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Articles avec #polar-noir tag

Le faucon de Malte

Publié le par Yv

Le faucon de Malte, Dashiell Hammett, Gallimard, 1936 (traduit par Édouard Michel-Tyl)

Sam Spade est détective privé à San Fransisco. Lorsque la belle Miss Wonderly lui demande de retrouver sa jeune sœur enfuie avec un homme, l'associé de Sam se propose pour faire la filature du couple. Dans la nuit, Sam est réveillé par le téléphone : son associé s'est fait descendre. Puis Miss Wonderly disparaît. Ça commence à faire beaucoup pour le détective, surtout lorsque le lieutenant Dundy l'accuse quasiment du meurtre de son associé.

Roman qui parut en 1930, fut traduit en français en 1936 et dont le titre changea quelques années plus tard en le célébrissime Le faucon maltais (le titre original est The Maltese falcon). Passé à la postérité en 1941 grâce au film de John Huston avec Humphrey Bogart en Sam Spade. Malgré cela, je ne l'avais pas lu et le film est très lointain dans ma mémoire.

Le faucon de Malte est le troisième roman des six qu'écrira Dashiell Hammett après avoir publié pas mal de nouvelles. C'est lui qui révolutionna le genre policier. Il n'y a plus ni bien ni mal, Sam Spade est un détective qui cherche certes la vérité, mais peut s'en arranger si ça l'avantage. Grand buveur, bagarreur, dragueur, il n'hésite pas à se servir des autres pour parvenir à ses fins. C'est aussi l'apparition des femmes qui ne se cachent pas, entre femme-enfant et vamp, Effie Perine, la secrétaire de Sam est ainsi décrite : "La jeune fille, bronzée, grande -une fausse maigre, portait une robe de lainage mince qui moulait ses formes comme un drap mouillé. Ses yeux bruns riaient dans un visage enfantin."

Régulièrement classé dans les polars marquants, je vais -une fois n'est pas coutume- dans le sens commun. Court, rapide, incisif dans les dialogues, noir, tout est excellent. Personne n'est tout noir tout blanc sauf peut-être Effie Perine. On s'attend à tout moment à un bouleversement. Les personnages sont brièvement décrits, le reste, il faut le chercher entre les lignes, dans les réparties et c'est assez aisé. Pour l'intrigue, Dashiell Hammett distille des indices sans les expliquer, ça intrigue, évidemment. Les explications suivent quelques pages plus loin et tout s'emboîte parfaitement, jusqu'à la fin.

Ce roman mythique débute ainsi révélant d'emblée l'ambivalence du personnage principal : "Sam Spade avait la mâchoire inférieure lourde et osseuse. Son menton saillait, en V, sous le V mobile de la bouche. Ses narines se relevaient en un autre V plus petit. Seuls, ses yeux gris jaune coupaient le visage d'une ligne horizontale. Le motif en V reparaissait avec les sourcils épais partant de deux rides jumelles à la racine du nez aquilin, et les cheveux châtain très pâle, en pointe sur le front dégarni, découvrant les tempes. L'ensemble du visage faisait penser au masque sardonique d'un Satan blond."

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Psycho-investigateur : L'héritage de l'homme-siècle

Publié le par Yv

Psycho-investigateur,  L'héritage de l'homme-siècle, Erwan Courbier, Benoît Dahan, Petit à petit, 2017

A peine remis de son aventure précédente, et sous la menace d'un procès retentissant, Simon Radius est contraint d'entrer dans les souvenirs d'un presque centenaire à la mémoire défaillante qui ne cesse de parler à son fils d'un trésor. Assisté par Maud, Simon entreprend le voyage au pays des souvenirs de l'homme-siècle, mais ce qu'il va découvrir le troublera durablement.

Le redoutable duo Erwan Courbier au scenario et Benoît Dahan au dessin récidive pour ce tome 4 de cette excellente série tortueuse, dans les arcanes du cerveau et de la mémoire. Très documentée, je ne saurais pas dire ce qui est inventé de ce qui se passe réellement dans nos cerveaux. Sans doute les auteurs ont-ils inséré de la réalité dans leur imaginaire ou vice-versa. Simon Radius voyage physiquement dans les souvenirs du vieil homme et ce n'est pas de tout repos pour lui. Il y a des pages somptueuses, comme l'intérieur du château du Perthuis, que l'on visite en même temps que Maud et le psychanalyste. Le jeu avec les cases de tailles différentes, les plus grandes recelant une foultitude de détails parfois anodins, mais parfois importants. C'est une bande dessinée originale, très inventive, entre fantastique et policier. Une BD bizarre qui ne plaira pas à tous, il faut avoir envie de découvrir, d'être curieux et ouvert. Si vous avez cela, aucun doute, elle vous siéra.

