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La traversée du Mozambique par temps calme

Publié le par Yv

La traversée du Mozambique par temps calme, Patrice Pluyette, Ed. Seuil, 2008

"Le capitaine Belalcazar, archéologue à la retraite et vague descendant d'un conquistador espagnol, met les voiles une nouvelle fois vers la jungle du Pérou pour trouver l'or de la mystérieuse cité inca de Païtiti. Un beau bateau, une belle équipe, un itinéraire rigoureusement planifié : cette tentative sera la bonne. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Les obstacles se multiplient. On n'a pas fini d'être surpris. Et l'auteur semble y prendre un malin plaisir." (4ème de couverture)

J'ai pris ce bouquin, sur le titre et sur un ou deux billets, notamment celui de bibliosurf. M'est avis que je n'ai pas lu le même livre. Dire que je suis passé à côté est un peu léger : au fur et à mesure de ma traversée des pages, je m'enfonçais de plus en plus dans un méandre d'incompréhension. Je n'ai jamais pu ressortir de la jungle pluyettienne et n'ai même pas atteint celle du Pérou ayant abandonné l'équipage encore sur le fleuve.

Loin de moi l'idée de dire que c'est un mauvais livre, puisque je ne l'ai pas fini et puisque je suis bien incapable de résumer ce que j'ai lu. Je ne comprends rien, je ne suis pas sensible à l'humour de l'auteur, que je trouve assez lourd et attendu.

Ce sera donc un billet très court, pour un bouquin que la librairie dialogues m'a gentiment envoyé. Si malgré mes remarques, l'un ou l'une d'entre vous est intéressé, je le lui envoie bien volontiers. Mais attention, cette offre s'auto-détruira dans quelques jours, car sans demande, je ne garderai pas ce livre dans ma bibliothèque.

 

dialogues croisés

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Alerte sur Fangataufa

Publié le par Yv

Alerte sur Fangataufa, Geluck (scénario et dialogue) et Devig (dessin), Casterman, 2009

Surtitré : Les aventures de Scott Leblanc, cet album, le premier de la série qui pour le moment ne compte... qu'un seul numéro, nous emporte en compagnie du journaliste le plus nul et le plus lamentable de la BD, Scott Leblanc, sur les traces de quatre scientifiques ayant mis au point en 1950, une arme redoutable. De peur que certains ne l'utilisent à mauvais escient, chacun d'entre eux a gardé en sa possession sa part de travail, rendant donc inutilisable cette arme à qui n'aurait pas réuni les 4 parties. Mais voilà, en 1966, un homme réussit à subtiliser toutes les études scientifiques. Le professeur Moleskine, l'un des inventeurs, traîne véritablement Scott Le blanc dans cette aventure à la recherche du "méchant".

Avez-vous déjà vu, lu ou entendu un journaliste mauvais ? Oui sûrement ! Eh bien, je vous l'affirme, ce journaliste aurait le Prix Pulitzer, le Prix Albert Londres et tous les prix journalistiques, s'il devait concourir face à Scott Leblanc ! Scott Leblanc, le journaliste le plus nul de la BD. Physiquement, il est entre Tintin et Charles Trénet -avec un p'tit coup de Stéphane Bern en plus ; quel mélange !-. Intellectuellement, il est largement dominé par Milou, et peut-être même par les Dupondt. Scott Leblanc, qui se promène toujours avec son volatile prénommé Tino, (référence assumée à Tino Rossi, le rossignol corse) n'écrit des articles que sur les animaux domestiques et les stars ; le summum du bon article pour lui est celui qui a pour sujet l'animal de compagnie d'une star ! Aussi, lorsque son rédacteur lui demande d'aller interroger le professeur Moleskine, il voit d'un bon œil que celui-ci ait un chat, qui, sans en dévoiler trop, aura un sort funeste. C'est tout l'opposé de Tintin, curieux, intelligent et rusé et souvent accompagné de scientifiques gaffeurs ; lui, Scott c'est le gaffeur et le naïf de service, heureusement que le professeur est là pour faire le boulot.

