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Le carnaval des animaux

Publié le par Yv

Le carnaval des animaux, Camille Saint-Saëns, Eric-Emmanuel Schmitt, Pascale Bordet, Albin Michel, 2014.....

Eric-Emmanuel Schmitt livre là sa version du carnaval des animaux, pas la musique, non, il garde l'oeuvre de Camille Saint-Saëns, mais écrit un texte, en vers, ceux qui existaient avant ne collaient pas assez à la musique selon l'auteur. Camille ne se trouve pas beau et ne plaît pas aux femmes. Un soir, il s'endort plein de bonnes résolutions pour remédier à cet état de fait et rêve. Trois superbes femmes apparaissent et comme un défi, lui demandent de leur rapporter des animaux. Camille préfère les faire vivre par sa musique. C'est alors un déluge de notes qui s'abat sur les trois femmes, subjuguées. 

Au travers de cette histoire Eric-Emmanuel Schmitt insiste sur la création de la musique, explique des détails qui auraient pu échapper au profane que je suis et dans son texte léger et drôle pointe tout son amour de la musique en général et de ce carnaval en particulier que nous sommes nombreux à avoir écouté enfants. Son long poème est rythmé, quelques jeux de mots avec les noms des femmes, des tournures de phrases comiques, tout est fait pour plaire au plus grand nombre, comme la musique écrite par Saint-Saëns. Quelques airs me sont revenus en mémoire, d'autres pas. Certains animaux, tels le coucou, le coq ou l'âne sont quasiment immédiatement reconnaissables, d'autre moins, mais la musique est belle et le texte entraînant ou vice-versa. A ce stade, je dois une petite précision : un CD est offert avec le livre, le texte est lu par Anne Roumanoff, bon, ce n'est pas ma voix féminine préférée, mais on peut, en sélectionnant n'écouter que la musique, ce que j'ai finalement fait. La musique est "jouée par Pascal Amoyel et ses amis musiciens".

Le livre est richement illustré d'aquarelles de Pascale Bordet, vives, colorées, dynamiques, drôles, belles.

Pour résumer, un beau livre-CD à écouter et faire écouter aux grands et aux petits.

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Allemagne, Allemagne !

Publié le par Yv

Allemagne, Allemagne ! Felipe Polleri, Éd. Christophe Lucquin, 2014 (traduit par Christophe Lucquin).....

Un Anglais fou, mort depuis plusieurs années, réincarnation de Christopher Marlowe ou de William Shakespeare voire des deux, raconte sa vie, sa participation à la seconde guerre mondiale en tant que membre du contre-espionnage de sa Majesté.

Un Allemand en état psychique proche du précédent prend le relais : fils de Josef Mengele, il raconte comment cet héritage est lourd et pourquoi il a dû tuer son père. 

Felipe Polleri est fou -je crois que son traducteur et éditeur l'est tout autant, d'abord pour s'être lancé dans l'aventure de l'édition (à ce propos, pour survivre, il lance un appel à contribution sur la plate-forme Kisskissbankbank, il serait fort dommage qu'il disparaisse), ensuite pour choisir des textes originaux et décalés et enfin pour traduire Felipe Polleri de l'espagnol (Uruguay). Pas fou dangereux, enfin, je ne crois pas, non, il écrit des livres : L'ange gardien de MontevideoBaudelaire. Ces deux derniers dont j'ai parlé ici même ne sont pas exempts de cette folie, tant celle de l'auteur que celle de ses héros. Allemagne, Allemagne ! est encore pire, si je puis m'exprimer ainsi. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. Ou plutôt, je suis sûr de n'avoir pas tout compris. Mais ce n'est pas grave, le plaisir de lecture n'est finalement pas dans le sens de ce qu'on lit mais dans les sons, les mots, la poésie, la violence, la folie, ...

Felipe Polleri procède par images, par allusions, des noms glanés ici ou là nous aiguillent sur notre lecture -à condition de posséder un dictionnaire ou d'aller visiter Wikipédia ou tout autre site d'informations. Beaucoup de références au docteur Prinzhorn, psychiatre allemand et historien d'art, qui a notamment observé les dessins et œuvres de fous ; il en a tiré un ouvrage qui a enthousiasmé Paul Klee et les surréalistes. Fort heureusement pour lui, il est mort en 1933 avant que les nazis lui fassent des misères puisque son travail faisait parte de ce qu'ils appelaient l'art dégénéré. Abondamment cité, il soigne les différents narrateurs de ce livre, il peut être aussi considéré comme l'inspirateur -ou le psychiatre ?- de l'auteur, tellement son écriture pourrait se retrouver qualifier de surréaliste ou d'automatique. F Polleri fait appel aux Fantômes, aux Martiens aux Krak : "Les humains s'étaient croisés, des millénaires plus tôt, avec les insectes, pour créer les Krak qui, comme tous les maîtres, avaient violé durant des générations les adolescentes martiennes. Le Fantôme, débarqué par erreur sur la terre quand il avait cinq ou six ans, nous avait confondus avec les Krak, et en nous tuant, ne faisait rien de plus que de venger sa mère." (p.47)

