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Articles avec #polar-noir tag

L'assassin du canal

Publié le par Yv

L'assassin du canal, Sandrine Berthier, Ravet-Anceau, 2011....

Coudekerque, banlieue de Dunkerque est le lieu de prédilection d'un tueur en série particulier, qui pousse ses victimes dans les lacs ou canaux pour qu'ils s'y noient. La police et le procureur sont sur les dents. Le lieutenant Decanter, jeune flic, revenu au pays depuis un an après quelques années à Paris est sur l'enquête, associé à l'agent Sylvain Fleurynck, dynamique, parfois trop au risque de devenir fatigant. Les victimes s'accumulent sans que les policiers puissent trouver de lien entre elles.

Les éditions Ravet-Anceau, sans leur faire injure, ne révolutionnent pas le genre policier, mais quasiment à chaque fois, le roman policier qu'on tient entre les mains fait passer un très bon moment. Sans faire beaucoup de bruit, cette maison bâtit un catalogue divers et riche. En fait, lorsque je me promène dans les rayons de la bibliothèque, j'ai tendance à prendre facilement l'un de leurs livres, sachant que je ne serai pas déçu. Cette fois-ci, ça a encore marché.

L'histoire de Sandrine Berthier est plaisante en grande partie grâce à ses personnages, qui, étonnamment ou pas -est-ce volontaire ?- ont pour beaucoup des noms commençant par la lettre D : Decanter, Demol, Duval, Duport, Deleu, Delobel, Delaeter, Després -je ne sais pas si le remraquer pendant ma lecture fait de moi un type étrange ou si c'est normal. Elle sait camper des personnes simples, pleines d'humanité, le commissaire qui chouchoute ses hommes en est un bel exemple, qui ont des rapports sains. Il souffle, malgré les victimes et l'enquête qui piétine, comme un air de bonté : "Les gens du nord..." disait un chanteur. Et un peu d'humour et de légèreté apportent un plus indéniable qui conforte la bonne ambiance du roman. Parfois un peu trop de bon sentiment, notamment avec Barney, le chien d'une victime, fait sourire, mais c'est dans le ton, absolument pas rhédibitoire, plutôt marrant et décalé dans le polar qui joue plus souvent le cynisme que la bonté.

Il reste que, passé cette ambiance chaleureuse, les flics doivent travailler et trouver le tueur, ce qui n'est pas aisé. Bon, j'avoue m'être douté du nom du coupable assez nettement avant la fin, mais cela n'a pas altéré mon plaisir de lire ce polar jusqu'au bout.

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Avec le chat pour témoin

Publié le par Yv

Avec le chat pour témoin, Pierre Pouchairet, Palémon, 2019.....

Marc Chabot, l'amant de Vanessa, la psychologue criminelle du groupe des Trois Brestoises est retrouvé mort. Tous les indices mènent vers Vanessa qui est emprisonnée. Léane, la cheffe de la PJ de Brest ne peut croire que son amie est coupable, ni Élodie la troisième du groupe, médecin légiste. Bien que l'enquête ne lui soit pas confiée, Léanne s'en mêle et ses premières découvertes sont loin d'innocenter son amie. Mais l'amitié est plus forte que tout et bien épaulée, elle persiste tandis que petit à petit une d'autres affaires s'ajoutent au meurtre de Marc Chabot.

Retour des Trois Brestoises, pour ce quatrième opus mené tambour battant. Il faut croire que la Vallée des Saints est un lieu propice aux enquêtes policières puisque, Françoise Le Mer en a fait le lieu de son dernier roman, Le festin des pierres, et au vu des descriptions des lieux dans les deux livres, je n'en doute pas un instant.

Si l'enquête de Léanne a des côtés très envisageables, elle réserve néanmoins des rebondissements et des surprises bien agréables. Elle nous tient jusqu'au bout des 320 pages sans mollir et sans ennuyer, c'est même tout le contraire tant fermer le livre est un acte difficile. Et comme à chaque fois que Pierre Pouchairet écrit une histoire pour ses trois héroïnes, c'est avant tout à elles qu'on s'intéresse. C'est la vie des trois filles et de leurs connaissances qui lie toutes les enquêtes, les histoires et qui fait que tout se tient admirablement bien et que, comme je le disais plus haut, il est bien ardu de fermer le livre. Parce qu'on a envie de savoir, sans être potinophile ou cancanophile -faites votre choix-, comment ces trois-là vont continuer, quelles seront leurs relations, leur avenir personnel et professionnel.

