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59, passage Sainte-Anne

Publié le par Yv

59, passage Sainte-Anne, Frédérique Volot, Presses de la cité, 2014....,

Octobre 1861, Mimi Pattes-Maigres, une comédienne dans les théâtres populaires, femme de petite vie disait-on à l'époque est retrouvée suicidée. Marthe, son ex-collègue devenue Mme de Germonville par la grâce d'un heureux mariage ne croit pas à cette version. Elle s'en ouvre à son amant, Achille Bonnefond, détective privé, qui trouve un message étrange chez Mimi Pattes-Maigres. Puis c'est au tour d'un informateur d'Achille de mourir, atrocement mutilé. Il ne lui en faut pas plus pour partir à la recherche du ou des meurtriers aidé de son fidèle ami Félix, et d'un allié moins commun, Allan Kardec, le plus célèbre spirite du Second Empire. 

Achille Bonnefond, je l'avais déjà rencontré lors de sa précédente et première aventure, La Vierge-Folle. Le voici donc de retour avec ses amis, Baise-la-Mort, Félix et Tamara sa servante avec laquelle il a des liens quasi filiaux. Dans ce roman, Achille renouera avec sa famille, ses oncles, tante et cousin(e)s, qu'il n'a plus vue depuis très longtemps pour cause de fâcherie avec ses parents. Les parents d'Achille sont très à cheval sur les convenances, veulent être de la bonne société et le montrer. Achille s'en moque et aspire à une vie simple néanmoins non dénuée des avantages que lui procure l'argent qu'il gagne, car Achille est un jouisseur. Il donne beaucoup aux pauvres également, de l'argent certes, mais aussi du temps et de la considération, sans se forcer, il aime les gens, c'est dans sa nature. Il aime aussi beaucoup les femmes et n'est pas insensible (c'est une litote) aux charmes de sa cousine Garance qu'il avait quittée gamine agaçante et qu'il retrouve jeune femme libre et pleine d'ambition.

Ce roman n'est pas vraiment un polar même si enquête il y a, c'est plutôt une chronique de la vie parisienne au Second Empire. Paris est totalement transformé par Haussmann, certains s'y enrichissent et les pauvres sont obligés de s'éloigner du centre, de s'entasser dans des quartiers insalubres, tombant ainsi encore plus dans les difficultés pour trouver un emploi, pour se loger décemment. De cette période, on a souvent une mauvaise image, souvent à cause de Victor Hugo d'ailleurs qui ne s'est pas privé de dire ce qu'il pensait de Napoléon III, qui a même été obligé de s'exiler. Mais Victor Hugo n'était pas totalement objectif, à cette époque, Paris a changé, s'est modernisé, les mœurs ont évolué. Attention, je ne fais pas d'angélisme, et d'ailleurs Frédérique Volot non plus, elle dit bien que les riches se sont enrichis, les pauvres appauvris et que tout ne fut pas rose. Mais pas noir non plus.  "Splendide! s'exclama-t-il en refermant la fenêtre. L'hôtel sera prêt pour la prochaine Exposition universelle. Je suis épaté d'assister à toutes ces transformations. Paris sera d'ici peu la plus belle ville du monde ! [...] La spéculation allait bon train. Certains propriétaires profitaient de la moindre occasion pour augmenter les loyers de façon vertigineuse. Même si les deux tiers de la population étaient représentés par des petites gens et petits-bourgeois, il n'en restait pas moins vrai qu'une partie, chassée de chez elle, se retrouvait à la rue, démunie, obligée d'aller trouver refuge dans les carrières de Montmartre ou de l'autre côté des fortifications." (p. 35)

Son livre est aussi un point assez précis sur une pratique très en vogue dans ces années-là, le spiritisme (V. Hugo a aussi assisté à des parties de tables tournantes). Directement venu des Etats-Unis, inventé par les sœurs Fox (à ce propos, lisez le formidable roman de Hubert Haddad, Théorie de la vilaine petite fille qui sera un complément au livre de F. Volot), le spiritisme a très vite franchi les frontières et séduit de nombreuses personnes. Allan Kardec, de son vrai nom Hippolyte Léon Denizard Rivail, très impliqué dans la pédagogie et l'enseignement en fut l'un des théoriciens célèbres au XIX° siècle. Par la retranscription des séances auxquelles participent Allan Kardec et son épouse, deux médiums et Achille ainsi que le jeune scientifique Camille Flammarion, l'auteure donne à son texte des airs d'irréalité. Le spiritisme, pour moi incroyant, ça reste à la fois un mystère et une formidable mystification, mais aussi un contexte ou des circonstances fortes pour écrire une histoire mystérieuse, qui laisse planer un doute sur l'authenticité de telles pratiques. F. Volot joue à fond cette carte, et tant mieux, son roman se teinte d'une grosse touche de surnaturel.

