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Virginia et Vita

Publié le par Yv

Virginia et Vita, Christine Orban, Albin Michel, janvier 2012

1927, Virginia Woolf habite avec son mari éditeur Léonard leur maison "Monk's House". Tout près réside Vita Sackville-West, dans le château paternel. Vita est elle-même une écrivaine-poétesse reconnue. Au contraire de Virginia, elle est d'ascendance aristocratique, riche et affiche sans pudeur ses amours bi-sexuelles. Ce roman de Christine Orban raconte la passion entre ces deux femmes ainsi que la genèse du livre le plus connu de Virginia Woolf, Orlando.

Virginia Woolf n'est pas présentée comme une personne gentille, désintéressée ; elle est envieuse, jalouse de l'argent de Vita, de son aisance en société, de l'affichage quasi public de ses relations extra maritales et homosexuelles avec plusieurs femmes. Virginia, elle, est tourmentée par son amour pour Vita. Elle n'ose pas en parler, ne veut surtout pas que cela se sache. Elle intériorise tout et c'est pour extérioriser qu'elle crée son personnage d'Orlando qui deviendra le héros de son roman. Virginia n'est pas simple à vivre non plus n'hésitant pas à rabrouer les gens qu'on lui présente, comme cette jeune femme, amie de son beau-frère qui veut être écrivaine :

"- Vous écrivez ? répéta Virginia comme si elle en doutait

L'autre, effrayée, confirma d'un signe de la tête.

- Et vous avez un éditeur ?

- Non, souffla la jeune fille tremblante d'émoi [...]

- Si vous n'avez pas d'éditeur, vous avez peut-être un maître à penser ?

- Non..., murmura une fois encore la jeune fille, décontenancée

- Vous avez tout de même lu Proust ?

- Non.

- Alors, quoi ? demanda Virginia de sa voix profonde et moqueuse [...]

Mais la jeune fille perdit pied comme si elle se noyait et plus un son ne sortit de sa bouche. Virginia se tourna vers l'assemblée tel un toréador triomphant. "N'est-ce pas que cette Béa est stupide et ignorante ?" semblait-elle vouloir dire [...] (p.60/61)

Virginia est fière, a mauvais caractère, est de constitution fragile et sujette aux dépressions, mélancolique comme on disait à l'époque. Elle a déjà fait des tentatives de suicide et a régulièrement des crises de folie. 

Par petites touches successives, Christine Orban dresse le portrait de cette auteure et des relations qu'elle entretenait avec son entourage. De sa folie qui ne demande qu'à sortir au grand jour. Elle est de la trempe des grands écrivains de génie dont le caractère n'est point lisse et parfois difficile à supporter pour leurs entourages. C'est plutôt fin, mais il faut bien le dire un rien répétitif et ennuyeux. Si le début est intéressant, le livre traîne un peu en longueur. Certes, l'on peut toucher du doigt le processus d'écriture d'un grand livre. Bon, je dis ça, mais en fait, je n'ai jamais lu V. Woolf et ce n'est pas ce roman qui m'en donne l'envie ni le dégoût d'ailleurs. Non, je suis resté un peu en retrait de cette passion entre les deux femmes et de la naissance d'Orlando.

Pour résumer : très bon début, puis un livre qui traîne en longueur pour ce roman de Christine Orban dont j'avais bien aimé le précédent : Le pays de l'absence. Dernière précision, après je ferme, ce roman est la version intégralement revue d'un roman de l'auteure paru en 1990 sous le titre Une année amoureuse de Virginia Woolf.

Merci Davina de chez Gilles Paris.

Commenter cet article

Gwenaëlle 18/01/2012 17:03

Dommage qu'il traine en longueur ce livre, ça aurait pu être passionnant...

Yv 18/01/2012 22:13



passionnant, je ne sais pas mais mieux, sûrement !



clara 18/01/2012 08:24

Mouais, bof....

Yv 18/01/2012 22:12



J'ai lu des avis plus enthousiastes