En tant qu'Uruguayen, il ne fait pas l'impasse sur les nazis venus se réfugier dans son pays et plus largement en Amérique du Sud (cf. SS in Uruguay, de Serge Gainsbourg, dans son excellent album Rock around the bunker, que j'ai eu en tête après cette simple phrase, page 166 : "Il y a des nazis en Uruguay")

Les trois narrateurs, Christopher, Parsifal et Antoine sont fous, pour diverses raisons : "En parlant d'autre chose, ce sont peut-être les coups que papa m'a donnés au cerveau dans le plus tendre des âges qui m'ont rendu fou. Des connexions se sont sûrement brouillées, et j'ai dû en créer d'autres pour continuer à fonctionner..." (p.56/57), un autre a subi une opération, très jeune dans laquelle les chirurgiens ont "extirpé l'euphorie de vivre" et "installé la timidité dans un bloc opératoire clandestin et oxydé", une sorte de résultat des expérimentations de J. Mengele.

Difficile pour moi d'en dire plus sur ce livre totalement décalé, que malgré ma relative -ou totale- incompréhension, je n'ai pas pu abandonner avant la fin (même si pour être totalement honnête, la troisième partie m'a moins plu), captivé et fasciné que j'étais par le pouvoir de Felipe Polleri à faire naître des sensations, à toucher son lecteur. Un bouquin unique. Un très beau travail de traduction, de correction (Edith Noublanche) et de mise en page (maquette : Marylin Cayrac). Que les éditions Christophe Lucquin vivent, elles le méritent parce qu'elles nous font découvrir des textes que l'on ne lirait pas autrement. 

 

rentrée 2014

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Dernier requiem pour les Innocents

Publié le par Yv

Dernier requiem pour les Innocents, Andrew Miller, Éd. Piranha, 2014 (traduit par David Tuaillon)....,

Paris, 1785, Jean-Baptiste Baratte, jeune ingénieur normand est embauché par le ministre du roi pour déblayer totalement le cimetière des Saints-Innocents ainsi que l'église attenante, sis en plein milieu de la ville, dans un quartier populaire. Plein, inusité depuis cinq ans pour cause de dangerosité -une fosse commune s'est déjà écroulée dans une cave avoisinante-, le cimetière dégage une odeur pestilentielle qui se remarque jusque dans la nourriture et les haleines des habitants. Néanmoins, le ministre prévient Jean-Baptiste qu'il sera soumis à l'hostilité des habitants qui ont leurs proches d'enterrés en ces lieux. En outre, vider un cimetière des tous les ossements est un acte symboliquement très fort. 

Très très bon roman historique sur un cimetière qui a existé et qui fut vidé, ainsi que d'autres à Paris, les ossements furent alors emportés vers des galeries d'anciennes carrières souterraines, appelées depuis lors, Les Catacombes. Très bien documenté, c'est un roman passionnant qui énonce les conditions de vie de l'époque, juste avant la Révolution, lorsqu'on commence à parler de salubrité et de santé publiques. Ce que l'on appellerait aujourd'hui les conflits d'intérêt sont aussi présents (comme quoi, nos politiques n'ont vraiment rien inventé), comme l'arrogance des grands envers les petits, surtout s'ils sont provinciaux, donc mal dégrossis. Le peuple travaille et vit dans ce quartier, proche des halles, c'est surtout une vie organisée autour du marché : beaucoup de commerçants et d'artisans. Ils vivent de peu mais plutôt bien. Jean-Baptiste arrive là, originaire de Bellême en Normandie, il découvre la vie parisienne, les petites rues, la verve gouailleuse des hommes et surtout des femmes. C'est un peu le Candide de service (Voltaire est mort à peine dix ans auparavant). Logé dans une famille respectable, il a d'abord du mal à se faire à l'atmosphère plombée par les odeurs émanant du cimetière, puis finalement s'y fait, devient ami avec Armand, l'organiste de l'église, avec Lisa la petite-fille du sacristain, tandis que Ziguette la fille de ses hôtes a quelques vue sur lui, un beau parti. 

Pour ce sale boulot, Jean-Baptiste fait appel à un ancien camarade ingénieur comme lui avec qui il a travaillé dans les mines à Valenciennes. Il descend avec trente hommes mutiques, pour certains qui ne parlent que -très peu- flamand. Des gars qui bossent et ne demandent en retour qu'une paie, un peu de gnôle et quelques libertés quant à leurs déambulations parisiennes qui seront néanmoins très limitées. De cette trentaine, on ne retiendra que quelques noms, quelques visages et les yeux violets de l'un d'entre eux.