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Psycho-investigateur

Publié le par Yv

Psycho-investigateur, Erwan Courbier, Benoît Dahan, Physalis, 2013

Simon Darius est psychanalyste, psycho-investigateur auto-proclamé. La capitaine Sandra Brody fait souvent appel à lui, au grand dam de son collègue, le lieutenant Padovani et de ses supérieurs qui considèrent Simon comme un charlatan. Il faut dire que sa méthode n'est pas banale : il entre dans les souvenirs conscients ou inconscients des gens pour cibler la vérité et les confondre ou les innocenter et les soigner. Mais ce que réussit Simon sur les autres, il ne parvient pas à le faire sur lui-même, accablé depuis deux ans par la disparition de Dora, sa femme.

Trois tomes dans cet album : Les fantômes de la culpabilité, Les voies étouffées, Les portes dérobées. Et bonne idée de les réunir, car il y a un fil rouge, celui de la disparition de Dora. Si les enquêtes ne sont pas originales dans le fond, la forme, qui prime l'est totalement. D'abord, la manière qu'a Simon d'entrer dans les cerveaux des gens est étonnante : il voyage physiquement dans leurs souvenirs. Puis, il lui faut assembler les pièces du puzzle ainsi récoltées. Les scénarios sont subtilement tortueux et les personnages finement décrits. C'est drôlement bien raconté. J'imagine la recherche documentaire sur la psychanalyse, les rêves, les troubles mentaux, ... fort bien restituée.

Et le plus de cet ouvrage, c'est indéniablement le dessin. Comment dire autrement que somptueux ? Benoît Dahan joue avec les couleurs, les cases, plus ou moins grandes et nombreuses par page pour différencier la réalité des souvenirs des patients et suspects. J'en suis encore tout retourné tant j'ai adoré. J'ai découvert Benoît Dahan avec Dans la tête de Sherlock Holmes, dont je parlerai ici plus tard, car il fait partie d'une sélection pour un Prix reporté pour cause de virus et qui m'avait bluffé lui aussi. Ce dessinateur invente, innove, il a une patte personnelle remarquable et identifiable.

Dernière précision : ce volume est en rupture de stock chez Physalis, il devrait être réédité chez Petit à petit à l'automne, excellente maison qui a fait paraître le tome 4 de Psycho-investigateur dont je parle très très bientôt. Et bonne nouvelle, sur le site de l'éditeur, on peut se tenir informé de la prochaine parution. Elle est pas belle la vie ?

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Le Grand Hôyel Babylon

Publié le par Yv

Le Grand Hôtel Babylon, Arnold Bennett, Les moutons électriques, 2014 (traduit par Lise Capitan)

Le Grand Hôtel Babylon, ouvert par Félix Babylon est à Londres, sur les bords de la Tamise. C'est l'hôtel le plus fameux au monde, toutes les têtes couronnées y descendent ainsi que les riches vacanciers. A la fin du XIX° siècle, Londres est la ville où il faut être. Lorsque Nella Racksole, la fille du richissime homme d'affaires étasunien Theodore Racksole dédaigne le menu raffiné et commande un steak arrosé d'une bière de son pays, Jules, le maître d'hôtel garde son calme mais refuse catégoriquement de servir. Vingt minutes plus tard, au terme d'une discussion avec Félix Babylon, Theodore Racksole est le nouveau propriétaire de l'établissement et exige d'être servi d'un steak. Mais tenir un hôtel de ce standing ne s'improvise pas, surtout lorsque après s'être séparé de Jules, c'est la réceptionniste qui s'en va.

Arnold Bennett (1867-1931) est un écrivain et un journaliste qui considère les feuilletons de l'époque comme faibles ; il en écrit un et le publie en 1902, Le Grand Hôtel Babylon.

Confinement oblige, je l'ai lu en numérique. Pas enthousiasmé au départ, je me suis vite fait prendre par le ton léger et volontiers sarcastique de l'auteur lorsqu'il décrit les riches Américains qui n'ont pas la distinction des Britanniques ni leur éducation et leur élégance, mais l'arrogance de la richesse vite acquise.

