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Les carnets de guerre de Victorien Mars

Publié le par Yv

Les carnets de guerre de Victorien Mars, Maxence Fermine, Albin Michel, 2008
Victorien Mars, le narrateur, et ses compagnons subissent la guerre des tranchées, durant le conflit de 1914-1918. Au milieu du conflit, vers 1916, ils sont envoyés à Verdun, sous les ordres d'un adjudant psychopathe, surnommé l'As-de-Pique.
Malgré une période qui m'intéresse, tant elle peut être prometteuse d'histoires variées, intéressantes et fortes, les carnets de Victorien Mars ne tiennent pas la route. J'ai eu l'impression d'un roman vite écrit dans un style passe-partout et dans une époque pas assez documentée et finalement, pas assez présente, ce qui est un paradoxe puisque quasiment toute l'action du livre se passe pendant la Première Guerre Mondiale ! Beaucoup de clichés, de descriptions déjà vues, lues ou entendues n'apportent rien au lecteur et nuisent à la densité du roman et de son contexte. Quant aux personnages, eh bien, c'est tout comme : palots, fades et sans saveur.
Vous comprendrez que je n'ai pas aimé ce livre, mais j'ai quand même, après moult auto-motivations, réussi à aller jusqu'au bout de ma lecture, ce que vous n'êtes pas obligé de faire.

 

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N

Si je puis me permettre, je donne le lien vers la partie de mon site qui parle de cet auteur :

http://livrogne.com/tag/maxence-fermine/

(et si c'est interdit, y a qu'à supprimer...)


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Y


Permets-toi, je t'en prie !



N

Bah c'est le style Fermine, on aime ou on n'aime pas.

C'est une écriture simple, sans trop de fioritures et d'effet. En effet, les descriptions tant des lieux que des personnages sont souvent légères, avec quelques clichés. L'avantage est que le genre
se lit facilement, et puis il y a une certaine poésie dans son écriture, un peu de tendresse, des traits de caractère parfois intéressants.

De lui j'ai aimé Neige et le Labyrinthe du temps, l'apiculteur un peu moins

Celui dont tu parles je ne le connaissais pas, mais après avoir lu cet avis je n'en ai pas envie...


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Y


Je me suis laissé dire que Neige était bien. Pourquoi pas, mais sans grand enthousiasme ?



R

"VERRE D'EAU"

On l'appelait ironiquement "Verre d'eau".

Auguste était un vieil ivrogne sans nom.

Hydraté dès le lever avec la pire des piquettes, la matinée se terminait invariablement dans une noyade de tonnerre et de feu, la grosse gnôle prenant vite le relais des p'tits canons...

A travers cette voluptueuse agonie de sa conscience le buveur nageait, tour à tour hilare, hébété, larmoyant, dans ce qui semblait être son véritable élément : un univers sinistre d'amnésie
tranchante et de gaité frelatée.

Soixante-cinq ans que cela durait. Une existence entière vouée à l'ivrognerie la plus crasse.

L'on s'étonnait d'ailleurs que "Verre d'eau" fût encore de ce monde après cette longue vie arrosée des pisses de Bacchus.

Mais il était solide l'Auguste ! Faut-il qu'il y ait un Dieu pour les assoiffés sans fond... Il est vrai qu'il avait survécu aux tranchées de la "14". A le voir ainsi, lamentable, abreuvé
d'indignité, dégueulant son ivresse, qui l'eût cru ?

Après avoir traversé l'enfer de la Grande Guerre, qu'est-ce qui aurait donc pu l'abattre ? Pour ce passé héroïque on pouvait bien lui pardonner son vice, au vieil Auguste... Son statut de vétéran
le maintenait malgré tout en estime dans le coeur de ses concitoyens navrés de le voir chanter ses "gnôleries" du matin au soir.

Lui, ne parlait jamais des tranchées. Soûl à toutes heures de sa vie, comment aurait-il pu tenir une conversation cohérente sur quelque grave sujet ? Même lors des commémorations annuelles, il
recevait l'accolade du maire l'haleine chargée de tous les alcools du diable... Se souvenait-il encore au moins de sa jeunesse dans la boue des combats ?

"Verre d'eau" finit par mourir dans un dernier hoquet désespéré dédié à la vigne qui, depuis l'âge de vingt-deux ans, l'avait aidé à vivre.

A oublier surtout.

Il buvait comme un trou depuis l'âge de vingt deux ans... C'était en 1918, la fin de la guerre. Celui que désormais on allait bientôt surnommer malicieusement "Verre d'eau" venait d'être
démobilisé. Vingt-deux ans et déjà toute l'horreur des tranchées dans le regard.

Pauvre "Verre d'eau" ! Homme pitoyable, misérable, lamentable, mais surtout âme sensible brisée en pleine jeunesse, nul ne saura jamais son secret d'ivrogne.

On inhuma bien vite le défunt sans famille.

Nul ne sut que ce sobriquet de "Verre d'eau" sonnait aussi juste chez lui, deux syllabes lourdes comme le son du glas, sombres tel le chant fatal de l'airain...

"Verre d'eau" : des sons clairs et sereins si proches des sons de l'enfer. Des sons qui, ironie du destin, rappelaient son drame, poignant.

Car le drame de "Verre d'eau" c'était...

Verdun.

Raphaël Zacharie de IZARRA


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Y

Ouah que dire ? Si ce n'est que je préfère largement votre texte au livre commenté. Merci de votre très joli passage.


F
J'aime beaucoup cet auteur, j'ai lu un certain nombre de ses romans. Le seul que je n'ai pas aimé et que je n'ai pas réussi à finir c'est " Le labyrinthe du temps" et je n'ai pas lu celui dont tu parles mais, magré ton avis négatif, j'ai envie de tenter le coup.
De Maxence Fermine, je te conseille, entre autres, " L'apiculteur", " Neige" , " Le violon noir" et " Opium" .
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Y


Je ne connaissais pas du tout cet auteur. Je ne dispas que ce qu'il écrit est mauvais, mais celui-ci ne m'a pas plu.



B
Quelle auto-motivation !!! Heureusement, c'est un albin michel, bref, écrit gros et papier bouffant : ça se lit vite ;-) Quant à moi, j'hésite, grosse envie d'abandonner ce que je lis en cours de route ! Je ne sais pas si j'aurai ton courage !

Pour un beau récit se déroulant à cette période, et que tu ne connais peut-être pas : Foudrol de Jean-Marc Turine (éditions Esperluète).
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Y

Je ne connais pas ce livre, mais vais me renseigner plus avant


A
Tu es arrivé au bout du livre : chapeau bas !
Ce n'est pas toujours évident, pourtant...
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Y

Pas évident, mais bon, ça se lit malgré tout, mais sans réel plaisir


S
Je n'ai pas encore lu cet auteur mais une chose est certaine, je ne commencerai pas par celui-ci !
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Y

J'avais entendu dire que son livre Neige était bien. c"est la raison pour laquelle j'ai pris un de ses romans