Ce roman fait la part belle aux personnages dans leurs difficultés, leurs contradictions, leurs questionnements. Les relations entre eux sont détaillées, parfois houleuses, parfois très fraternelles. Il y aura un net rebondissement au mitan de l'ouvrage qui ouvrira une seconde partie totalement différente, plus noire, à la fois plus intérieure pour le héros et plus extérieure également, enfin, il s'ouvrira aux autres en s'affirmant. Evidemment Jean-Baptiste a le premier rôle, mais Armand et d'autres surviennent, l'aident à se construire, à se forger. C'est comme souvent, un roman initiatique, celui d'un jeune homme un peu emprunté qui devient un homme en passant des épreuves parfois rudes.

Pour être complet, je me suis un peu accroché pendant les 50 premières pages, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, une difficulté qui revient brièvement aux trois quarts du bouquin, mais tous les autres chapitres sont formidables (ce qui fait quand même 250 pages de très bonnes sur 300 !). L'écriture est très agréable, fluide, accessible, bien traduite (par David Tuaillon). Un pur plaisir que de lire ce requiem.

Les éditions Piranha signent là un fort bon roman, une deuxième bonne pioche pour moi chez eux après Carambole. Une belle couverture également, soigné, un plan de l'ancien paris, que l'on peut également voir en deuxième et troisième de couverture en plus détaillé et auquel, par pur curiosité, je me suis référé plusieurs fois.

 

rentrée 2014

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Frères de terroirs

Publié le par Yv

Frères de terroirs, Carnet de croqueurs, Jacques Ferrandez, Yves Camdeborde, Rue de Sèvres, 2014....

Jacques Ferrandez est un auteur de BD bien connu, pour ses adaptations de Camus ou ses Carnets d'Orient voire pour les excellents L'outremangeur et Le Mécano du vendredi en collaboration avec Fellag ; ça c'est juste la liste de ce que j'ai lu de lui. Il est aussi, d'après la préface de Sébastien Lapaque, un amateur des bonnes choses.

Yves Camdeborde est un cuisinier, un des pionniers de la bistronomie, passé chez des grands chefs, il a voulu mettre à la portée du plus grand nombre son talent et ses idées. Il est aussi connu pour avoir été juré dans l'émission Masterchef, que je ne regarde pas, mais je l'ai vu un midi sur Canal+, venir avec son panier et ses produits et j'avais bien aimé son discours. 

Les deux hommes se rencontrent et l'un emmène l'autre voir ses fournisseurs, parfois devenus des amis. Tous sont amoureux de leur métier, qu'ils soient vignerons, charcutiers, éleveurs, fromagers, maraîchers, couteliers, ... Comme le titre l'indique, c'est une BD Terroirs, alors il faut aimer le genre et aimer les propos qui vont avec : préférer manger et boire sain et local, respecter le rythme des saisons, aller sur les marchés ou directement aux producteurs plutôt que de passer par des intermédiaires, favoriser les produits biologiques, les pratiques saines. Moi, tout ça, ça me va, je le pratique autant que possible, même si je n'échappe pas à des passages au supermarché du coin, mais là encore, je privilégie le "petit" Super U (j'espère qu'avec cette pub, ils m'offriront des caddies gratuits) aux très grandes surfaces voisines dans lesquelles je me perds. Et même lorsque mes finances me permettent, je vais à la supérette bio, mais là, ça fait un intermédiaire qui prend de la marge, alors, pour les fruits et légumes, je vais voir les producteurs locaux (marché, ESAT, Centre de réinsertion, maraîcher et producteur de fruits).

Donc cette BD est faite pour moi ; à chaque fournisseur rencontré, je me disais qu'il fallait que je note l'adresse, notamment pour les viticulteurs bio, j'irai voir un jour où je passerai pas loin de chez eux (ou si l'un ou plusieurs d'entre eux veut me faire parvenir des bouteilles, je m'engage bien sûr, d'abord à les boire entre amis et ensuite à faire une chronique sur le blog -je tente, on ne sait jamais...). C'est une BD qui est à mettre dans la lignée de celle d'Etienne Davodeau, Les ignorants, mais là où lui parlait de la relation entre un viticulteur et un dessinateur de BD, Y. Camdeborde et J. Ferrandez parlent de nombreux producteurs, ce qui, parfois fait un peu décousu, un peu inventaire. Néanmoins, l'ouvrage m'a bien plus, parce qu'on sent tout le professionnalisme des gens qu'on y voit, tout l'amour qu'ils ont pour leur travail, le produit d'icelui et le partage de leur passion. Si l'on ajoute à cela le dessin de Jacques Ferrandez, réaliste, dans lequel il insère parfois des cases de ses carnets de croquis, les explications très simples mais complètes sur la manière de faire du vin, de chercher les truffes, de fabriquer un couteau (la coutellerie Perceval, installée à Thiers, de véritables artistes -je ne suis pas contre non plus, un couteau de poche, pliant, n'importe lequel, je suis très ouvert, contre un article sur le blog) ... et même des recettes de quelques protagonistes, eh bien ça fait un beau livre, mais en plus instructif. Un Tome 1 qui présente la collection Hiver et printemps, le tome 2 pour les saisons restantes suivra. Sincèrement, je pense qu'on peut se sortir de cette léthargie ou de cette crise en se bougeant et en bousculant ce que l'on veut nous imposer, notamment dans le système marchand. Les associations locales, les AMAP, les circuits courts, tout cela est à privilégier, d'abord parce que c'est meilleur, ensuite, parce que c'est bon pour le porte-monnaie : moins d'intermédiaires = moins cher et enfin parce que ça fait vivre des producteurs ou des artisans locaux donc moins d'impact sur la pollution. 

