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Liebster Award II

Publié le par Yv

Tagué par Liliba que je ne remercie pas je dois :

- dire onze choses de moi et du blog

- répondre à onze questions de Liliba (que décidément, je ne remercie pas)

- en inventer onze autres pour les suivants

Pfff, c'est dur !

 

Les choses sur moi :

1- En fait, je ne me prénomme pas Yves, mais Roger, je trouvais Yves plus élégant

2- Et si je n'étais ni Yves ni Roger, mais Yvette ?

3- Je suis un(e) imposteur(rice) : je ne lis rien de ce que je commente

4- Sportif(ve) convaincu(e), je cours le marathon

5- Je roule en Dacia Lodgy blanc et en Renault Kangoo jaune citron, mais pas en même temps

6- J'habite dans la région nantaise et suis né(e) à Redon (35)

7- Je déteste les petits pois aux carottes

8- Avant mardi 30 avril 2013, j'avais 29 dents, je n'en ai plus que 28 (aïe, ça fait mal)

9- En fait, je suis un(e) écrivain(e) très célèbre et gros(se) vendeur(euse) de livres et je me fais passer pour un(e) lecteur(trice)-blogueur(euse) pour m'attirer la sympathie de la blogosphère

10- Acheteur(euse) compulsif(ve), je croule sous les pulls que je lave avec Mohair laine

11- Tout ce que je viens d'écrire est la pure réalité... ou pas

 

Bon, les questions à moi adressées :

1- Bloguer, c'est bien. Mais quelle place ton blog tient-il dans ta vie ?

Au début, pas mal de temps puis de moins en moins, je me contente de faire mes articles d'aller voir de temps en temps sur vos blogs ce qui paraît, mais sûrement pas assez souvent

2- Cite une ou plusieurs choses qui te rendent fou (folle) de rage

Rien, je suis un garçon (ah, zut, j'ai vendu la mèche) très modéré, sauf peut-être les pu****s de co***** de m**** qui me font ch*** quand même un peu.

3- Et quelque chose qui te fait fondre de plaisir ou de bonheur.

Euh, je ne sais pas, un bon chocolat noir juste avant un excellent café bu en lisant en position semi-assise ou semi-couchée sur un siège hyper confortable

4-Quel personnage aurais-tu aimé être et pourquoi ?

Un mec beau, musclé, intelligent, à l'aise en société mais qui ne se la ramène pas... Oh, mais c'est mon portrait tout craché !

5- Qu'est-ce-que la folie pour toi ?

Se dévoiler intimement en société

6- Un gros regret dans ta vie ?

Ne pas avoir pris de cours d'informatique (et ne pas en avoir vraiment envie) et donc être à la ramasse dès qu'un tout petit souci survient sur le blog et ne rien comprendre à tous les termes usuels de la chose. Je n'entends rien au netvibes au google reader, ...

7- Demain, on rase gratis... qu'est-ce-que tu remets toujours au lendemain ? Es-tu adepte de la procrastination ?

Procrastinateur, moi ? Non, bien pire, je fais mienne la phrase préférée de feu mon papa : "Ne fais pas aujourd'hui ce qu'un autre pourra faire pour toi demain !"

8- T'a-t-on fait déjà une surprise, une vraie ? Bonne ou mauvaise ? Aimes-tu ça ?

Je n'en ai point souvenance et je ne sais pas si j'aimerais vraiment, mais bon, il faut essayer ! A bon entendeur...

9- Demain tu n'as plus besoin de gagner ta vie. Comment occuppes-tu ton temps ?

"Au revoir, au revoir Président"

10- Un rêve fou ?

Sauter en parachute ou faire du parapente, mais j'ai le vertige

11- Dis-tu facilement aux gens qui te tiennent à coeur que tu les aimes ?

Bien sûr, comme tous les mecs...

 

Et maintenant mes onze questions :

1- Aimez-vous Brahms ?

2- Où faire pipi à Paris ?

3-Qu'allons-nous faire de grand-mère ?

4-Voulez-vous effacer/archiver ces messages ?

5- Mon père, c'était toi ?

6- Peut-on aimer une morte ?

7-Où on va papa ?

8-Que reste-t-il de nos divorces ?

9- Le bonheur, quel intérêt ?

10- Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

11- Comment va la douleur ?

