Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Une vie inachevée

Publié le par Yv

Une vie inachevée, Mark Spragg, Albin Michel, 2005 (Le livre de poche, 2009, 317 p)
Einar Gilkyson est un vieil homme qui a perdu successivement sa femme et son fils. Il vit seul, dans son ranch isolé et pauvre du Wyoming s'occupant de son ami Mitch, gravement mutilé suite à un accident. Le retour de Jean, sa belle-fille qu'il juge responsable de la mort de son fils, et de sa fille de 9 ans, Griff, va bouleverser sa vie. 
L'histoire a un goût de déjà-vu ou déjà-lu : un viel homme bourru retrouve une raison de vivre par la grâce d'une enfant et l'on découvre finalement un être drôle et attachant ! Très étasunien : un vrai film larmoyant (d'ailleurs ce livre a été adapté au cinéma par Lasse Hallström, avec Robert Redford dans le rôle du vieil homme et Jennifer Lopez dans celui de Jean).
Donc, rien de bien nouveau ni dans l'histoire ni dans la manière de la raconter : peut-être un peu d'exotisme pour nous Européens, dans la description du fin fond des Etats-Unis : les vrais cow-boys, bottes et Stetson en avant.
Ceci étant, je ne me suis jamais ennuyé et si je pense n'en pas garder grand souvenir, jamais l'idée d'arrêter ma lecture ne m'a titillé. Une lecture de vacances sans autre arrière pensée que celle de passer un moment agréable et pas inoubliable !
Je dois cette lecture au partenariat BOB et Livre de poche. Merci à eux
!

Voir les commentaires

Le rivage des Syrtes

Publié le par Yv

Le rivage des Syrtes, Julien Gracq, Ed. José Corti, 1951 (322p)
Aldo, jeune homme de bonne famille d'Orsenna décide de quitter la vie facile des jeunes gens de son âge, qui l'ennuie et se fait nommer Observateur (=espion) au sud du pays - dans le pays des Syrtes-, face au Farghestan pays avec lequel Orsenna est en guerre depuis 300 ans. Cette guerre, bien sûr n'existe plus dans les faits, mais aucun document n'ayant été signé, les risques qu'elle reprenne sont toujours présents.


J'avais pris ce livre à la BM, il y a quelques mois et après en avoir lu environ 50 pages, j'avais abandonné devant l'ampleur de la tâche. Circulant un jour dans les allées d'une librairie, j'ai vu un exemplaire de ce livre qui n'attendait que moi. J'ai donc effectué mon emplette, découpé les pages, car dans cette édition, chez Corti, on découpe les pages -un grand plaisir que j'avais déjà éprouvé avec un autre livre de Gracq, Au chateau d'Argol, il y a 20 ans. Je me suis donc lancé dans cette lecture avec appréhension par peur de m'ennuyer ou de ne pas comprendre, et puis, petit à petit, je me suis trouvé happé, fasciné par l'écriture de Julien Gracq. Énormément de descriptions, une histoire qui avance très lentement, des personnages complexes au possible, mais tellement humains et bien décrits !
Alors, certes, l'écriture est exigeante : elle demande de prendre son temps ; on ne lit pas Gracq comme on lit un autre auteur. Quelles phrases ! Longues, sinueuses, tortueuses parfois, toujours compréhensibles si l'on prend le temps de lire et de respecter la ponctuation (comme à l'école, quand on lisait à voix haute).
Que dire d'autre si ce n'est qu'en lisant Gracq, on est dans le monde de la Littérature avec un grand "L" ? Elitiste, sûrement ! Intellectuel, sans doute ! Mais quel texte et encore une fois quelle fascination pour cette écriture maîtrisée, très personnelle et vraiment exceptionnelle !


NB : Julien Gracq obtiendra le Prix Goncourt pour ce roman, qu'il refusera !
NB : Erik Orsenna tient son pseudonyme de la ville d'Orsenna du rivage des Syrtes.

