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Mais je fais quoi du corps ?

Publié le par Yv

Mais je fais quoi du corps ?, Olivier Gay, Ed. du masque, 2014.....

Fitz est dealer, un petit qui ne deale que dans les beaux quartiers de Paris, juste pour ses besoins quotidiens. Lorsqu'il va manger chez ses parents le dimanche, pour leur présenter le visage d'un fils idéal,  il demande à Déborah, de jouer le rôle de sa copine, ce qu'elle est d'ailleurs de temps en temps. Lorsque Georges Venard, un député très en vue lui demande ce dimanche de le livrer chez lui de quelques grammes, malgré ses principes de ne pas travailler ce jour de la semaine, Fitz accepte, les 500 euros de prime promis aidant à cette décision. Mais lorsqu'il arrive chez le député, la porte reste close, Fitz croise un homme dans l'escalier qui le dévisage. Fitz laisse des messages sur le portable de G. Venard, mais rien n'y fait. Le lendemain, il apprend que le député est mort, soi-disant suicidé. Puis Fitz se fait agresser, reçoit des menaces de mort. Est-ce en lien avec Venard, avec un mari trompé belliqueux, un client ou un concurrent ?

Troisième aventure de John-Fitzgerald Dumont dit Fitz, après Les talons haut rapprochent les filles du ciel et Les mannequins ne sont pas des filles-modèles, toutes deux fort réussies, cette troisième l'est tout autant. Plus sombre néanmoins, plus noire. Fitz change et on en est des témoins privilégiés. Dans ce troisième tome, il est moins question de nuits parisiennes, de drague. Fitz se sent très menacé et risque même de perdre ses amis Déborah et Moussah. Pour lui, ils iront au-delà de ce qu'ils pensaient pouvoir faire pour un ami au risque d'exploser leurs rapports. On sourit et on rit un peu dans la première partie, parce que Fitz est quand même un dilettante, un mec plutôt joyeux, puis l'humeur s'assombrit dans la seconde avec quand même quelques saillies d'Olivier Gay comme par exemple : "Une ombre s'interposa devant le néon et je levai les yeux pour croiser un regard dur et froid comme le sexe d'un castor lapon." (p. 275) 

Je ne suis pas loin de penser que ce troisième opus est le meilleur de cette série (pour le moment, car la fin laisse présager une suite) : on assiste en direct aux changements des personnages travaillés plus en profondeur, l'intrigue est plus fouillée, plus maîtrisée. La force de ce polar, c'est aussi l'écriture d'Olivier Gay, tour à tour légère puis plus sombre, elle suit ou précède ou colle parfaitement à Fitz. Le petit plus c'est encore de créer un monde très personnel, une équipe de choc : un clubbeur-jet-setteur qui mène la danse, assisté d'une prof d'histoire accro aux rails de coke, un vigile balaise, un hacker invisible (mais qui est esquissé en ouverture et fermeture du livre) avec qui Fitz ne communique que par PC interposé et qui a pris les commandes de celui de Fitz, et l'ex de Fitz, commissaire de police qui n'intervient que pour tenter de le remettre dans le droit chemin.

A la maison, nous sommes deux fervents amateurs des aventures de Fitz, moi-même donc (c'est pas beau de commencer par soi, mais c'est pour laisser un peu de suspense) et mon fils, petit lecteur (c'est un euphémisme) qui l'a apprécié dès sa première apparition, qui a aussi lu la suite et à qui je vais passer sa (momentanée) dernière, je l'ai déjà appâté avec la couverture sans rien lui dire du contenu, sauf que je le trouvais encore meilleur que les autres.

Pour finir, une anecdote de lecteur : comme j'étais ferré, je voulais connaître le dénouement de l'intrigue rapidement, je n'ai donc pas lâché le roman avant d'avoir réponses à mes questions. Et puis, une fois la solution lue, j'ai savouré lentement l'épilogue, posant le livre pour regarder par la fenêtre, pour dire un truc sans importance (si si, ça peut m'arriver) à l'un des enfants ou à Mme Yv, puis je reprenais une page pour rester encore un peu en compagnie de Fitz et de ses amis, pour prolonger les moments passés avec eux...    

Un bel avis sur Médiapart, chez Claude Le Nocher,

 

 

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Théorie de la vilaine petite fille

Publié le par Yv

Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad, Zulma, 2014.....

Les sœurs Fox, Kate, une douzaine d'années et Margaret, trois ans de plus sont les témoins de phénomènes étonnants qui surviennent dans la vieille et pauvre ferme de leurs parents à Hydesville, dans l'état de New York au beau milieu du XIXe siècle. Dans ce pays en pleine construction, très puritain, Kate découvre son pouvoir de médium. Elle initie Margaret, et grâce à Leah, leur sœur de vingt ans leur aînée qui vit à Rochester, la grande ville la plus proche, elles vont inventer le spiritisme, attirer l'amour et la haine, la curiosité, la dévotion, le scepticisme ou de violentes attaques. Elles seront connues bien au-delà de leurs frontières. Dépassées, moquées, vilipendées, enviées, leurs vies ne seront pas de tout repos.