Hors cela, le roman est enjoué, Garance apporte une légèreté et un supplément de modernité -pensez-vous une femme de 1861 qui revendique sa liberté- dont il n'était déjà pas exempt, Achille étant un esprit moderne. Très bien mené, même sans une véritable enquête policière sur toute sa durée, il se lit avec grand plaisir et même avidité sur la fin ou les choses s'emballent et le suspense grandit.

Evidemment, la suite est attendue, j'espère Frédérique -vous permettez que je vous appelle par votre petit nom ?-, que vous en me décevrez pas et que vous continuerez à faire vivre Achille.

Oncle Paul a aimé lui aussi.

 

polars 2015

rentrée 2014

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Le détroit du Loup

Publié le par Yv

Le détroit du Loup, Olivier Truc, Métailié, 2014....,

En Laponie norvégienne, c'est le printemps, la lumière domine très largement les journées, la nuit ne dure encore que quelques heures en cette fin avril, mais elle diminuera encore. C'est aussi la période de la transhumance des rennes des éleveurs nomades qui doivent passer le détroit du Loup pour aller chercher leur nourriture dans l'île de Kvaløya, à l'extrême nord, aux abords de la ville de Hammerfest, au bord de la mer de Barents, célèbre pour ses gisements de pétrole et leur exploitation. Au cours du passage du détroit, Erik Steggo, un jeune éleveur meurt de ce qui semble être un accident. Puis, le maire de Hammerfest, personnalité très connue et controversée, est retrouvé mort près d'un rocher sacré. Et ils ne seront pas les seuls à mourir étrangement. Klemet Nango et sa jeune collègue Nina, de la police des rennes se retrouvent mêlés aux recherches. 

Après le fabuleux premier polar d'Olivier Truc, Le dernier Lapon, revoici Nina et Klemet pour une deuxième aventure. J'ai lu ici ou là, chez Hélène par exemple, ou chez Sylire que l'on pouvait se perdre dans tous les intervenants. Fort de ces remarques, je ne me suis pas précipité et ai bien repéré, dès le début qui était qui et qui faisait quoi. Dès lors, que croyez-vous qu'il arriva ? Eh bien, rien d'autre que le même plaisir qu'à la lecture du premier tome, la surprise en moins, puisque je connaissais déjà les deux policiers et leur univers de grand froid, sauf que dans le roman précédent, la nuit s'amplifiait et le jour diminuait jusqu'à disparaître quasiment et que là, c'est l'inverse. Les hommes et les femmes vivent difficilement ces journées de 22/23h, les organismes réagissent, le sommeil s'allège et malgré le soleil et la relative clémence des températures (il gèle encore les nuits), la fatigue se fait sentir. En plus, il faut bien dire que les morts successives, et les heurts de plus en plus fréquents entre les éleveurs nomades et les autres habitants n'apaisent pas l'ambiance.

La force de ce roman policier c'est son contexte : la tradition, l'élevage nomade des rennes que les Sami -ou Lapons-, peuple autochtone de cette partie du Grand Nord veut pérenniser et moderniser, mais aussi l'extraction du pétrole en mer de Barents qui implique des infrastructures, des demandes immobilières croissantes -donc sur les terres qui nourrissent les rennes-, des transformations radicales des paysages et l'éveil de la nature au printemps avec ses beautés et ses dangers dus à la fonte des glaces. Olivier Truc n'oppose pas de manière manichéenne ces deux mondes, il les décrit ; néanmoins, on sent bien qu'il y a plus de requins chez les pétroliers que chez les éleveurs, beaucoup plus d'argent en jeu également. Sans prendre vraiment partie, on lit ce bouquin avec une sympathie évidente pour les Sami -ou c'est ma sensibilité écolo qui me le fait lire dans ce sens, peut-être un fervent partisan de la prospection pétrolière le lira-t-il d'une autre manière ? Il y a beaucoup de conflits, de triche, de coups bas dans le monde des pétroliers, mais les Samis ne sont pas protégés des ambitieux, des individualistes prêts à se vendre au plus offrant. 

C'est un roman très documenté sur les débuts de la prospection pétrolière en mer de Barents dans les années 1970, qui utilisait et usait les hommes pour toujours plus de profit. Extrêmement instructif sans être barbant. C'est aussi un livre qui va à l'encontre de quelques idées reçues concernant la Norvège, un des pays qui sert de modèle et de référence dans pas mal de domaines : "Vous êtes Norvégienne non, alors faites-moi plaisir, n'oubliez jamais comment votre pays s'est enrichi. En risquant délibérément la vie de plongeurs hier et en bafouant les droits de vos Sami aujourd'hui."(p. 398) Si je précise que ce discours est celui d'un Américain, on en mesure l'ironie et la portée et l'on ne peut s'empêcher de l'associer à l'histoire de son pays. On pourrait aussi rajouter qu'en mer de Barents, la Norvège est un gros pollueur et un destructeur de la zone d'extraction du pétrole. 