Les auteurs multiplient les références à la BD belge : Tintin évidemment, pour les personnages, la mise en page, le dessin, ..., mais aussi Blake et Mortimer (le célèbre juron "By jove") et sûrement d'autres que je n'ai pas vues.

C'est bon comme une vieille BD qu'on ressort de la bibliothèque pour la relire. C'est juste un moment de lecture, de dérision à apprécier en toute simplicité.

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Tag 10

Publié le par Yv

Un tag en forme de bilan de lecture circule sur les blogs en ce moment, notamment chez Aifelle. Histoire de ne pas être en reste, je vais tenter de choisir 10 titres parmi les 134 livres que j'ai lus en 2010 (dedans, il y en a des tous petits). Ils ne sont pas classés par ordre de préférence, juste dans l'ordre de lecture :

 

1- L'oeil positche de la statue kongo, de Anne-Christine Tinel (Ed. Elyzad)

2- Tonton Clarinette, de Nick Stone (Ed. Folio policier)

3- Moana blues, de Anne-Catherine Blanc  (Ed. Au vent des îles)

4- Le grand loin, de Pascal Garnier (Ed. Zulma)

5- Tes yeux bleus occupent mon esprit, de Djilali Bencheikh (Ed. Elyzad)

6- Comme la grenouille sur son nénuphar, de Tom Robbins (Ed. Gallmesteir)

7- Le paradis des femmes, de Ali Bécheur (Ed. Elyzad)

8- Le sang et la mer, de Gary Victor (Ed. Vents d'ailleurs)

9- L'effacement du monde, de Eric Pessan (Ed. La différence Minos)

10-La colère du rhinocéros, de Christophe Ghislain (Ed. Belfond) 

Mais bon, on est d'accord, cet exercice est très difficile et très limitatif, j'aurais pu ajouter : Palestine de Hubert Haddad, Mascarade de Gabriel Chevalier, L'homme inquiet de Henning Mankell, Le beau revoir de Guy de la Valdène, La face cachée de la lune de Martin Suter, Le cahier bleu de James A. Levine, Rêve d'envol de Hayat El Yamani, Chambre 26 de Tecia Werbowski, Incident de personne de Eric Pessan, Tuer ne pas tuer de Tchinguiz Aïtmatov et Celles qui attendent de Fatou Diome, et là, d'un coup d'un seul, je double le nombre de livres qui ont marqué mon année-lecture-2010.

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Haïti, le tri français

Publié le par Yv

Haïti : le tri français est le titre d'un article du journal Le Canard Enchaîné, du 29 décembre 2010, signé D.S, qui commence comme ceci :

"Tandis que Michèle Alliot-Marie, toute nouvelle ministre des affaires étrangères, la larme à l'oeil, accueillait, la semaine passée, 314 enfants haïtiens adoptés par des familles françaises, son collègue, Brice Hortefeux refusait, tout net, l'entrée en France de 70 jeunes Haïtiens dont les familles vivent ici. Tous âgés de 19 à 29 ans. trop vieux, ils n'ont pas, il est vrai, les grands yeux effarés des bébés complaisamment montrés par tous les journaux et les chaînes de télé. Ils n'en ont pas moins, eux aussi, échappé au tremblement de terre, au chaos et au choléra qui ravagent le pays."

Ces jeunes gens n'ont pas les bons papiers pour entrer en France, fameuse terre d'accueil, puisqu'ils n'ont qu'un visa pour le Bénin. Actuellement en zone d'attente des aéroports parisiens, ils attendent justement que l'on statue sur leur sort. Au ministère de l'Intérieur, selon le Canard : "Nous accueillons ceux qui respectent la loi, pas les fraudeurs. [...] cette histoire n'est pas l'événement du siècle."

Que dire de plus ? Que j'ai honte ? Que c'est lamentable ? Que nous devrions venir au secours de ces réfugiés fuyant l'horreur ?

Bien sûr, tout cela, je le dis. Ça ne fera sûrement pas avancer les choses, M. Hortefeux, n'ayant pas réalisé "ses chiffres" de reconduite à la frontière l'an dernier, il faut qu'il commence très tôt et très fort cette année. Qu'il redouble d'efforts.