Et une fois mordu à l'hameçon, difficile de résister à tourner les pages -virtuellement. A chaque chapitre -et il y en a plus de trente, courts- son lot de rebondissements et de surprises. Ceux qu'on croyait les gentils ne le sont peut-être pas tant que cela et vice-versa, même si rien n'est vraiment sûr. On se promène entre le Grand Hôtel à Londres et une maison surprenante à Ostende, en bateau entre les deux pays ou sur la Tamise. A chaque fois, l'aventure est au rendez-vous. Et pour ne rien gâcher, le langage est d'une grande élégance, un peu comme un Britannique en pleine action qui ne se départit ni de son calme ni de son flegme ; c'est sûrement un cliché, mais c'est l'image de certains vieux films qui me vient pour décrire l'écriture et le ton du roman.

Excellent jusqu'au bout, un livre idéal pour la détente.

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Or, encens et poussière

Publié le par Yv

Or, encens et poussière, Valerio  Varesi, Agullo, 2020 (traduit par Florence Rigollet)

Parme, une nuit, dans un brouillard si dense que la vision ne dépasse pas deux mètres. Un carambolage sur l'autoroute, des animaux en vadrouille : vaches, cochons, taureaux. Des pneus qui brûlent ajoutant l’opacité de la fumée au brouillard et l'odeur. Des gitans aperçus en train de piller des véhicules d'après des témoins. Une musique de fête foraine au loin, qui parvient à percer le brouillard. Et le commissaire Soneri, dépêché sur place, car il est celui qui connaît le mieux l'endroit, qui se retrouve nez à mufle avec un taureau en sortant de sa voiture. "Tout lui semblait factice, à l'image de la fête foraine dont la musique se diffusait à l'arrière-plan. Et lui, défiant son Minotaure, noyé dans un brouillard aux improbables couleurs de foire." (p. 17) Et dans cette nuit, la découverte d'un corps carbonisé.

Le roman débute par la description de cette nuit incroyable. La scène est forte et l'on y est presque à sentir odeurs et gouttelettes du brouillard. Il est bien difficile d'en sortir pour les flics comme pour nous. Ensuite, Le commissaire Soneri enquête sur ce cadavre ainsi que sur la mort d'un vieil homme dans un car de tourisme en provenance de Roumanie. Il lie ces deux histoires sans que rien ni personne ne puisse permettre de le faire. Mais il fonctionne comme cela Soneri, à l'instinct, au ressenti. Il n'enquête que peu, se contente de recueillir les témoignages de témoins ou de personnes assez éloignées de l'histoire mais qui lui permettent de prendre du recul pour mieux recoller toutes les pièces plus tard. Il collecte aussi les informations plus prosaïques de ses collègues : identités des victimes, empreintes, comptes bancaires... tout ce que fait un flic pour connaître les victimes et leur entourage.

Puis, même s'il est à fond dans cette histoire, peut-être même trop impliqué, comme à chaque fois, Soneri doit faire face à une situation personnelle peu confortable : Angela, sa compagne s'éloigne de lui et se rapproche d'un autre homme, plus jeune, plus séduisant.

Je n'ai pas tout aimé dans ce roman que je trouve parfois répétitif et long, mais Soneri détonne dans le milieu du polar et ça c'est drôlement bien. Valerio Varesi prend son temps et outre la première scène mémorable narrée ci-dessus, il y en a pas mal d'autres qui marquent. Ses personnages sont denses, même les seconds rôles qui jouent parfaitement leur partition à savoir mettre le héros sur la bonne voie et lui permettre de réfléchir et d'avancer sur sa vie personnelle. Le marquis, Sbarazza, qui, ruiné, mange les restes des femmes dans les restaurants est l'un de ceux-là.

J'ai déjà lu et moyennement aimé Le fleuve des brumes du même auteur avec le même commissaire. Or, encens et poussière me fait comprendre que j'ai sans doute raté un truc dans le précédent et pourquoi certains lecteurs sont fans du commissaire Soneri et de ses aventures.

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Le mystère du cercle rouge

Publié le par Yv

Le mystère du cercle rouge, Jean d'Auffargis, Oxymoron

Salles des ventes de Drouot, le commissaire priseur propose la collection personnele d'un ancien haut fonctionnaire du Quai d'Orsay, collectionneur de toiles impressionnistes mais aussi barbouilleur peu doué. Les tableaux de Monet, Signac et autres maîtres partent à des pris élevés, et les croûtes de l'amateur prennent preneur pour quelques francs, sauf l'une d'entre elles, un cercle chromatique qu'un un homme à l'accent germanique et un Japonais et se disputent, celui-ci 'emportant à 500 000 francs. A peine payé les frais, il est retrouvé assassiné à Drouot, le tableau disparu.