Hubert Haddad s'empare de la vraie vie des sœurs Fox (et oui, elles ont vraiment existé, et si vous cherchez sur le Net, vous trouverez encore et toujours des articles les encensant et d'autres les descendant en flèche, comme quoi elles restent bien présentes ; de là à croire à la présence des esprits...). Il y mêle des noms de célébrités de l'époque, de gens moins connus et également des personnages de fiction. Et tout cela fonctionne admirablement. Il s'intéresse tout d'abord à la personnalité des sœurs Fox et de divers personnages qui interviendront dans l'histoire. Le début du roman peut paraître un peu long, demande attention et persévérance et l'on peut parfois se demander pourquoi untel ou untel est cité, mais on sait que tous se rejoindront un moment ou un autre ; l'écriture de H. Haddad est là pour nous tenir, et heureusement, parce que la mise en scène passée, le reste du bouquin est un délice et se dévore jusqu'au bout (398 pages).

Il en vient rapidement aux premiers signes des esprits : "C'est alors que se fit entendre un claquement répété ; elle dénombra une douzaine de coups vivement martelés suivis de trois coups plus puissants et espacés, tout à fait comme l'annonce du brigadier sur le plancher des anciens théâtres, en signe des apôtres et de la Trinité" (p.41) Kate vient de découvrir son don de médium, et l'esprit qui l'habitera toute sa vie, elle le nomme "Mister Splitfoot". Le reste de l'histoire est l'enchaînement qui emmènera les sœurs Fox sur les grandes scènes, dans la belle société étasunienne de l'époque ; leur ascension est fulgurante, ce qui excite les jalousies et les conversions de certains flairant le bon filon pour se faire de l'argent ; c'est l'avènement des médiums et spirites en tout genre, charlatans et autres (si tant est qu'on ne croie pas déjà que tous sont des charlatans)

Hubert Haddad ne se contente pas de tirer le portrait des sœurs, il les replace dans leur époque et décrit l'Amérique de la seconde moitié du XIXe siècle. Le rattachement du Mexique à l'Union, la guerre de sécession, les luttes pour les droits des noirs, ... On croise quelques personnalités connues et d'autres beaucoup moins ou oubliées comme Frederick Douglass, né esclave, qui deviendra homme politique et conseiller de A. Lincoln, abolitionniste convaincu et convaincant qui militera également pour les droits des femmes, le premier homme noir à atteindre d'aussi hautes fonctions (il conclura l'un de ses discours par : "Right is of no sex- Truth is of no colour- God is the father of us all, and we are all brethren !" (p.274) 

Ce qui a fini de me convaincre et qui est pour moi la plus grande qualité du bouquin -parmi toutes celles qui l'habitent-, c'est l'écriture de Hubert Haddad. De longues ou très longues phrases, dans un langage châtié, aux tournures élégantes, empli de mots rares mais néanmoins connus ("furibonderie", "séditieuse", "méjuger", "impécunieux", pour n'en citer que quelques uns) et d'autres nettement moins courants. Je me dois d'avouer ici en public que je n'aime pas trop les textes dans lesquels trop de mots que je ne connais pas sont inscrits, j'ai la flemme d'ouvrir un dictionnaire et j'oublie leur existence et a fortiori leurs définitions peu après. Mais maintenant que grâce à Liliba, j'ai un dico tout neuf, je me fais un plaisir de l'ouvrir, et second aveu ici même, jamais je n'ai autant cherché avec plaisir des définitions de mots que dans ce livre ; j'attendais même avec gourmandise le moment ou j'allais en trouver un inconnu de moi : "canitie", "liliale", "stertoreux", "égrotant", "épigone", "cachectique", "cippe", "amaurose", "cariatide", "valétudinaire", "herméneutique" (je connaissais ces quatre derniers, mais point leurs significations)

Vous l'aurez compris, ce roman est une vraie réussite, un de ceux que l'on ne quitte qu'avec regret, un de ceux qui instruisent et distraient les lecteurs simultanément, un de ceux dont on se dit que là, on a lu un grand roman et que tout le monde devrait le lire, un de ceux dont on aimerait que notre enthousiasme à son propos soit communicatif !

Plus de renseignements sur le site de l'éditeur Zulma.

