacité redoutable :

"Alors c'est toi qui l'a récupérée, Carl ? Eh ben ma poule, si tu veux un bon conseil : évite de la faire boire. [...] ... pour résumer, elle est maladroite, ingérable dans le boulot et la plupart du temps elle fait carrément preuve de mauvaise volonté." (p.452)

Je me suis donc régalé à la lecture de ce roman policier nordique qui prend à la fois certains traits à ce genre comme les enquêtes longues, précises, le travail minutieux même s'il mène dans une impasse et qui n'oublie pas aussi de s'en éloigner un peu en faisant preuve d'humour. Carl est certes désabusé, revenu de tout, fatigué et peu énergique, mais il garde une ironie certaine sur sa vie, ses relations.

 "Ils avaient passé une heure à table, et Mona Ibsen commençait à se dégeler un peu quand soudain il fut submergé par une telle vague de soulagement et de bien-être qu'il s'endormit comme une masse. La tête artistiquement disposée au milieu de son assiette entre le steak et les brocolis." (p.462)

Assad est totalement décalé, ne parle pas un danois impeccable ce qui provoque quelques quiproquos (Jussi Adler-Olsen a le bon goût d'en jouer sans en abuser), et son enthousiasme à lui tranche avec la relative apathie de Carl. Rose, qui vient d'arriver a l'air pas mal déjantée également. Un trio improbable, dépareillé mais efficace. 

J. Adler-Olsen distille quelques informations sur la vie de ses personnages au fil des pages. Si on connaît celle de Carl, on imagine que celle d'Assad est très différente du peu qu'il en dit et une rencontre musclée dans le métro met la puce à l'oreille de Carl, mais nous n'en saurons pas beaucoup plus. Il parle aussi en filigrane de la société danoise, même si ses romans ne sont pas des polars sociaux comme peuvent l'être ceux d'Henning Mankell par exemple. Néanmoins, entre les lignes, on peut lire une critique ou un constat de ce pays : ses riches, ses pauvres, sa police qui manque de moyens mais à  laquelle on demande de plus en plus, le racisme quotidien, ...

Autant vous dire que désormais je suis totalement ferré et que le troisième tome qui m'attend sagement tout en bas de ma très modeste pile de livres risque de monter de plusieurs crans.

 

thrillers

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Où faire pipi à Paris ?

Publié le par Yv

Où faire pipi à Paris, Cécile Briand, Éd. Attila, 2012

Voici un livre qui recense tous les endroits gratuits de Paris dans lesquels une pause peut s'imposer. Certes, les sanisettes ne sont plus payantes depuis quelques années, mais il existe de lieux d'aisance plus plaisants, plus discrets que ces bâtiments, bien sûr pratiques, mais qui ne cachent ni leur fonction ni la file des gens qui attendent l'ouverture des portes. 

Anecdotique ce livre ? Sans doute. Indispensable ? Sûrement. Voyager dans une (grande) ville nécessite soit une vessie aux capacités de stockage importantes soit un porte-monnaie empli de pièces et piécettes, surtout si l'on visite en famille ! Les bons Parisiens me rétorqueront, que comme je le dis plus haut, les sanisettes sont désormais gratuites en leur cité. Certes, mais j'ai ma pudeur et faire la queue au coin d'un carrefour fréquenté, sur le trottoir dévoilant ainsi à tous mon envie pressante de me soulager ne me sied pas vraiment. Cécile Briand propose de pouvoir satisfaire mes besoins les plus élémentaires discrètement -même les sanisettes qu'elle cite "sont celles qui apparaissent dans des endroits discrets et/ou qui comblent un vide dans une zone géographique". 

Une fois bien compris l'intérêt principal de ce livre, on pourra y voir en toile de fond, une manière de visiter Paris très différente des circuits touristiques habituels. Car, à chaque fois que Cécile Briand décrit un lavatory, des toilettes, elle en profite pour signaler tel ou tel point de vue, tel ou tel lieu d'exposition loin des lieux classiques objets de nos visites. Classés par arrondissement, on peut ainsi flâner dans chacun d'entre eux libre, léger sachant que les pauses-pipi ne sont plus un souci.