Pierre Pouchairet écrit des polars réalistes, de ces histoires qui pourraient se passer près de chez nous -d'ailleurs, elles se passent tout près, parce qu'on sait bien que la Bretagne c'est le centre du monde-, avec des protagonistes qu'on peut croiser chaque jour. On y croit. Sa manière de les raconter, vive, rythmée, pas mal dialoguée, assure au lecteur un excellent moment de lecture et fait de lui un des auteurs de polars français inévitables. Le très bon Olivier Marchal qui signe le bandeau ne s'y est pas trompé lui non plus et nous sommes nombreux à partager son avis.

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Les diamants de Waterloo

Publié le par Yv

Les diamants de Waterloo, Valérie Valeix, Palémon, 2019.....

Octobre 1815, Napoléon est tombé et la royauté rétablie. Jérôme Blain, ancien officier de la Garde impériale, surnommé le Capitaine Sabre, durement touché à Waterloo, se remet doucement entouré de sa femme et son jeune fils. Sur les conseils de Vidocq et en association avec lui, il monte une agence de détectives, l'Agence de l'Ours Noir. Son associé lui fait rencontrer Talleyrand qui lui donne comme mission de retrouver les diamants de la princesse Borghèse, sœur de Napoléon qui ont disparu lors de la débâcle de Waterloo. L'enquête mène le jeune capitaine vers la Normandie, son pays d'origine, chez le colonel Pondorcy, fervent défenseur de l'empereur malgré sa blessure de guerre qui l'a privé de ses deux jambes.

Valérie Valeix délaisse son apicultrice-enquêtrice Audrey Astier pour se lancer dans le roman policier historique, un genre que je trouve casse-gueule lorsqu'on ne le maîtrise pas. Non historien, je ne connais de Napoléon que la victoire d'Austerlitz et la défaite de Waterloo... morne plaine..., la main dans le gilet et les chansons de Serge Lama -désolé pour cet écart de mauvais goût (sur Youtube, ça dure 2h18min56sec, mes condoléances). Mais je cesse là mes apartés inutiles pour revenir à cette excellente surprise qu'est la naissance du Capitaine Sabre. Hyper documenté, annoté, l'auteure, par des notes en bas de pages, donne des précisions qui vont de la grande histoire à l'anecdote qui apportent réalisme et ancrage et permettent au béotien que je suis d'y croire à fond. On est en 1815, c'est sûr.

J'aime assister à la naissance d'un héros récurrent, et Jérôme Blain m'a l'air sympathique et a vécu suffisamment d'événements pour en faire un personnage complexe qui évoluera dans le temps et dans une époque tourmentée. Le contexte est là, bien planté et prometteur. Sa première enquête est fort bien menée, ne lésinant pas sur les malfrats, les coups tordus, les gentils pas si gentils et les méchants pas si méchants. Valérie Valeix ne ménage pas ses effets et rebondit de surprise en coup de théâtre. Des guet-apens, des embuscades, des morts étonnantes... le rythme est soutenu, et j'espère qu'elle saura le tenir au long des futures aventures de son Capitaine Sabre. En lisant ce roman, je n'ai pas eu l'impression de lire la même auteure que sa série avec Audrey Astier l'apicultrice. J'ai ressenti plus de force, plus de puissance dans les évocations, plus de profondeur dans ses personnages. C'est sans doute que le monde napoléonien me parle davantage que l'apiculture, et pourtant, je suis inquiet du sort des abeilles et j'aime le miel... Bref, tout cela pour dire en un mot que ce premier tome de la série Les enquêtes du capitaine Sabre est excellent et que je suis très impatient de lire le suivant, et si vous m'avez bien lu, tout cela fait beaucoup plus qu'un seul mot.

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L'odeur du ciel

Publié le par Yv

L'odeur du ciel, Henri Bonetti, Cohen&Cohen, 2013.....

Alexis et Anatoli sont amis depuis qu'ils ont dix ans. Ils sont artistes peintres tous les deux, vivent à Marseille dans le milieu des années 50. Alexis est le meneur, celui dont Anatoli est à la fois fier d'être l'ami et envieux du talent, évident et reconnu, dont lui est dépourvu.