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Bilan

Publié le par Yv

Je ne sais pas s'il y aura des lecteurs pour ce billet qui clôt 2013, en forme de bilan. J'ai pioché très vite, juste par le souvenir des titres les livres qui m'ont marqué cette année. Je préfère d'ores et déjà m'excuser auprès de tous les auteurs que j'ai lus et aimés et qui ne sont pas dans cette liste, c'est purement subjectif, et je précise même qu'en m'y penchant plus sérieusement, plus longuement, j'aurais pu ajouter puis retrancher, puis re-rajouter puis re-retrancher des titres ; c'est par définition une liste qui ne vaut que pour un bref moment ; parfois des livres peuvent se révéler plus tard, au hasard d'une relecture et d'autres peuvent retomber dans un relatif anonymat. Et comme je ne la voulais point trop longue, j'ai dû faire une sélection sans pitié. Le classement est simplement celui de mon ordre de lecture dans l'année, enchaînant romans, polars, BD, sorties de l'année et livres plus anciens :

- J'aurai ta peau Dominique A, A. Le Gouefflec et O. Balez (Glénat),  BD originale

- La servante et le catcheur, H. Castellanos Moya (Métailié), dictature sud-américaine

- La trilogie de Jussi Adler-Olsen (Misericorde, Profanation et Délivrance), la suite est en cours -voir en fin de billet- (Albin Michel)

- Où faire pipi à Paris, C. Briand (Attila éditions), cadeau de mes enfants, donc d'office dans la liste

- Athos en Amérique, Jason (Carabas), BD hors du commun

- J'ai fait comme elle a dit, P. Thiriet (Jigal éditions), polar rapide et déjanté

- Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, J. Tardi (Casterman), titre explicite

- Histoire d'Alice qui ne pensait à rien (et de tous ses maris, plus un), F Dannemark (Robert Laffont), un peu de douceur 

- Je nagerai jusqu'aux premiers rapides, JL Poli (Christophe Lucquin éditions), très beau texte sur l'accompagnement en fin de vie

- Passerelles, D. Lin (Elan sud), fin et profond

Trottoirs du crépuscule, K. Campbell (Fayard noir), polar addictif, vivement la suite

- La disparition de Jim Sullivan, T. Viel (Minuit), roman français et américain, maîtrise et jubilation totales

- La vie est un tango, L. Lunar (Asphalte éditions), roman noir cubain désespéré mais pas désespérant

- Les nigauds de l'oubli et autres saloperies, I. Gremizzi (Castor Astral), décalé, étrange, drôle et superbement écrit

- Deadline à Ouessant, S. Pajot (L'atelier Mosesu), un petit tour en Bretagne ? 

- Jeanne l’Étang, P Le Querec (Bruit blanc), une expérience de lecture

- L'Exécution, R. Badinter (Audiolib éditions, lu par C. Berling), essentiel, indispensable

- Goldstein, V. Kutscher (Seuil), la suite des aventures de G. Rath dans le Berlin des années 30

- Syngue Sabour, Pierre de patience, A. Rahimi (POL), roman de l'attente, superbe

- Avec les hommes, M. Hirsch (Intervalles), un voyage entre Paris, Israël et Brest

- La méthode Arbogast, B.de la Peine (Minuit), jubilation de bout en bout

- Concerto pour la main morte, O. Bleys (Albin Michel), écoutez la petite musique du piano en Sibérie

- La piste des sortilèges, G. Victor (Vents d'ailleurs), légendes et vodou

- Les ombres, Zabus et Hippolyte (Phébus), BD originale et forte, très moderne

- Sotchi inventaire, JC Taki (Intervalles), un voyage en Russie sur les pas de la femme aimée

- Yeruldelgger, I. Manook (Albin Michel), roman noir exceptionnel en Mongolie

- Les faibles et les forts, J. Perrignon (Stock), réquisitoire contre le racisme

- L'ange gardien de Montevideo, F. Polleri (Christophe Lucquin), étrange, original et fascinant

- Femmes en colère, collectif (In8), 4 nouvelles noires

- Monsieur, JP Toussaint (Minuit), un univers à la Tati

- W ou le souvenir d'enfance, G. Perec (Gallimard), Perec, inévitablement

 

Voilà pour les lectures qui m'ont marqué en 2013 (plus toutes celles que j'ai oublié d'inclure dans cette liste). Pour conclure, sachez, pour vous faire saliver, que j'ai eu la chance de lire en exclusivité trois livres qui vont sortir dans quelques jours, trois romans excellents (voire plus), mon année-lecture commence très très fort avec -roulement de tambour- :

- Théorie de la vilaine petite fille, de Hubert Haddad (Zulma)

- Mais je fais quoi du corps ?, de Olivier Gay (Le Masque)

- Dossier 64, de Jussi Adler-Olsen (Albin Michel)

A bientôt alors, si vous voulez en savoir plus sur ces trois livres et sur la suite...

