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Articles avec #polar-noir tag

Ça coince ! (52)

Publié le par Yv

Mauvaise conscience, Fabio Benoit, Favre, 2019..

"Plusieurs voitures ont été fracturées. Une comptabilité truquée, qui compromet un homme d'affaires peu scrupuleux, a été dérobée. Pour se débarrasser du maître-chanteur, l'industriel engage Angel, un homme au passé trouble. Des dossiers liés à une menace terroriste ont également été volés dans un autre véhicule. La police judiciaire déploie des moyens particuliers pour retrouver ces données sensibles. L'enquête mène sur la piste du Serpent, chef du crime organisé lyonnais. Mais, pour faire le ménage, ce dernier mandate un professionnel qui élimine les témoins gênants avec un art maîtrisé de la mise en scène." (4ème de couverture)

Je ne sais plus ce qui m'avait tenté dans ce polar, à la lecture rapide de la 4ème de couverture, parce que je les lis rapidement -parfois pas du tout- pour garder un maximum de surprise. Mais en la recopiant ici, je m'aperçois qu'elle porte en elle ce que je n'ai pas aimé dans ce roman : fadeur, banalité et pas d'implication.

Dans le livre, l'auteur a une excellente idée celle de diversifier les narrateurs qui parlent tous à la première personne et qui ajoutent des briques à l'histoire que l'on reconstitue petit à petit. Mais il se perd aussi dans des considérations psychologiques et dans des détails qui ne servent que peu le récit, l'allongent et le diluent. Dommage, il y a de l'idée, mais une certaine froideur, un manque de lien, un manque d'incarnation qui me gênent.

La baie des Trépassés, Jacques Mazeau, L'archipel, 2020..

Le corps d'une jeune femme est retrouvé, nu, sur le dos, les jambes légèrement écartées, sur une couverture. Elle a été étranglée, ses yeux sont bandés avec sa culotte. Le commandant Malville, assisté d'Aude, jeune stagiaire, va commencer par trouver l'identité de la victime. C'est chose faite assez rapidement, et l'enquête les dirige vers un groupe de rock du coin, dont le mari Louise, la victime, fait partie.

Franchement déçu par ce roman puisque j'ai déjà lu des livres de l'auteur que j'avais bien aimés : Brumes de sang, Les âmes obscures. Ce polar breton ne décolle jamais vraiment, les deux flics se contentent d'interroger les membres du groupe de rock, sûrs que le coupable est parmi eux ou parmi leur entourage proche. Ils font aussi pas mal de suppositions, un peu agaçantes parce que répétitives. Il y a aussi les moments de blues de Malville, tout juste séparé de Julie, mais qui suscite pas mal d'intérêt dans les yeux des locales et de sa collègue.

Jacques Mazeau s'est attaché à construire des personnages attachants, humains, qui doutent et travaillent méticuleusement. C'est bien, mais c'est long. Quatre cents pages qui pèsent et qui auraient mérité un régime minceur agressif pour devenir un (très) bon polar à lire d'une traite.

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Ce qui reste de candeur

Publié le par Yv

Ce qui reste de candeur, Thierry Brun, Jigal polar, 2020.....

Qu'est-ce qui a amené Thomas Boral aux alentours de Mazamet, dans la Montagne Noire ? Pourquoi se retrouve-t-il à loger dans une maison très isolée avec pas mal de travaux à y effectuer pour passer l'hiver particulièrement rigoureux dans la région ? Se met-il au vert après son incarcération ? Se cache-t-il ? Il vit en reclus, en solitaire, ne descendant au village que pour y acheter des provisions, pour y descendre une bière de temps en temps, ses rapports avec la population locale se limitent au strict minimum.

Mon résumé est très volontairement interrogatif, car toutes ces questions je me les suis posées dans les premières pages, puisque comme à mon habitude, je n'ai pas lu la 4ème de couverture -ce n'est pas utile avec un livre signé Jigal, ils sont toujours bons. Thierry Brun construit son roman noir très habilement, parlant de faits ou de conséquences de faits dont le lecteur n'a aucune idée, créant ainsi une envie d'en savoir plus. Puis, par petites touches, il expose les événements et les raisons de l'isolement de Thomas s'expliquent. J'aime bien le procédé pourvu qu'il ne soit point trop tortueux, car il oblige à une certaine attention pour ne pas dire une attention certaine, empêchant totalement le lâchage du bouquin. La tension monte doucement mais sûrement, les incident s'enchaînent sans lien apparent entre eux, mais on n'est pas à l'abri d'être surpris.