Impossible dans ce livre d'isoler le contexte de l'histoire policière, qui, à la manière d'un polar nordique suit son cours lentement, les indices n'arrivant qu'au compte-goutte, Klemet préférant prendre son temps : "Dans un moment pareil, Klemet n'aurait pas manqué de la [Nina] ramener sur terre. Elle l'entendait presque lui dire : quels liens, quelles preuves, comment relies-tu untel à untel, techniquement ? Elle l'entendait encore lui répéter : oublie le motif, concentre-toi sur les éléments concrets de preuve dont tu disposes et remonte le fil." (p.202) Klemet reste encore très secret sur sa vie, on en avait appris un peu dans Le dernier Lapon ; dans ce roman, c'est Nina qui se dévoile. Une belle place est faite également aux personnages secondaires, ceux qui font avancer l'histoire. 

Une deuxième enquête menée de main de maître par Olivier Truc qui prouve son talent pour à la fois nous instruire sur un pays et ses pratiques, une région très particulière et un peuple attachant -moi qui rêve de visiter les pays du nord plutôt que ceux du sud, j'avoue que mon envie a grandi à chaque page tournée- et pour nous distraire avec des personnages eux aussi attachants, crédibles et des enquêtes habiles qui ne s'éclaircissent qu'en toute fin d'ouvrage. Un dernier conseil pour finir ? Lisez ce roman, bien sûr, mais prenez la peine de de commencer par le précédent, Le dernier Lapon afin de ne rien rater de cette série qui promet.

 

 

polars 2015

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Le crépuscule du mercenaire

Publié le par Yv

Le crépuscule du mercenaire, André Fortin, Jigal Polar, 2014...

Stanley est un petit voyou qui pratique le vol à l’arrachée de colliers en or, sacs à mains. Il est repéré à la gare Saint Charles de Marseille par Ange Simeoni, un autre voyou, rangé, mais qui ne rechigne pas au coup ponctuel qui lui rapportera de quoi contenter la belle Marie-Lou, sa femme. Ange est aussi un indic, celui du commissaire Juston, le principal collaborateur d’un juge d’instruction qui a hérité d’une affaire de blanchiment d’argent, qui tourne vite à l’affaire politique lorsqu’un membre du cabinet d’un ministre se fait voler sa mallette pleine d’argent sale à nettoyer, gare Saint Charles. Par Stanley, pour une collaboration avec Ange qui lui-même n’est qu’un sous-traitant.

On suit également Marc Kervadec, agent de la DGSE, dans les années 1990, lorsque de temps en temps il revient en France et qu’il tombe amoureux de Margot, puis sous un autre nom quelques années plus tard en plein cœur de la françafrique en tant que conseiller pour des chefs d’état.

André Fortin a été juge, c’est dire s’il connaît les arcanes du système judiciaire. Pour le reste, j’imagine qu’il s’est documenté, et fort bien pour donner à son histoire autant de réalisme. On se croirait en plein dans une affaire dont on nous rebat les oreilles depuis trente ans et un peu plus en ce moment, car il faut bien dire que certains se gavent un peu plus que les autres et ont carrément non plus des casseroles aux fesses mais carrément des batteries de cuisine entières. Je ne comprends pas comment les politiques, des gens normalement sensés et censés être l’élite de notre pays peuvent encore croire qu’ils pourront impunément piquer dans les caisses pour leurs comptes personnels ou pour se faire réélire.

Quand on ouvre un polar d’A. Fortin, on ne lit pas un livre duquel on ressort groggy par le rythme imposé. Au contraire, le juge prend son temps et l’auteur également, celui de nous expliquer les détails, les dessous des affaires. Le contraire serait totalement irréel lorsqu’on connaît le rythme de la justice française. Néanmoins, pour donner de la cadence à son livre, la construction en courts chapitres alternant les protagonistes est une excellente idée : un pour le juge et le flic, un pour les voyous Stanley et Ange, un autre pour Marc Kervadec et ses amours et un pour le barbouze qui conseille les chefs d’état africains pour le compte de l’état français. Malgré cela, je dois dire que parfois, c’est un peu long, le roman peine à vraiment démarrer et il faut un premier fait commun à deux histoires pour que ça commence à bouger réellement. 

Amateurs de sensation forte, préférez par exemple les livres de Jacques-Olivier Bosco chez le même éditeur -son prochain m'attend. Mais si vous avez plutôt le goût pour les grandes enquêtes, longues, compliquées et très bien expliquées –on comprend tout, parce qu’André Fortin est un excellent pédagogue-, très réalistes, assez loin de nous, mais en même temps proches puisqu’on en parle beaucoup dans les actualités, laissez-vous charmer par l’écriture et les romans d’André Fortin dont ce dernier qui parle par exemple très bien de ce qu'on nomme toujours la françafrique malgré la promesse d'un ancien Président de ne plus se mêler des histoires des pays de ce continent -je vous rappelle que selon lui "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire-", promesse qu'il s'est empressé d'oublier dès lors que des richesses -ressources exploitées par des entreprises françaises en l’occurrence- étaient en péril. Double discours dont parle André Fortin en ces termes : "Un gisement d'uranium découvert quelques mois auparavant constituait la pomme de discorde entre la France et son ancienne colonie. Paris s'était rendu compte, trop tard, que Cyrille Soumaré n'était peut-être pas l'homme de la situation. Mieux aurait valu un dictateur cupide, ç'aurait été tellement plus simple..." (p. 162) C'est cynique, totalement amoral, mais les intérêts financiers de quelques sociétés cotées en bourse prévalent sur la qualité de vie de quelques Africains...