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Agenda Le Chat

Publié le par Yv

Agenda Le Chat 2014, Philippe Geluck, Ed. Casterman

"- Aimez-vous non pas Brahms, mais joindre l'utile à l'agréable, quoique aimer l'un n'empêche point d'aimer l'autre ? Eh bien moi, oui. Enfin, moi oui, j'aime joindre l'utile à l'agréable, parce que Brahms, je connais pas beaucoup, mon ignorance ès musique classique frôlant le crasse. Bon, en fait, ce que je voulais dire avant de me laisser déborder par mes piètres capacités musicales, c'est que comme dans beaucoup de maisons bien remplies, l'agenda en est une pièce importante voire indispensable. Dès lors, pourquoi se contenter d'un agenda triste, lorsqu'on peut en avoir un joyeux ? Hein, je vous pose la question.

-On ne dit pas "hein", Yv, de même qu'on ne met pas les doigts dans son nez en public ni même qu'on ne se gratte les...

- Oui, oui d'accord, j'ai compris, je ne recommencerai plus, c'est promis, mais bon, un peu de tenue quand même je tiens une chronique correcte ici, voyons. Bon, je disais avant d'être malpoliment interrompu par je ne sais même pas qui d'ailleurs, qu'avoir un agenda ne dispensait pas du fait d'en avoir un drôle et utile. Vous y pensez, M. Geluck (que je renonce -provisoirement- à appeler par son petit nom, mon culot lui ayant sans doute fait peur, puisqu'il ne s'est pas manifesté ; je rappelle à ceux -ouh, ouh- qui ne lisent pas régulièrement mon blog -ouh, ouh- qu'ils peuvent suivre ma vie avec P. Geluck ici et  entre autres) le fait pour vous. C'est-y pas beau ? Dessins hebdomadaires...

- Hein, des dromadaires ?

- Mais non, des chats mais hebdomadaires. Et puis d'abord, toi non plus on ne dit pas "hein" de même qu'on ne se gratte point le nez et qu'on ne met pas les doigts dans son...

- Stop, ça va, ça va, j'ai compris, non mais... des chats chaque semaine quoi.

- C'est cela même -désolé, hein, je me suis emporté, et ne me dis pas que j'ai redis "hein" et que...-, donc des chats chaque semaine, de la place pour écrire ses rendez-vous, un annuaire final et même le calendrier de 2015, mais où va-t-il chercher tout cela?

- Et tout ça pour seulement 15 euros ! Ce qui rapporté au mois fait 1,25 euro.

-Exact et je dirais même plus, ça ne fait que 0,0410958904109589... par jour très cher...

- Ben non, c'est pas cher du tout

- Oui, ben en fait si tu ne m'avais pas interrompu, je voulais dire très cher ami

- Ah, d'accord, c'est comme qui dirait que je vaux beaucoup.

- C'est cela même très cher, c'est cela même... Tiens, à ce propos, je vais même t'en faire cadeau, comme Noël approche. C'est chouette non ?

- Ben, j'croyais que t'avais parlé de chat, pas de chouette, et puis, 0,041 centimes, pour un ami cher, c'est pas cher payé.

-Hein (Ah zut) ? Mais ce n'est pas le prix qui compte, parce que chaque jour, en l'ouvrant ou en le consultant tu penseras à la personne qui te l'a offert, pas mal, n'est-il pas ? D'ailleurs, à ce propos, je remercie bien fort la personne qui me l'a gentiment offert et qui se reconnaîtra

- Hein (ah flute alors), tu refiles les cadeaux qu'on te fait ?

- Que nenni, mon généreux donateur m'en a offert deux, j'en fait profiter un ami cher pour pas cher."

En vente, entre autres, sur le site de P. Geluck.

 

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L'appareil photo

Publié le par Yv

L'appareil photo, Jean-Philippe Toussaint, Minuit, 1988....

Le narrateur, jeune homme dont on sait peu de choses décide de passer son permis de conduire. Il pousse la porte d'une auto-école et tombe sous le charme de la jeune femme qui y officie. Il revient sous des prétextes divers, s'installe dans le bâtiment et dans la vie de Pascale, la jeune femme et elle dans celle du jeune homme.