La nature et les éléments forts : tempête, orages, pluies, ... les reliefs abîmés par les intempéries précédentes concourent à rendre le récit encore plus angoissant. La région paraît belle mais exigeante et semble être l'écrin idéal pour une histoire noire. Thierry Brun en fait un élément fort de son roman, les descriptions sont nombreuses. Et puis, il y a la femme, la fatale, celle qui va tout faire exploser, parce que l'homme est faible dès qu'une courte robe s'agite dans son environnement, c'est l'un des ingrédients inévitables du roman noir : "A près de 38 ans, dont trois passés derrière les barreaux, je ne voulais plus entendre parler de certaines choses. J'aspirais à la tranquillité. Je réclamais du silence, de la solitude et tout ce qui va avec : lire de bons bouquins, écouter un peu de musique classique, me lancer dans de raisonnables runs dans la montagne, couper du bois pour l'hiver, et celui-ci venu, profiter d'un feu, écrire quelques lignes, tenter de raconter mon histoire. M'occuper d'une dingue blessée ne rentrait pas dans mes plans. Les femmes ne m'intéressaient que dans un cadre purement sexuel. Socialement, pratiquement plus du tout. Il me semblait avoir épuisé toute la gamme des expériences possibles dans ce domaine. J'estimais que mon temps était précieux, même si je n'en faisais pas grand-chose." (p. 37)

Et comme ce titre me met inévitablement en tête -et me laisse pour longtemps- une chanson dont il reprend un vers, je partage

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Au Vent Cristallin

Publié le par Yv

Au Vent Cristallin, Gérard Chevalier, Palémon, 2020.....

Pierre Le Paugam est victime d'un AVC et soigné dans une clinique de Perros-Guirec. Ce trentenaire survolté, architecte a pété les plombs lorsque sa compagne l'a quitté, se mettant à boire plus que d'habitude, augmentant sa consommation de cigarettes et gérant assez mal le stress de son premier gros chantier. Il se réveille partiellement amnésique et privé de ses repères. Fabienne, sa belle-mère est sa seule visiteuse, son père avec lequel il ne s'entendait pas est à l'étranger. Pierre tombe très vite sous le charme de Marie l'aide-soignante qui s'occupe de lui. Puis, un jour, il surprend une conversation et Pierre soupçonne alors un effroyable trafic qu'il va tenter de mettre au jour.

Pas banale cette enquête menée par un convalescent très diminué par un AVC qui se déroule pour sa très grande majorité dans les couloirs d'une clinique. Gérard Chevalier joue avec le codes et les styles, un peu d'humour, de l'action -au ralenti, rééducation oblige, on pourrait presque revoir la scène de poursuite d'OSS 117, Rio ne répond plus-, du romantisme, du suspense, ... Il écrit un roman dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde. Pas le temps. Les bons sentiments cohabitent avec les pires, les gentils avec les méchants, comme dans la vraie vie.

L'humanité, la tolérance et la découverte de l'autre sont largement répandus dans les lignes. Chaque personnage a sa part d'ombre, son jardin secret. La Bretagne est là également dont les paysages apaisent. Et le travail des soignants y est célébré, les chirurgien(ne)s, mais aussi infirmières, aide-soignant(e)s, kiné... tout le personnel médical et para-médical.

Ce qui fait qu'on ne lâche pas le livre de Gérard Chevalier, c'est qu'on ne sait jamais vraiment si Pierre Le Paugam est dans le vrai, si ses doutes seront avérés, s'il ne se fait pas un film pour occuper ses longues journées, si même il ne rêve pas après son accident. Le romancier entretient ce suspense jusqu'au bout et n'hésite pas à en rajouter pour finir en apothéose. Et dans les souvenirs de Pierre qui lui reviennent, des vers de Verlaine -entre autres-, un peu de poésie dans un polar, ça ne peut pas faire de mal.

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La cité des rêves

Publié le par Yv

La cité des rêves, Wojciech Chmielarz, Agullo, 2020 (traduit par Erik Veaux).....

Le cadavre d'une étudiante en journalisme est retrouvé au pied des immeubles d'une résidence surveillée pour gens aisés de Varsovie. C'est Jakub Mortka, dit Le Kub, assisté de Anna Suchocka, dite La Sèche, qui enquête. Un meurtre apparemment simple à résoudre, surtout lorsque la coupable toute désignée se rend, mais Mortka a des doutes. Et quand Le Kub a des doutes, il creuse, ce qui ne fait pas les affaires de tout le monde.