 

Bon, je comprends qu'il ne sera pas aisé d'y répondre, mais comme ce Tag a circulé pas mal, que je n'ai pas beaucoup de visiteurs différents (faites kekchose, please), je laisse à qui veut et qui peut la joie de prendre la suite. Bon courage.

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Passerelles

Publié le par Yv

Passerelles, Dominique Lin, Éd. Elan Sud, 2013

Léon, une cinquantaine d'années vit en région parisienne. Il travaille dans un organisme s'occupant de personnes en grosses difficultés. Lui-même, enfant a vécu dans la misère. Maintenant, il vit avec sa mère âgée dans une grande maison à une heure de son lieu de travail. Sa vie est rythmée par ses allers-retours quotidiens, et surtout par ses lectures. Un soir, au lieu de rentrer dans sa maison, il s'assied sur le banc juste en face et ses pensées défilent. Sa vie d'enfant pauvre, sa vie d'adulte seul, les raisons de ses choix ou non-choix.

Sollicité par des auteurs assez régulièrement pour lire leurs œuvres, je ne donne plus suite à ces demandes. Souvent parce qu'ils sont édités en e-books et que je ne suis ni équipé de liseuse, ni adepte de la lecture sur écran d'ordinateur. N'ayant jamais testé la liseuse, je peux évidemment revenir sur mes propos si un fabricant d'un tel appareil passant par ici me propose un de ses objets à titre gracieux (on ne sait jamais, avec un peu de chance, ça peut marcher).  Néanmoins, je lis les mails et parfois même les premières lignes des livres des demandeurs lorsque c'est possible. Et là, après avoir lu le premier chapitre du livre de Dominique Lin, je fus intrigué et agréablement surpris. Je lui ai donc répondu et il m'a fait parvenir très gentiment un exemplaire de son roman dédicacé (merci à lui et à son éditeur, dont j'ai déjà parlé pour La dernière nuit)

Dominique Lin écrit la vie d'un homme tout simplement. Pas celle d'un "grand homme" qui laissera une oeuvre de quelque nature qu'elle soit, non celle de millions de gens : "Certaines personnes s'inscrivent dans la mémoire collective, d'autres se contentent de vivre leur temps discrètement. Pas de fait de guerre, pas de découverte, de théorie mathématique ou de citation philosophique. Il n'en reste pas moins qu'elles ont aimé, espéré, donné du plaisir ou de l'espoir à ceux qu'ils ont connu." (p.29) On est loin du fameux quart d'heure de gloire warholien qu'on met désormais à toutes les sauces, de ces personnes qui pour vivre ont besoin de se raconter entièrement sur les réseaux sociaux, de passer dans des émissions de plus en plus racoleuses et pitoyables (pour ce que je peux en voir sur le Zapping par exemple ou en entendre parler un peu partout, car même en ne s'y intéressant pas, on est quasiment obligé d'en avoir entendu parler ou d'en avoir vu des scènes désespérantes de platitude et de nullité). Non, Léon, est un homme profond qui a besoin de faire le point. Tous les questionnements y passent : pourquoi être né ici et pas là ? Pourquoi dans cette famille pauvre ? Pourquoi vivre seul avec sa mère ? Comment en est-il venu à ne plus apprécier ce travail qui le passionnait au départ ? S'échapper dans la lecture suffit-il à vivre pleinement une vie d'homme ?  Etc, etc, ...

Subtilement et assez richement écrit (j'ai par exemple appris l'existence et la signification d'au moins deux mots : "vernal" = relatif au printemps et "allicier" = attirer, séduire) c'est un livre qui se mérite, qui se lit sans aucune longueur ressentie. L'auteur alterne les parties racontant la vie de Léon vue par un narrateur omniscient à la troisième personne du singulier avec des parties en italique, dans lesquelles Léon s'interroge, repense à sa vie d'enfant puis d'adolescent et d'adulte (écrites à la première personne du singulier).

