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Articles avec #polar-noir tag

Obsession

Publié le par Yv

Obsession, Michaëla Watteaux, City, 2020....

Iris Brunner travaille dans un centre d'appels mais court les castings pour devenir comédienne, son grand rêve étant de tourner avec le réalisateur du moment Raphaël Desprez. Quinze ans plus tôt, pré-adolescente, l'une de ses amies, Rose, a disparu alors qu'elles étaient ensemble avec deux autres copines. Rose semble refaire surface : une SDF, à Stockholm lui ressemble étrangement. Mais est-ce bien elle ? Anne Lavelli, commandante de police en charge des disparitions d'enfants est sur le coup, ainsi qu'Alex Soubeyran, un ex-flic devenu écrivain qui a accepté la commande d'un éditeur d'écrire sur la disparition de Rose.

Si l'on se doute, sans même trop chercher, de certains aspects de l'intrigue et notamment du, ou de la, ou des coupable(s), ce roman est suffisamment bien construit et attirant pour tenir en haleine jusqu'au bout. Ce qui fait sa force, ce sont les personnages et les liens qu'ils ont entre eux, souvent troubles, rarement clairs et sains. Beaucoup de non-dits, de suppositions. Des désirs, des envies, des jalousies, des rancœurs, des regrets, peu de remords... Michaëla Watteaux sait plonger son intrigue dans ces considérations humaines et dans un monde impitoyable, celui du cinéma et de l'écriture. Plus exactement dans celui des grandes ambitions. Car Iris rêve d'être LA comédienne, celle qui montera les marches de Cannes et encore plus. Elle parle aussi de la fameuse angoisse de la page blanche, de la peur de ne pas pouvoir écrire, surtout s'il s'agit d'une commande sur un fait divers. Tout cela dans un thriller tendu et serré. Et avec la prouesse de ne pas faire couler d'hémoglobine, de ne pas décrire de tortures ou de cadavre en décomposition. Presque un exploit lorsque le trash est devenu un standard.

Addictif et chronophage, mais c'est pour la bonne cause : un très bon thriller. Je verrais bien, le retour des deux enquêteurs, Anne et Alex, dans d'autres aventures.

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Le crime de lord Arthur Savile

Publié le par Yv

Le crime de lord Arthur Savile, Oscar Wilde, 1891 (traduit par Albert Savine).....

Septimus Podgers est chiromancien et les lignes de la main de lord Arthur Savile lui prédise un funeste destin : il sera un assassin. Dès cette annonce lord Savile repousse son mariage avec la délicieuse Sybil Merton pour ne pas lui faire connaître sa terrible destinée, mais surtout il se met en recherche d'une personne à éliminer pour ne pas faire mentir la prédiction et pouvoir ensuite passer à autre chose, notamment son mariage.

Nouvelle ou court roman délectable. Oscar Wilde égratigne la bonne société anglaise de l'époque, celle qui le condamnera pour sa vie agitée. Sa relation amoureuse avec un jeune lord lui vaudra une condamnation à deux ans de travaux forcés.

C'est le gentil et naïf lord Savile qui est le héros de son histoire noire et drôle. Sa croyance forcenée le pousse à l'aveuglement et à la bêtise, comme souvent les croyances absolues. C'est plus léger que Le portrait de Dorian Gray, mais aussi féroce. Tout le monde a droit à sa critique, la petite remarque sentie, même Scotland Yard. Seuls les pauvres, les malheureux échappent aux railleries du romancier. Lord Asile est un jeune homme influençable, qui se pose encore pas mal de questions."Pour lord Arthur, elle [la question de l'égoïsme ou de l'altruisme] se posa de bonne heure dans la vie, avant que son caractère ait été entamé par le cynisme, qui calcule, de l'âge mur, ou que son cœur fût corrodé par l'égoïsme superficiel et élégant de notre époque, et il n'hésita pas à faire son devoir." (p. 23)

Et comme toujours, chez Oscar Wilde, on retrouve l'élégance, l'ironie et une histoire bien ficelée dont on attend la chute avec impatience. Ça fonctionne un peu comme un conte philosophique, avec morale à la clef, ou au moins interrogations sur les mœurs de l'époque et plus largement sur notre société, car c'est le propre des livres indémodables qu'on puisse en tirer des conclusions intemporelles ou qui collent à chaque époque.