Mille mercis Cécile Briand, je glisserai ce livre dans l'une de mes poches -ça tombe bien, il est du bon format-, le guide de Paris dans l'autre, et lors de ma prochaine "montée" à Paris, hop, je serai paré.

Vous ai-je précisé qu'en plus ce livre est drôle et que l'auteure évite les blagues scabreuses faciles ? Allez, devant votre impatience, voici un extrait, concernant les toilettes du BHV (Bazar de l'Hôtel de Ville) :

"Les toilettes sont situées au 5ème étage. On y monte par l'ascenseur ou les escalators (le temps sera approximativement le même, on choisira en fonction de la position corps/vessie la moins dangereuse : le corps en mouvement ou immobile). Sur place, il y a souvent de l'attente. Les toilettes n'ont rien d'exceptionnel mais sont bien entretenues. (D'ailleurs, la dame qui est généralement assise là a l'air fier de son travail -qu'elle espère, discrètement, voir récompensé.)"

Mille autres mercis à mes enfants qui ont associé ce livre à un autre pour mon anniversaire, celui-ci leur ayant tapé dans l’œil, c'est vous dire si je me pose des questions sur mon éducation.

 

région

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Ça coince ! (12)

Publié le par Yv

Mouche', Marie Lebey, Éd. Léo Scheer, 2013

Mouche' avec l'apostrophe, c'est le surnom de la maman de Marie Lebey. Fantasque, parfois ridicule, originale, d'origine belge tout cela la caractérise. Marie Lebey parle d'elle, mais aussi d'elle-même, de ses enfants...

Le livre de l'auteur qui parle de ses parents est quasiment un passage obligé. Certains s'en tirent bien, très nombreux, trop pour que les cite ici. D'autres font de leurs vies et de celles de leurs proches l'essence même de leur littérature. Je ne connaissais pas du tout Marie Lebey, n'avais donc aucun a priori, mais je n'ai pas accroché à son récit. Brouillon, passant du coq à l'âne de faits intéressants à des actes plus anecdotiques, je n'ai réussi à m'intéresser ni à sa vie ni à celle de Mouche' ni à la manière de les narrer ou plus exactement de les écrire. Pas convaincu, je me suis ennuyé, même si je suis allé au bout de cette lecture, bon d'accord, 125 pages, l'effort ne fut point immense !

 

Six problèmes pour don Isidro Parodi, Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares, Rober Laffont, 2013 (Denoël, 1967) (traduit par Françoise-Marie Rosset)

Don Isidro est en prison pour un acte qu'il n'a pas commis. Depuis sa cellule, il est connu pour résoudre des cas difficiles, des énigmes. Viennent à lui des notables, des hommes qui cherchent réponses à leurs questionnements, qui veulent rétablir une situation bancale. 

Je comptais sur le nom des auteurs pour me captiver, mais las, je n'ai pas les codes pour entrer dans leur littérature. Beaucoup de noms dont je ne sais s'ils sont réels ou pas, beaucoup de références à la vie en Amérique du sud que je ne connais pas. Chaque nouvelle -au nombre de 6 comme dit dans le titre- débute par ces noms et références et me perd quasi définitivement. Dommage. D'autant plus déçu que je me faisais une joie d'ouvrir ce livre à la si belle couverture et aux noms d'auteurs si prestigieux.

 

 

Génération H, Alexandre Grondeau, Éd. La lune sur le toit, 2013

"Sacha, Jo et leurs amis appartiennent à la génération H. Amateurs de Skunk, de double zéro, de pollen, de charasse ou d'aya, ils passent leurs journées à fumer des deux ou trois-feuilles, à tirer des bangs, à se faire tourner des shiloms et des pipes en tout genre." (4ème de couverture)

Aïe, aïe, aïe. M. Grondeau et Mme La-lune-sur-le-toit, je suis désolé, je n'ai rien de perso contre vous, je n'avais pas aimé votre collaboration précédente (Pangée), je n'apprécie pas plus celle-ci. Ça part très mal entre nous je sais mais que voulez-vous, parfois, ça ne peut pas coller. Le mieux est que nous en restions là de notre histoire commune. Ça fait mal, sans doute, mais persévérer ne ferait qu'aggraver les choses. Continuez à écrire des histoires qui ne me siéent point ni dans l'écriture ni dans les thèmes, mais qui ont sûrement leur public, et je demanderai à l'attaché(e) de presse de ne plus me les envoyer. Restons-en là, ça vaut mieux pour nous tous. Pour vous qui ne lirez ni ne verrez plus paraître d'articles désagréables fâcheux émanant de moi -même si, en toute modestie, je ne suis pas dupe de la très très relative portée d'iceux. Pour moi qui ne me creuserai point trop l'esprit pour tenter d'écrire un billet soft, alors que ma propension -on ne se refait pas- me pousserait à n'en dire que du mal. 