Tout cela m'a donné faim et soif et surtout envie d'aller chez Yves Camdeborde qui, dans sa cuisine, résume tout. Bon, ce coup-ci, je ne vais pas faire le coup de tenter une chronique contre un repas, mais Yves Camdeborde, sachez que si l'envie vous prenait d'inviter un autre Yves, je pourrais faire le voyage Nantes-Paris...

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Ça coince ! (24)

Publié le par Yv

Comment élever votre Volkswagen, Christopher Boucher, Le nouvel Attila, 2014 (traduit par Théophile Sersiron, illustré par Matthias Lehmann).

"Un journaliste du Massachussets, traumatisé par la mort de son père, donne le jour à une Volkswagen 1971. Une Coccinelle, pour être précis : un vieux modèle en sale état, condamné à la casse et réclamant dès sa naissance réparations et pièces détachées. Voire une opération du cœur, organe malheureusement introuvable sur une Volkswagen." (4ème de couverture)

Un livre prometteur, illustré, un poster en prime reprenant en plus grand la première de couverture et la page 1. Keisha m'avait alerté sur son côté totalement barré et réjouissant. Las, ça ne marche pas. Christopher Boucher s'amuse, nul ne peut le contester, mais pas moi. L'humour peut se partager ou ne pas faire mouche, ce qui est le cas ici pour ma pomme. Je reste imperméable, imperturbable, enfin presque parce qu'un poil énervé quand je ne comprends pas ce que je lis. Là, je n'entrave que dalle et ça m'agace ! Néanmoins, je peux comprendre (comme quoi je comprends quand même des trucs) que l'on puisse adhérer au style et à l'humour de l'auteur.

Pas pour moi. Tant pis...

 

 

 

A l'orée de la nuit, Charles Frazier, Grasset, 2014 (traduit pas Brice Matthieussent)..

"Dans l'Amérique des Sixties, au fin fond des Appalaches où elle vit retranchée, loin des soubresauts de monde, Luce, jeune femme farouche et indépendante, se voit confier la charge des jumeaux de sa sœur défunte. Ayant vu leur beau-père, Bud, une brute épaisse, assassiner leur mère, les orphelins traumatisés se sont réfugiés dans un mutisme inquiétant, où sourd une violence prête à exploser à tout moment." (4ème de couverture)

Tout commence très bien, je suis accroché dès les premières phrases. L'histoire, le ton me plaisent. Luce est un personnage énigmatique, dont on apprend la vie peu à peu. Les enfants le sont tout autant. Charles Frazier procède par petites touches qui à chaque fois nous apprennent une nouveauté sur chaque personnage. Un récit lent, qui fait également la part belle à la nature, aux espaces. La relation entre Luce et les deux enfants se tisse lentement par l'intermédiaire de la nature, tout a lien avec elle. Puis, ça se gâte, de lent, le récit devient long, je passe des paragraphes, puis des pages, et lorsque je vois qu'il m'en reste encore plus de 200 à lire, je m'angoisse... Pourquoi faire de si longs bouquins (383 pages) avec de telles longueurs ? Ce qui me chagrine c'est que C. Frazier avait de quoi faire un beau, très beau roman avec Luce, les enfants et leur environnement, cette magnifique maison au bord du lac. Pourquoi a-t-il fallu qu'il rajoute Bud, qui n'apporte rien au récit, qui l'allège même. C'est fort dommage, ce livre qui partait fort aurait pu en le condensant être superbe. Il n'est finalement qu'un roman dilué, qui promet et déçoit.

 

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Le best-seller de la rentrée littéraire

Publié le par Yv

Le best-seller de la rentrée littéraire, Olivier Larizza, Ed. Andersen, 2014..,

Octave Carezza, trente-sept ans est professeur de littérature comparée à l'université. Lorsque ses premiers livres ont un succès d'estime, l'atmosphère entre profs devient assez lourde et il décide de devenir écrivain à temps plein. Mais vivre de sa plume n'est pas facile, et écrivain peu connu, ce n’est pas la vie rêvée d'une rock star, les filles ne se bousculent pas ni même les fans pour d'éventuelles dédicaces, signatures et plus si affinités. Octave décide alors de se donner les moyens de vivre de son art et de faire des rencontres intéressantes intellectuellement, bien sûr, mais bon, si le sexe est évoqué, pourquoi ne pas succomber. La cerise sur la gâteau quoi ! 