JP Toussaint est maître dans l'art de raconter des vies normales (certains diraient banales, mais je n'utilise pas ce mot pour son côté un rien péjoratif). Le narrateur et Pascale vivent la naissance de leur histoire. Rien d'exubérant, du concret, du classique. Je ne sais pas vous, mais il me semble que même si la rencontre avec l'Autre et les jours qui suivent restent des moments assez forts dans une vie, force est de constater que (sauf exception) les circonstances ne sont pas souvent exceptionnelles : ami(e) d'ami(e)s, soirées, collègues, ... C'est cela que raconte JP Toussaint avec toute l'ironie, l'humour et le détachement que j'ai déjà évoqués pour La salle de bain et Monsieur. Pour bien mettre son lecteur en situation, il commence ainsi :

"C'est à peu près à la même époque de ma vie, vie calme où d'ordinaire rien n'advenait, que dans mon horizon immédiat coïncidèrent deux événements qui, pris séparément, ne présentaient guère d'intérêt, et qui, considérés ensemble, n'avaient malheureusement aucun rapport entre eux. Je venais en effet de prendre la décision d'apprendre à conduire, et j'avais à peine commencé de m'habituer à cette idée qu'une nouvelle me parvint par courrier : un ami perdu de vue, dans une lettre tapée à la machine, une assez vieille machine, me faisait part de son mariage. Or, s'il y a bien une chose dont j'ai horreur, personnellement, c'est bien les amis perdus de vue." (p.7)

Je ne cite pas cet extrait au hasard, j'aurais pu en choisir nombre d'autres, comme celui (excellent et assez long) où le narrateur, assis sur une cuvette des toilettes d'une station-service, réfléchit en mangeant des chips (p.31/32), ou d'autres encore. Non, celui que je cite, est d'abord l'incipit du roman et ensuite, il résume une grande partie de ce que l'on y trouvera : humour décalé, télescopage d'idées et des propos, belles phrases longues et travaillées, ... 

Pour lire et aimer JP Toussaint il faut aimer tout cela ainsi que le minimalisme des situations, des décors et même des descriptions des personnages, chacun se faisant ses propres images. Par exemple, lorsqu'il décrit la salle des cours de code ou même le moniteur qui fait ces cours et celui qui enseigne la conduite, je me suis revu, enseignant de la conduite -eh oui, dans une autre vie, j'ai fait cela, une douzaine d'années-, je me suis même fait peur rétrospectivement, me disant que mes petites blagues bien pourries -qui ne faisaient rire que moi, et qui continuent d'ailleurs à ne faire rire que moi, mais tant pis, j'insiste, peut-être parviendrais-je à convertir de futurs disciples- devaient faire le désespoir de mes élèves. Parenthèse fermée. Pour lire Toussaint et l'aimer il faut aussi accepter de ne pas avoir forcément une réponse à toutes les questions qu'il aborde, de voir des portes ouvertes dans ces romans ne pas forcément se refermer.

JP Toussaint excelle dans le genre petite vie qui par un détail se trouve bousculée. Ses personnages ne sont ni antipathiques, ni sympathiques, ils sont, simplement. Vivants, ils n'aspirent à rien d'autre qu'à une vie simple, emplie de joies et de bonheurs simples, mais non dénuée de coups durs ou de moments plus difficiles. Des vies ordinaires. Dit comme cela, ce n'est pas vendeur sans doute. Beaucoup de lecteurs n'ont pas envie de lire dans des romans leur quotidien. Qu'ils se rassurent, écrite par JP Toussaint la vie de ses personnages ordinaires prend un ton extraordinaire. 

Babelio recense quelques avis, JP Toussaint a aussi un site.

 

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Une si longue lettre

Publié le par Yv

Une si longue lettre, Mariama Bâ, Ed. Le serpent à plumes, 2001 (Les nouvelles éditions africaines du Sénégal, 1979)....

Modou, le mari de Ramatoulaye Bâ vient de mourir. Quelques années auparavant, après vingt-cinq ans de mariage et douze enfants, il avait pris une seconde épouse de l’âge de sa fille aînée, délaissant Ramatoulaye et ses enfants. C’est cela que raconte Ramatoulaye dans cette longue lettre à son amie Aïssatou, partie du pays lorsque son mari avait fait la même chose. Mais dans cette lettre, il est aussi question de la condition des femmes au Sénégal, des mariages forcés, de leur absence de droits

L’an dernier, en classe de seconde, mon fils a étudié ce livre. Je lui avais dit que je le lirai et puis, les autres livres venant, j’ai reculé et oublié. Et puis, cette année (bon en fait, techniquement, ce sera l’an prochain, puisqu’en janvier) pour la prochaine rencontre du club de lecture de la bibliothèque, le thème est les auteures africaines, et cette longue lettre est dans la liste. Ni une ni deux, je fonce dans la chambre du fiston et je lui pique son bouquin dans lequel je me plonge. Un peu laborieux au départ, j’avoue n’avoir commencé à aimer qu’au bout d’un certain nombre de pages et que d’autres ont été survolées. Mais malgré cela, c’est un livre fort qui va droit au but et dit clairement l’absence de droits des femmes, leur obligation de se soumettre à l’autorité masculine, leur mise à l’écart lorsqu’elles osent dire non, les mariages forcés, la polygamie. Certaines, de la génération de Ramatoulaye, se rebellent, "Car, premières pionnières de la promotion de la femme africaine, nous étions peu nombreuses. Des hommes nous taxaient d’écervelées. D’autres nous désignaient comme des diablesses. Mais beaucoup voulaient nous posséder. Combien de rêves avions-nous alimentés désespérément, qui auraient pu se concrétiser en bonheur durable et que nous avons déçus pour en embrasser d’autres qui ont piteusement éclaté comme bulles de savon, nous laissant la main vide ?" (p.36)