Quatrième aventure du Kub, et cette fois-ci, plongée dans le délicat et et tendre monde politico-médiatique. Wojciech Chmielarz ne fait pas dans le tous pourris et je lui en sais gré, ce serait trop facile. Le Kub mène son enquête, minutieusement ne voulant passer à côté de rien et, chemin faisant, d'autres histoires se font jour. Il y a aussi son collègue, Kochan, mis au placard et qui revient s'occuper des vieux dossiers qu'il parvient à résoudre rapidement, ce qui ajoute un peu de piment à l'histoire.

C'est la Pologne actuelle que décrit l'auteur, son pays qui est entré dans l'Europe, mais d'un seul pied, l'euro n'y est pas encore la monnaie officielle, ses relations tendues avec l'Ukraine, cette dernière ne voulant pas reconnaître un massacre de Polonais pendant la guerre par des nationalistes ukrainiens. Un polar et une série ancrés dans leur époque et leur pays qui nous le font découvrir, pourtant pas si loin de chez nous. C'est étonnant de voir qu'un polar polonais peut nous paraître plus exotique qu'un polar étasunien.

J'aime beaucoup cette série et son héros récurrent, Le Kub qui semble s'assagir un peu, sans quitter ses indignations et ses colères pour autant, il les canalise mieux. Il évolue au fil des livres et je trouve cette idée excellente. Je parierais, au vu de la fin de ce volume, que d'autres suivront. Chic. A noter le beau travail des éditions Agullo et la traduction d'Erik Veaux, qui s'y colle depuis le premier tome.

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La Colombienne

Publié le par Yv

La Colombienne, Wojciech Chmielarz, Agullo, 2019 (traduit par Erik Veaux).....

Un trafic de drogue entre la Colombie et la Pologne implique des jeunes gens recrutés pour tourner une publicité et manipulés pour passer de la cocaïne aux frontières.

A Varsovie, le corps d'un homme est retrouvé pendu et éventré sur le pont de Gdansk. Deux clochards qui vivent dans le coin ont appelé les secours. A la tête de l'enquête l'inspecteur Jakub Mortka dit Le Kub, de retour à Varsovie, asisté de Anna Suchocka, dite La Sèche (Sucho = sèche en polonais). Leur première mission sera de trouver l'identité du mort, puis, il faudra s'entendre et travailler ensemble, car Le Kub n'est pas simple et La Sèche non plus.

Troisième enquête du Kub et dépaysement polonais. L'inspecteur semble un peu assagi, canalise mieux ses colères et n'en veut plus à sa femme de l'avoir quitté. Il reprend le travail un peu plus tôt que prévu, un bras dans le plâtre, mais cette enquête paraît tortueuse et c'est l'homme de la situation.

La Pologne change en ce début de siècle -l'action se déroule en 2010-, et pas toujours pour le mieux : la drogue envahit les rues, les riches s'enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. La société est conservatrice qui a, par exemple, un rapport daté avec l'homosexualité, décrite comme taboue, Wojciech Chmielarz en parle comme on n'en parle plus dans un roman français ou alors dans certains types d'écrits, machistes voire homophobes. Depuis, la Pologne a élu un président très conservateur, Andrzej Duda. Wojciech Chmielarz décrit son pays comme un observateur, il ne prend pas position et ses personnages ont des avis variés qui englobent la société polonaise.

Pour ce qui est de l'enquête, Le Kub avance doucement, aucun indice, aucune piste, le travail de fourmi des policiers devra donc payer. A force de petites avancées, un profil du coupable va se dessiner, et j'ai bien aimé le détail, l'élément anodin qui va relancer l'enquête, faire rebondir les flics et accélérer l'action jusqu'à la fin.

Quatre cents pages qui passent vite, pointilleuses sur l'enquête, qui parlent de la Pologne et s'intéressent aux personnages, à leurs vies, notamment celle du Kub. Je me suis fait une joie de le retrouver et comme un quatrième tome est sorti, mon petit doigt me dit que je vais vous en parler très vite.

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La science de l'esquive

Publié le par Yv

La science de l'esquive, Nicolas Maleski, Harper Collins, 2020....