Roman ou suites de nouvelles humoristiques, sans doute puisées dans les aventures d'Olivier Larizza qui ne prend pas la peine de donner un pseudonyme qu'-on-ne-saura-pas-que-c'-est-lui pour son héros. Le livre est successivement enlevé, drôle, léger, décevant, attendu, osé, autobiographique, ironique, mordant, bourré de références littéraires, d'allusions à peine voilées à tel ou tel écrivain ou tel ou tel héros célèbre... Ça commence bien, avec des blagues légères, une situation décalée, des chutes si ce n'est imprévisibles au moins inattendues dans leur manière de tomber très abruptement. Tout cela dans le premier chapitre, Le jeu de l'amour et du bas art. Puis Olivier Larizza enchaîne sur un deuxième chapitre décevant, aux blagues déjà lues ou entendues qui ne font pas vraiment mouche, pour revenir avec d'autres chapitres qui renouent avec un humour plus personnel. 

Je dois bien avouer une relative déception quand même, je m'attendais à un livre plus féroce, plus mordant. Là où Olivier Larizza fait dans le calembour, le jeu de mots facile, j'aurais apprécié une plus grande implication et allons-y franchement, une critique plus vache du monde littéraire, même si je dois dire que le chapitre consacré à son éditeur est bien tourné, drôle et finalement assez méchant, je ne sais pas si les éditeurs ressemblent à ce Aristide Brillant. Le chapitre intitulé La dernière interview de Bernard Pinot-Noir : "Comment j'ai inventé la rentrée littéraire" est également bien troussé, le "témoignage" de Bukowski après son éjection de l'émission pour cause d'ébriété avancée vaut son pesant de rires et sourires.

Pour le plaisir, je vous cite mon passage préféré, tiré du chapitre Pour qui qu'on sonne le glas ? :

"- Je ne serai heureux que lorsque je serai un occis mort.

- Ce qui est un pléonasme, repartis-je dans un réflexe d'ancien prof de littérature

- Un occis mort est un pléonasme ?

- Ou une tautologie, comme tu voudras. En tout cas, ce n'est pas un oxymore, si tu m'autorises ce trait d'esprit.

- Comment un occis mort pourrait-il ne pas être un occis mort ?

- Tu confonds le pléonasme et l'oxymore. Un occis vivant est un oxymore." (P.165/166)

Un drôle de roman drôle qui souffle le réchauffé ou les reprises de blagues connues et l'invention ou la réécriture de certaines qui elles, forcément plus personnelles, me touchent plus. Il y a en lui un ton qui me plaît bien, c'est sans doute pour cela que je suis un peu sévère, parce qu'il n'y est pas sur la durée, il s'essouffle. Dommage. Un livre à intercaler entre deux romans plus plombants de la rentrée littéraire qui les fera passer plus facilement.

D'autres avis plus enthousiastes -le contraire serait difficile- : Keisha, Jostein, Gambadou, Daniel, Alex

 

 

rentrée 2014

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Le soleil des Scorta

Publié le par Yv

Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé, Benjamin Bachelier, Éd. Tishina, 2014.....

Lorsque Luciano Mascalzone revient à Montepuccio, village des Pouilles un jour où le soleil est plus que brûlant, il sait qu'il y mourra dans très peu de temps. Il frappe à la porte d'une femme qu'il a aimée quinze ans plus tôt, avant de se retrouver en prison. Elle lui ouvre, ils s'aiment. De cette brève union des corps naîtra Rocco, qui sera élevé par la famille Scorta dans un autre village. Rocco sera le premier des Scorta à s'installer à Montepuccio. Sa descendance y restera parfois malgré elle. La famille Scorta vivra des hauts et des bas, Carmella, Domenico, et Giuseppe, les enfants de Rocco devront faire face à la pauvreté et tenteront de se relever, pour eux, pour leurs enfants, pour l'honneur et dans le pays et sous le soleil accablant qu'ils ne peuvent quitter. 

