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Comprendre Camus

Publié le par Yv

Comprendre Camus, Jean-François Mattéi, Éd. Max Milo, 2013 (illustrations de Aseyn)

"Albert Camus fait l'objet de nombreux malentendus. Jean-François Mattéi propose de les dissiper en nous offrant une lecture novatrice du travail de ce philosophe. Il nous démontre que c'est en abordant les trois cycles de son oeuvre (l'absurde, la révolte, l'amour) que l'on comprend mieux ses différentes prises de position : son refus radical de la peine de mort et de la bombe atomique, sa méfiance en la révolution ou sa position par rapport à l'Algérie. Il prend également en compte un élément intime de la construction du philosophe et de sa pensée ; l'amour qu'il portait à sa mère." (4ème de couverture)

Pour les amateurs d'Albert Camus, voici un petit livre qui devrait plaire. Pour les autres, c'est un essai graphique extrêmement intéressant qui permet à la fois de mieux cerner la réflexion de cet homme, de connaître également mieux son oeuvre. J'avoue avoir lu pas mal Camus du temps de mes années de lycée et de mon bref passage en Fac (bref, non point pour le nombre d'années d'inscription, mais que voulez-vous les tentations étaient fortes pour un jeune homme très enclin à faire des découvertes. Je ne peux donc pas affirmer ici que je fus un étudiant assidu ni performant, l'un allant avec l'autre... Mais qu'écris-je là ? Ma grande fille vit sa première année à l'Université, je ne devrais pas lui montrer le mauvais exemple. Je me console en me disant que c'est une fille et que les filles travaillent plus et mieux que les garçons. A défaut d'appliquer une bonne éducation, je me console comme je peux, histoire d'évacuer mes scrupules.) Pouf, pouf, je reprends le fil du sujet de mon article, après ma longue parenthèse très personnelle, je disais qu'après avoir lu pas mal Camus, il y a quelques années, je l'ai laissé un peu tomber. A tort sûrement. Cet homme né en Algérie, pauvre a eu du mal à imposer sa pensée qui balançait "entre les deux pôles de son existence : "Je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil. La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire ; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout." (p.18). Par des prises de position sur la peine de mort, sur l'Algérie, sur la révolution il s'attirera des haines mais aussi des soutiens. Il obtiendra le Prix Nobel de Littérature en 1957.

Cette année étant le centenaire de la naissance de l'écrivain-philosophe (né le 7 novembre 1913) il y a fort à parier que des livres vont être re-publiés, des études diverses et variées vont paraître.  Quitte à commencer cette année Camus par un livre expliquant son oeuvre, pourquoi pas par celui-ci des éditions Max Milo, subtilement illustré par Aseyn, dans des tons noirs, blancs et gris ?

LiliGalipette a lu aussi.

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Profanation

Publié le par Yv

Profanation, Jussi Adler-Olsen, Albin Michel, 2012 (traduit par Caroline Berg)

Le dossier d'un double meurtre perpétré 20 ans plus tôt atterrit sur le bureau de Carl Morck. Le problème est que le coupable est sous les verrous. Alors pourquoi ce dossier est-il là, puisque le Département V ne s'occupe que des affaires non résolues ? En l'ouvrant, Carl et Assad s'aperçoivent qu'il met en cause trois hommes aujourd'hui très puissants au Danemark. Ont-ils voulu étouffer l'affaire ? Quel rôle a joué Kimmie, cette jeune femme de bonne famille devenue SDF qui se cache de tout le monde et particulièrement de ces trois hommes, ses trois anciens camarades ?

Deuxième enquête du Département V créé dans Miséricorde, ici chroniqué : j'ai dit tout le bien que je pensais de ce livre. Au risque de décevoir tous mes fans -euh, est-ce bien le terme approprié ?-, je ne ferai pas preuve d'originalité, puisque ce deuxième roman mettant en scène Assad et Carl est tout aussi bon. Certes, il n'y a plus la surprise de découvrir les personnages, mais il y a un certain plaisir à les retrouver quelques mois après leur premier dossier bouclé. Assad est toujours aussi surprenant et Carl toujours aussi peu enclin à bosser ; mais lorsqu'on lui met des bâtons dans les roues, lorsqu'on le met à pied parce qu'il s'intéresse de trop près aux trois hommes influents du pays, il renâcle et agit. Carl est un électron libre qui n'obéit à personne. Qu'on se le dise au royaume du Danemark ! Cependant, il aura fort à faire avec cette enquête qui le mènera dans un monde qu'il ne fréquente pas d'habitude, celui du fric, des héritiers, des écoles de prestige. En plus, comme sa précédente enquête a été appréciée, on lui adjoint une secrétaire, Rose, qui s'avère tout comme lui et Assad, ingérable, mais d'une efficacité redoutable :

