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Le théorème de Kropst

Publié le par Yv

Le théorème de Kropst, Emmanuel Arnaud, Métailié, 2012

Laurent Kropst est étudiant en maths sup au lycée Louis Le Grand. Hors les murs de cet établissement, point de vie possible : le temps est passé en révisions, apprentissages et préparations de devoirs surveillés. Il faut être absolument dans les 18 premiers pour espérer ensuite intégrer maths spé. et Polytechnique. Le top étant d'être dans les dix premiers.

Un jour où il est d'excellente humeur, Laurent aborde à l'entrée du lycée deux jeunes filles avec qui il se liera d'amitié, Mélanie et Claudia. Celles-ci sont en hypokhâgne, c'est-à-dire en Lettres, ce qui n'est pas bien vu par les Matheux, mais ce qui permet à Laurent de s'ouvrir à une partie du monde qu'il ne connaît point.

Attention, plongée dans le monde des grandes écoles, de l'élite de la nation. Entre blagues potaches, bizutages et véritable compétition entre les élèves, la lutte est dure. Pas de sentiments, il faut être le meilleur !

Emmanuel Arnaud décrit un monde qui m'est totalement inconnu, et ce qu'il y a de bien dans son roman, c'est qu'il place son héros dans une classe de maths, là où la Littérature n'est pas la bienvenue. Ce genre d'études est cloisonné : les matheux avec les matheux et les khâgneux entre eux ! Il nous explique d'abord les méthodes de chacun des élèves pour arriver à grappiller quelques points dans les devoirs, entre les bûcherons, les analytiques, les intuitifs, ... Puis, les semblants de relations qu'ils instaurent entre eux : parfois de l'admiration, de la déférence, toujours liées au classement général de la classe. C'est un monde totalement clos qui peut faire peur à des non-initiés comme moi ; personnellement, je n'ai pas aimé plus que cela mes années lycée, mais elles étaient libres et je communiquais avec d'autres, sans arrière pensée.

Là, lorsque Laurent commence à fréquenter les littéraires, à lire Proust et à discuter philosophie, il se met à dos ses collègues matheux. Mais finalement peu lui importe, puisque Mélanie et Claudia lui ouvriront des horizons qu'il ne soupçonnait pas. Son esprit s'ouvre et cela lui servira même dans ses études.

C'est un roman assez étonnant, fort bien écrit, presque un huis clos dans les murs de Louis Le Grand, original dans le fond et la forme qui montre la jeunesse de notre future élite. Attention, parfois, ça peut faire peur, de mépris envers les plus petits, d'arrangements entre amis, de retournements de vestes : enfin, finalement rien de plus que ce que l'on voit tous les jours de la part de nos dirigeants adultes ! Oui, oui, Rastignac est bien réel et multiple. C'est un roman qui véhicule, par l'intermédiaire de ses héros, les principes décrits plus haut que je déteste et que je n'aimerais pas que mes enfants adoptent. Néanmoins, ce livre m'a retenu parce que justement, l'auteur en parle bien, ausculte et analyse les comportements des uns et des autres. Ses héros ne me sont pas sympathiques, ils sont même à l'opposé de moi, mais ils ont un côté pathétique : leur vie est toute tracée, déjà définie ; il m'est même venu l'image de certains d'entre eux, plus vieux et responsables politiques ou autres, personnes respectées au passé et au présent pourtant pas vraiment glorieux, coincés dans leur vie confortable de notables avec impossibilité d'en sortir sans une volonté hors du commun. Finalement, je les plains lorsque eux me méprisent.

Laurent Kropst fait le lien entre le livre et les maths dans ce roman qui "est une ode à l'intuition, qui réconcilie la science et la littérature" (4ème de couverture) et qui mérite d'être découvert. 135 pages pour tenter de comprendre comment sont formés nos futurs patrons, chefs d'entreprises, hommes politiques, ... Personnellement, l'ambition, les moyens pour arriver à des fins prometteuses, l'absence de scrupules, etc, etc me font froid dans le dos et me dégoûtent : tous les ingrédients sont là, réunis, pour se faire peur mais sans hémoglobine ou suspense. Ça peut même être mieux qu'un thriller. 

Keisha qui adore les maths a aussi un avis ainsi que Cunéipage.

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Z
Je viens de le finir et je partage ton avis. Ce désir d'ascension sociale fait à la fois froid dans le dos et pitié, et je dois dire que je peine à comprendre cette tradition des grandes écoles. A
ce que j'ai pu lire, l'auteur a fait HEC avec prépa commerciale et je n'arrive toujours pas à discerner si son roman est de l'ironie ou de "l'admiration"... Bon bref, sympa mais j'attends de voir
son prochain roman pour vraiment me faire une opinion.
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Y


Je pense que c'est un constat, une démonstartion de ce qui se passe dans ces lieux



G
Finalement, je les plains lorsque eux me méprisent.J'aime bcp cette phrase, comme quoi, je ne lis pas que le dernier paragraphe. Ce livre me tente bien, une plongée dans un monde que je ne connais
pas personnellement, mais que des membres de ma famille ont approché plus ou moins.
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Y


C'est une plongée intéressante et instructive et merci de me lire jusqu'au bout !