J'ai noté beaucoup de pages qui m'ont plu ou touché, dans certaines desquelles j'ai pu me sentir concerné :

"Léon allumait rarement la télé [...] préférant se plonger dans l'immensité des livres. Il les préférait peu épais, persuadé que quelques pages suffisaient à exprimer l'idée de l'écrivain, le surplus n'étant que verbiage et digressions. [...] Les livres qu'il appréciait relevaient de la concision, de la ciselure." (p.40), je prends pour moi et en même temps, pour ce livre qui en est une illustration. Une autre phrase que j'aime beaucoup, presqu'un aphorisme tiré d'une réflexion plus générale sur la mort : "La mort, cette porte qui ne s'ouvre que dans un sens, est le seul rendez-vous garanti de notre agenda, tous les autres sont aléatoires." (p.41/42)

Pour résumer, vous avez bien fait Dominique de me solliciter, sans cela je serais passé à côté d'un livre très fin et très profond, bien écrit et point trop épais (157 pages).

Un auteur à découvrir forcément. Alex a lu un autre de ses romans qu'elle a aimé, comme quoi l'écrivain est talentueux. Il a même un site : ici.

 

 

région

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Fête du travail

Publié le par Yv

Le Chat, P. Geluck

1er mai, ce qui m'a toujours fait marrer, c'est que c'est un jour férié, alors qu'on fête le travail. Ne devrait-on pas faire l'inverse : ne travailler que le 1er mai et être en vacances tous les autres jours de l'année ?

Sur cette réflexion hautement constructive, je vous souhaite un bon 1er mai aux senteurs fines de muguet... nantais bien sûr !

(Merci à P. Geluck de m'avoir prêté, une fois de plus son Chat, ou vice-versa)

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L'énigme du roi sans tête

Publié le par Yv

L'énigme du roi sans tête, Stéphane Gabet et Philippe Charlier, Éd. Librairie Vuibert, 2013

2008, Stéphane Gabet journaliste et documentariste prépare une émission sur Henri IV. Il rencontre Jean-Pierre Babelon, "le biographe de référence du Bon Roy" (p.32). Il cherche une intrigue autour du roi, une sorte de scoop lui permettant de trouver un angle pour son émission, et c'est là que JP Babelon lui parle d'une tête momifiée, disparue depuis quelques années, mais qu'on brocanteur au début du XXe siècle attestait être celle d'Henri IV. S Gabet, un rien titillé enquête et retrouve cette tête chez des retraités à Chateaudun, qui la lui laissent pour examens. C'est alors qu'une équipe de chercheurs, scientifiques, intervenants divers va tout faire pour savoir si cette tête est bien celle du Vert-Galant. Philippe Charlier, médecin légiste, anatomopathologiste et anthropologue, co-auteur du livre sera le responsable de l'ensemble des expertises scientifiques.

J'ai entendu plusieurs fois P. Charlier à la radio, passionné et passionnant. Le livre auquel il participe avec S. Gabet est du même ordre. Une vraie enquête policière, scientifique menée de bout en bout jusqu'à l'authentification de la tête d'Henri IV. L'avant-propos est écrit par JP Babelon, historien, membre de l'Institut, qui raconte la dernière journée du roi et en profite pour nous en dresser un portrait assez différent de ce qu'on apprend à l'école. Car juste avant son assassinat, Henri IV n'était absolument pas populaire : impôts levés, guerre en préparation, catholiques et protestants mécontents de leurs sorts respectifs, ... "Dès la mort du roi, l'on assista, [...] à un retournement quasi immédiat de l'opinion. "(p.17), Chateaubriand écrivit d'ailleurs : "Sa fin tragique n'a pas peu contribué à sa renommée : disparaître à propos de la vie est une condition de la gloire." (cité p.17).

Et puis l'enquête scientifique débute, minutieuse qui oblige les différents intervenants à remonter aux sources, à chercher des documents parfois totalement oubliés. La tête a été séparée du corps en 1793, pendant la Révolution lors du pillage de la nécropole royale de Saint-Denis. A l'époque nombreux furent ceux qui violèrent les sépultures et volèrent des bouts de tissus, des dents, des os des rois et reines pour les vendre ensuite, alors pourquoi pas une tête entière. Les auteurs du livre en profitent pour tirer le portrait de quelques personnages de l'époque dont Alexandre Lenoir, méconnu du grand public bien qu'il ait inventé la muséographie.