Bien à vous, 

Yv.

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Bonbek

Publié le par Yv

Bonbek, La revue pour enfants qui rend jaloux les parentsÉd. Mango

Chut, je rédige cet article doucement en n'appuyant pas trop fort sur les touches de mon clavier -ce qui pourrait expliquer quelques fautes de frappe, puisqu'il est parfois récalcitrant, mon clavier hein, pas moi- pour ne pas alerter les morveux -il paraît qu'il vaut mieux dire enfants- de la maison. Car le sous-titre de cette revue est explicite et rend jaloux les parents. Alors, je tente de ne pas éveiller les soupçons des mioches -euh, non on dit bambins- parce qu'ils pourraient m'en vouloir d'avoir piqué leur revue.

Alors, succinctement, c'est une revue moderne aux dessins résolument dans le ton de ce qu'on peut voir par ailleurs, mais avec des touches d'originalité bien senties qui ne pourra pas déplaire aux morpions -je veux dire, enfants bien sûr- actuels -ni aux parents, mais chut, je ne l'ai pas dit. Dans les deux numéros que j'ai lus -les 4 et 5-, il y est question de monstres, des peurs, des cartes au trésor, de pirates. Chaque numéro dévoile aussi sur deux pages une chorégraphie (Thriller ou Money, money, money), des découpages pour jouer, habiller des personnages, des recettes de cuisine faciles et en lien avec le thème abordé, une histoire complète bilingue français-anglais, une BD. Mention spéciale à  Maman ! de Antoine Guillopé dans le tome 4, en noir et blanc et sans paroles (mais là c'est mon point de vue de grand, comme quoi cette revue est lisible par tous.)

Très colorés, dessins et textes soignés ainsi que la mise en pages et la qualité du papier, de la revue entière font que l'on tient entre les mains une revue pas comme les autres. 

Bon, je crois que je vais m'arrêter là et reposer les livres là où je les ai trouvés pour que les monstres -ah zut, non, je voulais dire les gentils chenapans- ne s'aperçoivent pas de mon emprunt et surtout qu'ils ne me le fassent point payer par quelque caprice.

En plus, même ma grande elle les a lorgnés ces deux numéros de Bonbek, parce qu'il y a des coloriages à faire. Des beaux, des grands, des originaux qui sortent des dessins habituels ou des mandalas. Malgré son grand âge -elle est quand même majeure !- elle adore jouer du crayon feutre et elle a même repéré un hors série spécial coloriage !

Pour finir, une page avec Maurice, le monstre de Miré -c'est le nom de son créateur-qui ouvre les numéros

bonbek_5_02.jpg

PS : Bonbek, c'est aussi un site : ici. Et Bonbek est "défendu" par Gilles Paris. Et par moi. Et par les enfants de la maison (4 quand même, c'est pas rien !)

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Les deux messieurs de Bruxelles

Publié le par Yv

Les deux messieurs de Bruxelles, Eric-Emmanuel Schmitt, Éd. Audiolib, 2013 (nouvelles lues par l'auteur)

Jean et Laurent se marient officieusement dans la cathédrale Sainte Gudule de Bruxelles, au dernier rang, derrière le mariage officiel, celui d'Eddy et Geneviève. Les deux hommes suivront année après année leur couple fétiche (qui lui, ne se sait pas observé par ces deux messieurs).