Jean d'Auffargis serait le pseudonyme de Maurice Laporte (1901-1987), homme politique français, fondateur et premier secrétaire général des Jeunesses Communistes qu'il quitte en 1925 étant en désaccord avec la politique de Staline et se rapprochant dangereusement de l'extrême droite jusqu'à être interdit de retour en France après la guerre, pour cause de collaboration. Bon, le genre d'hommes dont le parcours ne cesse de m'étonner, à part aimer les extrêmes, je ne saisis pas trop le passage de l'une à l'autre. Je suis preneur de toute information au sujet de Jean d'Auffargis. Je ne vous cache pas que j'ai hésité à parler du livre d'un collaborateur reconnu, mais j'ai tellement de mal à trouver des informations sur l'auteur, celles-ci restent au conditionnel... Je recense néanmoins, car, dans ce polar, nulle part il n'est fait mention de quelque thèse avec laquelle je serais en désaccord total.

Ce court polar est basé autour du personnage inventé par son auteur Théodore Rouma, un sous-Arsène Lupin, néanmoins sympathique. Recherché par le commissaire Larbart, pointure de la police française, Rouma se joue de lui tout en le respectant, et il fait bien parce que Larbart est très fort. Ça va vite, point besoin de s'appesantir sur les traits de caractère de tel ou tel, puisqu'ils sont ressemblants à des héros connus de l'époque. C'est d'ailleurs la subtilité de tous ces feuilletons : mettre en scène des personnages ressemblants aux flics, voyous, détectives ou gentleman-cambrioleur réputés, s'appuyer dessus pour construire des histoires courtes, efficaces et distrayantes. Encore une fois, missions accomplie avec Théodore Rouma.

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Mon crime

Publié le par Yv

Mon crime, Rodolphe Bringer, Oxymoron

Le narrateur, journaliste, crie dès le prologue avoir perpétré un crime dans son jeune temps. Un crime qu'il ne renie pas, qui ne lui donne aucun remords. En ce temps, là, avant la seconde guerre mondiale, il était journaliste, en quête de bons articles. Interrogeant un prêteur sur gages, icelui s’énerve, sort un revolver, le journaliste le boxe et part. Le lendemain, son patron le met sur l'affaire d'un meurtre, celui du prêteur. C'est alors qu'il comprend qu'il est mort suite à l'uppercut. C'est son ami l'inspecteur Carbon qui enquête, dilemme supplémentaire pour le jeune homme.

Rodolphe Bringer (1869 ou 1871-1943) fut journaliste, collaborateur de pas mal de journaux satiriques, dont le tout récent Canard Enchaîné. Très attaché à sa région, le Tricastin, il y retourna définitivement dès 1925 et continua d'y écrire. Il fut un écrivain réputé et célébré, oublié de nos jours. Il créa le personnage du Commissaire Rosic, et écrivit un nombre important de romans policiers et d'autres genres.

Mon crime a cela de bien qu'il n'est pas commun. Le narrateur est le coupable, ne veut pas que ça se sache, mais cherche à ce que personne ne soit accusé à sa place. Il faut dire que le décédé est une crapule, un escroc notoire dont la disparition fait plus de bien que de mal. Alerte, vif ce court roman alterne les passages descriptifs en langage correct et passe dans les dialogues à l'argot, au familier teinté de vocabulaire châtié ("congrûment" = de manière convenable). C'est bien tourné et bien trouvé cet angle différent des autres polars, au point qu'on se demande si et comment le journaliste parviendra à orienter son ami policier vers une solution qui satisferait tout le monde.

Par rapport à tout ce que j'ai lu ces dernières semaines dans le genre policier populaire, Rodolphe Bringer, se hisse en haut de la liste.

"J'avais un mort à me reprocher, j’étais un meurtrier, j'avais commis un crime, mais du moment que j'échappais à la Justice aucun remords ne me venait de mon forfait !... Comme l'avait dit Carbon, j'avais débarrassé Paris d'une belle fripouille, et ce Lévy était en vérité un de ces hommes dont la disparition peut être considérée comme une œuvre d'intérêt public !...  Un jour ou l'autre ce vilain monsieur eût été arrêté, condamné, et il eut terminé au bagne une vie de rapines, de voleries et de friponneries !... C'était bel et bien, à tout prendre, un service que j'avais rendu à la société."