Je ne vais pas m'étaler sur les différentes phases de cette énigme, je serais trop long et sans doute -sûrement même- moins intéressant que S Gabet et P Charlier. Leur bouquin (pas trop gros, 150 pages) est très bien fait, facile d'accès malgré quelques rares termes scientifiques qu'on peut ne pas connaître. On sent les doutes des scientifiques jusqu'au bout du processus d'identification, mais aussi une certaine excitation : ce serait tellement bien et incroyable que cette tête soit celle d'un roi et surtout celle d'Henri IV ! Vingt-trois arguments médico-historiques en permettront l'identification, tous rappelés et résumés en fin d'ouvrage : pratique pour ne pas perdre le fil. Un bouquin qui se lit comme un polar !

Le documentaire, l'idée de départ de S Gabet a été tourné, Le mystère de la tête d'Henri IV. Il est passé à la télévision, sur France 5.

Ce genre d'expérience et de recherche médico-historique ne va pas sans opposants, il en existe donc évidemment. Je vous conseille d'aller voir l'excellent billet d'Yspaddaden sur ce livre qui fait état de leurs doutes et leurs contradictions.

Grand merci Tiffany.

Je rajoute le logo suivant pour le challenge de Liliba, certes, ce n'est pas un vrai roman policier, mais franchement, il vaut d'être dans cette catégorie.

 

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Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)

Publié le par Yv

Histoire d'Alice qui ne pensait à rien (et de tous ses maris, plus un), Francis Dannemark, Robert Laffont, 2013

Le jour de l'enterrement de sa mère, Paul, rencontre Alice, sa tante (la sœur de sa mère) qu'il ne connaît pas de visu. Il sait son existence, ses parents ne la lui ont jamais cachée mais il ne l'avait pas vue. Alice et Paul se rencontrent et Alice commence à se raconter. Elle propose même à son neveu d'écrire sa vie et celles de ses maris. Cette femme douce de 73 ans mariée pour la première fois très tôt, dès le sortir de la guerre débute alors le récit d'une existence pas banale.

C'est le deuxième livre de Francis Dannemark que je lis, après l'excellent La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis (on peut déjà dire qu'il aime les titres longs) et mon analyse sommaire est qu'il est un écrivain des choses simples et heureuses. Et pourquoi pas, après tout ? Je n'ai rien contre la littérature sombre ou tragique, mais un p'tit coup de joie et de bonne humeur de temps en temps, ça fait du bien. J'avais déjà pris son livre précédent comme une pause heureuse entre deux lectures plus tendues et je réitère. Qu'il est bon parfois d'oublier les serial killers, les questions métaphysiques des uns et des autres ! Non pas que je n'aime pas, d'ailleurs, rien ne m'oblige à lire des bouquins plombants.

F. Dannemark aime les gens simples qui peuvent avoir parfois de vies hors du commun. Alice est une femme simple qui a eu la chance de rencontrer l'amour plusieurs fois. Une femme heureuse :

"- Tu vois, c'est facile. J'ai été heureuse des milliers de jours.

- Même dans cet hôpital indien ?

- Je n'ai pas dit "tous les jours", a-t-elle répondu en souriant d'un air gentiment moqueur." (p.164)

Comme le dit si bien cet extrait, la vie a ses hauts et ses bas pour chacun. F. Dannemark préfère nous parler des bons moments, sans occulter les mauvais mais, soit en les passant rapidement, en les sous-entendant, soit en les racontant avec humour, flegme (ce n'est sans doute pas pour rien qu'Alice a vécu une grande partie de sa vie en Grande-Bretagne).

Un beau portrait d'une femme qui, à 73 ans n'a pas fini de vivre, au contraire. De l'humour donc, de la fraîcheur, du positif dans un livre pas forcément profond mais dont le message principal pourrait être : "Profite du moment présent !". L'auteur a le chic et le talent pour parler de thèmes pas forcément drôles de manière légère ou de les inclure entre les lignes. Il ne dit pas tout, mais on le devine aisément, ce qui allège considérablement le propos sans en enlever le sel. Il y aura inévitablement des grincheux pour crier au roman léger voire superficiel, des tenants de la bonne-littérature-qui-ne-peut-être-que-sombre ; moi je (attention, là je m'engage : "moi je") dis que passer à côté d'un bon moment comme cela, ça ne se peut pas. Alors, profitons, ce n'est sûrement pas le roman du siècle, mais il offre des heures de lecture-plaisir réjouissantes ; je prend la philosophie d'Alice pour mienne. Prenons-la pour nôtre !