Cette lettre fait aussi le point sur les différentes classes sociales, sur ce que sont prêtes à faire certaines femmes pour monter dans la société : véritablement vendre leurs filles à des hommes plus âgés et riches bénéficiant d’une position sociale enviable, elles deviendront des co-épouses, leurs mères accédant ainsi à une vie plus facile : maison, nourriture, argent, … Elles joueront leurs cartes au détriment de celles de leurs filles (elles pensent à elles bien sûr, arrangent leurs mariages pour leur bien, pour qu’elles aient une vie moins difficile que les leurs). Les premières épouses acceptent, contraintes, la concurrence, se consolant comme elles peuvent : "Je me disais ce que disent toutes les femmes trompées : si Modou était du lait, c’est moi qui ai eu toute la crème. Ce qui restait, bah ! de l’eau avec une vague odeur de lait." (p. 78). Lorsque Ramatoulaye se retrouve veuve, elle est, malgré ses cinquante ans, ses nombreuses grossesses qui l’ont déformée, la cible d’attentions masculines dues plutôt à son rang et à l’argent que son mari lui a laissé. Elle refuse toute demande : "Je survivais. Je me débarrassais de ma timidité  pour affronter seule les salles de cinéma ; je m’asseyais à ma place, avec de moins en moins de gêne, au fil des mois. On dévisageait la femme mûre sans compagnon. Je feignais l’indifférence, alors que la colère martelait mes nerfs et que mes larmes retenues embuaient mes yeux. Je mesurais aux regards étonnés, la minceur de la liberté accordée à la femme." (p. 99)

Écrites en 1979 certaines pages sont encore criantes d'actualité en Afrique sûrement (je ne suis point spécialiste de ce continent, mais j'imagine que les femmes ont encore du boulot pour atteindre l'égalité des droits) mais aussi chez nous où les écarts de salaires perdurent, les tâches ménagères ne sont pas équitablement partagées (chez moi non plus, c'est moi qui m'y colle !), etc., etc., je vous la fais courte. Un paragraphe pourrait expliquer le manque d'engagement des femmes en politique (avis que je partage entièrement) : "Je ne veux pas faire de politique, non que le sort de mon pays et surtout le sort de la femme ne m'intéressent. Mais à regarder les tiraillements stériles au sein d'un même parti, à regarder l'appétit de pouvoir des hommes, je préfère m'abstenir." (p. 137)

A méditer. Comme une très grande partie de cette longue lettre. Moi qui ai du mal à écrire une simple carte postale. Un livre à mettre en miroir avec le Madame Bâ d'Erik Orsenna que j'ai lu il y a un petit moment et qui lui est une sorte d'hommage.

D'autres avis sur l'inévitable Babelio et sur Libfly

 

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W ou le souvenir d'enfance

Publié le par Yv

W ou le souvenir d'enfance, Georges Perec, Gallimard L'imaginaire, 1993 (Denoël, 1975).....

Récit croisé qui alterne une fiction : un homme, déserteur qui vit sous le faux nom de Gaspard Winckler reçoit un jour un courrier étrange lui donnant rendez-vous. L'homme qu'il rencontre lui dit qu'il connaît sa fausse identité et qu'il doit retrouver le vrai Gaspard Winckler, disparu en mer, aux abords d'une île appelée W. Dans cette île, le sport est roi, il régit toute la société. L'autre partie est une autobiographie de Georges Perec avec ce que l'exercice peut comporter d'inexactitudes, de manquements, d'oublis. A priori deux textes qui n'ont rien en commun.