Le mieux, si vous hésitez entre punch et enquête plus pointilleuse, c’est d’essayer les deux et ainsi de varier les plaisirs, Jigal a un catalogue divers et étoffé…

 

rentrée 2014

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Menace

Publié le par Yv

Menace, Muriel Houri, Flamant noir, 2014....

Léo est veuf depuis deux ans. Mathilde sa femme est morte dans des circonstances qu'on ne connaît pas et depuis, Thomas, son fils de douze ans le déteste. Léo a rencontré Esther six mois auparavant et tous les deux ont décidé de vacances en commun au fin fond de la Bretagne, à quatre. Léo et Thomas. Esther et sa fille Morgane, douze ans également. Très vite ce qui devait être un séjour pour tenter de créer un semblant de lien familial tourne à un affrontement père/fils à une alliance inattendue des enfants contre leurs parents. Chacun ayant quelque chose à se reprocher, on se demande qui va lancer le premier les hostilités. C'est alors que l'environnement, la maison et son entourage et les quelques très rares personnes qui passent font monter la tension déjà palpable. 

Un thriller implacable, dès le début, on sent que la situation ne pourra que s'envenimer, et pourtant, il suffirait de peu pour que tout soit différent, simplement que Léo et Thomas se parlent calmement, mais aucun des deux n'en est capable. Lorsque les deux garçons arrivent à la maison de vacances, la colère entre eux deux est déjà bien installée et dure, mais lorsqu'Esther et Morgane arrivent, une tension encore plus nette s'installe. Dès lors, n'importe lequel des protagonistes peut faire exploser le groupe et en arriver aux pires exactions. Léo, désemparé qui ne sait plus parler à son fils et qui peut avoir des accès de colères terribles ? Thomas, mutique, qui hait son père et encore plus sa nouvelle compagne et sa fille ? Morgane, inquiétante, perverse ? Esther, qui semble douce, éthérée et qui cache un secret pas très avouable ? Tous ont un truc à cacher. Voilà où l'on en est dès les premières pages. Ajoutez-y des mouettes menaçantes (un peu comme dans Les Oiseaux, le film d'A. Hitchcock), et puis, dès la page 61, des chapitres en italique d'un homme mystérieux qui a transformé son apparence et en veut à un(e) ou des personnes de la famille recomposée peut-être bientôt décomposée. Tous les ingrédients sont là pour faire de ce thriller un bouquin qu'on a du mal à lâcher. En plus, la construction du roman aide à faire monter l'angoisse créée par la situation. Courts chapitres dans lesquels les informations sont diffusées au compte-gouttes, ajoutant à chaque fois une face du personnage concerné que l'on ne connaissait pas encore. Une irruption d'un plombier local faisant des révélations sur le passé de la maison, qui elle-même devient une source de tension.  Et puis, cette belle idée de titre des chapitres : "Premier jour. Lundi. 8h43. Menace : 4%" (p.35), "Lundi. 11h23. Menace : 6%" (p.49), et comme ça pendant tout le livre, jusqu'aux inévitables 100% !

Trois voix pour ce thriller, celle de l'inconnu, en italique, celle de Léo et elle de Thomas. Muriel Houri fait bien la distinction entre toutes, notamment entre celles des adultes et celle de l'enfant, plus orale, enfantine, adolescente. Sa plume est directe, franche et va au plus court, c'est sans doute la raison pour laquelle son thriller ne fait que 243 pages, là où d'autres en font presque deux fois plus mais avec des longueurs, des considérations pas toujours utiles. Là, l'auteure ne fait pas dans la digression, et je l'en remercie, moi qui ne cours pas après les pavés parfois indigestes. 

Je ne suis pas spécialiste ni vraiment amateur du genre thriller, je n'en ai pas beaucoup lu, je ne saurai donc pas dire si l'auteure a pris référence là ou là, si son histoire ressemble à telle ou telle. Ce que je sais, c'est qu'elle m'a tenu en haleine et que les quelques reproches que je lui faisais au long de ma lecture, disparaissent d'un coup à la fin par un final inattendu qui les éclaire. Que demander de plus ? 

 

 

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Le chat passe à table

Publié le par Yv

Le Chat passe à table, Philippe Geluck, Casterman, 2014.... 
Le nouveau Le Chat est de sortie. Comme le précédent, La bible selon Le Chat, il se présente en deux volumes demi-format de 96 pages chacun, présentés dans une boîte, avec en prime La gazette du Chat, n° 8, à laquelle par ailleurs, on peut s'abonner gratuitement : pour cela, je vous laisse chercher les liens sur vos moteurs de recherches favoris. 