A écouter EE Schmitt, je me dis qu'outre son talent d'écrivain, il a aussi celui de conteur. Dès lors pourquoi confier à un autre la lecture de ses œuvres ?  En entendant ce CD, je me suis surpris à retrouver exactement le même plaisir que j'avais à écouter les histoires de Pierre Bellemare entre autres à la radio, il y a quelques années. La littérature en plus pour EE Schmitt ! Comme toujours, il part d'une idée originale et en fait une belle histoire, pleine de tendresse, d'amour et de bons sentiments. Aucun gros mots là-dedans, aucune ironie. Pour peu qu'ils ne soient pas mélodramatiques, je n'ai rien contre les bons sentiments. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'en ce domaine, il est très fort EE Schmitt ! Il touche le lecteur -ou l'auditeur en l'occurrence- directement. Bon, on pourrait lui reprocher au milieu de ce texte un certain prosélytisme pour le mariage pour tous et l'adoption pour les couples gays et lesbiens, en mettant en scène un couple hétérosexuel banal, voire franchement "beauf'" pour lui et un couple homosexuel raffiné et riche. La comparaison n'étant pas favorable au couple hétéro. Mais si le procédé est un peu facile, en allant au-delà il permet de réfléchir sur cette question en débat actuellement en France. Personnellement, hétérosexuel avéré, père de famille, je suis favorable au mariage pour tous et à l'adoption pour les couples homosexuels, donc la position de l'auteur ne me choque point, au contraire. N'en déplaise aux manifestants du 13 janvier. Mais cette nouvelle n'est pas que cela, elle est aussi une vraie (ou de vraies) histoire(s) d'amour(s), pas gnangnan. EE Schmitt creuse les sentiments des uns pour les autres, pose des questions, y répond parfois, toujours avec simplicité. 

Je m'attarde un peu sur cette histoire car elle donne son nom au recueil, elle le débute aussi. Les autres sont tout aussi fines, intelligentes, parfois drôles, parfois moins. Toutes sur des sujets essentiels et vitaux : l'amour, l'attachement, le lien affectueux, social, tout ce qui fait que les Hommes vivent en bonne société. Certaines nouvelles à chute ne dévoilent leur mystère et donc l'éclairage total du lecteur -ou auditeur- qu'aux tous derniers mots, voire à l'ultime vocable, pour notre plus grand plaisir.

Comme toujours avec l'audiolib, je suis un peu frustré car il m'est plus difficile d'entendre le style littéraire de l'auteur que de le lire (j'aime bien m'attacher à des formules, des phrases, des imparfaits du subjonctif,... tout cela est présent dans ce livre),  mais malgré cette relative frustration, je me suis régalé à écouter et visionner -je me suis fait mes propres images- ces nouvelles d'EE Schmitt que j'avais un peu laissé tomber ces dernières années ; je trouvais qu'il allait dans une certaine facilité après les excellents La part de l'autre, M. Ibrahim et les fleurs du Coran -mon préféré- ou encore Oscar et la dame rose). Force m'est de constater que s'il va dans la facilité -ce qui reste bien sûr à prouver, j'étais (car j'en reviens) totalement subjectif- cette facilité vient sans doute de son talent à faire passer les émotions dans ses histoires.

Merci Chloé, j'ai passé de délicieux moments.

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Athos en Amérique

Publié le par Yv

Athos en Amérique, Jason, Éd. Carabas, 2011

Recueil de petites histoires décalées, très décalées, absurdes, sans queues ni têtes mettant en scène des personnages au physiques d'animaux se retrouvant dans des situations parfois étonnantes, parfois quotidiennes. Entre l'écrivain mal élevé qui se juge au-dessus de la mêlée, Athos le mousquetaire débarqué dans une Amérique contemporaine, un gangster qui s'évade, ...

Dessin très dépouillé, texte simple voire simplissime quand il n'est pas absent, c'est de la bande dessinée très particulière qui peut autant plaire que fatiguer ou laisser totalement indifférent. A vous de vous faire votre propre opinion. Moi, j'aime bien ! En plus, le bouquin est beau, format 16.5x22, dos toilé gris, belle mise en page : du beau travail. 

Je ne crierai pas ici que j'ai tout compris dans ces histoires, mais à chaque fois, j'ai aimé trouver les personnages de Jason dans ces situations absurdes. Assez ressemblant à Low Moon brièvement chroniqué sur ce blog. Je ne connais pas assez l'oeuvre de Jason pour savoir si ses autres albums diffèrent, mais je compte bien remédier à cette lacune.

Un très très grand merci à la librairie Dialogues pour ce cadeau de nouvelle année !

