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La somme de nos folies

Publié le par Yv

La somme de nos folies, Shih-Li Kow, Zulma, (traduit par Frédéric Grellier), 2018....,

Mary Anne vit dans un orphelinat de Kuala Lumpur, Malaisie. Un jour, elle est victime d'un grave accident de la route dans lequel ses deux futurs parents adoptifs meurent. C'est alors Beevi, demi-sœur de la femme tuée qui accueille Mary Anne, dans la grande maison dont elle hérite, à Lubok Sayong, petite ville un peu perdue au nord du pays, qui subit des inondations régulières. Vit là également Auyong, homme vieillissant, ex-directeur d'un hypermarché, venu pour diriger l'usine de mise en boîtes de litchis.  

Charmant récit, tour à tour humoristique et léger, grave et profond, dans lequel un homme vieillissant et une jeune fille alternent les prises de parole pour dire leur vie, leur ville, des anecdotes sur Beevi, leur amie commune. Rafraîchissant, tendre, on pourrait croire à une suite de petites nouvelles racontées de deux points de vue. Lorsque Auyong prend la parole, il revient sur la fin de l'événement dont parlait Mary Anne juste avant, et inversement, avant  que chacun ne prolonge l'histoire. Ce qui fait qu'on en sait beaucoup sur eux, sur Beevi, sur Lubok Sayong et sur la vie en Malaisie en général.

Très bien mené, la note reste positive même lorsque Shih-Li Kow aborde des sujets encore délicats dans la société malaisienne -et dans beaucoup d'autres aussi-, comme l'homosexualité, le trans-genre, mais aussi la polygamie. L'auteure constate, donne parfois un avis tranché par ses personnages, mais laisse souvent le lecteur se faire sa propre opinion, elle décrit avec humour certaines situations difficiles, ajoute ici et là des traces de fantastique ou de légendes. Par exemple (pour l'humour, la légèreté), le jour où les habitants devaient choisir un nouveau non pour leur village :

"Tous les habitants furent conviés à une réunion, à l'ombre d'un cerisier près du principal arrêt de bus, pour choisir un nouveau nom. Vu que nos transports publics relèvent du tiers-monde, entièrement soumis aux caprices de l'appétit, de la soif et de la vessie du chauffeur, les gens arrivèrent au compte-gouttes. Entre l'attente, les discussions et le vote, une bonne partie de la journée y passa. Toute espèce de créativité fut étouffée par la chaleur, et la vision d'une cité étincelante, moderne, s'estompa bientôt parmi ces gens qui se grattaient le dos et se curaient les ongles des pieds en attendant qu'il se passe quelque chose." (p. 132/133)

Joli roman de cette rentrée littéraire, original, particulièrement plaisant, qui parle d'un pays peu présent en littérature -je crois que c'est mon premier roman malaisien. C'est aussi le premier roman de Shih-Li Kow.

Commenter cet article

keisha 15/11/2018 14:02

Belle surprise en effet, joli roman!

Yv 15/11/2018 16:27

ravi qu'il t'ait plu

Yv 15/11/2018 16:27

ravi qu'il t'ait plu

Yv 15/11/2018 16:27

ravi qu'il t'ait plu

Jostein 08/09/2018 07:59

Premier roman malaisien pour moi aussi. Zulma sait nous faire voyager avec des romans profondément humains

Autist Reading 05/09/2018 22:28

C'est un des romans de la rentrée au sujet duquel les blogs sont jusque-là enthousiastes. Plus je lis les billets qui lui sont consacrés, plus j'ai envie de le découvrir à mon tour. Et puis, c'est chez Zulma, alors...

Yv 06/09/2018 07:14

Voilà, Zulma permet toujours de lire de délicieuses découvertes et encore une fois, la maison aux jolies couvertures touche juste

Alex-Mot-à-Mots 05/09/2018 10:14

Un roman malaisien, en effet, c'est rare.

Yv 05/09/2018 11:07

assez rare pour qu'on se penche dessus

Hélène 04/09/2018 15:19

Il m'attend

Yv 04/09/2018 16:56

j'attendrai donc ton retour de cette lecture

Aifelle 04/09/2018 13:12

Un roman qui aura peut-être du mal à se faire un chemin dans cette rentrée littéraire abondante. Ma curiosité est éveillée.

Yv 04/09/2018 15:13

C'est vrai que chaque année, la rentrée est touffue et qu'à part un ou deux titres, on n'entend parler que des mêmes qui, in variablement sortent leur roman de la rentrée. C'est dommage parce que ces auteurs-là n'ont pas besoin de publicité, leur nom l'est en lui-même, et pendant ce temps, d'autres très bons voire excellents livres restent un peu oubliés.

Mimi 04/09/2018 09:05

Un roman très attirant et rempli de douceur me semble-t’il. Un roman comme je les aime. Merci de cette découverte !

Yv 04/09/2018 15:10

oui, une belle découverte malaisienne, d'une grande beauté et d'une grande douceur