1981, une ville de Normandie, Jean-Pierre Lefebvre est flic, trentenaire et un peu blasé. Bientôt, il rencontre Michèle, prof de français.

Années 90, Serge est le fils d'un grand homme et vit sur les succès et la notoriété de son père, mais n'est pas au mieux.

Années 90, Paris, le peintre Chu Teh-Chun fait appel au détective privé Karim Kacem pour retrouver une aquarelle dérobée dans son atelier.

Ce faux recueil de nouvelles est un vrai roman où tous les protagonistes parlent du même sujet : la peinture, et notamment celle d'Alexis Lioguine. J'aime beaucoup cette construction gigogne, où l'on devine ou imagine des liens entre les histoires avant que l'auteur, à la fin, comme une chute de nouvelle nous les révèle. Je me suis régalé, comme d'ailleurs dans les autres livres de l'auteur que j'ai déjà lus : Monet, money  et L'homme qui avait recueilli les dernières paroles de Gunnar Andersson, deux romans dans lesquels on croise aussi Karim Kacem, le privé. Henri Bonetti bâtit des romans de façon originale, soit touffu, soit à multiples entrées soit, comme ici, à divers époques et intervenants aux horizons très éloignés. Et à chaque fois, moi -qui suis un lecteur linéaire- qui n'aime pas trop cela, je m'y retrouve sans peine et en redemande même.

Je n'en dirai pas beaucoup plus, car le truc, c'est de se laisser surprendre, allez-y sans crainte. C'est un peu comme un film que vous avez vu et que vous aimez conseiller sans rien en dire pour ne rien dévoiler, ne rien déflorer, que vos amis aient la même sensation, le même plaisir que vous. Ah si, Chu Teh-Chun a existé réellement et je l'ai découvert grâce à ce livre. Sa peinture est une explosion de couleurs et de lumière, j'aime beaucoup.

Et faites comme moi, si vous croisez à la bibliothèque -ou ailleurs- des livres Cohen&Cohen, collection Art noir, laissez-vous faire, je crois n'y avoir eu aucune déception et surtout pas avec Henri Bonetti.

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La Venin. Lame de fond

Publié le par Yv

La Venin. Lame de fond, Laurent Astier, Rue de Sèvres, 2020.....

Emily poursuit sa recherche des hommes qui ont fait du mal à sa mère. Après avoir tué l'un d'eux devenu gouverneur, elle continue sa route, traquée par des enquêteurs de la célèbre agence Pinkerton et sans doute par des chasseurs de prime puisque la fille du gouverneur a promis 1 000 dollars à qui la capturerait. Emily bénéficie toujours de la surveillance discrète et efficace d'un mystérieux Indien.

Après Déluge de feu, voici, la deuxième partie de cette excellente série qui se déroule entre la fin du 19° et le tout début du 20° siècles aux États-Unis. Un vrai western avec une héroïne en lieu et place de l'(ex)indéboulonnable cowboy. Laurent Astier s'est emparé de tous les codes du genre qu'il scénarise, dessine, met en scène et colorise pour les moderniser notamment grâce à son personnage principal. Une femme forte, déterminée, très féminine, qui peut se laisser à extérioriser la violence  qu'elle enferme, mais qui ne laissera jamais un éclopé, un malheureux sur le bord de la route sans lui apporter de l'aide.

Le thème est ultra classique, mais la patte de l'auteur lui donne un coup de jeune incroyable, et pourtant, je retrouve tout le plaisir des histoires de mon enfance lorsqu'on regardait les westerns en famille, le dimanche soir. C'est sans doute à cela qu'on reconnaît un très bon livre.

J'aime beaucoup et je suis comblé, d'une part parce que j'ai relu le tome 1 avant d'ouvrir le 2, histoire de me replonger dans cette histoire et d’autre part parce qu'un tome 3 est attendu.

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Poussière tu seras

Publié le par Yv

Poussière tu seras, Sam Millar, Fayard, (traduit par Patrick Raynal), 2009.....

Jack Calvert, ex-flic devenu peintre ne se remet pas du décès accidentel de sa femme un an auparavant. Lors d'une de ses nombreuses et denses cuites, son fils Adrian, adolescent, sort et découvre  dans la forêt de Barton, un os d'apparence humaine à côté d'un corbeau mutilé.