Le Chat revient donc fidèle à lui-même et pas à son maître, on le sait bien, contrairement à un chien ! Il revient donc avec ses légendaires, n'ayons plus peur des mots désormais, à notre époque où leur galvaudage est quasiment un exercice obligatoire pour tout présentateur télévisuel ou journaliste qui se respecte. Historique, la France qui bat l'Allemagne, euh, non, pardon, ça c'est utopique. Pouf, pouf. Historique donc, la France qui bat le Brésil -au foot évidemment, que les non-sportifs veuillent bien me pardonner cette ellipse ; je connais des hommes et des femmes qui ont fait l'histoire -enfin, quand j'écris "je connais", c'est une façon de parler, je ne les connais pas de visu ni même bibliquement, je connais leurs noms et parfois même leurs faits d'armes- qui doivent se retourner dans leurs tombes où qu'elles soient, eux et elles ou leurs actions sont historiques, pas un sportif qui met la baballe dans un but fut-il gardé par un autre sportif ! Mythique, le septuple vainqueur du Tour de France, avant bien sûr que sa statue ne soit rongée par les substances illicites et interdites -sans commentaire superfétatoire de ma part !

Bon, je disais avant de m'emporter et de laisser libre cours à mon désespoir de (ré)entendre un jour les intervenants des médias user d'un français approprié et mesuré, un langage idoine, que Le Chat revenait avec ses légendaires mauvaise foi, immodestie, gourmandise, absurdité et philosophie (comment ça c'est un pléonasme ?), mauvais goût, provocations, ... P. Geluck fait cette fois-ci moins dans le dessin d'actualité et/ou politique, même si l'un d'entre eux représentant une salle d'un café d'une ville gérée par le FN devrait faire parler de lui. Bon, vous le savez, j'aime Le Chat depuis longtemps et même si certains dessins me parlent moins, si d'autres font flop, je suis très bon public, parce qu'en plus, dans le lot, il y en a tout un tas qui marche très bien. Il est fort justement écrit en couverture : "Je l'avoue, je ne respecte rien." Moi non plus, alors, égratigner un peu Le Chat, c'est normal. Qui aime bien châtie un peu quand même mais pas trop, parce que bon, faut pas exagérer.

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Mémoires d'un appui-tête

Publié le par Yv

Mémoires d'un appui-tête, Marc Jolivet, Ed. de l'Aube, 2014....

Pierre Blistrac est en colère. Il a fait Paris-Marseille en TGV pour aller passer une audition de Premier violon pour l'orchestre philarmonique PACA. Son voyage fut exécrable, la faute au manque d'appui-têtes latéraux dans les trains : il n'a pas pu suffisamment se reposer et a raté son audition. Pierre organise la résistance, et bientôt se retrouvent autour de lui beaucoup de personnes, oubliés de la société. Le combat prend forme. 

Sait-on qu'on est devenu un vieux con lorsque les humoristes du moment ne nous font plus rire ? Personnellement, mes zygomatiques restent au repos assez souvent lorsque j'écoute la palanquée de nouveaux auto-proclamés humoristes qui, en fait, ne font que se refiler des expressions et des bonnes blagues entre eux : il suffit que l'un trouve un bon truc pour que tous foncent dessus : n'a t-on pas dépassé l'overdose sur la petite taille et les talonnettes de l'ancien Président, le manque de voix de sa dame, les rondeurs de notre actuel Président et sa supposée mollesse, ... ? Il me faut toute l'absurdité d'un Ben ou d'un Arnaud Tsamère pour me réconcilier avec la génération actuelle des rigolos, sinon, je tape dans les vieux pots : les excellents Frères Taloche -que je vais voir en fin d'année-, les inégalables François Morel et Stéphane de Groodt -qui, vous l'avez remarqué sont des acteurs-chroniqueurs- et mon chouchou depuis longtemps, que j'ai eu la chance de voir en spectacle, il y a pfff, quelques années, l'auteur de ce livre burlesque, Marc Jolivet !

En lisant cette histoire, on entend la voix de l'auteur qui nous la raconte à l'oreille. A partir d'une mésaventure banale, il construit une mécanique implacable, des enchaînements de faits qui montent crescendo. Un peu comme le livre ou le film La vague, mais en jouant sur l'humour, l'exagération, le burlesque : rappelez-vous que le combat est : "Des appui-têtes latéraux dans tous les trains du monde !" Un point de départ loufoque qui prend forme dans la tête de Pierre, qui attire et devient très vite un joyeux bordel, un amas foutraque d'idées venant des extrêmes droite et gauche, mais aussi de l'écologie et des diverses opinions courantes et/ou plus confidentielles : pour réussir, il faut faire plaisir à tous, promettre et ne pas tenir. Au départ, il s'agit quand même de défendre les plus faibles face aux plus forts qui leur demandent toujours de plus en plus en les payant moins. Marc Jolivet pousse le bouchon et l'on sourit... jaune lorsqu'on repense aux propositions récentes du Medef pour créer des emplois : abolir le SMIC, supprimer des jours fériés, revoir les différentes aides sociales et notamment la sécurité sociale et bien sûr revenir aux 39 heures sans augmenter les salaires... Qui finalement de Marc Jolivet ou des responsables du Medef est le plus excessif ?