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La meurtrière innocente

Publié le par Yv

La meurtrière innocente, Charles Richebourg, Oxymoron

Séraphin Pervenche. Sous ce joli patronyme se cache un homme bon, qui n'hésite pas à donner quelques pièces aux enfants pauvres qui jouent devant chez lui et à sa concierge pour soigner sa fille. Mais Séraphin est avant tout un usurier impitoyable doublé d'un escroc redoutable. Avec son neveu, ils ont une combine qui marche bien. Lorsque Séraphin est retrouvé mort dans sa chambre dans laquelle personne n'a pu entrer, l'inspecteur Odilon Quentin soupçonne un meurtre. Comment ? Pourquoi ? Qui ?

Charles Richebourg qui a œuvré au début du siècle dernier comme ses collègues dont je parle depuis quelques semaines est un inconnu. Ce qui est sûrement un pseudonyme n'est attribué à aucun auteur du moment. Et pourtant, à l'instar des autres, il a commis pas mal d'opus, dont ceux avec son flic Odilon Quentin.

Ce roman m'a davantage plu que beaucoup d'autres de cette période. D'abord parce qu'il met en scène un personnage atypique. Là où tous les autres sont des élégants, Odilon est très différent. "C'était un gros homme an crâne dégarni, dont l'aspect physique répondait en tous points à l'image d'un marchand de bestiaux endimanché. [...] Les jaloux attribuaient ses succès à la chance, mais lui haussait les épaules, car il savait mieux que personne qu'il les devait à sa manière toute spéciale de mener ses enquêtes, et aussi, il faut l'avouer, à son aire bête. Ses gros yeux somnolents et sans vie paraissaient en effet ne rien voir, et la graisse qui lui empâtait le visage semblait lui dénier toute finesse d'esprit." Avec son air con et sa vue basse -comme disait mon papa-, il mène ses enquêtes habilement et sans esbroufe. Et il est diablement efficace, cernant ses interlocuteurs qui ne s'attendent pas à autant d'intelligence chez un homme de cette apparence. Ah le délit de faciès !

Très bon début d'une série qui promet, plus j'avançais dans ma découverte des romans policiers populaires de l'époque, plus je trouvais que je tournais un peu en rond ; Charles Richebourg et Odilon Quentin, c'est une très heureuse surprise. Publiée chez Oxymoron. Normal et inévitable lorsque le titre est La meurtrière innocente.

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Une évasion mystérieuse/L'homme au stylo

Publié le par Yv

Une évasion mystérieuse, José Moselli, Oxymoron

John Strobbins, dandy et cambrioleur s'évade de manière spectaculaire de sa cellule et de la prison. Puis, il enchaîne les coups audacieux : cambriolages, détroussages en tous genres se jouant des policiers et principalement de James Mallescott, chef de la police de San Francisco.

José Moselli, j'en ai déjà parlé lors de mon article sur Le baron Stromboli. Prolifique écrivain après être passé par la marine marchande, il n'eut point l'avantage d'être publié dans des romans, et tomba dans l'oubli, malgré des héros attachants.

 

L'homme au stylo, Marcel Idiers, Oxymoron

La jolie comédienne Mona Stella git sur son canapé lorsque le commissaire Poupart entre dans sa loge, averti d'une agression. Elle a été endormie et ses précieux collier et bracelets ont disparu ainsi que l'homme qui était avec elle dans sa loge. Sans aucun doute, c'est encore un coup de l'homme au stylo, surnommé ainsi car son stylo dissimule une seringue injectant un produit qui endort, lui laissant la place libre pour agir.

Marcel Idiers né en 1886 et mort dans les années 1950 fut un écrivain belge spécialisé dans le roman populaire. Prolifique comme beaucoup de ses contemporains et varié puisqu'il écrivit des romans d'amour, d'aventures, historiques, policiers et aussi pour la jeunesse.

Je regroupe ces deux ouvrages car ils se ressemblent. Par leurs héros, bandits très proches d'Arsène Lupin, et par leur format : il s'agit ici de très courtes aventures -plusieurs par volume, eux-mêmes courts- pour nous faire faire connaissance avec eux et avec ceux qui les pourchassent en vain... Populaire, sympa, familial, je ne suis pas certain que cette lecture intéresserait les jeunes d'aujourd'hui, mais elle passionnait ceux du début du siècle dernier et leurs parents itou. Il y a tout de même un peu de désuet, de suranné, agréable certes, mais sans doute rébarbatif pour certains.

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