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Le Corps de la France

Publié le par Yv

Le Corps de la France, Michel Bernard, Ed. La table ronde, 2010

Juin 1940, quelques jours avant l'appel de Charles de Gaulle, lorsque Paris fut déclarée ville ouverte, beaucoup de ses habitants désertèrent la Capitale. Parmi eux, sur les routes encombrées de l'exode, dans une Bugatti, un écrivain, Léon Werth et sa femme tentent de rejoindre leur maison du Jura, au sud de la ligne de démarcation. Ils croisent d'autres exilés, des soldats prisonniers. Durant ces mêmes journées, Henri Calet, autre écrivain, est fait prisonnier par les Allemands et est emmené dans un camp.

Je me demande encore pourquoi j'ai pris ce livre, tellement éloigné des mes attirances habituelles. Peut-être tenté par la 4ème de couverture ? Peut-être parce que l'auteur y parle d'écrivains anarchistes, anti-militaristes qui ont soit rejoint les forces françaises, soit ont soutenu comme ils le pouvaient celui qui n'était pas encore général, de Gaulle ? Une envie de savoir comment on peut passer d'un camp à un autre  ?

J'ai fait mon service militaire, n'y ai ressenti aucune fibre patriotique ; je ne l'avais pas avant et ne l'ai pas acquise depuis. Je n'ai ni fierté ni gloire à être Français. Je le suis, point ! Certes, je préfère vivre là que quasiment partout ailleurs au monde, notamment pour la qualité de vie, la possibilité de s'exprimer, etc, etc, ... Mais, je n'ai pas le sentiment d'être très différent d'autres habitants de la planète. C'est d'ailleurs une des raisons qui m'ont fait fuir le scandaleux, inutile, racoleur et nauséabond débat sur l'identité nationale dans lequel je n'avais rien à dire et ne me suis pas reconnu.

Je me permets cette petite digression, parce que dans ce livre, Michel Bernard y va un peu trop fort à mon goût dans l'exaltation de cette notion de patrie, de nation et ce sentiment de patriotisme. Il parle aussi d'une période dans laquelle ce sentiment a pu être exacerbé, à cause de l'occupation étrangère. L'auteur se lance dans des discours pompeux, des dithyrambes, et oublie la réserve ou le recul nécessaire à la crédibilité de son récit.

Par contre, il écrit de très belles pages sur Saint-Exupéry (grand ami de Léon Werth, à qui Le Petit Prince est dédié), sur de Gaulle aussi (lorsqu'il oublie un peu son admiration sans borne). Il parvient également à nous intéresser à Trenet, au Québec et à de Gaulle au Québec. Et surtout il m'a donné très envie de découvrir les écrits de Léon Werth et de Henri Calet dont j'ignorais totalement les existences avant cette lecture (et pourtant après l'avoir relue je me souviens de la dédicace du Petit Prince, mais le nom de Werth ne m'avait pas marqué). Je me dois d'ajouter que Michel Bernard a une très belle plume, très largement fréquentable, classique. Il aligne les phrases construites, les mots choisis et son texte est précis clair et limpide. On sent une écriture intemporelle qui sied à merveille à la période qu'il décrit.

Donc hormis mes réserves plus haut citées, je retiens de ce livre qu'il m'a donné l'envie de découvrir les écrits des deux "auteurs-héros", Léon Werth et Henri Calet dont j'ignorais les existences avant cette lecture. Finalement, n'est-ce pas une grande réussite que de donner cette envie au lecteur de découvrir ceux sur qui on écrit ?

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La mort indienne

Publié le par Yv

La mort indienne, Karin Fossum, JC Lattès, 2007

Elvestad, gros village norvégien : la vie s'y écoule paisiblement autour de la taverne d'Einar, des deux ou trois autres commerces plus ou moins florissants. Gunder Jomann, vendeur de matériel agricole, célibataire endurci dirait-on en France, décide quasiment sur un coup de tête de partir en Inde se trouver une femme. Le plus fou, c'est qu'il y arrive ! Il rentre en Norvège marié, sans que personne ne le sache, sauf sa sœur, Marie. Le jour où sa femme, qui a dû rester quelques jours de plus en Inde pour régler des formalités, doit arriver à Elvestad, Marie se retrouve dans le comas, suite à un accident de la route. Gunder charge alors un ami d'aller chercher, sa femme, Poona Bai, à l'aéroport pendant qu'il court au chevet de Marie. Ce même jour, dans un pré d'Elvestad, est retrouvé le cadavre atrocement mutilé d'une femme. L'inspecteur Konrad Sejer est chargé de l'enquête, secondé par l'inspecteur Jacob Skarre.

Karin Fossum écrit là son cinquième roman policier, dont plusieurs font intervenir les inspecteurs Sejer et Skarre. Personnellement, je découvre avec celui-ci l'écriture et les personnages de cette auteure, surnommée parait-il "la reine du crime" (4ème de couverture). Si on laisse de côté ce surnom, purement argument publicitaire, et que je trouve personnellement, un rien rebutant -ça me fait trop penser à M Higgins Clark dont je déteste les livres ; et oui, j'avoue j'en ai lu. Péché de jeunesse, j'espère qu'il me sera pardonné ?- on se retrouve avec un polar nordique qui répond aux règles du genre. Atmosphère lourde, crime particulièrement horrible dans une petite communauté rurale, inspecteur qui écoute, prend son temps et ne perd ni son sang-froid ni aucun détail de ce qu'il voit et entend.