"Alors c'est toi qui l'a récupérée, Carl ? Eh ben ma poule, si tu veux un bon conseil : évite de la faire boire. [...] ... pour résumer, elle est maladroite, ingérable dans le boulot et la plupart du temps elle fait carrément preuve de mauvaise volonté." (p.452)

Je me suis donc régalé à la lecture de ce roman policier nordique qui prend à la fois certains traits à ce genre comme les enquêtes longues, précises, le travail minutieux même s'il mène dans une impasse et qui n'oublie pas aussi de s'en éloigner un peu en faisant preuve d'humour. Carl est certes désabusé, revenu de tout, fatigué et peu énergique, mais il garde une ironie certaine sur sa vie, ses relations.

 "Ils avaient passé une heure à table, et Mona Ibsen commençait à se dégeler un peu quand soudain il fut submergé par une telle vague de soulagement et de bien-être qu'il s'endormit comme une masse. La tête artistiquement disposée au milieu de son assiette entre le steak et les brocolis." (p.462)

Assad est totalement décalé, ne parle pas un danois impeccable ce qui provoque quelques quiproquos (Jussi Adler-Olsen a le bon goût d'en jouer sans en abuser), et son enthousiasme à lui tranche avec la relative apathie de Carl. Rose, qui vient d'arriver a l'air pas mal déjantée également. Un trio improbable, dépareillé mais efficace. 

J. Adler-Olsen distille quelques informations sur la vie de ses personnages au fil des pages. Si on connaît celle de Carl, on imagine que celle d'Assad est très différente du peu qu'il en dit et une rencontre musclée dans le métro met la puce à l'oreille de Carl, mais nous n'en saurons pas beaucoup plus. Il parle aussi en filigrane de la société danoise, même si ses romans ne sont pas des polars sociaux comme peuvent l'être ceux d'Henning Mankell par exemple. Néanmoins, entre les lignes, on peut lire une critique ou un constat de ce pays : ses riches, ses pauvres, sa police qui manque de moyens mais à  laquelle on demande de plus en plus, le racisme quotidien, ...

Autant vous dire que désormais je suis totalement ferré et que le troisième tome qui m'attend sagement tout en bas de ma très modeste pile de livres risque de monter de plusieurs crans.

 

thrillers

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Où faire pipi à Paris ?

Publié le par Yv

Où faire pipi à Paris, Cécile Briand, Éd. Attila, 2012

Voici un livre qui recense tous les endroits gratuits de Paris dans lesquels une pause peut s'imposer. Certes, les sanisettes ne sont plus payantes depuis quelques années, mais il existe de lieux d'aisance plus plaisants, plus discrets que ces bâtiments, bien sûr pratiques, mais qui ne cachent ni leur fonction ni la file des gens qui attendent l'ouverture des portes. 

Anecdotique ce livre ? Sans doute. Indispensable ? Sûrement. Voyager dans une (grande) ville nécessite soit une vessie aux capacités de stockage importantes soit un porte-monnaie empli de pièces et piécettes, surtout si l'on visite en famille ! Les bons Parisiens me rétorqueront, que comme je le dis plus haut, les sanisettes sont désormais gratuites en leur cité. Certes, mais j'ai ma pudeur et faire la queue au coin d'un carrefour fréquenté, sur le trottoir dévoilant ainsi à tous mon envie pressante de me soulager ne me sied pas vraiment. Cécile Briand propose de pouvoir satisfaire mes besoins les plus élémentaires discrètement -même les sanisettes qu'elle cite "sont celles qui apparaissent dans des endroits discrets et/ou qui comblent un vide dans une zone géographique". 

Une fois bien compris l'intérêt principal de ce livre, on pourra y voir en toile de fond, une manière de visiter Paris très différente des circuits touristiques habituels. Car, à chaque fois que Cécile Briand décrit un lavatory, des toilettes, elle en profite pour signaler tel ou tel point de vue, tel ou tel lieu d'exposition loin des lieux classiques objets de nos visites. Classés par arrondissement, on peut ainsi flâner dans chacun d'entre eux libre, léger sachant que les pauses-pipi ne sont plus un souci.

Mille mercis Cécile Briand, je glisserai ce livre dans l'une de mes poches -ça tombe bien, il est du bon format-, le guide de Paris dans l'autre, et lors de ma prochaine "montée" à Paris, hop, je serai paré.