 

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Beso de la muerte

Publié le par Yv

Beso de la muerte, Gilles Vincent, Éd. Jigal, 2013

1936, le poète Garcia Lorca est assassiné à cause de ses sympathies républicaines. 2007, Thomas Roussel est commissaire de police à Pau. Il vit avec Claire, une jeune femme passionnée du poète assassiné, qui ne supporte plus son alcoolisme et qui le quitte après 5 ans de vie commune. Quatre ans plus tard, Thomas est toujours commissaire mais sobre. Il se marie avec Délia qui l'a aidé à sortir de son addiction. La nuit même de son mariage il reçoit un appel au secours de Claire qui lui dit être retenue en otage à Marseille. Thomas appelle ses collègues de Marseille et lorsqu'il apprend qu'un corps de femme carbonisé a été retrouvé sur des rails, il sait que c'est Claire. Il décide de se rendre sur les lieux et de prêter main-forte à la commissaire marseillaise, Aïcha Sadia.

Me voici polyglotte ("Moi, j'sais parler toutes les langues, toutes les langues, moi j'sais parler les langues du monde entier" disait Henri Dès dans sa chanson Polyglotte. Désolé, élever 4 enfants, ça laisse des traces.) : après I hunt killers, je me mets à l'espagnol, Beso de la muerte, un polar qui plonge dans les secrets d'États. Sans dévoiler le cœur de l'histoire, il y est question des GAL (Groupes Antiterroristes de Libération) créés par le Premier Ministre espagnol dans les années 80 pour lutter contre l'ETA qui perpétrait ses attentats en Espagne et se réfugiait ensuite en France bénéficiant d'une certaine immobilité de la police à leur égard. Ne pouvant compter sur la France, l'Espagne créa ces escadrons de la mort qui enlevaient ou assassinaient les membres d'ETA sur le territoire français. Tout est très bien expliqué dans le roman, simplement ; ce n'est pas non plus une thèse sur les GAL. Des piqûres de rappel pour les gens de ma génération qui ont entendu parler de ces événements au fil des années 80. Le contexte historique proche est planté de manière forte et si certains noms sont dits comme Felipe Gonzales ou Jacques Chirac, d'autres intervenants de l'époque ont des pseudonymes ; mais qui peut bien se cacher derrière l'ancien Ministre de l'Intérieur Agostini : "En dépit de la gravité de l'instant, elle ne put s'empêcher de sourire à l'accent de son interlocuteur. Un mélange de Raimu et de Fernandel qui les avait tous fait rire lors de la prise de fonction d'Agostini en 1986. Mais cette musique pagnolesque dissimulait une main de fer et un caractère bien trempé, rompu à toutes les combines. Très vite après le débarquement place Beauvau du nouveau ministre de l'Intérieur, la loi "Sécurité et Liberté" avait effacé le sourire des fonctionnaires de police." (p.107) ?

Pour l'intrigue, j'avoue avoir été un peu agacé par de multiples rappels des événements, des sortes de rapport d'enquête faits tour à tour par Aïcha, par d'autres collègues, dont Sébastien Touraine, un privé qui ne parle pas beaucoup mais s'imprègne de tout ce qu'il voit et entend et peut ensuite faire un résumé complet en se glissant en quelque sorte dans la peau des autres, ou encore par les auteurs des faits eux-mêmes. Si mon QI et ma capacité de concentration ne sont pas exceptionnels, il n'empêche que je réussis encore à lire un polar de 250 pages sans qu'on ait besoin de me "raccrocher"  toutes les 50 pages. Faire confiance à l'intelligence de son lecteur !

Malgré ces quelques réserves et d'autres concernant quelques facilités dans la résolution de l'enquête -que je ne dévoilerai pas, car c'est peut-être ma grande perspicacité qui m'a valu de me douter très fortement de choses bien avant les flics-, je dois dire que ce livre se lit avec rapidité et plaisir. Bien menée, dans un contexte fort et habilement planté, cette histoire peut aussi révéler quelques rebondissements et décrit des flics normaux, pas des surhommes, juste des enquêteurs qui suivent les pistes les unes après les autres. L'équipe constituée de flics, d'un privé et du médecin légiste est plutôt convaincante et ce serait un grand plaisir que de la revoir. En fait, si je fais fi de mes réserves, c'est tout ce que j'aime : une histoire -policière ou pas- qui prend dès le début du bouquin, qu'on ne lâche plus et qui, une sorte de fil rouge qui permet, grâce au contexte d'apprendre sur une période historique, sur des coutumes, des pays, ...