Qui est Kamel Wozniak, cet homme qui se retire volontairement dans un meublé, loin de tout, loin de la ville, un paquet de fric dans les mains bientôt planqué dans la maison ? Et pourquoi, ne cherchant que la solitude, il attire à lui les locaux : son logeur, mais aussi une bande de jeunes gens après qu'il a sauvé l'un d'eux d'une noyade certaine et même une gendarme, Soraya, et sa voisine Laure ?

Quel(s) secret(s) cache-t-il pour fuir ainsi la compagnie d'autrui ? Kamel est un dur, un taiseux qui accepte de se faire envahir sans se dévoiler pour autant.

Deuxième roman de Nicolas Maleski après Sous le compost. On y retrouve des thèmes qui lui semblent chers : l'éloignement, la vie à la campagne, le changement voire le bouleversement de vie, les questionnements, lorsqu'on arrive à la moitié -ou presque- de sa vie, sur le sens à donner à la seconde moitié, sur l'envie de tout envoyer balader. Toutes ces questions, et d'autres, sont abordées dans ce roman que j'ai hésité à placer dans la catégorie polar, mais qui en a tous les ingrédients, notamment la tension palpable dès le départ et qui ne cesse de monter et les personnages troubles qui ont tous un truc à cacher, qui ne semblent pas aussi blancs qu'ils voudraient le faire croire. C'est très bien fait et Nicolas Maleski, habilement, simplement, nous emmène avec lui et Kamel jusqu'à se poser nous-mêmes de bonnes questions. D'abord les mêmes que Kamel et les autres personnages du roman, sur les choix de vie et de société, mais aussi sur celles qui concernent l'énigmatique Kamel : la raison de son éloignement, est-il un tueur, un malfrat, que fuit-il ?

Si ce roman de Nicolas Maleski est moins ironique, moins drôle et moins original, que son précédent, il n'y en a pas moins de plaisir à le lire. Le constat sur la société actuelle et les interrogations sur ses dérives, sur l'avenir et la construction d'un monde différent sont des préoccupations très actuelles et vives.

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Onzième parano

Publié le par Yv

Onzième parano, Marie Vindy, La tengo, 2011...

Paris 11ème arrondissement, Baze Wincler, célèbre chanteur du groupe de rock Surface Noise est arrêté chez lui, suspecté du meurtre d'une jeune femme Clotilde Seger, retrouvée dans le lit du rockeur. Alcoolique, cocaïnomane et pas mal d'autres trucs, Winckler multiplie les conquêtes féminines, mais ses addictions lui ruinent la santé et la mémoire. Aussi n'est-il pas totalement sûr de n'avoir rien fait à Clotilde. Son avocat, fait appel à Mona Cabriole, journaliste et critique de rock pour mener une vraie enquête, puisque la Crime ne le fait qu'à charge du rockeur, coupable idéal.

Comme Gabriel Lecouvreur, alis Le Poulpe, Léo Tanguy ou l'Embaumeur, Mona Cabriole est une héroïne d'une série écrite par plusieurs auteurs. Ce tome écrit par MarIe Vindy est le numéro 9. Je l'aime bien Marie Vindy, j'ai lu Une femme seule et Justice soit-elle. Mais là, je ne sais pas à quoi c'est dû, peut-être une faiblesse du côté de Mona Cabriole, mais je n'ai pas vraiment accroché. Il y a de très bonnes choses, le récit est rock'n'roll mais il y a aussi pas mal de longueurs, de répétitions inutiles et de digressions qui ne servent pas vraiment le texte ni son rythme. Presque 300 pages qui auraient pu être réduites, nettement pour une enquête plus dense, plus dynamique, du vrai rock quoi ! Là, on a plutôt l'impression d'être dans un concert de variété sous couvert de pseudo-rock, genre chanteur qui pense que mettre une guitare qui sature ça fait rockeur -des noms, des noms... Marie Vindy reste un peu trop sur le coté sexe drogue et rock'n'roll sans vraiment pénétrer ce monde, on reste un peu en dehors.

Néanmoins, Mona est sympathique, Marie Vindy sait nous intéresser à son intrigue et aux tribulations de son héroïne, parce qu'elle écrit bien, mais si ce n'est pas un livre qui tombe des mains, je crois qu'il ne restera pas longtemps en mémoire, un peu comme une chanson de variété vite chantée vite écoutée vite oubliée.

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Deux balles

Publié le par Yv

Deux balles, Gérard Lecas, Jigal polar, 2020.....

