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Môaaa Sarkozy

Publié le par Yv

Môaaa Sarkozy, Wiaz, La Différence, 2015....

D'octobre 2002 à janvier 2015, Wiaz dessine l'actualité du futur, puis du présent puis de l'ex-Président. De sa nomination au poste de Ministre de l'Intérieur à son élection à la tête de l'UMP en passant par sa victoire de 2007 et sa défaite de 2012. 150 illustrations, mordantes, caustiques, drôles, désespérantes, sarcastiques, critiques, ... et je pourrais ajouter plein d'adjectifs en "ique"... Pour rappel en 2002, Jacques Chirac est Président et Jean-Pierre Raffarin Premier Ministre.

Ce livre, ce sont les dessins que Wiaz a publié dans Le Nouvel Observateur pendant cette période. C'est assez drôle de le lire maintenant, parce qu'on voit la caricature de Nicolas Sarkozy tremper dans les affaires, écouter les Le Pen pour leur piquer leurs idées, marcher au pas des États-Unis de George Bush, réintégrer l'OTAN en costume de serveur, filer le parfait amour avec Carla, être à la botte des Chinois et d'Angela Merkel et même de W. Poutine, ... Il est comparé plusieurs fois à Joe Dalton, le "petit homme excité" (dixit un Indien qui lit des signaux de fumée). Ses rapports avec son Premier Ministre sont bien vus : sur un dessin, il écrase F. Fillon en posant innocemment la question : "Quelqu'un a vu Fillon ??" (juin 2007) et ce dernier lui répond quelques pages plus loin ((septembre 2007) : "La rentrée de Sarkozy... AH BON ?? Parce qu'il était parti ??"

Wiaz le dessine en "bonne" -chacun jugera de l'usage de ce terme- compagnie : B. Hortefeux, F. Fillon, L Ferry, Carla, G. Bush, A. Merkel, Kadhafi, D. de Villepin, J. Chirac, .... C'est un humour vache qui fait mal à rebours lorsqu'on voit tout ce qu'on a avalé et subi de la part de cet homme qui veut nous refaire le coup dans deux ans (et là, je suis correct, parce que je voulais écrire un truc plus vulgaire du genre "qui veut nous la remettre profond dans deux ans", mais comme je suis un garçon poli et bien élevé, je ne l'écris pas). Quand je pense que certains veulent son retour, ça me laisse pantois. C'est de l'aveuglement ou bien du masochisme ou bien les deux, une nouvelle maladie -ou perversité- la maso-cécité.

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Lien de sang

Publié le par Yv

Lien de sang, Françoise Samsoën, Ravet-Anceau, 2014...,

Valentin, le bébé d'Isabelle et Philippe Derault a disparu. Il est retrouvé quelque temps plus tard, mutilé, mort sur l'autel d'une église de Dunkerque. La mise en scène fait penser à des satanistes, piste que vont suivre le commissaire Pollaert et son équipe dont l'obtus Nicolas Mercier. Puis, c'est au tour d'Emmanuelle, la fille de Philippe Derault, née d'un premier mariage, âgée de vingt-cinq ans d'être découverte, baignant dans son sang. Pollaert, aidé d'une jeune profileuse, Zélie, dirige son enquête sur la piste d'une vengeance familiale.