Voir les commentaires

Le café de l'Excelsior

Publié le par Yv

Le café de l'Excelsior, Philippe Claudel, Ed. La dragonne, 1999 (84p)
Un homme raconte ses trois années d'enfance vécues chez son grand-père suite au décès de ses parents. Son grand-père tenait le Café de l'Excelsior.
Un tout petit livre très nostalgique, très bien écrit, comme souvent chez Philippe Claudel. Les personnages sont pudiques, populaires, bien vivants et certains, les habitués du bar, à la marge de la société. Cette grande nouvelle  a cependant un petit goût de déjà lu. Néanmoins, étant donnée sa petite taille et son écriture très agréable, on peut la découvrir sans aucun risque et je dirais même en passant un bon moment.

Voir les commentaires

Le cantique de l'apocalypse joyeuse

Publié le par Yv

Le cantique de l'apocalypse joyeuse, Arto Paasilinna, Ed. Denoël, 2008
Un vieux -l'ultime ?- communiste finlandais, ex-brûleur d'églises et "bouffeur de curés" fait promettre, à son petit-fils, sur son lit de mort,  de construire une église sur ses terres éloignées des grandes villes. Son petit-fils, Eemeli accède à son désir et bientôt c'est toute une communauté qui voit le jour autour de ce lieu de culte. Durant les années qui suivent, cette communauté ne cessera de grandir au grand dam des autorités finlandaises et européennes.
Comme souvent chez Arto Paasilinna, (Petits suicides entre amis, La douce empoisonneuse, Le lièvre de Vatanen, pour ceux que j'ai lus) les personnages sont atypiques, dotés d'un caractère fort - l'adjectif est un peu faible-, les situations sont décalées et les aventures rocambolesques. C'est un vrai plaisir que de suivre les gens de cette communauté vivant à côté du monde et réinventant un sens de la vie et de la nature que nous avons un peu oublié. Sous des dehors de pure comédie, ce livre, écrit en 1992, dénonce les dérives de l'administration -européenne notamment, mais aussi finlandaise-, nos propres dérives dans notre systématique recherche du mieux, du plus rapide, du plus performant. On sent chez l'auteur quelques sensibilité anarchique, mais toujours dans la bonne humeur. C'est d'ailleurs, la philosophie de vie des Ukonjärviniens (les habitants d'Ukonjärvi, lieu de création de la communauté) : tout doit se passer sans heurts, sans disputes et dans la bonne humeur. Et si possible, bien arrosé !
Un grand optimisme de Paasilinna dans la capacité des Hommes à se sortir de l'énorme crise environnementale dans laquelle ils se sont mis tous seuls, ou alors, un grand pessimisme, une sorte d'ironie du désespoir ?
Dans tous les cas, un vrai bon et grand moment de lecture, à recommander !

Voir les commentaires

Le petit Prince

Publié le par Yv

Le petit Prince, Joann Sfar, Gallimard Fétiche, 2008 (110p)
Ils ont osé ! Osé mettre le Petit Prince en BD. Le très fameux conte -mi-dessiné déjà- d'Antoine de Saint-Exupéry est passé sous les crayons de Joann Sfar, célèbre notamment pour Le chat du Rabbin, que j'aime beaucoup. Qu'en dire ? Pas grand chose : c'est pas mal, même si le dessin m'a un peu gêné au départ, on s'y fait assez vite. L'histoire évidemment est fidèle à l'originale, donc très belle et universellement connue.
Sans dévaloriser le travail de Joann Sfar, je me pose la question de l'utilité et du besoin de cette BD. A part l'idée de mettre ce conte à la portée de tous, et là, je pense à ceux qui ne lisent pas d'autres livres que les bandes dessinées, je ne vois pas. Pour résumer : pas mal, mais pas indispensable ; la version originale est nettement plus intéressante.

Voir les commentaires

<< < 1 2