Allez, une petite planche pour la fin tirée de l'histoire Tom attend sur la lune :

 

planche athos

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Chambre froide

Publié le par Yv

Chambre froide, Tim Weaver, MA Éditions, 2013 (traduit par Véronique Gourdon)

David Raker est un ex-journaliste. Il a arrêté le métier pour consacrer ces derniers mois à sa femme mourante, Derryn. Cependant quelques mois avant sa mort celle-ci l'a encouragé à rechercher un enfant disparu, puis comme il le fit avec succès, à en faire son activité principale. Dix-huit mois après le décès de sa femme, David, pas toujours bien remis, rencontre Mary Towne qui lui dit avoir revu son fils Alex, alors qu'il est censé être mort depuis un an. Pas convaincu, David accepte néanmoins ce travail, pour Mary, ancienne collègue et amie de Derryn. Une enquête terrible pas avare en  découvertes. 

"Ouah" et "ouf" me dis-je en refermant ce thriller anglais, et non pas une contraction de ces deux onomatopées qui me ferait passer pour un toutou à sa mémère. "Ouah", parce que Tim Weaver m'a emmené très loin des thrillers communs pleins de tueurs en série et d'hémoglobine. "Ouf", parce que tard dans la nuit j'allais enfin pouvoir éteindre la lumière : difficile de quitter ce bouquin lorsqu'on est à cent pages de la fin. Ceci étant, une fois fini, tard dans la nuit donc, le sommeil ne sera peut-être pas exempt de quelques images fortes, voire de cauchemars. Pourtant, tout commence plutôt sobrement et lentement : la recherche d'un homme porté disparu depuis 6 ans et reconnu comme mort depuis un an. Mais très vite, David se heurte à des secrets : une société secrète, mystérieuse serait derrière cette disparition. La tension monte, à tel point qu'on se demande pourquoi David persévère : "Je restai figé sur place, sentant l'incertitude couler dans mes veines. Je me sentis oppressé, une sensation que j'avais déjà ressentie avant, dans les semaines qui avaient suivi la mort de Derryn. L'impression d'être au bord d'un précipice et de regarder le sol se dérober sous mes pieds. Mais quand j'aperçus mon reflet dans la vitrine d'un magasin, je compris à quel point cette affaire avait donné un sens à ma vie. J'avais retrouvé mon énergie. Et je compris que si je voulais continuer à aller de l'avant, je devais le faire. Il fallait que je franchisse le pas." (p.134)

Le suspense monte du début à la fin, maîtrisé, terrible pour finir sur des pages haletantes, prenantes. Loin d'être spécialiste du thriller, j'avoue avoir été pris quasiment de bout en bout (j'ai commencé ce bouquin un week-end, en même temps qu'un virus gastro-grippo-bizaroïde qui m'a cloué à la maison trois jours durant ; profitable pour la lecture et le régime ; il faut voir le bon côté des choses, mon éternel optimisme !). Le personnage de David Raker n'est pas mal travaillé, on entre en lui (c'est le narrateur-première personne); on devine ses pensées, ses craintes, ses doutes. Quelques réserves quand même sur David qui ne vit quasiment plus sans feue son épouse en tête (mais bon, c'est aussi elle qui le fait avancer), procédé un peu répétitif et surtout sur les coups qu'il se prend dans le final qui m'évoquent inévitablement les films d'action étasuniens dans lesquels les gros bras se castagnent et sortent à peine essoufflés et amochés. Certes David l'est, amoché, il passera plusieurs jours à l'hôpital. Mais un centième de ce qu'il endure suffirait à me tuer, moi homme "normal", mais j'ai quand même mon virus qui me diminue, parce qu'habituellement ... . Je me dis que c'est le genre qui veut ça, et puis, le reste est quand même très bon, donc je passe allègrement sur ces détails. D'ailleurs il a intérêt à être bon le contenu, parce que les livres MA Éditions sont assez austères : mise en pages dense, pas de chichi ; le minimum syndical du lecteur. Heureusement, le livre de Tim Weaver est largement dialogué, ce qui aère un peu les pages.

En quatrième de couverture, il est précisé que ce roman "est le premier volume d'une trilogie axée sur le personnage de David Raker, un homme qui recherche des personnes disparues". Si les autres sont du même acabit, je prends.

Merci Inès.

 

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