Tous les ingrédients sont donc réunis dans ce très bon polar pour nous faire passer un moment de lecture tout à fait agréable. Des indices nous aiguillent tout au long du récit vers l'identité du coupable, mais on n'y croit jamais totalement, puisque d'autres indices désignent d'autres suspects. Konrad Sejer, lui, avance sans état d'âme, sûr d'arriver au bout de son enquête, grâce à sa technique faite de gentillesse, de politesse et d'empathie avec les suspects. Et lorsqu'il tient celui ou celle qu'il croit coupable, il ne lâche plus. Un vrai pitbull, lui, si calme. Et pourtant, son adjoint Skarre a des doutes quant à la culpabilité du suspect. Et nous aussi, grâce à des détails subtilement semés au cours du livre et grâce aux discussions entre les divers personnages. Ces doutes donnent un double ressenti, soit d'enquête -et de livre- pas totalement aboutie, soit au contraire, de volonté délibérée de perdre ou de troubler le lecteur.

Konrad Sejer est présent dans d'autres polars de Karin Fossum que je lirai bien volontiers à l'occasion.

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Echo

Publié le par Yv

Echo, Ingrid Desjours, Plon, 2009 (Pocket, 2010)

Un crime horrible vient d'être découvert. Klaus et Lukas Vaillant, les jumeaux stars de la télé sont retrouvés assassinés, mutilés dans leur salon. Célèbres pour "se payer" leurs invités -certains même ne s'en sont pas remis-, ils ne manquent pas d'ennemis. Le commandant Vivier est sur l'enquête, assisté, contre son gré de la sexo-criminologue Garance Hermosa, jolie, très féminine et très attirante.

Tenté par les critiques lues ici ou là, j'ai décidé de répondre au partenariat B.O.B/éditions Pocket. Mais bon, je vais refroidir les ardeurs, parce que franchement, je trouve que ce soi-disant thriller ne tient pas la route. Ecrit par une psychologue, sexo-criminologue, conférencière en psycho-criminologie, le livre est rempli de considérations en lien avec les spécialités de l'auteure. Intéressantes, certes, mais un peu rabâchées et trop professorales, je me suis parfois cru dans un cours magistral à la fac de psychologie. Il est aussi bourré de répétitions, aussi inutiles que longues : pourquoi nous faire sans cesse des résumés des situations, des rapports de la psy ? Ça alourdit et ralentit le rythme de cette histoire ; et puis, le lecteur n'est pas forcément un crétin, pour qu'on ait sans arrêt besoin de lui faire un topo. Ou alors, en y mettant un peu plus de finesse.

La forme n'est pas non plus très originale : on suit d'un côté l'enquête et de l'autre un journal de celui que l'on imagine être l'assassin, écrit en italique et s'incorporant entre les chapitres liés aux investigations policières. Déjà vu. Alors, il ya bien des extraits de mails, des rapports de Garance Hermosa, copiés dans une autre police de caractère, mais cela ne donne pas vraiment un livre original.

Bon, finissons par les points plus positifs : la confrontation jeune femme sexy, fofolle, décalée mais néanmoins professionnelle/vieux flic un peu bourru, blasé, et un peu sous le charme de la dite jeune femme est plutôt marrante. Cela m'a fait penser pendant toute ma lecture à la très courte série télévisée, Elodie Bradford, avec Armelle Deutsch, qui jouait une flicque faussement ingénue et malhabile, face au vieux flic à l'ancienne, un peu amoureux.

Un autre point positif est que si l'on sent que l'auteur du journal est le coupable, on ne sait pas avant la fin qui est cet auteur, et je dois bien avouer que son identité m'a surpris.

Pourtant très loin d'être un grand lecteur et a fortiori un spécialiste des polars ou thrillers, j'ai eu tout de même l'impression de "déjà lu" ou "déjà vu". Fréquentable, mais sans plus.

Cunéipage a plus apprécié que moi.

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Clair

Publié le par Yv

Clair, JP Nataf, Tôt ou tard, 2009

Et revoilà JP Nataf avec son dernier album intitulé Clair. Alors pour qui ne connait pas ce chanteur, je rappelle qu'il était le chanteur du groupe Les Innocents, très connus dans les années 90.

Entendu plusieurs fois, notamment sur FIP ou Inter, j'ai emprunté le CD à la Bibliothèque Municipale et bien m'en a pris. Très belles mélodies, une voix douce et très agréable, des textes pas toujours très accessibles à des terre-à-terre comme moi, mais il s'en dégage une jolie poésie. De la nostalgie, un peu de mélancolie, dues peut-être aux mélodies et à la voix du chanteur. C'est un album doux que l'on écoute ou paisiblement ou fort : les deux idées sont à essayer et passent bien.

J'aime les douze chansons, il m'est donc difficile de choisir un titre en écoute. Néanmoins, j'avoue une petite préférence pour Après toi, que voici, que voilà, suivie de près par Seul Alone, une longue chanson de près de dix minutes. (Je suis prêt à tout pour vous retenir longtemps sur mon blog ! Pendant que vous êtes à écouter cette chanson n'hésitez pas, visitez !)

Un CD obligatoire dans sa cédéthèque !

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