Livre numérique trouvé chez ebooksgratuits.fr. A noter que le traducteur, Albert Savine est un contemporain d’Oscar Wilde.

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Babylon Berlin

Publié le par Yv

Babylon Berlin, Arne Jysch, Glénat, 2018 (traduit par Jacky Nonnon).....

Berlin, mai 1929, Gereon Rath, jeune commissaire de police vient d'arriver de Cologne : une mi-mutation/mi-sanction. Il est nommé à la brigade des mœurs, considérée à l'époque comme le parent pauvre de la police. A cette époque, Berlin est sens-dessus-dessous : les communistes manifestent partout en ville, réprimés sévèrement par la police.

Et puis, un cadavre est repêché dans le canal. Personne ne le connait, sauf Gereon qui a déjà croisé cet homme de son vivant. Il s'agit d'un exilé russe. Rath décide, dans l'espoir d'être muté à la criminelle, d'enquêter pour son propre compte, avant que cette histoire ne rejoigne les dossiers non élucidés, surnommés ici, "les poissons mouillés".

Bande dessinée fidèle au roman de Volker Kutscher, Le poisson mouillé. A tel point que je reprends mot pour mot mon résumé. J'avais beaucoup aimé le roman, c'est le premier de la série avec Gereon Rath dans l'Allemagne pré-nazie. La BD est en noir et blanc, dessin classique qui permet de mettre un visage sur les héros du roman et de se le remettre en tête, ce qui est une excellente idée. L'autre excellente idée serait de continuer à traduire cette série en français, car elle s'est arrêtée après seulement trois titres (La mort muette, Goldstein). Si l'éditeur de romans ne veut pas, peut-être que Arne Jysch les adaptera en BD et Glénat les traduira, c'est tout ce que je souhaite. Comme le bédéiste est fidèle au romancier, j'aurais plaisir à le retrouver pour la suite.

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Madame B

Publié le par Yv

Madame B, Sandrine Destombes, Hugo thriller, 2020....

Blanche Barjac est nettoyeuse. Pas femme de ménage. Nettoyeuse pour des tueurs à gages, des malfaiteurs, des enfants de gens riches qui ont  dérapé. Respectée, elle fait son travail consciencieusement, comme lui a appris son beau-père un peu en retrait depuis quelques années. Blanche, Madame B, garde à chaque fois un indice, une assurance au cas où...

Un jour, un contrat se déroule mal, Blanche a bien fait son travail, mais quelqu'un est passé derrière elle pour le souiller. Et les petits faits contre elle s'enchaînent.

Pas mal du tout et original, ce polar vu du côté d'une nettoyeuse. La profession commence à arriver dans la littérature (cf RIP, Derrick et Maurice), et elle apporte avec elle un monde particulier et rare. Sandrine Destombes s'en empare pour construire un polar sans temps mort dans lequel la tension monte inexorablement jusqu'à la toute fin. C'est très bien fait et le personnage de Blanche, fragile, qui craint d'hériter de la maladie psychiatrique de sa mère décédée dix ans plus tôt se pose beaucoup de questions sur les raisons de la persécution dont elle est l'objet et sur l'identité du maître-chanteur. A coup de courts chapitres et dans une écriture simple et directe, l'autrice met en place son intrigue et la file jusqu'au bout, ménageant surprises, rebondissements et faux suspects. Tout le monde peut être mis en cause à un moment ou un autre à raison ou à tort. Malgré le travail qu'elle fait, qui pourrait soulever quelques scrupules, regrets ou remords à n'importe qui, mais pas à Blanche, icelle est attachante et l'on souhaite qu'elle parvienne à se sortir de ce sac de nœuds.

Bonne lecture donc pour ce nouveau roman de Sandrine Destombes dont j'ai lu et aimé le précédent, Le prieuré de Crest.

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Feu pour feu

Publié le par Yv

Feu pour feu, Leye Adenle, Métailié, 2020 (traduit par David Fauquemberg).....

