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Le dernier des treize

Publié le par Yv

Le dernier des treize, Mercedes Deambrosis, Éd. La branche, 2013

Ils sont treize. Treize copains qui, une nuit de leurs quinze ans décident de payer un tueur à gages pour les éliminer le jour où ils trahiraient leurs idéaux. Lorsque le premier d'eux décède, 30 ans plus tard, on peut croire à une maladie. Mais treize jours plus tard, un deuxième meurt. Alcoolémie aggravée ou meurtre ? Suit un troisième, treize jours plus tard et là, le doute s'installe chez les survivants. C'est alors que Louis-Edouard Dudeuil, fils de préfet, inspecteur prend l'affaire en charge.

Treizième numéro de cette collection Vendredi 13, et un seul échec pour moi (ici). Ce dernier m'a à la fois épaté et déconcerté. Épaté par les personnages que l'auteure décrit, par les situations. Les treize amis sont très différents les uns des autres : ils travaillent tous dans la même société de surveillance de sites sensibles. Il y a l'alcoolique avéré, le dragueur, la flipée, la charmeuse, l'obèse, l'homo, ... Tous sont nommés, sauf le narrateur à la première personne, l'un des treize dont on ne connaît ni le nom ni le prénom et dont on se doute qu'il est le dernier des treize. L'autre narrateur (à la troisième personne) est le flic, et disons-le le personnage le plus intéressant du bouquin. Fils de préfet de région, promis donc à un bel avenir, il se fait une gloire et une joie de n'avoir aucune ambition, de n'être qu'"inspecteur" alors qu'avec l'ancienneté et ses appuis familiaux, il pourrait être au moins commissaire. C'est un dandy, raffiné, extrêmement élégant, très atypique dans le monde des flics.

Ce qui me déconcerte, c'est d'abord l'arrivée simultanée des treize personnages, on ne sait plus qui est qui, mais on se repère assez vite, finalement. Non, le plus déroutant c'est l'écriture de Mercedes Deambrosis. Elle utilise régulièrement les pronoms "elle" et "il", jusque là, rien que de très normal, mais ces pronoms ne concernent pas le personnage cité juste avant dans la phrase, mais celui cité un peu plus loin. Ce qui fait que très souvent, je me suis posé la question de savoir qui avait fait quoi. Ce qui, dans un polar est problématique, car ne pas être sûr du coupable de certains actes posent un problème de compréhension évident. Et la fin est identique. J'avoue ne pas avoir saisi toutes les subtilités du dénouement : ni le ou les vrai(s) coupable(s) et encore moins les motivations d'icelui, d'icelle ou d'iceux (ça c'est pour ne laisser aucun indice dans mon billet). Je reste donc sur ma faim et sur une relative déception.

Déception relative donc parce que dans le développement de son histoire et de son intrigue, l'auteure nous gratifie de passages très justes, drôles, enlevés ou plus critiques voire cyniques :

"- Ah, les quatre morts... Elle demeura songeuse, se déplia et très rapidement revint avec une calculette. [...] L'incidence sur la masse salariale est intéressante, certes, mais guère significative. Nous sommes loin, très loin du ratio que nous pouvions escompter... Elle rougit. Je veux dire que la Direction escomptait." (p.151)

L'entreprise qui mise sur ces morts inattendues pour renouveler son personnel qui lui coûte par des jeunes moins chers n'en sort pas grandie, ni la presse ou la politique en général :

"Le crime en série [...] était le summum pour le journaleux dans l'ère  du tout-sécuritaire. Après le nettoyage des banlieues, devenu une véritable guerre urbaine, l'expulsion des sans-papiers, qui hélas continuait à provoquer bien des remous et atermoiements, l'Intérieur projetait de s'attaquer à d'autres îlots de nuisance, les Roms, peut-être." (p.165)

Pour résumer : un début confus, une fin qui ne l'est pas moins et un milieu très bon. Pas banal ! Moi qui trouve souvent un ventre mou dans les livres, je n'en ai pas trouvé ici, c'est plutôt la tête et la queue, si je puis m'exprimer ainsi  ("elle est où la têtête et elle est où la queuequeue ?", désolé, on a les références qu'on peut, mais j'assume et même les revendique) qui pêchent un peu.

Babelio recense quelques critiques.

 

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Commenter cet article
L
je vais te citer dans mon billet sur ce livre !
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Y


merci, c'est trop d'honneur !



L
Ah ah j'adore tes références ! Et je vais très bientôt me faire mon opinion sur ce roman qui m'attend !
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Y


Tu devrais passer un bon moment, certes, pas aussi drôle que celui de mes références, mais plaisant



Z
Yv, tu as bien noté le mot : occas !!!! j'attends, ne suis pas pressée
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Y


J'ai tout noté bien sûr



Z
J'ai toujours espoir d'acheter la collection complète d'occas
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Y


Carrément!



K
Je n'ai toujours lu qu'un livre de cette série... une bonne pioche d'ailleurs. Je tâcherai d'en trouver un autre à l'occasion, j'aime bien le principe et la présentation.
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Y


C'est vrai que jusqu'à présent la série était très convaincante et originale



G
je n'ai toujours pas entamé cette série mais je ne choisirai pas celui-ci, j'ai peur de m'énerver à force de ne pas savoir qui fait quoi...
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Y


il y en a beaucoup d'excellents dans cette série, pas vraiment les deux derniers parus



L
serait-ce une histoire à la Agatha Christie référence aux dix petits nègres avec des effets de tiroirs... Ma PAL est longue mais si l'occasion se présente je ne dis pas non.
avec le sourire
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Y


Ouh la, on est loin d'Agatha Christie



C
Bon, je passe et sans rentrer dans l'anatomie...
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Y


Tu peux... passer



A
Tant que le serpent ne se mord pas la queue....
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Y


ben non, il n'a pas de tête... ni de queue d'ailleurs



C
Salut Yv
Oui, la narration "entremêlée" de l'auteur peut dérouter, en particulier au début. Et le dénouement n'est pas essentiel, c'est juste. Néanmoins, bonne impression générale sur ce bouquin.
Amitiés.
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Y


Salut Claude, heureusement que le "milieu" est bon


Amicalement,



L
je te rejoins aussi sur la "fin" : abrupte.
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Y


et le début confus...