Lorsque les éditions Tishina m'ont demandé si je voulais bien lire et commenter leur nouveau livre, j'ai d'abord, comme toujours lorsque je suis sollicité par mail, visité leur site et regardé plus largement ce qu'elles proposaient : des livres, des textes connus illustrés, Le soleil des Scorta est le deuxième, le premier est Soie, d'Alessandro Baricco. Je me suis laissé tenter -ce que je ne fais que très rarement- d'abord parce que je n'avais jamais lu ni ce roman de Laurent Gaudé, ni aucun autre d'ailleurs et ensuite, parce qu'un roman illustré, cela me faisait renouer avec mes années adolescentes et les romans de Jules Verne ou les romans d'aventures illustrés que je lisais. Je reçois donc ce livre aimablement envoyé par Antoine Ullmann, et ma première impression est excellente, puisque le livre est beau. Gros et beau. Une couverture au "pliage complexe qui fait rager les imprimeurs" (p.366 -et oui, je lis jusqu'au bout, même les indications finales de fabrication du livre), qui donc se déplie, façon poster, recelant en son recto un arbre généalogique des Scorta. La mise en page et la police sont irréprochables, et la version italique d'icelle est très classe et facilement lisible, ce qui n'est pas toujours le cas des polices en italique.

Je continue mon exploration en commençant la lecture du roman, et dès les premières lignes, je suis totalement embarqué et ceci, jusqu'au bout, sans aucun temps mort. Je rappelle ici aux ignorants -dont je faisais partie avant, mais c'était avant- que Le soleil des Scorta est écrit en 2004 et qu'il a reçu le Prix Goncourt cette même année, ce qui n'est pas à mes yeux une preuve de qualité de l'œuvre littéraire, mais il se trouve que cette année-là, les jurés ne sont point trompés. Laurent Gaudé a une écriture à la fois directe et poétique. Il procède par phrases courtes, parfois par images, qui s'imposent pour parler d'une chaleur indescriptible : "Un homme poussiéreux et sale entrait dans la maison des Biscotti, à l'heure où les lézards rêvent d'être poissons, et les pierres n'y trouvèrent rien à redire." (p.17). Les Scorta ont cette terre si pauvre dans le sang ainsi que le soleil qui les brûle mais qu'ils ne trouveront jamais ailleurs : "Jamais un Scorta, donc, ne pourrait se soustraire à cette terre misérable. Jamais un Scorta n'échapperait au soleil des Pouilles. Jamais." (p.221). Quitte à souffrir, et ils souffriront, ils restent à Montepuccio. C'est un roman sur l'attachement tant aux siens qu'à la terre, sur l'honneur -à l'ancienne- d'une famille rurale et fière, consciente qu'elle n'existe en tant que telle que sur cette terre. Une saga avec des personnages plus forts que d'autres qui sortent du lot, qui forgeront l'ossature de la famille mais qui ne peuvent le faire que parce qu'ils sont tous ensemble. Une ode à la famille, aux liens familiaux ou non que l'on tisse dans sa vie. Un texte magnifique et fort que je ne regrette pas de n'avoir pas lu plus tôt, car j'ai pu, grâce à cet oubli, le lire dans sa version illustrée par Benjamin Bachelier. 

Les illustrations sont très variées, dans les techniques (aquarelles, dessins, acryliques -bon, là j'ai pris les renseignements dans le dossier de presse) et dans les thèmes, les tons et les couleurs. Ils collent parfaitement au texte. Les dessins sur la chaleur accablante rajoutent quelques degrés, par leurs couleurs chaudes. Ceux qui sont dans le chapitre sur la tarentelle sont absolument formidables, en noir et blanc et l'on voit la danse voire la transe des gens dessinés -c'est dommage que je ne puisse pas découper les pages, je les aurais bien encadrées et accrochées. On est assez loin de mes lectures d'enfance, car là les illustrations de B. Bachelier sont vraiment une lecture particulière du roman, on prend le temps de s'arrêter de lire pour les regarder, les contempler. C'est un roman illustré pour adultes. Un très bel ouvrage, de très grande qualité à tous les niveaux, et je remercie vivement les éditions Tishina pour leur proposition.

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Meurtre sous le signe du zen

Publié le par Yv

Meurtre sous le signe du zen, Oliver Bottini, Ed. de l'Aube, 2014 (traduit de l'allemand par Didier Debord).....

Louise Boni est commissaire à la police criminelle de Fribourg et elle va mal. Cet hiver-là, il neige, météo qu'elle n'aime plus depuis que son frère est mort en voiture à cause de la neige, que son mari l'a quittée un jour de neige et qu'elle a tué un homme violeur et assassin dans la neige. Louise est alcoolique, n'est pas encore sur la touche mais ça ne devrait pas tarder. Lorsque son chef l'appelle parce qu'un moine bouddhiste se promène moitié nu dans la montagne et que personne ne peut l'approcher, Louise y va à contre cœur. Elle approchera Taro, le moine mais ne parviendra pas à le faire revenir. Elle charge deux collègues de le surveiller, collègues, qui quelques temps plus tard se font tirer dessus : un blessé grave et un mort. Louise est mise en vacances d'office avec obligation de se soigner. Elle continue néanmoins son enquête. 