F
Des points communs avec les écoles de commerce où le manque d'éthique se fait aussi sentir.
On aimerait pourtant, en matière de dirigeants, faire confiance à la relève!
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Y


Je pense que c'est un trait malheureusement commun à toutes ces grandes écoles sensées formées nos élites parfois à n'importe quel prix



V
le titre aurait tendance à m'effrayer mais ce que tu dis du livre me plaît vraiment. Je note!
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Y


Il est enrapport avec son contexte : les maths !



M
Au secours, un livre traitant de près ou de loin des mathématiques ! Bon certes, cela a l'air tentant tout de même !
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Y


Les maths sont le contexte, pas la totalité du bouquin. Ouf !



A
Une plongée dans un univers impitoyable qui peut-être intéressante.
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Y


Qui l'est !



S
Mon fils (qui s'appelle aussi Laurent !) a suivi ce cursus de Maths sup'- Maths'spé mais sans avoir pour ambition de faire polytechnique. Il faut que je lui offre ce bouquin, bien qu'il lise très
peu :-(
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Y


C'est le problème des garçons : ils lisent peu et se dirigent plutôt vers les maths. Le mien n'a que 14 ans mais se dirige vers du scientifique et ne lit quasiment pas 



M
Si je lis ce bouquin ça va pas me donner envie d'aller voter. Vive le plan C !
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Y


Ce livre ne dit pas "tous pourris", il parle plutôt de la manière dont sont formées nos élites, loin de toute connection avec le réel ; mais nos élus de proximité n'ont pas cette formation et
sont sans doute beaucoup plus proches de nos critères quotidiens. Donc, conclusion : continuons de voter, surtout cette année !



L
Je savais bien que j'avais oublié un livre dans ma liste aujourd'hui chez le libraire. Keisha avait déjà frappé , la deuxieme couche me plait aussi, surtout que pour une fois je partage ton opinion
" je les plains lorsqu'eux me méprisent".Joli formule !
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Y


Merci, des fois on a des éclairs. Donc impossible pour toi de passer à côté désormais



Z
Ais-je envie d'avoir peur ???? j'ai connu un peu ça à travers mon fils en 1ère année de prépa... Il n'a pas supporté et a changé de direction
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Y


Comme quoi, il y a de la vérité là-dedans



K
Mais c'est que ça clabaude derrière mon dos, ici! (ils savent parfaitement que "keisha le retour" pour lire les réponses)
Ton avis de non matheux non classes prépas a de l'importance, hein qu'il est bien ce roman. Et pas seulement parce que le mot théorème est sur la couverture.
Quoi, je n'ai pas dit "rastignac" dans mon billet? Tsst, j'ai dû oublier. Mais ça y fait penser quand même. Preuve de Kulture classique?
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Y


C'est pas moi ka commencé m'dame !  



A
Sais-tu si l'auteur est passé par ce filtre-là pour en parler aussi bien ? Ce n'est pas un univers qui m'attire, mais pourquoi pas, c'est toujours utile de savoir d'où sortent les "élites" dont je
me demande souvent de quel bois ils sont faits.
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Y


Il est effectivement passé par les grandes écoles : une sorte de "témoignage" en fait même si ici c'est véritablement un roman.



E
Le sujet est original, déjà tentée par Keisha je le renote.
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Y


Et en plus, il n'est pas très long !



Y
Keisha n'était pas objective sur ce coup-là... on a plus l'air d'avoir le même profil toi et moi, mais je ne suis quand même pas sûre d'adhérer au monde sans pitié des matheux...
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Y


C'est un univers assez spécial, il faut bien le dire, mais intéressant à découvrir



C
Qui dit maths ou nature et ours, dit Keisha, bien entendu!
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Y


Je te laisse l'entière responsabilité de tes propos (mais tout, bas, en aparté, j'acquiesce !)



K
Pour être passée par la fac, mins impitoyable, mais il fallait quand même bosser pour y arriver (160 en 1ere année, 40 en deuxième)je ne connais pas non plus cet univers... Tu as raison de parler
de rastignac et d'évoquer certains de nos "dirigeants" qui ont connu cette atmosphère. Cela peut laisser des traces...
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Y


J'ai fait moi aussi un séjour bref à la fac, mais probablement moins intense que le tien, c'est sans doute la raison de sa brieveté. Et puis, je cite Rastignac essentiellement pour montrer
l'étendue immense de ma culture classique ;)



G
C'est un milieu que je ne connais pas et j'ai bien envie de le découvrir à travers ce livre, merci de nou le faire connaître
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Y


C'est la découverte de ce monde qui est intéressante, parfois abordée dans des polars, mais là, on est en plein coeur des études