Bien écrit, ce roman se lit d'une traite, l'ombre de Garcia Lorca flottant au-dessus du lecteur jusqu'à la fin, et peut-être même un peu après.

Dernière minute : ce livre est finaliste du Prix Landernau 2013

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Le mariage pour tous

Publié le par Yv

Le mariage pour tous, Éd. Tchou, 2013

Ce livre est édité dans la collection "Les murs ont la parole". Tous les murs, les vrais en béton ou parpaings, mais aussi, il faut vivre avec son temps, les virtuels sur les différents réseaux sociaux. Le sujet est brûlant et on ne peut plus d'actualité, puisque je choisis de chroniquer ce recueil aujourd'hui, jour du vote solennel à l'Assemblée Nationale du texte de loi instaurant le mariage pour tous, alors qu'en fait le livre ne sortira réellement que le 02 mai (merci à Gilles Paris au passage). L'ouvrage reprend donc tout ou une grande partie de ce qui a pu être écrit sur les murs, dans les journaux, sur les banderoles, les pancartes des militants pour le oui au mariage. C'est Marie Clavel qui a compilé et Muriel Flis-Trèves qui a fait la préface. Elle est psychiatre et psychanalyste à Paris, mariée et mère de famille pas "militante, [elle] s'investit beaucoup sur les différentes façons de "faire la famille" avec un esprit ouvert à la discussion. Son intérêt pour les questions liées à la parentalité et aux mutations sociétales se retrouve dans les colloques qu'elle organise chaque année et qui font l'objet de publication chez Odile Jacob et aux P.U.F" (note de l'éditeur)

Si chacun peut avoir son opinion et la défendre ardemment, j'avoue ne pas comprendre le déferlement de violence envers ce projet de loi, qui déjà adopté dans nombre d'autres pays européens n'en a pas bouleversé les sociétés : "La Belgique a légalisé le mariage depuis 2003 ! Le pays existe toujours et les moules se mangent encore avec des frites..." Si comme le disait Chantal Jouanno (entendue le lundi 15/04 sur France Inter) Mmes F. Barjot et C. Boutin ont besoin de cela pour exister médiatiquement et entretiennent même le feu pour qu'on parle d'elles encore un peu, pourquoi les milliers d'autres personnes descendent-elles dans la rue, elles à qui on n'enlève rien, puisqu'elle pourront continuer à procréer et à se marier (enfin, l'inverse plutôt, d'abord on se marie, ensuite on procrée, bien sûr, je ne voudrais pas blasphémer, où diable (sic) avais-je la tête ?) ? Je ne voudrais pas être trop lourd ni trop sérieux sur le sujet, tous les arguments ont été dits et entendus, malgré ce que disent les opposants au texte,  je ne reparlerai donc pas de filiation, ou de PMA ou de GPA (puisqu'elles ne sont pas dans le projet de loi). Néanmoins, je me permettrai deux remarques :

- pourquoi les catholiques intégristes prient-ils dans les rues, alors qu'il me semble bien que les prières de rues sont interdites ? Ou alors ne le seraient-elles que pour certaine religion ?

- pourquoi certains hommes politiques de droite descendent-ils dans la rue contre cet texte ? Il me souvient qu'en 2002, entre les deux tours de l'élection présidentielle (JM Le Pen au second tour), ils n'avaient pas daigné y marcher pour manifester leur soutien à la République arguant du fait qu'il n'était pas dans la tradition de la droite française de descendre dans la rue (un de ceux  que l'on voit beaucoup en ce moment le disait dans un reportage sur cette élection présidentielle, tourné par Serge Moati, il me semble). Sans doute pour lui et pour ses collègues, donner des droits aux couples homos est-il plus dangereux que de maintenir la démocratie en France ! Pire, certain(e)s manifestent maintenant, non plus contre le FN mais avec lui ! 