J'ai ri. J'ai ri franchement. J'ai ri, plus inquiet. Dans son délire, Pierre marie Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pour une démonstration politique que ses suiveurs accueillent avec liesse, il met aussi en scène un journaliste, directeur du journal L'express, qui se fait appeler CB -pour info, Christophe Barbier signe la préface de ce livre- et qui demande à Pierre s'il se présentera à l'élection présidentielle : "Vous auriez une chance : vous avez le vent en poupe. Nos dirigeants sont tellement mauvais qu'aujourd'hui, tout le monde a une chance." (p. 148)

Marc Jolivet signe là un roman barré, rocambolesque, critique et méchant, un probable exutoire à sa colère contre le monde politique actuel très en-dessous de nos attentes et des contraintes mondiales. Je parlais récemment politique avec un ami et je faisais référence à un bouquin que j'ai lu il y a longtemps, Le principe de Peter de Laurence J Peter et Raymond Hull que l'on peut résumer très succinctement à cette phrase : "Tout homme tend à s'élever jusqu'à son niveau d'incompétence." Je crains que nos élites politiques y soient parvenues, il ne vient plus rien d'eux ni idées nouvelles ni réelle volonté de bouger et ce n'est pas le retour en politique -plus que prévisible- d'un ex qui changera la donne, il a largement participé à vérifier le fameux principe ci-dessus évoqué.

Sur ce, je vous laisse avec ce dernier avertissement :

"Ami lecteur, devant ces pages, ne te gausse point trop. Cette histoire se déroulera très prochainement. 2016 ? 2017 ? 2018 ? Seras-tu toujours présent ?" (p. 189) 

 

 

 

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Anomalie P

Publié le par Yv

Anomalie P, Stéphane Pajot, L'Atalante, 2014.....

Tristan Madec est l'un des conducteurs de l'éléphant des Machines de l'île de Nantes. Il est aussi recruté, en sa qualité de pêcheur de batraciens, par le professeur Jean Rostand qui étudie les grenouilles polydactyles du Lac de Grand-Lieu. Tristan est miné par la disparition de son jumeau une quinzaine d'années plus tôt sur ce même lac. Il est aussi adepte et consommateur du Batraxil, un comprimé aux effets similaires au LSD issu d'un mélange de glandes de crapauds.

Pablo est un futur marié qui, le soir de l'enterrement de sa vie de célibataire disparaît sur le lac de Grand-Lieu, on ne retrouve pas son corps.

Kalash est un tueur à gages qui supprime un marin ne voulant plus fournir la filière en crapauds bufo bufo, principal ingrédient du Batraxil, il lui semble que Tristan l'a vu tuer ledit marin. 

"Attention, âmes sensibles et esprits étroits s'abstenir !" est-il écrit en quatrième de couverture. Je confirme en précisant que rien n'est dur ou sanglant dans ce fabuleux court roman, "âmes sensibles" vaut surtout pour le sens premier d'âme puisque certaines d'artistes étant venus à Nantes et ayant eu un destin tragique se retrouvent dans les animaux du bestiaire des Machines de l'île -que vous devez absolument visiter, au moins aller sur le site voir les photos. En tant qu'habitué et amateur du lieu comme quasiment tous les Nantais, après ma lecture de ce livre, je ne verrai plus l'éléphant ni les animaux du Carrousel de la même manière, il se peut même que je m'arrête et que je tente d'entrer en communication avec eux ! 

"Esprits étroits", parce que Stéphane Pajot part dans un délire absolument formidable, basé sur les légendes liées au Lac de Grand-Lieu, notamment celle de la cité engloutie d'Herbauges, sorte de Sodome de la région qui fut noyée car rétive à l'évangélisation de Saint-Martin. Sous la plume de l'auteur elle perdure sous le nom d'Herbadilia, habitée et gouvernée par des grenouilles. Dès lors, il ne reste plus qu'à se laisser porter par la poésie, l'étrangeté de l'histoire et de ses personnages, tant les animaux vivants ou non que les hommes fictifs ou réels (le professeur Jean Rostand a bien existé, il est le fils d'Edmond et de Rosemonde Gérard dont il serait bien étonnant que vous ne connaissiez au moins un poème appris à l'école, et a bien étudié les grenouilles polydactyles*). Stéphane Pajot mélange tout cela dans un roman joyeux et jouissif. Il y ajoute même une part de polar, une histoire de dictature aux thèses proches de celles des nazis qui affronte aussi une Résistance, une part de fantastique, un récit naturaliste, un hymne à la nature, à la diversité et à la différence et un guide du Lac de Grand-Lieu et de la région nantaise. Et tout cela en seulement 154 pages ! Une fable, un conte qui se déguste lentement pour faire durer le plaisir.