Roman assez étrange qui mélange une atmosphère fin 19° /début 20° siècles avec cette famille de riches bourgeois vivant dans une belle maison, servie par des "gens" à son service, pour certains depuis leur plus jeune âge et des flics modernes avec des ordinateurs et une profileuse. On est entre un roman à la Agatha Christie avec ses ambiances sages et surannées et des flics aux méthodes modernes. Tout le long de ma lecture, je n'ai pas me départir d'une sensation de déjà vu ou déjà lu ; je suis sûr d'avoir rencontré le même genre d'histoire au cours de ma longue vie de lecteur, mais ni le nom de l'auteur ni le titre de l'oeuvre ne me reviennent en souvenir. C'est rageant ! Le départ est un peu confus avec plein de personnages, tant dans la famille du bébé retrouvé mort que dans les policiers, qui interviennent : je me perds. Puis, petit à petit, tout rentre dans l'ordre, et l'on est capable de replacer tel ou tel selon son appartenance et ses liens familiaux ou autre. L'enquête est dirigée par le commissaire Pollaert, mais d'autres y mettent leur grain de sel : Zélie la profileuse, Laura la fille du commissaire, Régis ami du commissaire, professeur et passionné des histoires des grandes familles locales. Tout cela donne du dynamisme au récit et y ajoute côté très humain : chaque intervenant est vraiment présent, joue avec les amitiés, les inimitiés. Toutes les pistes sont suivies, les satanistes, l'accident, les demandes de rançon. Les vies de tous les suspects sont disséquées, analysées, et c'est d'ailleurs ainsi que les flics trouveront la solution.

Ecriture classique, propre, sans chichi et sans défaut. Ce roman est bien agréable, l'auteure sachant distiller des indices ça et là, et même lorsqu'on devine le nom du coupable, on se questionne sur les raisons qui l'ont poussé à agir ainsi, les réponses arriveront en toute fin d'ouvrage, assez originales, je dois dire. Quelques maladresses cependant dans les conclusions de fin de chapitres, en plein milieu d'une action : "Elle allait porter le breuvage à ses lèvres quand un cri perçant figea son geste." ou par une phrase censée laisser le suspense en suspens (jolie celle-là) : "S'il avait su lire l'avenir dans les astres, Pierre n'aurait certainement pas été aussi enthousiaste." Et puis, un dénouement rapide, trop rapide (une seule petite page) qui ne répond pas à toutes les questions, une peu comme si l'auteure avait voulu se débarrasser d'une fin qu'elle ne savait pas comment mener. Malgré tout, c'est un bon polar, comme très souvent dans cette maison d'édition.

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Bouche cousue

Publié le par Yv

Bouche cousue, Mazarine Pingeot, Julliard, 2005....

Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand, longtemps cachée aux yeux du public, a trente ans lorsqu'elle écrit ce livre. Elle désire un enfant, et c'est à ce futur enfant qu'elle s'adresse, lui racontant ce qu'est son héritage tant du côté de sa grand-mère discrète que de son grand-père connu, aimé autant que détesté. Mazarine a dû vivre avec les deux côtés de son père : l'homme politique et le papa aimant.

J'ai découvert Mazarine Pingeot assez tardivement avec Les invasions quotidiennes. Oh, bien sûr comme quasiment tous les Français, je la connaissais de nom voire de visage avant même de savoir ce qu'elle avait écrit, avant même de savoir qu'elle écrivait. Les remarques à l'époque de la révélation de son existence par Paris Match, puis celles qui ont suivi l'enterrement de François Mitterrand m'apparurent alors déplacées pour beaucoup d'entre elles voire injurieuses. J'avais -et j'ai toujours- une admiration pour cet homme, son parcours sinueux mais oh combien romanesque. Notre dernier grand Président (en mettant dans la balance les choses faites et les non-faites), depuis, on se trimballe quand même quelques brèles... et les deux derniers sont vraiment au-delà de toute espérance dans le domaine de l'incompétence. Bon, bref, revenons à Mazarine qui écrit à son futur enfant. Passé la gymnastique intellectuelle pour bien intégrer que le "tu" du livre est ce futur bébé, eh bien, je dois dire que j'ai aimé ce récit. Elle raconte son père et non pas l'homme politique qu'il était, d'ailleurs, petite, elle peine à le reconnaître lorsqu'il passe à la télé. Des souvenirs éparpillés, des soirées de jeux, des sorties au restaurant -à l'époque un président pouvait sortir avec une femme autre que la sienne et même une enfant sans qu'on glose sur sa sécurité et sur sa vie privée, je ne suis pas certain que notre époque ait beaucoup évolué, on régresse... Les moments que Mazarine passent avec son père sont les mêmes que ceux de beaucoup d'enfants, on en oublie parfois de qui il est question. Elle raconte son enfance, son adolescence, ses années de vie protégées des médias.