Que voici un polar étonnant... et bien fichu. Exactement comme je les aime. Une filiation évidente et assumée avec Henning Mankell (deux citations dans le livre). Louise est en quelque sorte la petite sœur livresque de Kurt Wallander : elle est divorcée, s'entend mal avec ses parents, est plutôt une flique qui travaille seule, qui bosse la moindre piste mais se fie aussi à son instinct, à ses sentiments, elle est un brin dépressive (l'alcool ne l'aide pas vraiment). Filiation il y a mais Oliver Bottini sait créer une ambiance qui lui est propre. Pour nous Français, Louise pourrait être aussi le pendant dramatique de Viviane Lancier la fameuse commissaire de Georges Flipo (qui n'aime point les vers ou qui n'a point l'esprit club) : elle a quelques kilos en trop (à peine cinq, une broutille), apprécie les jeunes gens et peut souffrir de misanthropie. 

Oliver Bottini ne lésine pas sur les seconds rôles, ils sont bien décrits, bien travaillés, tant ceux qu'on ne verra que le temps de cette enquête (qui meurent ou qui sont des protagonistes de l'histoire en cours) que les collègues de Louise, Bermann son chef impulsif, Lederle aux petits soins pour elle, Katrin Rein, la psychologue qui va tenter de la faire sortir de sa mauvaise passe et qui s'inquiète pour elle. Mais c'est Louise qui bénéficie du traitement le plus important, on n'ignore quasiment rien de ses tourments, de ses malheurs, de ses questionnements et de ses peurs. Elle vit avec des images des gens qui l'ont croisée ou qui la croisent encore, parfois on peut être surpris car un nom sort qu'on ne connaît pas (cf. Amélie, p. 88/89), ce n'est pas gênant pour la bonne compréhension, mais ça surprend ; je me dis que comme c'est une série, on apprendra des trucs dans les autres volumes, qu'on suivra Louise dans ses difficultés. Paradoxalement, on ne sait que très peu de son apparence physique, l'auteur distille de rares informations au fil des pages : brune, 4.5 kilos en trop, 42 ans, Anatol, son jeune amant lui dit "qu'elle possédait une étrange beauté, une beauté "pour ainsi dire souterraine". Elle n'était pas d'une véritable beauté au premier coup d'œil, parce qu'elle n'était "pas vraiment mince" et tout, "et tes cheveux, tu ne t'en occupes pas vraiment, non ?" En revanche, plus on la regardait, plus elle devenait belle, d'une beauté tout simplement captivante ; sa mimique, son rire, son air béat, son regard et son corps possédaient une beauté qui leur était propre, quelque chose de chaleureux, de sauvage, de triste, de singulier, d'authentique, et après, on ne pouvait plus la quitter des yeux, plus arrêter de la caresser." (p.375)

Pour être complet, ce roman policier n'est pas d'un rythme effréné, à tel point qu'arrivé à un bon quart (environ 100 pages puisqu'il en fait 402) on se demande vraiment ce qui se passe, on n'a fait que se balader en montage avec Louise et le moine, mais on remarque qu'on ne s'est pas du tout ennuyé, au contraire. Les investigations sont longues, lentes et Oliver Bottini digresse sur les relations policières franco-allemandes, sur la société actuelle, sur le trafic d'enfants (puisque c'est cette direction que semble prendre l'enquête), sur ce besoin d'enfants à tout prix qu'ont les Européens pensant sauver de la misère des enfants asiatiques ou africains en les adoptant, sur le bouddhisme et cette manière particulière d'aborder la vie et le sens qu'on lui donne. Un polar qui ne se contente donc pas d'aligner des indices et des coups de feu. Un polar ancré qui parle de la société, de ses débordements, ses aberrations, sa demande de consommation excessive et aussi des réponses possibles pour se recentrer et prendre du temps pour soi.

Un excellent début de série policière qui me rappelle les meilleures d'entre elles, et comme j'ai le deuxième tome chez moi, eh bien je suis plus que ravi. N'hésitez pas, commencez-la, en plus ce Meurtre sous le signe du zen est en collection poche.

 

 

polars 2015

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On aurait dit une femme couchée sur le dos

Publié le par Yv

On aurait dit une femme couchée sur le dos, Corine Jamar, Le Castor Astral, 2014....

Lorsque Samira arrive en Crète avec ses amis Claudie et Fred, ils ont l'intention de s'y installer. Puis elle rencontre Eleftheris, en tombe amoureuse et ouvre une petite cantine sur la plage du célèbre film Zorba le Grec. Les affaires ne débutent pas bien et elle est obligée de demander à Fred et Claudie de partir car ils ne peuvent vivre à quatre sur les chiffres du restaurant. Lorsque les affaires commencent, elle a du mal à accepter ce qu'elle juge être une trahison envers ses amis, qui ne le sont d'ailleurs plus. Puis, elle est témoin d'un meurtre commis par le frère de son mari qu'elle ne dénonce pas, la violence du meurtrier qu'elle subit à l'issue du meurtre est un moyen de pression terrible. Tout cela la mine malgré une affaire qui tourne bien. Et cet enfant qui ne veut pas venir... 