"A Lagos, paradis des embouteillages, un jet privé s'écrase sur une résidence dans le quartier des vieilles fortunes avec à son bord le principal candidat au poste de gouverneur. Aussitôt, on lui trouve un remplaçant, assuré d'être élu : chief Ojo. La séduisante Amaka, l'avocate des femmes, se révolte : chief Ojo est son ennemi juré, un salaud fini, avec un goût prononcé pour les très jeunes filles et quelques cadavres dans le placard. Elle a les moyens de le faire tomber." (4ème de couverture)

Retour de Leye Adenle après son excellent Lagos lady et d'Amaka, son héroïne avocate qui n'a pas froid aux yeux. Et comme pour le précédent, ce roman est vif, rapide, dynamique. Tout s'enchaîne dans de courts chapitres qui passent d'un narrateur à un autre, d'une action à une autre -au risque parfois de perdre un peu le lecteur, entre tous les noms de personnages et de lieux. Sur fond d'élection du gouverneur de l’État de Lagos, Leye Adenle dénonce la corruption à une échelle incroyable. Les magouilles sont à toutes les pages, à peine réelles, violentes : sexe, argent, tout est bon pour gagner mais surtout faire perdre son adversaire. La perversion est poussée à son paroxysme.

C'est un roman noir qui ne fait pas dans la dentelle et n'est pas tendre avec la société politique nigériane. Il ne fait pas bon être une femme dans ce pays, et encore moins une femme qui a des convictions et qui entend défendre les femmes. Je ne connais pas bien le pays, mais il ressort de cette lecture qu'il est violent parfaitement inégalitaire, son personnel politique totalement corrompu et prêt à tout pour rester en place.

Un romancier à suivre, car il démontre une nouvelle fois avec ce roman combien est grand son talent pour raconter une histoire et son pays. Le noir est son vecteur, formidable pour faire passer son message. A lire si ce n'est pas encore fait, et le mieux, c'est de commencer par Lagos lady, ça n'en sera que meilleur.

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La bande mystérieuse

Publié le par Yv

La bande mystérieuse, Maxime Audouin, Oxymoron, 2020....

Une mystérieuse bande sévit en Eure-et-Loire, délestant ses victimes de toutes leurs valeurs, les laissant sans souvenirs des événements, mais jamais violentés. L'inspecteur Javert, de la sureté nationale est sommé de régler ce problème en quinze jours, les notables commençant à s'inquiéter.

Il est des gens qui n'ont pas de bol au départ. Maxime Audouin fut de ceux-là. Né Léon Eugène Delacroix en 1858, soit 5 ans avant la mort de son homonyme peintre célèbre. D'abord enseignant, il devint directeur et rédacteur-en-chef de journaux basés au Pouliguen, commune dans laquelle il meurt en 1925. Il prit le patronyme de sa mère comme pseudonyme et écrivit beaucoup de contes, nouvelles et romans parus en feuilletons dans la presse.

J'ai découvert les éditions Oxymoron il y a quelques jours, elles proposent des livres numériques gratuits pour combler les longues journées. Des petits livres d'auteurs peu connus. Belle idée, car c'est souvent de belles découvertes. Maxime Audouin, par exemple, use d'une belle langue, celle d'il y a un siècle, un poil désuète et qui donne à son court roman des airs et senteurs de belle époque. On sent l'influence de Gaston Leroux, Maurice Leblanc, on y retrouve la même atmosphère. Certes, on peut reprocher une certaine concision et rapidité dans l'enquête qui laisse de côté des détails. Mais franchement, je me suis fait plaisir, et comme j'ai téléchargé pas mal de livres des éditions Oxymoron, je pense continuer dans ce sens. Il faut accepter de lire en numérique -sur liseuse, tablette ou ordinateur-, mais confinement oblige, les livres papiers sont plus difficilement accessibles. Un petit extrait pour finir, délicieux dans son verbe :

"Hypothèse inadmissible ; avant de m'échouer sous ce pommier, rien que pour franchir les trente ou quarante pas qui me séparaient d'une route voisine, il m'eût fallu patauger dans une vase marneuse, détrempée par les pluies de la semaine dernière, qui eût laissé des maculatures sur mes chaussures et mon pantalon. Or, pantalon et chaussures étaient à peu près nets de boue ; seul, le dos de mon pardessus témoignait d'un contacte prolongé avec le sol." (p. 7)

PS : d'autres sites proposent de livres numériques gratuits, souvent des textes anciens, une bonne manière de lire des classiques ou des auteurs oubliés.

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Descente à Ménilmontant

Publié le par Yv

Descente à Ménilmontant, Cicéron Angledroit, Palémon, 2020.....