Je me souviens du premier livre que Georges Perec que j’ai lu : Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? (si je passe sur des extraits de Je me souviens lus au lycée ou dans des ouvrages divers). Approche assez tardive de cet auteur qui m'intimidait. Ce court roman que j’ai chroniqué dans mes débuts bloguesques (je demande votre indulgence) m’avait emballé et je m’étais promis de continuer à lire cet auteur que j’ai eu l’imprudence de nommer Pérec ce qui m’a valu une remarque fort à-propos autant que judicieuse d’une lectrice me précisant qu’il n’y avait point d’accent sur Perec. Faute corrigée, j’ai ensuite fait attention à ne pas la reproduire, et là, dans son autobiographie l’auteur lui-même donne l’explication de l’origine de son patronyme : "Mon grand-père s'appelait David Peretz et vivait à Lubartow [...] ... entre 1896 et 1909 Lubartow aurait été russe, puis polonaise, puis russe à nouveau. Un employé d'état civil qui entend russe et écrit en polonais entendra, m'a-t'on expliqué, Peretz et écrira Perec. Il n'est pas impossible que ce soit le contraire : selon ma tante, ce sont les Russes qui auraient écrit "tz" et les Polonais qui auraient écrit "c". Cette explication signale, plus qu'elle n'épuise, toute l'élaboration fantasmatique, liée à la dissimulation patronymique de mon origine juive, que j'ai faite autour du nom que je porte et que repère, en outre, la minuscule différence existant entre l'orthographe du nom et sa prononciation : ce devrait être Pérec ou Perrec (et c'est toujours ainsi, avec un accent aigu ou deux "r", qu'on l'écrit spontanément) ; c'est Perec, sans pour autant prononcer Peurec."(p.56/57)

G. Perec, né en 1936 vit donc la guerre, son père meurt en 40 des suites d’une blessure de guerre et sa mère (déportée, elle mourra en 1943) l’envoie à Villard-de-Lans en zone libre, dans une institution religieuse. Dès lors, Georges Perec se promènera entre l’institution, les logements de ses tantes, de sa grand-mère.

L’autre partie du livre, fictionnelle, est elle-même composée en deux parties : l’une concernant Gaspard Winckler jusqu’à ce qu’on lui demande d’aller sur W, puis ensuite, W elle-même, cette île sur laquelle le sport est roi. D’une société idyllique, utopique au départ, très vite G. Perec montre les travers : élitisme, eugénisme, abrutissement des masses, embrigadement, lois farfelues, … W est une dictature dans laquelle le sport est le moyen de gouverner. Chez certains c’était le communisme, chez d’autres le nazisme. W est une sorte de démonstration de tous les totalitarismes. On pense évidemment à Hitler et les nazis qui ont décimé des millions de juifs (dont les parents de l’auteur) et d’autres communautés, mais aussi et malheureusement à beaucoup d’autres ; G. Perec conclut son livre par ses mots : "J’ai oublié les raisons qui, à douze ans, m’ont fait choisir la terre de feu pour y installer W : les fascistes de Pinochet se sont chargés de donner à mon fantasme une ultime résonance : plusieurs îlots de la Terre de Feu sont aujourd’hui des camps de déportation. [Livre écrit entre 1970 et 1974]" (p.222)

Le lien entre ces histoires est donc là, dans la folie des Hommes de vouloir le pouvoir et la domination à tout prix.

Point n’est besoin de dire que ce livre est à lire absolument pour qui veut connaître un peu plus Perec. Je ne me permettrai pas de faire des remarques sur son écriture si ce n’est de vous dire qu’elle me plaît toujours autant et que dans ce bouquin très sombre, il ne peut s’empêcher d’y glisser quelques sarcasmes ou traits d’humour légers qui tirent des sourires. J’ai noté, souligné nombre de paragraphes, de pages entières et je vais finir par celle qui m’a le plus marqué, malheureusement tronquée pour manque de place (notée et soulignée, c’est dire !) :

"Je ne sais pas si je n’ai rien à dire, je sais que je ne dis rien ; je ne sais pas si ce que j’aurais à dire n’est pas dit parce qu’il est indicible (l’indicible n’est pas tapi dans l’écriture, il est dans ce qu’il l’a bien avant déclenchée) ; je sais que ce que je dis est blanc, est neutre, est signe une fois pour toutes d’un anéantissement une fois pour toutes. […] … je n’écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n’écris pas pour dire que je n’ai rien à dire. J’écris : j’écris parce que nous avons vécu ensemble [avec ses parents], parce que j’ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leur corps ; j’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture ; l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie."(p.63/64)

De Georges Perec, je ne peux que vous conseiller, en plus de W ou le souvenir d'enfance l'excellentissime La vie mode d'emploi, et le texte d'une de ses conférences, Ce qui stimule ma racontouze... 

Plus d'avis sur Babelio, Libfly

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La tête en l'air

Publié le par Yv

La tête en l'air, Paco Roca, Éd. Delcourt, 2013 (traduit par Carole Ratcliff)...,

Ernest, atteint d'un début d'Alzheimer fait son entrée dans une maison de retraite spécialisée. Le passage à la vie en communauté est rude, il sera aidé par Émile, son voisin de chambre, joyeux drille toujours prêt à une bonne blague voire une petite entourloupe.