Comme à chaque fois que je ressors d'un livre enthousiaste avec la folle envie de le faire partager au plus grand nombre, je me trouve maladroit et pas totalement en phase avec tout ce que j'ai envie de dire. Sachez que depuis septembre, j'ai lu avec bonheur quelques romans ou BD dans lesquels l'aventure est de retour, l'aventure à la Jules Verne. Celui-ci en fait partie avec une petite partie de folie en plus, un gramme de fantaisie qui m'a ravi. Et comme j'aimerais tellement que vous tous qui passez me lire régulièrement -ou pas- plongiez immédiatement dans le Lac de Grand-Lieu, je vous laisse avec le meilleur argument possible tiré de la page 123 du livre, celui qui résume le livre et ne peut que faire mouche auprès des plus curieux d'entre vous :

"Il suffit de percer la bulle du quotidien dans laquelle on vit, de balayer de temps à autre les codes, les idées toutes faites. Souvenez-vous des mondes fabuleux de l'enfance, des histoires extraordinaires." 

Stéphane Pajot est journaliste à Presse Océan, écrivain -j'ai déjà chroniqué pas mal de ses livres-, amoureux de sa ville, Nantes. Ce bouquin est né d'un projet autour de la légende d'Herbadilia, lui écrit le roman et avec Philippe Guihéneuf, un scénario pour un film, "un éco-polar fantastique où tout sera permis." (p.155) Vivement la projection !

Claude, d'Action-suspense en parle également.

*avec des doigts supplémentaires

L'Atalante est une maison d'édition nantaise et une librairie.

Dernière minute : Stéphane Pajot sera en rencontre-dédicace le mardi 14 octobre, à 19h30 à la Librairie Lise&Moi de Vertou. Je passerai le saluer et le remercier de m'avoir fait passer un aussi bon moment.

 

 

polars 2015

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Prague, faubourgs est

Publié le par Yv et Eric

Prague, faubourgs est, Timothée Demeillers, Asphalte, 2014...

2003, Marek a quitté Prague depuis sept ans pour les Etats-Unis avant d’y revenir, revoir ses amis Jakub et Katarina. Il espère que leurs retrouvailles seront à la hauteur de ce qu’était leur amitié. Ils ont vécu au cœur de la capitale de la République Tchèque avec les ivrognes, les junkies, les prostituées, arnaquant les touristes qui, après la chute du mur de Berlin et le démantèlement de l’ex-URSS ont commencé à venir découvrir des pays oubliés depuis des années. Mais le retour ne s’annonce pas aussi facile, au fur et à mesure que Marek se rapproche de l’instant des retrouvailles son angoisse et ses souvenirs remontent en lui.

Lecture commune pour ce livre, mon ami Éric, par ailleurs co-blogueur sur les huit plumes et moi-même avons donc lu ce roman paru chez Asphalte.

Roman à trois voix. Chaque narrateur intervient trois fois, soit neuf chapitres. D’abord Marek, nostalgique absolument plus en phase avec son pays, mais plein des souvenirs et très envieux de retrouver ces moments perdus ; une belle langue, pleine de phrases longues, qui raconte la vie de rapines et de deals que menèrent Jakub et Marek. C’est un véritable plan à arnaques dans lesquelles ne pas tomber lorsqu’on est touriste ! A emporter lorsqu’on voyage ! Marek parle du Prague des années 90 au sortir du joug russe, l’ouverture au monde occidental, le rêve de l’abondance, de la consommation qui tourne vite au cauchemar de l’inflation, du capitalisme et des salaires qui ne suivent pas et donc de la frustration, puis des économies parallèles pour s’en sortir : prostitution, drogue, alcool, …

Ensuite, Scott, un touriste étasunien qui fait une virée entre potes pour se payer des filles de l’est soi-disant faciles, qui ne devraient faire aucune difficulté pour tomber sous les charmes des Américains, surtout ceux des billets verts. Scott décrit la Prague actuelle, celles des bouges, des rades miteux, des lupanars, décevante forcément, sauf peut-être pour ceux venant chercher du sexe.

Enfin, Jakub, l’ami délaissé, désabusé qui use d’une langue totalement pessimiste voire mortifère, violente et crue, revendicatrice, bourré de points d’exclamation. Jakub le trahi qui se défonce encore plus qu’avant, qui ne voit même plus sa ville, qui ne la reconnaît plus, mais qui reconnaîtrait-il, lui devenu un quasi clochard alcoolique et toxico au dernier degré ?

Le livre de Timothée Demeillers est sombre, carrément noir, pas une once d’espoir, il me couperait même mes envies de visiter Prague, moi qui en parlais encore récemment avant d’avoir lu ce roman. Maintenant, je me questionne, la place Venceslas est pleine de drogués et de dealers, le pont Charles n’est pas mieux… C’est le point noir de ce bouquin, je le trouve vraiment démoralisant, mais je dois dire que je ne connais pas la ville et que T. Demeillers, lui, la connaît, et que je suis sans doute très naïf !