Jojo la Perdrix, un truand d'envergure locale s'est évadé de prison, a sans doute commis plusieurs larcins, des cambriolages de vieilles dames qui lui ont rapporté pas mal, avant de réintégrer sa cellule. Le commissaire Théophile Saint Antoine n'est pas vraiment sûr de son indic, Lili qui a fait tomber Jojo. Il demande donc à Cicéron de la surveiller. Sitôt dit sitôt fait d'autant plus que tout cela est loin d'être officiel et est bien payé. Avec ses acolytes, René presque redevenu lui-même après son AVC et Momo, toujours manchot, Cicéron se met en planque. Sans oublier Vanessa la fliquette avec qui Cicéron est comme qui dirait en train de commencer une officialisation de leur relation.

Ce sont les rues de Belleville et de Ménilmontant voire même les ruelles, les plus cachées qui sont le terrain de jeu de la fine équipe cette fois-ci. Quand le commissaire débloque, il faut bien que quelqu'un assure, et c'est à Cicéron que la tâche est confiée. Heureusement qu'il est bien épaulé et que ses collègues bras cassés -un seul pour Momo- assurent eux-itou. Pour l'intrigue, je vous laisse juges, moi j'ai aimé me promener dans ce quartier parisien, planquer avec Cicé et tenter de comprendre pourquoi Saint Antoine débloque et j'ai réussi à tout capter. En outre, je me suis marré, comme d'habitude, René est délicieux de franchise, de conneries dites ou faites -c'est le Béru de Cicé, la référence est revendiquée- et surprenant lorsqu'il fait preuve de talents insoupçonnés et fait avancer l'enquête à vive allure.

Cicéron lui, se pose des questions : ses maîtresses épisodiques lui ont signifié leur abandon, il s'installe progressivement avec Vanessa, c'est nouveau pour lui, mais est-ce bien raisonnable ? Plus question, pour le moment, de mugueter la première rencontrée.

Bon, ben, voilà, j'ai tout dit. Ah non, un dernier truc : lisez Cicéron Angledroit, c'est vachement bien, on rit, on tremble, on s'émeut -si si sous ses grands airs de macho, il est émouvant Cicéron- et on attend la suite...

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La Fabrique de la terreur

Publié le par Yv

La Fabrique de la terreur, Frédéric Paulin, Agullo, 2020.....

2010, Tunisie, un jeune homme, Mohamed Bouazizi, s'immole devant le bâtiment du gouvernorat. C'est le début d'une révolte qui fera tomber Ben Ali et qui se répand dans le monde arabe. C'est aussi l'année où des jeunes hommes vivant en France se radicalisent.

Tedj Benlazar, lui, l'ancien agent de la DGSE, aujourd'hui à la retraite vit avec Laureline Fell, commandante à la DCRI qui lutte contre le terrorisme. Vanessa, la fille de Tedj est journaliste et elle enquête sur ces jeunes qui partent en Syrie ou en Lybie rejoindre l’État Islamique, au risque de sa vie.

Dernier tome de la trilogie consacrée aux Benlazar, après La guerre est une ruse et Prémices de la chute. Cette fois-ci, ce sont les années proches de nous, de 2010 à 2015 qui sont au cœur du roman, et la naissance de Daesch. Comme dans les premiers livres, Frédéric Paulin est ultra documenté, précis, minutieux et pointilleux. Il explique comment les pays occidentaux et notamment la France n'ont pas su agir contre un nouvel ennemi qui sait profiter des situations difficiles voire les faire naître. Les divers changements dans les services de renseignements effectués par NIcolas Sarkozy n'ont pas aidé non plus à la continuité du travail et arrive alors l'affaire Merah et le cafouillage -pour ne pas dire l'impuissance- des services sus-nommés.

Comme dans les deux romans précédents, Frédéric Paulin plonge judicieusement ses personnages fictifs -mais oh combien réalistes- dans la réalité et ce procédé rajoute de la tension puisqu'on s'est attaché à Tedj, Vanessa, Laureline et les autres et l'on ne veut pas les voir aller mal. Et pourtant...

