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Rien à perdre

Publié le par Yv

Rien à perdre, Roberto Montaña, Métailié, 2021 (traduit par René Solis)

Trois amis, à peine cinquantenaires, qui se sont connus dans un lycée de Buenos Aires, puis perdus de vue, puis retrouvés lors d'une fête des anciens, décident de faire une virée sur une plage en Uruguay. Il y a Wave, rocker has-been qui rêve d'un retour, marié mais bon c'est pas terrible, une petite fille ; Le Nerveux, qui porte bien son surnom, en instance de divorce et Mario célibataire qui vit encore chez sa mère. Ils partent tous les trois vers la frontière dans la vieille Ford Taunus de Mario vers ce qui pourrait n'être qu'un week-end entre vieux potes.

Voilà un roman noir comme je les aime. Court, rythmé, parfois drôle, avec des dialogues qui rajoutent une couche à tout ce que je viens d'écrire. Les trois copains sont fatigués et ne se connaissent pas si bien que cela. Chacun a, dans sa vie, des soucis, des emmerdes qui refont surface au moment où ils aimeraient se détendre. Ils ne sont pas taillés pour être des héros de polar : ils boivent du maté, sont trop englués dans leurs histoires de famille et loin d'être prêts à affronter le genre de méchants que l'on trouve dans ce genre de roman.

Roberto Montaña écrit des nouvelles et l'on sent qu'il maîtrise bien le genre, son roman court est efficace et ne s'embarrasse pas de fioritures, de détails qui ne servent pas son histoire. Là où certains commencent systématiquement leurs chapitres par la description du paysage, des ciels... lui va au plus direct, parlant plutôt de ses personnages, usant néanmoins de belles formules, par exemple, les premières lignes du livre : "Une ride. C'est la première chose qu'il voit quand il passe la main sur le miroir embué : une ligne fine qui naît à l'angle de son œil droit pour disparaître deux centimètres plus bas, traçant une courbe descendante et définitive. L'espace d'un instant il se dit que c'est seulement une illusion d'optique, un effet de la lumière, mais quand il s'approche du miroir il a la confirmation que ce n'est pas une ride mais plusieurs, disséminées sur tout le visage, en train de grandir autour des lèvres, dans les plis du front, aux contours du nez." (p.7)

Un roman qui débute ainsi présage de bons moments qu'il confirme au long des 160 pages.

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Alex-Mot-à-Mots 17/06/2021 13:24

Il m'a l'air pas mal, et court, ça me va bien aussi.

Yv 18/06/2021 07:34

oui c'est un format serré, ce que j'aime bien

Luocine 16/06/2021 08:18

Un bon début, c’est vrai.

Yv 16/06/2021 12:59

Et le reste l'est tout autant