Vous ai-je précisé qu'en plus ce livre est drôle et que l'auteure évite les blagues scabreuses faciles ? Allez, devant votre impatience, voici un extrait, concernant les toilettes du BHV (Bazar de l'Hôtel de Ville) :

"Les toilettes sont situées au 5ème étage. On y monte par l'ascenseur ou les escalators (le temps sera approximativement le même, on choisira en fonction de la position corps/vessie la moins dangereuse : le corps en mouvement ou immobile). Sur place, il y a souvent de l'attente. Les toilettes n'ont rien d'exceptionnel mais sont bien entretenues. (D'ailleurs, la dame qui est généralement assise là a l'air fier de son travail -qu'elle espère, discrètement, voir récompensé.)"

Mille autres mercis à mes enfants qui ont associé ce livre à un autre pour mon anniversaire, celui-ci leur ayant tapé dans l’œil, c'est vous dire si je me pose des questions sur mon éducation.

 

région

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Ça coince ! (12)

Publié le par Yv

Mouche', Marie Lebey, Éd. Léo Scheer, 2013

Mouche' avec l'apostrophe, c'est le surnom de la maman de Marie Lebey. Fantasque, parfois ridicule, originale, d'origine belge tout cela la caractérise. Marie Lebey parle d'elle, mais aussi d'elle-même, de ses enfants...

Le livre de l'auteur qui parle de ses parents est quasiment un passage obligé. Certains s'en tirent bien, très nombreux, trop pour que les cite ici. D'autres font de leurs vies et de celles de leurs proches l'essence même de leur littérature. Je ne connaissais pas du tout Marie Lebey, n'avais donc aucun a priori, mais je n'ai pas accroché à son récit. Brouillon, passant du coq à l'âne de faits intéressants à des actes plus anecdotiques, je n'ai réussi à m'intéresser ni à sa vie ni à celle de Mouche' ni à la manière de les narrer ou plus exactement de les écrire. Pas convaincu, je me suis ennuyé, même si je suis allé au bout de cette lecture, bon d'accord, 125 pages, l'effort ne fut point immense !

 

Six problèmes pour don Isidro Parodi, Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares, Rober Laffont, 2013 (Denoël, 1967) (traduit par Françoise-Marie Rosset)

Don Isidro est en prison pour un acte qu'il n'a pas commis. Depuis sa cellule, il est connu pour résoudre des cas difficiles, des énigmes. Viennent à lui des notables, des hommes qui cherchent réponses à leurs questionnements, qui veulent rétablir une situation bancale. 

Je comptais sur le nom des auteurs pour me captiver, mais las, je n'ai pas les codes pour entrer dans leur littérature. Beaucoup de noms dont je ne sais s'ils sont réels ou pas, beaucoup de références à la vie en Amérique du sud que je ne connais pas. Chaque nouvelle -au nombre de 6 comme dit dans le titre- débute par ces noms et références et me perd quasi définitivement. Dommage. D'autant plus déçu que je me faisais une joie d'ouvrir ce livre à la si belle couverture et aux noms d'auteurs si prestigieux.

 

 

Génération H, Alexandre Grondeau, Éd. La lune sur le toit, 2013

"Sacha, Jo et leurs amis appartiennent à la génération H. Amateurs de Skunk, de double zéro, de pollen, de charasse ou d'aya, ils passent leurs journées à fumer des deux ou trois-feuilles, à tirer des bangs, à se faire tourner des shiloms et des pipes en tout genre." (4ème de couverture)

Aïe, aïe, aïe. M. Grondeau et Mme La-lune-sur-le-toit, je suis désolé, je n'ai rien de perso contre vous, je n'avais pas aimé votre collaboration précédente (Pangée), je n'apprécie pas plus celle-ci. Ça part très mal entre nous je sais mais que voulez-vous, parfois, ça ne peut pas coller. Le mieux est que nous en restions là de notre histoire commune. Ça fait mal, sans doute, mais persévérer ne ferait qu'aggraver les choses. Continuez à écrire des histoires qui ne me siéent point ni dans l'écriture ni dans les thèmes, mais qui ont sûrement leur public, et je demanderai à l'attaché(e) de presse de ne plus me les envoyer. Restons-en là, ça vaut mieux pour nous tous. Pour vous qui ne lirez ni ne verrez plus paraître d'articles désagréables fâcheux émanant de moi -même si, en toute modestie, je ne suis pas dupe de la très très relative portée d'iceux. Pour moi qui ne me creuserai point trop l'esprit pour tenter d'écrire un billet soft, alors que ma propension -on ne se refait pas- me pousserait à n'en dire que du mal. 

Bien à vous, 

Yv.

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