C'est un roman dont on ne parvient pas à passer ne serait-ce qu'un mot tant il est précis, instructif et haletant. Il fait peur également, détaillant la montée de l'islamisme radical et le manque de réactivité par méconnaissance des services de renseignements et de police et les divers attentats ou actions des illuminés partout dans le monde. Il détaille aussi l'embrigadement, le lavage de cerveaux, l'aveuglement des jeunes recrutés. Leur peur parfois notamment lorsqu'ils sont confrontés aux pires exactions, aux meurtres, aux lapidations et à ce qu'il faut bien nommer la guerre. Frédéric Paulin est direct, jamais trash -on lui en sait gré- d'ailleurs cela ne servirait à rien,  sûrement pas à durcir son propos cela n'est pas nécessaire. Sans doute la proximité avec les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan nous fait vivre ce roman d'une manière plus forte. Je me sens proche de Réif, le compagnon de Vanessa, en ce début 2015, après l'attentat à Charlie Hebdo : "Réif n'ira pas défiler. Il ne croit pas que "l'union nationale" durera. C'est loin d'être comparable, mais il se souvient de ce qu'est devenue la France black-blanc-beur d'après la Coupe du Monde 1998. Il y a eu Le Pen au deuxième tour de la présidentielle de 2002, il y a eu la révolte des banlieues en 2005, il y a eu les scores du Front National, Sarkozy et son ministère de l'Identité nationale, il y a eu Mohamed Merah, et ce relent de xénophobie assumé par les électeurs, il y a eu aussi les Akim et Mickaël dans son lycée, il y a eu enfin les attentats du 7 janvier." (p. 257)

Et il y a eu Marine Le Pen en 2017 et encore maintenant et ses électeurs convaincus de leur vote et ce gouvernement qui s'ingénie à monter les Français les uns contre les autres, qui nous prépare un pire pour les prochaines élections, entre autres...

Un livre que je classe dans mes coups de cœur, en fait c'est la trilogie qui y est. Marquante, magistrale, indispensable et couronnée de prix.

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Sois gentil, tue-le

Publié le par Yv

Sois gentil, tue-le, Pascal Thiriet, Jigal polar, 2020.....

Pascal, parfois appelé Gogol, souvenir d'un passage à l'école pas flamboyant, est pêcheur. A la mort de son père, à crédit, il achète un bateau, "un petit fileyeur espagnol construit à La Ciotat" qu'il baptise Le mort à crédit, comme le titre du livre que son amie Loraine lit. Le travail est dur mais lui plaît et il bosse bien. Et bientôt Murène arrive, elle aussi pêcheuse. Ils partent ensemble tous les jours. Puis le passé les rattrape.

Court roman, dans lequel tout est direct, va à l'essentiel. Les pêcheurs sont des taiseux, ils ne s'épanchent ni dans leur travail, ni dans leurs moments de repos, les repas entre Pascal et Murène ne sont pas exaltés, ni dans le livre. Efficacité, rapidité priment dans cette histoire qui pourtant prend le temps d'aborder la question des migrants et des passeurs d'une manière inédite. Pascal Thiriet ne s'embarrasse pas d'à-côtés, de digressions. D'aucuns nomment ça un roman à l'os, qui va droit au plus profond dans lequel les personnages sont avant tout des Hommes qui vivent en interaction avec d'autres, et même si le dialogue, les ronds-de-jambes ne sont pas leur fort, ils ressentent, aiment ou détestent, agissent en fonction de valeurs qui leur sont propres et même lorsqu'elles peuvent heurter les nôtres, il est difficile de les leur reprocher. De l'humain rien que de l'humain dans les romans noirs de Pascal Thiriet qui a un passé pas très joli joli puisqu'il m'a déjà obligé à me coucher tard avec ses romans précédents : J'ai fait comme elle a dit, Faut que tu viennes, Au nom du fric. Son écriture est orale et colle parfaitement à ses personnages : Murène et Pascal ne sont pas des intellectuels, ils sont simples et parlent simplement et directement, pas de salamalecs. Le rythme est rapide et encore une fois, il est bien difficile de poser le livre une fois entamé, sauf lorsqu'on l'a fini, et encore, on en aurait bien repris un petit peu...

"Quand je suis arrivé à la maison, il faisait presque sombre, rien ne bougeait, ni sur la terre ni au ciel. Si l'on m'avait demandé la couleur de la lumière, j'aurais répondu qu'elle était grise, grise et silencieuse." (p. 5)

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