Je ne prétends pas connaître Haïti, ni ses habitants, mais  j'ai eu l'occasion de lire beaucoup d'écrivains haïtiens depuis le séisme (Rodney Saint-Eloi, Yanick Lahens, entre autres) qui décrivent l'enfer qu'ils ont vécu là-bas lors de la secousse, et le chaos qui persiste depuis. La reconstruction est lente, les gens sont toujours sous des tentes, dans des conditions sanitaires déplorables, le choléra sévit, la pauvreté y est encore plus présente qu'avant, et nous que faisons-nous ? Nous disons à ces jeunes gens de rentrer chez eux dans ces conditions, sans même leur donner la possibilité de rester avec leur famille présente en France.

Je me suis toujours dit que mon blog n'était pas une vitrine pour mes opinions politiques, mais là, c'est trop ! On nous parle d'identité nationale, mais comment puis-je revendiquer cette identité si j'ai honte de ce que font mes dirigeants ? Une honte, je vous dis. Je ne reconnais pas miens ces gouvernants qui chaque jour nous font perdre la face et nous font avaler les couleuvres de la crise et de la sécurité pour mieux faire passer leurs actions dont ils ne peuvent pas se vanter, comme ces reconduites à la frontière déshonorantes. Encore qu'en les flattant un peu il trouverait moyen d'en tirer gloire, si cela pouvait servir leurs propres intérêts.

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Le pays de l'absence

Publié le par Yv

Le pays de l'absence, Christine Orban, Albin Michel, 2011

"Et si un jour nous devenions les parents de nos parents ? Si irrémédiablement, les rôles s'inversaient avec le temps ?" (4ème de couverture). La narratrice, une écrivain(e) parisienne, reçoit pour Noël sa mère qui arrive de Casablanca. Celle-ci, depuis quelques temps, perd un peu la tête. Elle oublie ce qu'elle fait, elle se perd dans la rue, dans l'appartement et développe des phobies nouvelles.

Confrontée à la maladie de sa mère, c'est le moment pour la narratrice de faire un bilan, de raconter son enfance. De raconter sa mère, pas aimante pour elle, mais très aimante pour sa petite sœur. De dire les conséquences de ce manque d'amour maternel : "Tu as toujours été cette mère-enfant qui me racontait ses frasques qui me gênaient. [...]

Comment être mère quand on a pas été enfant ?

J'ai résisté longtemps. Je ne pouvais donner la vie alors que je n'étais pas finie. Une mère doit aider à devenir adulte, je ne suis pas une adulte parce que je n'ai jamais été une enfant. Insouciante : longtemps, je n'ai pu écrire ce mot. Il ne me va pas ce mot, il ne me convient pas. Le principal danger à éviter était d'être mère de filles ; les mères font souffrir leurs filles." (p.38)

Heureusement pour elle, la narratrice donnera naissance à des garçons, évitant donc de reproduire le comportement de sa mère.

Alternant la description à la troisième personne du singulier et les propos directement adressés à la mère à la seconde personne du même singulier, Christine Orban va droit au but. Elle décrit les gestes qu'elle doit faire pour sa mère : l'aider à s'habiller, l'accompagner dans les escaliers car elle a peur de l'ascenseur, lui rappeler sans cesse les consignes, et surtout répondre à ses questions répétitives. Au fil de la narration, on découvre la vie de cette femme, son absence de sentiment maternel vis-à-vis de sa fille, qui aujourd'hui la recueille. Cette fille, qui, pour se sauver décidera de venir en France étudier et écrire. Cette fuite ne lui évitera cependant pas les affres de la souffrance, de la mélancolie, de la déprime. A cette mère non-aimante ou mal-aimante, elle dira tout ce qu'elle a enduré, mais silencieusement, sans que la principale intéressée ne l'entende. Et d'ailleurs, la maladie l'empêcherait probablement de comprendre les reproches. Alors, la fille continue de s'occuper de sa mère, de "prendre sur elle" pour être aux petits soins, de se mettre en quatre pour lui faciliter la vie et pour lui être agréable, comme si elle voulait se faire pardonner ses pensées accusatrices.

