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Nueva Königsberg

Publié le par Yv

Nueva Königsberg, Paul Vacca, Ed. Philippe Rey, 2009
1944, fuyant les bombes soviétiques, les habitants de Königsberg, patrie du philosophe Immanuel Kant, débarquent au Paraguay. Ils fondent la communauté Nueva Königsberg dans laquelle ils vivent selon les principes particulièrement austères de leur maître philosophe. Pour eux, le monde s'est arrêté en 1771. Seule une question les taraude : quelle doit-être leur vie sexuelle ? C'est pour répondre à celle-ci que le célèbre philosophe, spécialiste de Kant, Jean-Baptiste Botul et son assistant zazou, Sébastien, arrivent à Nueva Königsberg. En huit causeries, Botul devra faire le tour de cette question : sexe ou pas sexe ?
Comme beaucoup, j'avais été sous le charme du premier roman de Paul Vacca : La petite cloche au son grèle. L'exercice du second roman n'est pas toujours aisé. Paul Vacca s'en tire haut la main. Je lui sais gré de changer totalement d'angle et de genre. D'un roman tendre et émouvant, il passe à une fable philosophique très drôle - j'en ai même eu des "remontées" de Candide !
Je me suis promené avec joie dans les rues de Nueva Königsberg en compagnie de Sébastien et Sofia, l'institutrice du lieu. J'ai écouté leurs arguments et leurs discussions sur l'Amour, la liberté, le sens de la vie et le bonheur. Je suis resté discret ne voulant pas troubler leur intimité naissante. J'ai aussi assisté aux causeries de J-B Botul devant statuer sur ce que résume ainsi Sébastien : "To fuck or not to fuck. That is the question." Paul Vacca oppose malicieusement l'austérité de Kant -je me suis renseigné en cours de lecture- à la vie "normale" de l'après guerre notamment dans ce qu'elle avait de plus festif : le jazz et les zazous.
Je ne suis point féru de philosophie. J'avoue même mon inculture en ce domaine. Comme il n'était pas nécessaire d'avoir lu Proust pour apprécier La petite cloche, il n'est point utile de connaître Kant pour déguster Nueva Königsberg.
Et maintenant, en guise de conclusion, une question à l'auteur : vous rendez-vous compte, M. Vacca, qu'avec ce livre érudit, au style riche, et en même temps très drôle -ce qui tendrait à prouver que l'on peut s'instruire gaiement, en riant- vous réussissez à nous intéresser à la philosophie de Kant ; vous m'obligez à modifier votre image suite à votre premier livre -si tant est que j'en avais une-, tellement vous changez de registre ; vous me faites également écrire une phrase très longue, mais j'espère toujours intelligible ?
PS : j'applaudis lorsque les gens quels qu'ils soient ne vont pas là où on les attend, a fortiori les artistes, les écrivains. Alors clap clap clap ! Merci donc à vous M. Vacca et bravo pour ces aventures philosophiques rocambolesques.

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D

Un moment de lecture léger et rapide, qui m'a bien fait marrer pendant le week-end dernier!


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Y

Une lecture très agréable, pas forcément si légère que tu le dis.


F
Je ne connais rien à la philosophie, mais cela ne m'a pas empêché de savourer ce roman ! :-)
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Y

D'accord, c'est comme Proust avce la petite cloche.


C
Oui bravo à Paul Vacca pour ses deux livres vraiment charmants :-))
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Y

Charmants, drôles et originaux.


A
Il faudra que je le lise, celui-ci aussi...
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Y

Obligée, maintenant !


S
Ton billet est super, que vais dire maintenant, moi ? Tu as tout dit !
Une seule solution, oublier vite ton billet !
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Y

C'est pour cela que je ne lis pas toujours les billlets des autres avant d'avoir lu le livre. Ceci étant dit, je fais confiance à ta sagacité pour trouver les bons mots pour ce formidable livre;


A
Paul Vacca te fait déroger à la règle de la concision dans les articles...
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Y

Ben , oui. Je m'en suis rendu compte. Peut-être aurais-je dû le lui reprocher ? C'est vrai ça, pour qui ils se prennent ces écrivains: ils écrivent d'excellents bouquins et ensuite on doit faire de
courts articles ? c'est dur ! Même combat pour l'article sur Nous autres d'Audeguy, plus long que la moyenne lui ussi.


K
je dis comme Aifelle.
Et j'aime bien ton article, c'est vrai que tu es modeste, comme dit le Magazine!!!Ne change pas!
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Y

Je vais faire en sorte de rester sobre. Promis !


A
C'était pour moi la première lecture de Paul Vacca et je suis aussi conquise que toi. Il me reste à découvrir "la petite cloche au son grêle".
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Y

C'est très différent, plus tendre et plus émouvant, mais très bien aussi.