Cet enfant qui ne veut pas venir, c'est le narrateur, qui attend que Samira soit en paix avec ceux qu'elle est persuadée avoir trahis et avec elle-même. C'est lui qui raconte l'histoire de ses parents et des gens qui l'entourent, ce qui, au début est un peu déroutant, parce que l'on peut se perdre dans les personnages qui, en plus d'être nombreux sont nommés par leurs prénoms certes, mais aussi parfois par la future fonction qu'ils exerceront auprès du narrateur (père, mère, oncle, grand-père, ...) ; si l'on ajoute des flashbacks pas forcément clairement annoncés -mais on les repère en avançant dans le paragraphe-, on est dans un ouvrage qui demande un peu d'attention ; l'auteure demande un réel effort à ses lecteurs pour ne pas se perdre dans les tours et détours de son histoire. Et puis, le pli pris, on se dit que finalement, c'est pas mal une auteure qui se dit que les lecteurs sont intelligents (surtout quand on a réussi à s'y retrouver, sinon, on doit se dire qu'elle est trop compliquée) ! Je vous conseille donc de prendre un peu de temps à lire les premières pages, de ne pas les passer trop vite, pour pouvoir bien se repérer et apprécier à sa juste valeur cet ouvrage.

Corine Jamar dresse un beau portrait de Samira, cette femme particulièrement aimable avec la clientèle, toujours prête à rendre service, une femme forte aux yeux de tous qui fait tourner le restaurant. Mais Samira est avant tout une femme qui doute. D'elle, de la force de l'amour d'Eleftheris -sa jalousie n'en est que plus forte-, de l'amitié, de sa capacité à enfanter, de tout. Coupable de trahison, elle vit les épreuves qui suivent comme des sortes de réparations du mal qu'elle a commis. Malgré l'amitié qui la lie à Walter le vieux chef opérateur de Zorba le Grec, venu finir sa vie en Crète, malgré la reconnaissance par son travail apprécié de tous -la cantine ne désemplit plus-, malgré l'amour d'Eleftheris, Samira n'est pas en paix. 

Au début du bouquin, j'avais un peu peur, ça me paraissait confus comme je le disais plus haut, et puis, les charmes de l'écriture et de la Crète sont venus et ne m'ont pas quitté jusqu'au bout, jusqu'à l'ultime phrase, simple et qui sonne comme la fin d'un conte philosophique, vous savez comme la célèbre "il faut cultiver son jardin", comme une philosophie de vie : "C'est drôle comme souvent dans la vie, on obtient ce qu'on veut au moment où ça nous occupe moins l'esprit, au moment où -comme aurait dit Claudie avec ses mots de psy- on lâche enfin prise." (p.212) Entre les deux, Corine Jamar donne à aimer ou au moins à découvrir la Crète, c'en est presque une incitation à y aller illico, mais attention, pas dans ces grands hôtels détestables dans lesquels on ne voit rien du pays et qui ont détruit une partie de la beauté des sites, non, chez les autochtones, les écouter parler de leurs pays, de leurs traditions. Elle parle beaucoup de la nature, de la mer, des montagnes, de la forte relation des Crétois avec leur environnement naturel : "C'est étrange, cette différence qu'il y a entre l'homme et la nature. Même quand la nature fait du mal aux hommes, que la mer les engloutit dans une tempête, que les arbres frappés par la foudre les écrasent, que la montagne les précipite dans un ravin, même quand elle se met en colère, la nature reste belle, et pas l'homme. La laideur qui déforme les traits du visage haineux du meurtrier est peut-être la punition que lui infligent les dieux. Une marque d'infamie." (p.101) Je rebondis sur cet extrait, parce que l'autre grand thème de ce livre est l'omniprésence des dieux grecs anciens qui guident les personnages ou expliquent les faits. Alors rassurez-vous rien de totalement mythologique là-dedans, j'avoue mon inculture crasse en la matière -et oui, encore une lacune, je vais finir (si ce n'est pas déjà fait) par passer pour un véritable crétin- si Corine Jamar invoque le nom des dieux, elle explique toujours leurs rôles et comment ils viennent en aide aujourd'hui à Samira et aux autres. Zorba est aussi un apport important : malgré la difficulté l’échec, il chante et il danse le sirtaki -d'ailleurs saviez-vous que cette danse fut créée pour ce film ?-, gardant ainsi une certaine folie, une fraîcheur, un lâcher prise et l’on rejoint ici le final du roman qui en plus d’inciter à voyager en Crète –à force je vais demander aux éditeurs de me payer des séjours dans les pays que décrivent leurs auteurs- donne envie de revoir le film.

 

rentrée 2014

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