Deux vieux barbiers de la ville Joe et Jeremiah tentent de survivre dans un monde qui les a dépassés, des virtuoses du coupe-choux...

Sam Millar, ancien combattant de l'IRA a passé quelques années en prison, ceci est son roman d'entrée dans le noir. Superbement traduit par Patrick Raynal, il est éprouvant. C'est un vrai coup de poing, littéralement. On est presque groggy en en sortant tant l'ambiance est glauque, ouateuse d'un brouillard qui ne se lèverait jamais, je pourrais dire comateux si tant est que ce qualificatif puisse s'appliquer à un polar. Peu d'espoir, peu de lumière et pourtant, on en voit une sur la couverture, pas naturelle, mais serait-ce l'infime dose qui suffit pour ne pas sombrer dans une déprime totale ? J'exagère un peu, à peine. Ceci étant dit, ce bouquin est du genre qu'on ne lâche pas. Il fait frissonner, et l'on se sent bien sur son canapé ou ailleurs, loin des environs sombres de Belfast.

L'écriture est précise, va au plus court. Sam Millar sait qu'il va toucher et n'en rajoute pas dans le gore, les descriptions morbides et sanguinolentes, il n'en a pas besoin. De courts chapitres qui alternent les narrateurs, un coup Jack et/ou Adrian et un autre Joe et/ou Jeremiah, qui donnent du rythme et permettent de souffler. Je vais peut-être lire un truc un peu plus léger maintenant, histoire de revenir un jour à Sam Millar, parce que le pire, c'est que j'en redemande, et pourtant je n'aime ni me faire peur ni me faire du mal.

Juste la première phrase pour mettre en appétit : "Adrian Calvert fit l'horrible découverte à moins d'un mile de chez lui, à Barton's Forest, dans les environs de Belfast, là où les arbres couverts de neige se tricotaient à l'infini, immenses sous le plafond des nuages." (p. 11)

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Et ils oublieront la colère

Publié le par Yv

Et ils oublieront la colère, Elsa Marpeau, Gallimard, 2015....,

1944, Marianne Marceau court devant la foule des habitants de son village, se réfugie chez elle pour échapper à la tonte, puisque ses poursuivants sont persuadés qu'elle a couché avec un Allemand.

2016, Mehdi Azem qui vient d'acheter la maison de la famille de Marianne, prof d'histoire passionné par les parcours des femmes tondues à la libération est assassiné. Garance Calderon, capitaine de gendarmerie enquête et est très vite persuadée que la mort de Mehdi est liée à l'histoire de la femme tondue soixante-dix ans plus tôt.

Elsa Marpeau écrivaine est aussi scénariste à succès grâce notamment à l'inclassable Capitaine Marleau, personnage qu'elle a créé et que Corinne Masiero interprète depuis quelques années. Elle est aussi scénariste d'autres téléfilms, comme Alexandra Ehle (avec Julie Depardieu) et d'autres encore comme la série Mystère à Paris.

Et ils oublieront la colère est un roman policier dont l'enquête prend la source pendant la guerre. Elsa Marpeau parle des femmes tondues à la libération, parfois sur de simples rumeurs, d'autres fois pour avoir couché avec l'occupant ; et moi de m'imaginer la situation inverse : la France occupée par des Allemandes et non des Allemands, combien de Français auraient été tondus, mais je divague...

Sous des aspects assez classiques, la romancière construit un roman qui ne ménage ni ses effets ni ses surprises. Garance Calderon est un personnage atypique, au passé lourd mais dont elle a su faire une force plus qu'une faiblesse, même si dans certaines circonstances cette force s’estompe. Opiniâtre, décidée, il n'y a pas grand chose qui puisse la stopper dans sa quête de la vérité, surtout si celle-ci vient du passé et qu'elle pourrit la vie de pas mal de gens. 

Très bonne surprise que ce roman policier qui me fait découvrir l'écriture d'Elsa Marpeau. A chaque fois que je me disais que l'enquête tombait dans un truc un peu facile, elle avait un sursaut, un rebondissement qui la faisait partir ailleurs, et ça j'aime.