J'ai ressenti quelques longueurs dans le texte, en cours de lecture, et puis, en y réfléchissant, j'ai pensé qu'il collait au rythme que la mère impose à sa fille : la prise en charge quotidienne d'une malade d'Alzheimer. Cette maladie n'est d'ailleurs étrangement nommée qu'une seule fois dans le livre et encore dans une phrase interrogative : "Alzheimer, est-ce le nom que le professeur Dubois n'a pas osé prononcer devant moi ? Est-ce le nom de cette maladie qui déconnecte le cerveau d'une personne ?" (p.97/98) La maladie non nommée, comme si les deux femmes ne voulaient pas voir la réalité en face. Comme si elles ne voulaient pas lutter contre l'inéluctable. Comme si affronter la réalité de la vie et de la mort annoncée leur était insurmontable.

J'aime beaucoup le genre de romans intimistes qui racontent les rapports enfants/parents, les relations familiales, à la seule condition d'une certaine qualité littéraire. Très peu pour moi, les livres "vécus", les histoires trash et autres confessions de pseudo-vedettes. Dans le genre que j'aime, je peux citer Annie Ernaux, Charles Juliet, John Burnside entre autres. Pour le premier livre de Christine Orban que je lis -oui, je sais, je ne suis pas très au fait des écrivains contemporains très connus !-, je trouve qu'elle peut entrer dans cette galerie plutôt prestigieuse.

Merci à Gilles Paris pour l'envoi de ce livre qui sort aujourd'hui même.

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Failles

Publié le par Yv

Failles, Yanick Lahens, Ed. Sabine Wespieser, 2010

"Le 12 janvier 2010 à 16h53 minutes, dans un crépuscule qui cherchait déjà ses couleurs de fin et de commencement, Port-au-Prince a été chevauchée moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu'ils se repaissent de chair et de sang. Chevauchée sauvagement avant de s'écrouler cheveux hirsutes, yeux révulsés, jambes disloquées, sexe béant, exhibant ses entrailles de ferraille et de poussière, ses viscères et son sang. Livrée, déshabillée, nue, Port-au-Prince n'était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c'est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c'est le scandale de sa pauvreté." (p.12/13)

Yanick Lahens est une écrivain et elle vit à Port-au-Prince. Suite au séisme, elle décide de rester, de porter secours selon ses moyens à qui le demande et surtout de continuer à écrire, au jour le jour, sur les Haïtiens, sur Haïti. Elle ne fait l'impasse sur rien et se pose même les questions les plus importantes : "pourquoi nous les Haïtiens ? Encore nous, toujours nous ? Comme si nous étions au monde pour mesurer les limites humaines, celles face à la pauvreté, face à la souffrance, et tenir par une extraordinaire capacité à résister et à retourner les épreuves en énergie vitale, en créativité lumineuse. (p.68) Sans rien éluder, elle scrute les différences entre les Haïtiens, partagés en deux, les Créoles, "ceux qui ont" et les Bossales, "ceux qui n'ont pas". Pourquoi, ce petit pays, la première colonie à avoir été indépendante ne réussit pas à vivre, tout simplement, mais use toute son énergie à survivre ? Yanick Lahens passe en revue, la politique, l'économie, les associations qui aident les sinistrés, mais qui les rendent également dépendants de leur aide : "Autant dire que nous sommes devenus à la longue des camés, dépendants d'une cocaïne, d'un crack qui s'appelle l'aide internationale. La reconstruction, la vraie, supposerait un accompagnement de qualité venu d'ailleurs (car nous avons besoin d'aide) mais précisément pour une cure de désintoxication qui passerait par les affres du sevrage avant le long chemin vers la dignité. On en est encore loin" (p.150)

Pas de misérabilisme, juste un constat : aidons les Haïtiens à vivre, à s'en sortir eux-mêmes ! Loin des discours habituels, Yanick Lahens insuffle une bonne dose d'optimisme et "une formidable force de vie." (4ème de couverture)

Pour conclure, une dernière citation  de l'auteure -j'en ai déjà fait beaucoup, mais j'aurais presque pu citer tout le texte ! -qui résume la démarche d'écriture de ce livre :  "Le 12 janvier, le temps s'est figé, chaque seconde lestée. Nous étions sans passé, sans avenir. Dans l'unique sidération de l'instant.  Plombés dans un présent étroit et noir.