Vincent Castillo caporal-chef dans l'armée française rejoint à Marseille, Willy, son frère d'armes grièvement blessé au combat après leur service en Afghanistan. Leur rêve est d'ouvrir un food-truck, mais le handicap de Willy menace leur projet. Vincent n'a d'autre perspective que de retourner chez son père qui tient un hôtel miteux, qui sert depuis quelques mois de foyer d'accueil pour migrants. Vincent retrouve ses deux frères Denis et Jordan qui œuvrent en eaux troubles et Hamid, son ami interprète afghan qu'il a connu en Afghanistan. Le retour à la vie civile ne s'annonce pas aussi bien que prévu.

Voilà un roman noir bien noir comme je les aime. Ancré dans la réalité et dans l'actualité. Syndrome post-traumatique, dur retour à la vie civile pour des hommes qui ont vécu l'horreur et dur retour particulièrement pour Vincent qui ne reconnaît plus ses frères devenus trafiquants ni son père, qui n'a certes jamais été une flèche mais qui a totalement baissé les bras.

Ce roman assez court, ramassé et dense se lit d'une traite. Il dit bien comment les soldats ont du mal à revenir à une vie normale après avoir vu et vécu des horreurs, même s'ils y sont préparés. Il dit aussi le malheur et la peur que vivent les migrants lorsqu'ils arrivent en France. Ils quittent tout pour ne pas perdre la vie et se retrouvent à vivre dans des conditions effroyables : conditions de vie sordides, trafics, rixes entre nationalités, prostitution, etc...

Un roman noir à lire et faire lire, un de ceux qui marquent tant dans les contextes que dans les personnages décrits. Le premier chapitre débute ainsi :

"Il est presque midi quant il quitte l'Hôtel des Trois Continents. Pourquoi trois seulement, Vincent ne l'a jamais su et le gérant des lieux l'ignore également. Par contre, l'hôtelier se souvient de lui." (p.9)

Excellent de bout en bout.

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Sherlock Holmes et le complot de Mayerling

Publié le par Yv

Sherlock Holmes et le complot de Mayerling, Nicole Boeglin, City éditions, 2020..

Hiver 1889, le prince Rodolphe, fils de l'impératrice Sissi est retrouvé mort dans son lit aux côtés d'une femme de 17ans, Marie Vetsera. Officiellement, il s'est suicidé et sa jeune compagne n'a jamais été avec lui. Sherlock Holmes et le docteur Watson reçoivent la visite d'une dame de compagnie de l'impératrice qui veut faire la lumière sur la mort suspecte de son fils. Les deux hommes embarquent donc pour Mayerling.

Sherlock Holmes est dans le domaine public, et dès lors, un écrivain peut s'en emparer -sans oublier Watson- pour lui écrire une nouvelle aventure. C'est ce que fait Nicole Boeglin dans cette énigme historique réelle qui a vu au fil des années plusieurs théories se succéder sans qu'aucune ne soit totalement avérée. Entre le suicide, le meurtre, le meurtre suivi d'un suicide -Rodolphe assassinant Marie et de suicidant-, le complot visant le prince ou plus globalement la famille impériale, toutes les suppositions existent. C'est donc de cette histoire mystérieuse que s'empare la romancière en y incluant le plus célèbre détective du monde.

Rien d'affolant, rien de rébarbatif. Holmes déambule dans un monde qu'il affectionne, celui des riches et des puissants et nous de subir la généalogie de la famille de Sissi, avec les enfants adultérins, et les officiels. Not really my cup of tea. Je n'irais pas jusqu'à dire que Sir Arthur Conan Doyle s'en retourne dans sa tombe, je suis loin d'être un spécialiste de son œuvre et de son dernier domicile, mais je ne suis pas certain que cette nouvelle enquête soit du niveau des originelles. Et de m'interroger sur la -bonne ?- idée de reprendre un héros mythique pur le coller dans des aventures que son créateur n'avaient pas imaginées pour lui. C'est forcément casse-gueule, car comparaison il y aura, rarement à l'avantage dernier arrivé.

Néanmoins, si l'on passe sur les débuts du livre un peu laborieux, on peut y trouver un agrément. A chacun de se faire son opinion. Ou pas. Le premier chapitre débute par ces phrases :"Un épais brouillard jaunâtre avait envahi Londres ce soir-là, je me le rappelle. Je rentrais justement de chez un malade et à peine venais-je de franchir le seuil de ma maison que ma femme me remit un mot de mon ami me mandant de le rejoindre au 221B Baker Street." (p. 13)

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