Bande dessinée qui traite d'un sujet pas facile mais tellement d'actualité. On n'échappe pas aux pertes de mémoire, aux pertes d'autonomie, aux douleurs de s'en rendre compte. "La vieillesse est un naufrage" disait le Général De Gaulle, à propos du Maréchal Pétain. Tout cela est montré, mais comment passer outre ? Écrire ou dessiner un livre sur les vieux en maison de retraite et sur ceux qui souffrent de maladies dégénératives sans montrer tous les aspects négatifs serait une tromperie sur la marchandise. Rassurez-vous, tout est bien montré, mais Émile est là pour mettre un peu de gaieté et d'entrain dans la maison. Dès qu'il y a une bêtise à faire, il ne peut s'en empêcher, un peu comme Wilfred dans Quartet de Dustin Hoffman, un film dit en passant qu'il faut voir si ce n'est déjà fait. La vision de la maison de retraite n'est ni idyllique ni plombante. L'auteur, en fin de volume explique que toutes les personnes dessinées sont inspirées de parents d'amis, de gens rencontrés dans les maisons de retraite qu'il a visitées pour bien connaître son sujet. Son récit est tellement crédible que l'on pouvait presque se douter de cette précision. 

Le dessin est clair, précis, lisible ainsi que la police utilisée dans les phylactères, couleurs proches de la réalité. Un bel album dont a été tiré un film qui, au vu de la bande-annonce semble très fidèle au livre.

 

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Libfly et Babelio recensent quelques avis

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Monsieur

Publié le par Yv

Monsieur, Jean-Philippe Toussaint, Minuit, 1986.....

Monsieur est un jeune homme indécis. Il vit sa vie sans vraiment y participer. Il flotte sur les événements qui le guident. Une promotion. Des rencontres. Une fiancée. Qui part. Un voisin. Qui lui demande de collaborer à l'écriture d'un livre sur la géologie. Il ne sait pas dire non. Doit fuir son appartement pour ne plus écrire. Monsieur peut-il prendre enfin les commandes de sa vie ?

Je continue ma découverte du monde de JP Toussaint par son deuxième roman, Monsieur, dont le moins que je puisse dire, c'est d'une part qu'il m'a emballé et d'autre part que l'auteur a décidément un univers bien à lui. Comme je le dis dans ma présentation, Monsieur, qu'on ne connaîtra que sous ce nom, est un jeune homme qui ne prend aucune décision, qui ne rêve que d'être la discrétion même. Il se cache derrière sa responsable au travail, ne sait pas dire non à son voisin qui l'oblige donc à collaborer à l'écriture de son bouquin, et lorsqu'il réussit à s'échapper, c'est pour tomber dans une famille dans laquelle il doit donner des cours au fils. Monsieur vit à l'économie, bouge, parle le moins possible, ne se fait pas remarquer, n'a pas de volonté ni de désir, ne sait pas prendre de décision. Lorsqu'il est au restaurant avec une femme, par exemple, il ne sait qui doit payer l'addition, "Finalement, proposant de couper la poire en deux, Monsieur, ne s'en sortant pas, suggéra de diviser l'addition en quatre et de payer lui-même trois parts (c'est le plus simple, dit-il, d'une assez grande élégance mathématique en tout cas)." (p.108)

Présenté comme cela, avec ce type de personnage, je sens bien que ce roman, ne va pas attirer les foules. Ennui et longueurs en perspective. Mais que nenni ! C'est tout le contraire. D’abord, il est court (111 pages), et ensuite, JP Toussaint crée une ambiance unique, entre l'absurde et le quotidien, entre le rêve et la triste réalité. Non dénué d'humour, c'est le récit jouissif de la plate vie de Monsieur, entrecoupé de passages drôles, décalés et d'extraits du livre qu'il tape à la machine, totalement imprévisibles -courts et incompréhensibles sauf par les amateurs de cailloux- : "L'or natif, que l'on trouve dans la nature à l'état de corps simple, est souvent finement disséminé dans la gangue quartzeuse des filons aurifères et dans les sulfures, la pyrite par exemple, le mispickel, deux i, la pirrotite, deux r deux i, et  la stibine -comme ça se prononce." (p.72). Vous ne comprenez pas ? N'aimez pas ? Moi, j'adore. Je me régale avec ce genre de parenthèses improbables, je rigole à les lire et les relire et même à les copier pour mon billet. En prime, je me délecte de l'écriture de JP Toussaint, phrases plutôt longues, travaillées, très ponctuées pour le rythme -ou l'absence d'icelui-, vocabulaire et tournures recherchés.

En faisant des recherches, je suis tombé sur le site de l'auteur, recensant ses livres et les films tirés de ceux-ci. La salle de bain (son premier roman dont je parle ici) est un film de John Lvoff, avec Tom Novembre. Monsieur est un film de l'auteur lui-même. Sur son site, on peut voir des extraits, et il me faut voir ces films absolument. Il y a du Tati là-dedans assurément. Compliment que l'on peut d'ailleurs étendre aux romans de JP Toussaint.

 

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