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Cadavres noirs sur fond rouge

Publié le par Yv

Cadavres noirs sur fond rouge, Adam Biro, Cohen&Cohen, 2014.....

Deux bras cassés, Pépère et Cloclo sont engagés par un type tout de noir vêtu et circulant à bord d'un 4X4, pour dérober un tableau chez un avocat collectionneur. Un malheureux hasard et au lieu d'un paysage de Renoir, ils se retrouvent avec une toile de Malevitch : Croix et cercle noirs sur fond blanc. Cette inversion involontaire génère des morts, des emprisonnements, des incidents diplomatiques, le réveil de certains espions de certains pays, et une interrogation de plus en plus vive et intéressée du commissaire Liotard qui ne connaît rien à l'art et qui découvre Malevitch.

Comédie policière artistique d'Adam Biro, éditeur de livres d'art, écrivain, essayiste, autant dire un spécialiste d'art. Comédie très réussie dans laquelle se côtoient les plus maladroits des malfrats, des espions à peine plus malins et sans scrupules, des conseillers politiques aux dents longues qui n'en ont pas plus -de scrupules-, des flics dépassés, des ex de la Stasi, des héritages de la spoliation des biens juifs durant la seconde guerre mondiale, enfin du drôle et du moins drôle, mais tout cela joliment et joyeusement mis en mots. Ce qui rend le récit drôle, c'est le décalage entre les initiés et les ignares, le recul que prend Adam Biro pour parler peinture et façon de l'apprécier ou pas, la définition de l'art entre les tenants du figuratif et ceux que l'abstrait ne gêne pas. Et puis cette enquête qui révèle bien des surprises autour du tableau qui se promène longuement et autour de Malevitch sur lequel on apprend beaucoup. Et Adam Biro fait preuve d'un second degré que j'aime beaucoup, car si l'art c'est du sérieux, en rire et en faire rire c'est quand même salutaire et indispensable.

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Le festin des pierres

Publié le par Yv

Le festin des pierres, Françoise Le Mer, Palémon, 2019.....

1906, Tréffoulez, en Bretagne, Aziliz Ar Vag est prise à partie par les femmes du village qui la traitent de sorcière et la jettent dans la rivière devant ses deux enfants, Yann-Vari, quatre ans et Gaïd, sept ans.

2019, lors de son escapade cycliste quotidienne, un jeune homme découvre le cadavre d'un homme nu, au pied d'une statue dans la Vallée des Saints. En fouillant le secteur, les gendarmes en découvrent deux autres, un homme et une femme, nus au pied de deux statues. C'est le commissaire Quentin Le Gwen et son ami le lieutenant Michel Le Fur qui sont chargés de l'enquête, brillamment aidés par la lieutenante Marisol Geoffroy.

J'ai découvert le duo de flics Le Gwen et Le Fur avec leur enquête précédente, la dix-neuvième, Autopsie d'un mensonge. Le festin des pierres, logiquement numérotée vingtième enquête confirme tout le bien que j'en pense et même plus tant je n'ai pas pu lâcher mon livre. A peine ouvert, quasiment obligé de le finir, et comme la lecture est aisée, fluide et passionnante, ça va vite. Les enquêteurs se plongent dans le monde mystérieux du paranormal, entre les voyantes, les barreurs de feu, magnétiseurs et rebouteux, sans aucun a priori. Ils découvrent, ne jugent pas, apprennent et retiennent ce qui leur sert pour résoudre les meurtres. Habilement, Françoise Le Mer mêle histoire ancienne et contemporaine, ce n'est pas une nouveauté, elle n'invente rien, mais comme elle le fait très bien, ça apporte un plus indéniable à son roman. On aurait presque envie d'en lire un entier sur Aziliz et ses enfants.

Les flics, eux, piétinent, ne trouvent pas le lien entre les victimes, et l'auteure fait la part belle à la Bretagne et ses légendes et us et à ses personnages les principaux comme les secondaires, son roman est tout sauf ennuyeux. Le rythme n'est pas haletant, ce n'est pas le genre, mais on ne peut pas s'enlever de la tête l’énigme et j'avoue avoir séché.

Un duo de flics qui gagne à être connu, bien sympathique, dans une Bretagne très présente avec une énigme autour du paranormal, des croyances, excellent ! Je n'en dirai pas plus, suspense oblige...

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