Puis d'un coup c'est le grand changement, des photos sur Paris Match et c'est l'emballement. Puis quelques temps après c'est le décès de François Mitterrand et Mazarine -on peut se passer de citer son nom de famille tellement son prénom est "identifiable"- tentera de relier ce qu'elle sait de son père en tant que tel et ce qu'elle connaît et/ou apprend de François Mitterrand-homme politique-Président de la République. Elle dit aussi tout ce qu'elle aurait aimé réaliser et montrer à son père. Par exemple, il ne connaîtra jamais ses enfants, un des regrets que je peux partager avec elle -mon papa militait au PS et admirait le sien-, mais aussi plein de choses de la vie qui continue sans eux.

J'ai une préférence pour la première partie, celle des souvenirs, la seconde contient plus de questionnements, légitimes certes, mais qui me parlent moins. Écriture accessible, assez légère malgré le thème, c'est un récit à découvrir pour qui ne connaît pas encore l'œuvre de Mazarine Pingeot.

Voir ou revoir pour prolonger, le très bon film de Robert Guédiguian avec Michel Bouquet, Le promeneur du Champ de Mars.

Babelio recense des avis divers

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La divine chanson

Publié le par Yv

La divine chanson, Abdourahman A. Waberi, Zulma, 2015....

Le narrateur est un chat. Un vieux chat roux, prénommé Paris. Il en est à sa septième et ultime vie lorsqu'il devient le compagnon de Sammy Kamau-Williams, un musicien afro-américain, né d'un père footballeur et d'une mère bibliothécaire. Sammy est un enfant précoce, particulièrement sociable qui fera une irruption très remarquée dans le monde de la musique avec le titre suivant : The révolution will not be televised, en 1971. Il a alors 22 ans. Sa vie ensuite ne sera pas une suite tranquille de disques et concerts. On ne peut aux États-Unis contester, protester et revendiquer sans s'attirer des ennuis.

Ce roman est une libre inspiration de la vie de Gil Scott-Heron, un des musiciens noirs les plus importants des ces dernières années. Il a emprunté au jazz au blues, a planté les premières graines du rap et du slam, et pourtant, comme beaucoup, je ne le connaissais pas. Enfin, ça c'est ce que je pensais avant d'ouvrir le livre et de faire des recherches sur Gil Scott-Heron. Et là, je découvre que je connais au moins deux titres : The bottle et Me and the devil. Et ces deux titres sont tellement excellents que je vais continuer à découvrir l'œuvre de cet homme.

Le roman est malicieusement construit. Le narrateur, ce vieux chat roux est un raconteur d'histoire hors pair qui n'oublie pas de raconter ses propres mésaventures, qui ressemblent à celles de beaucoup d'Etats-uniens pauvres. Très attaché à Sammy, il le suit partout : "Un jour, après une course-poursuite mémorable, à bout de souffle, il m'a confié que je suis sa lune. Je lui ai rétorqué qu'il est mon soleil. Nous avons éclaté de rire. Un rire franc et massif, sous les yeux des passants ahuris. (...) Je peux vous garantir que pas une fois je ne l'ai quitté d'une semelle car le soleil n'est rien sans la lune, et la lune rien sans le soleil". (p.31) Parfois, il s'éloigne de son soleil pour raconter ses aïeux : le père Reginald Kamau, Jamaïcain débarqué aux Etats-Unis, qui deviendra joueur de football, sera le premier joueur noir à évoluer en Écosse, puis finira sa carrière sportive au Brésil. Les pages consacrées au Brésil et à l'Afrique qui y a laissé son empreinte surtout dans certaines régions sont sublimes : poétiques, musicales, sensuelles, ... Il parlera aussi un peu de la mère de Sammy et beaucoup de Lily, sa grand-mère, celle qui l'a élevé les douze premières années de sa vie, cette femme née en Afrique et arrivée en Amérique, qui fut de toutes les campagnes menées par les noirs américains pour les droits civiques. Des pages aussi sur l'esclavage, pour bien redire que les noirs n'ont pas demandé à être envoyés en Europe ou en Amérique.