Par contre, il y a en son sein de très bons points, le fait que pour chaque narrateur, l’auteur prenne un ton et un style particuliers qui font que si l’on pose le livre et qu’on le reprend en ayant oublié avec lequel on était, on le sait dès les premières lignes. Une belle maîtrise de la langue et du déroulement narratif qui laisse si ce n’est du suspense un intérêt jusqu’à la toute fin.

Asphalte publie là son premier roman français, et coup double, Timothée Demeillers signe là son premier roman, pour lequel j’émets quelques réserves quant à la noirceur mais qui fait preuve de promesse plus qu’engageantes. Assurément, Asphalte doit garder cet auteur que je suivrai avec plaisir et curiosité.

 

 

rentrée 2014

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Un fantôme dans la tête

Publié le par Yv

Un fantôme dans la tête, Alain Gagnol, Le Passeur, 2014....,
Marco Benjamin est lieutenant de police à Lyon, sur une enquête difficile : un tueur en série dépèce littéralement des jeunes filles, les viole et les laisse pour mortes. Déjà quatre filles ont été retrouvées pareillement mutilées. Puis, Marco est mis sur la piste d'une autre victime par Ismaël, un médium-gourou d'une communauté paisible d'Ardèche. C'est Marco qui découvre la jeune fille qui succombe dans ses bras. Là, trop c'est trop, entre son divorce qui ne se passe pas bien, sa fille de 16 ans qui... a 16 ans quoi, et le cadavre de cette jeune fille, Marco pète un câble. Il est en arrêt de travail, voit un psy et s'invente un personnage, un super héros, Suicide-Man qui pourra lui semble-t-il résoudre cette enquête ! 

Autant prévenir tout de suite, il vaut mieux avoir l'estomac bien accroché pour résister à la description du cadavre de la quatrième victime, et ce, dès les premières pages. Mais, finalement, je ne sais pas par quel miracle l'auteur réussit l'exploit de faire passer cela assez aisément. Un peu comme ces gens qui savent raconter des blagues dégueulasses qui font rire tout le monde alors que si j'en raconte une à moitié moins sale, je vais me faire huer ! Sans doute, ce qui fait passer la cruauté, c'est l'humour -noir évidemment- présent dans ce bouquin. Certaines situations, très visualisables, sont irrésistibles, comme cette chevauchée de Marco dans un champ, poursuivi par une vache, voire même cette nuit où accoutré de son T-shirt de Superman -j'en ai un moi aussi, tout neuf, que j'arbore fièrement, mais je ne me sens pas l'âme d'un super héros, trop épuisant- il sauve une famille d'un détraqué. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman, à la fois, une partie franchement glauque, terrible, des gens qui ne vont pas bien, tant le tueur, évidemment un grand malade que le flic, un peu dépressif voire beaucoup par moments, et tout cela est présenté avec une bonne dose d'humour, des situations décalées, des personnages loufoques. Ajoutons à cela une petite dose de paranormal, d'ésotérisme, bienvenue pour alléger encore le propos, une communauté post-hippie à l'hôtesse d'accueil charmante, une rivalité entre flics, et l'Inspection Générale des Services qui attend de Marco qu'il fasse les pires infractions au règlement, histoire d'entrer au Guinness autant lui qu'eux et de pouvoir dire : "je le connais, j'y étais !", ...

Lecture facile, texte très dialogué avec des réparties savoureuses, des situations très drôles, d'autres beaucoup moins, mais avec souvent un trait d'humour. Les chapitres sont courts, ça donne du rythme à un livre qui n'en manque déjà pas. L'écriture est efficace, à la fois glaçante mais avec toujours le mot ou les mots qu'il faut pour faire descendre la tension. En l'ouvrant, j'ai regardé comme je fais toujours, le nombre de pages, 354. Bon, quelques jours, je me suis dit. Tu parles Charles ! Une seule journée -bon d'accord un samedi peinard- et une longue soirée, jusque tard dans la nuit. Attention donc, risque de dépendance !

Ce formidable polar commence ainsi :

"La fille était morte quand elle a été violée. Et ça, c'était la bonne nouvelle. Quand l'information en provenance du bureau du médecin légiste s'est répandue dans les bureaux, les visages ont pris un air soulagé."(p. 11)

PS : Je découvre là en même temps, Le Passeur éditeur et Alain Gagnol qui n'en est pourtant pas à son premier roman, et qui multiplie les talents, figurez-vous qu'il est aussi le co-réalisateur d'un film d'animation que j'ai beaucoup apprécié -et que je vais sûrement revoir, ça m'a donné l'envie, il faut que je trouve le DVD-, Une vie de chat. Si vous hésitez, n'hésitez plus, lisez le roman et regardez le film !

 

 

rentrée 2014

polars 2015

 

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