Personnellement, je suis pour cette loi, pour le bien de l'enfant, car je suis persuadé qu'un enfant s'épanouira mieux chez un couple aimant (ici, toutes les combinaisons deviennent possibles) que dans une famille déstructurée et je ne crois pas du tout au mal-être d'un enfant qui grandit dans une famille homoparentale : de toutes façons, parents, dites-vous que vos enfants, à un moment ou à un autre auront honte de vous pour n'importe quelle raison, parce que vous être gros, maigre, petit, grand, moche, trop beau (là, ça sent le vécu), vantard (hein ?), modeste (ah, oui, ça me va mieux), homo, hétéro, pas drôle (euh...), pénible (euh... bis), lourdingue (euh... ter), trop présent, pas assez présent, ... Liste non exhaustive. Alors, un argument en leur faveur de plus ou de moins ... J'enfonce probablement une porte ouverte, mais ça me semble être le seul véritable point important : l'intérêt de l'enfant. Alors, certes, il y aura des familles homos à la ramasse, des couples homos qui après le mariage goûteront aux joies du divorce, de la garde alternée, mais sans doute pas plus que les couples hétéros. Rien de bien nouveau finalement. D'ailleurs lorsqu'on lit le bouquin, on s'aperçoit très vite que les homos candidats au mariage ne rêvent que d'une chose : vivre comme les  autres. Égalité dans la joie du mariage : "Je veux pleurer de joie au mariage de ma fille et de ma belle-fille.", "La mariée est tout le temps la plus jolie d'un mariage. Imaginez deux mariées au même mariage alors...", mais égalité dans les galères et les emmerdements : "Moi aussi je veux pouvoir épouser une chieuse, appeler mes gosses Kevin & Tyson, et avoir un chien qui pue", "Ça fait 2000 ans que vous ratez vos mariages... Laissez-nous essayer."

Et puis, dernier argument et pas des moindres, en regardant bien les uns et les autres, les pro-mariages pour tous sont vachement plus drôles et inventifs (notamment les gays dans l'auto-dérision et dans la reprise à leur compte de tous les poncifs et les blagues éculées à leur propos) que les anti. Florilège :

- François, recule pas, les homos sont derrière toi.

- François, lâche pas les pédales !

- On est tellement folles qu'on veut se marier

- Moi aussi je veux rouler en scenic

Et ma préférée : "Pitié ! Elle m'a dit "pas avant le mariage"..."

Alors, François et Jean-Marc (il faut bien quelqu'un qui le soutienne) ne lâchez pas, au besoin achetez ce bouquin qui vous remontera le moral, offrez-le à vos adversaires (il y a même des citations de gens de droite pour le projet, B. Apparu, F. Riester) et pour finir, une citation qui colle bien à son auteur Michel Galabru : "Je suis pour le mariage homosexuel. Je ne vois pas pourquoi on devrait épargner quelqu'un parce qu'il est homo." 

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Ça coince ! (14)

Publié le par Yv

Rodano, Hervé Carn, Éd. MLD, 2008

Recueil de nouvelles dont la première qui donne son titre au livre est un long cortège d'hommes enchaînés, peut-être aux travaux forcés, en camp, ... ? Un univers noir, très noir, lugubre, très dur et sans espoir.

Puis, vient Wilhelm, une histoire qui  me laisse dubitatif : oui, mais encore ? Passons alors à L'intergauche, la nouvelle suivante. Ah zut, c'est sur le foot ! Beurk ! Sombre, sans lueur, même dans ce monde de paillettes, de fric  et autres substances...

Je passe sur les autres nouvelles, l'ensemble est très bien écrit, on sent le travail de l'auteur, son implication, parfois un peu de pédanterie (dans Contre le biographique), mais finalement, j'y trouve peu d'intérêt. Il manque un je ne sais quoi qui pourrait faire la différence.

 

Maurice à la poule, Matthias Zschokke, Zoé Éditions, 2009 (traduit par Patricia Zurcher)

"Maurice est paresseux. Ses pensées, il ne peut pas les suivre. Elles passent, le voient somnoler, le laissent en paix et poursuivent leur chemin. Il n'est pas capable de retenir l'une d'elles. Elles sont trop rapides." (note éditeur)

Un livre difficile à résumer qui n'est pas à proprement parler un échec de lecture. Beaucoup de passages sont formidables de décalage, de drôlerie, très bien écrits. Mais c'est dense, j'ai eu l'impression que je ne pourrai jamais en venir à bout. Et ce style de littérature et d'humour, c'est bien quand ce n'est pas trop copieux. Et là, ça l'est trop. Je frise l'overdose. Dommage parce qu'il y a des paragraphes excellents, absurdes comme peuvent l'être parfois certains écrits de Boris Vian ou Raymond Queneau. En quatrième de couverture, est cité Samuel Beckett, mais j'avoue avoir beaucoup moins de connaissances sur lui que sur les deux autres que je cite, mais ce que j'ai pu en lire me donne à penser que cette référence n'est point usurpée.