Mais bien sûr le livre s'attarde sur Sammy Kamau-Williams, nous donne envie de (re)découvrir sa musique. Sans faire une biographie complète, détaillée et linéaire, il insiste sur des points importants, des concerts mémorables, des morceaux qui ont marqué l'histoire de la musique, des descentes aux enfers, des passages à vide, de sa voix profonde, et toujours cette lumière qui émane de Gil Scott-Heron et qui illumine le roman. Normal me direz-vous pour un soleil.

Pour écouter Gil Scott-Heron, n'hésitez pas, j'ai mis des liens sur les titres des chansons.

D'autres avis : Babelio, Gangoueus

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Price

Publié le par Yv

Price, Steve Tesich, Monsieur Toussaint Louverture, 2014 (traduit par Jeanine Hérisson)..

Daniel Price est un ado en fin d'études qui vit dans une petite ville industrielle non loin de Chicago. Toujours flanqué de ses deux copains, Larry et Billy, il rêve de filles, ne pense pas trop à son avenir sans doute pas très folichon, coincé dans cette ville. Puis, il rencontre Rachel et en tombe amoureux. Mais son père est hospitalisé pour un cancer. Débute alors un été pas comme les autres, celui de la fin de l'enfance.

Je vais me mettre à dos tous ceux qui ont lu ce livre tant je lis d'éloges dessus : une note de plus de 4/5 sur Babelio pour presque 50 votes ! Moins de notes mais 4,9 pour Libfly. Faites-vous plaisir, agonissez-moi d'invectives. Faites-moi souffrir comme dit M. Mais que voulez-vous on ne se refait pas, je ne suis pas fait pour les livres qui font l'unanimité (je dois préciser ici que je n'ai regardé les avis postés sur ces sites qu'après avoir été déçu par le bouquin, ils n'ont donc pas influencé ma lecture vers une posture anti-livre-dit-culte). Il est vrai que je ne suis pas a priori fan du genre roman initiatique dont le héros est un adolescent, ni même de littérature étasunienne, mais lorsqu'on m'a conseillé de le lire, je l'ai fait surtout parce que l'objet est très beau : couverture cartonnée, sobre, écrite en rouge et en relief, "imprimé[e] en offset , puis cogné[e] typographiquement pour lui apprendre un peu la vie" (p.544) jusque sur la tranche, et aussi parce que depuis longtemps, j'avais envie de lire un livre de cet éditeur.

Si le contenant me sied, le contenu me déçoit assez vite : style très oral, très dialogué -pas forcément ce que je préfère les dialogues à profusion, parfois, ça allège le propos, d'autre fois ça masque un manque de style ou de profondeur-, bref rien de très original, déjà lu cent fois par d'autres auteurs étasuniens en particulier, histoire qui n'avance pas, personnages un brin palots... Alors on pourra m'objecter que ce roman est justement celui de la normalité, des émois et des amours adolescents, qu'il touche juste et que chacun pourra se reconnaître ou du moins se rappeler sa période ado en le lisant. Mmouais, je ne suis pas convaincu, je reste vraiment sur ma faim. Disons que j'ai déjà lu des textes ressemblants qui ne m'ont pas emballé plus que ça non plus. On pourra alors me dire -décidément,"on" intervient beaucoup dans cette chronique, ça ne me plaît point trop, c'est quand même mon blog, non mais...-que celui-ci a été écrit avant (en 1982). Certes, mais moi, je ne le lis que maintenant et je ne trouve pas qu'il apporte du nouveau à la littérature. Néanmoins, dans ma grande bonté, je veux bien reconnaître que ce livre peut plaire à beaucoup de lecteurs qui s'y reconnaîtront, qui s'identifieront à Daniel et qui auront du plaisir à aller au bout des -longues et lentes- 537 pages.

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