Toutes ces pages en deux mois et demi pour dire. Les mots sont sortis comme des éclats d'un corps. Certains projectiles m'avaient atteinte bien avant le 12 janvier et s'étaient ce jour-là seulement enfoncés plus profondément dans ma chair. J'en ai presque perdu le souffle et le sommeil, mais j'ai avancé. Je devais le faire. En dépit de mes propres failles Au bout du compte, me suis-je mise en danger ou en représentation, ou les deux ? Je ne sais pas." (p.143)

PS : Yanick Lahens est venue près de chez moi, à Nantes, pour poser la première pierre du futur mémorial de la traite des noirs et de l'esclavage. "Dans une ville par laquelle a transité [...] la moitié des bateaux négriers en route vers l'Amérique. Douze années de lutte de la municipalité pour remplir ce devoir de mémoire. Chapeau ! Pour moi, grande émotion sur le quai de la Fosse. Très grande émotion." (p.144)

 

dialogues croisés

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Putain d'usine et Les fantômes du vieux bourg

Publié le par Yv

Putain d'usine, Efix et Jean-Pierre Levaray, Ed. Petit à petit, 2007

Jean-Pierre Levaray écrit son roman, Putain d'usine, en 2002 (édité chez L'insomniaque). C'est de ce roman qu'est adaptée la bande dessinée dont je parle. Efix est aux dessins.

A eux deux, ils réalisent cette BD, d'un genre très particulier. Particulier, parce qu'elle raconte le quotidien d'un ouvrier d'une usine de produites chimiques, classée Seveso 2. J-P Levaray est, à l'époque où il écrit son livre, ouvrier dans cette usine. Ce n'est pas gai tous les jours : les ouvriers n'ont pas envie de venir bosser ; le livre commence par ces phrases : "Tous les jours pareils. J'arrive au boulot. Et ça me tombe dessus comme un vague de désespoir. Comme un suicide. Comme une petite mort. Comme la brûlure de la balle sur la tempe. On en arrive à rêver que la boîte ferme. Qu'elle restructure." (p.3/4). Le travail est pénible, dangereux et pas du tout motivant. Beaucoup de salariés sont entrés dans cette boîte croyant y faire un bref séjour. Et puis, ça dure. La vie fait qu'il n'est pas toujours facile ou possible de changer. On se réveille 20 ans plus tard en se disant qu'on est toujours là, dans cette usine.

Voilà pour le ton du bouquin, très réaliste, qui décrit formidablement la vie d'un ouvrier au début des années 2000. Une sorte de Zola moderne.

 

Les fantômes du vieux bourg, Efix et J-P Le varay, Ed. Petit à petit, 2008 : les planches de Efix sont tirées de nouvelles de J-P Levaray, dressant des portraits de gens simples, anonymes qui vivent autour de l'usine, dans le vieux bourg.

Pour le dessin, Efix n'utilise que du noir et blanc, et franchement, comme on dit maintenant : "ça le fait !" Les livres sont découpés en petits chapitres, chacun traité différemment pour le dessin : parfois relativement classiquement, parfois à la manière d'ombres chinoises, alternance de dessins noirs ou gris sur fond blanc et de dessins blancs sur fond noir (personnellement, j'ai un faible pour ces derniers). Efix utilise aussi des photos, des cadrages d'images loin des standards de la BD, des superpositions, des polices d'écritures différentes : tout pour nous attirer l’œil, de belle manière, pour nous happer par son dessin et par le texte de J-P Levaray. 

De la BD réaliste, engagée, sociale, ... Quel que soit le terme que l'on puisse utiliser pour ces livres, il est loin de ce que la bande dessinée propose habituellement. Rien que pour cela, ils mériteraient le détour, mais là, on peut les ouvrir en plus pour leurs réelles qualités, autant dans le texte que dans le dessin.

A s'offrir ou se faire offrir : pour ma part, je les ai découvertes sous le sapin. Merci Père Noël et merci Fabrice Vigne, puisque c'est grâce à l'un de ses articles que j'ai eu envie d'ouvrir ces BD. Puissé-je vous donner la même envie !

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