Ce roman a eu le Prix Fémina Étranger.

Lus dans le cadre du club de lecture de la médiathèque municipale qui a pour prochain thème : les petits éditeurs. Dans la liste, il y a aussi que j'ai déjà lu et chroniqué, l'excellent Cannisses de Marcus Malte (chez Atelier in8) et le non moins fabuleux La folie Giovanna d'Élise Galpérine (chez Nicolas Chaudun)

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I hunt killers

Publié le par Yv

I hunt killers, Barry Lyga, Éd. Msk, 2013

Jazz est un adolescent qui vit à Lobo's Nod. Son père Billy est en prison. Un serial killer avec plus de 120 assassinats à son actif. Billy a élevé Jazz seul, lui a tout appris de ses meurtres, l'a même fait participer à des suppressions d'indices. Depuis, Jazz est évidemment perturbé, ne sait pas s'il est "normal" ou s'il peut à tout moment basculer dans l'horreur de crimes. Lorsqu'un cadavre est découvert dans une plaine de Lobo's Nod, il enquête. Lorsqu'un second corps est découvert, il parie pour un serial killer qui imiterait son père. Pas d'autre moyen pour lui, pour prouver son innocence que de tenter de trouver le coupable.

Ce livre est présenté dans un sac à pièces à conviction accompagné d'une bande jaune "police line do not cross", d'un avis de recherche, d'une carte d'identification de corps et d'un doigt coupé -en plastique, ouf- puisque le tueur coupe des doigts de ses victimes et en laisse un sur le lieu du crime. Résolument bâti pour la jeunesse, c'est un roman policier qui pourtant présente de vraies longueurs. On comprend que Jazz puisse s'interroger sur son risque ou même son éventuel passage à l'acte criminel, mais ses doutes et ses interrogations reviennent très (trop) régulièrement. Cela pourrait être intéressant s'ils évoluaient, mais les questions sont finalement toujours les mêmes. Elles ralentissent le rythme du roman, notamment dans sa première partie. Et puis, lorsque Jazz commence à cerner le tueur, le rythme s'emballe et la fin est suffisamment bien construite pour tenir jusqu'aux ultimes lignes.

L'idée de départ est bonne : le fils d'un serial killer qui connaît toutes les "ficelles du métier" si je puis m'exprimer ainsi qui part à la recherche de tueurs. Qui pourrait être mieux placé ? Nul doute que ce thriller- qui appelle une suite- fera la joie des jeunes lecteurs. La mienne fut un peu émoussée parce que je ne suis pas vraiment la cible voulue (je viens juste de sortir de l'adolescence... enfin de celle de ma fille) et que le style adopté ne me sied point. Non pas que je n'aie pas apprécié, mais en terme de polars, j'ai lu mieux. Mais, parmi les adultes moins grognons et rabat-joie que moi, il pourrait bien y en avoir qui se laissent séduire par ce livre, si l'on oublie les quelques fautes d'orthographe (de frappe), comme : "C'était donc à ça qu'ils ressemblaient, cette bande d'allumés, persuadés que Billy étaient victimes d'une machination..." (p.279) ou encore : "Quand t'es entré ici... engoncé dans ton armure, froid, avec l'air du fil de pute le plus blindé du monde." (p.302), cette dernière faute qui, vous me l'accorderez amoindrit un tantinet la portée de l'insulte, ou alors est en rapport avec un travail de couture d'une sus-nommée (sans arrière pensée ni jeu de mots) péripatéticienne, et quelques autres dans les pages précédentes

Pour résumer, pas une déception, mais plutôt un bon roman policier quand on est le public ciblé. Je vais donc de ce pas le poser près des lecteurs potentiels de la maisonnée.

Les lignes du début pour allécher : "C'était une belle journée. Le champ était superbe. Sauf qu'il y avait un cadavre." (p.9)

Merci Anne.

 

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