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Le Petit Sauvage

Publié le par Yv

Le Petit Sauvage, Alexandre Jardin, Gallimard, 1992 (Folio, 1994)

Alexandre Eiffel est le descendant de l'illustre Gustave. Orphelin très tôt, il abandonne sa jeunesse pour se consacrer aux études et devient chef d'entreprise. De la serrurerie Eiffel. Mais un jour, dans les allées du Marché aux oiseaux de Paris, il se fait interpeller d'un :"Le Petit Sauvage, tu es un fou." Et là, il reconnait l'auteure de cette phrase, Lily, une femelle perroquet du Gabon. Celle qui vivait dans leur maison. Celle que son père lui avait offert pour ses dix ans. Il la croyait échappée. Or elle se rappelle à lui, 28 ans après leur séparation. C'est une telle secousse pour Alexandre, qu'il décide de tout plaquer pour retrouver l'enfant, le Petit sauvage qui devrait toujours sommeiller en lui.

Maxime du blog L'épopée littéraire a décidé de faire voyager l'un de ses livres à travers la France, auprès de blogueurs(euses) qui, ensuite, devront écrire un billet. Je suis au début de cette aventure et viens de finir ce roman d'Alexandre Jardin. Je n'ai lu cet auteur que très récemment et n'ai actuellement à mon actif que son dernier livre Des gens très bien, qui a défrayé un peu la chronique lors de sa sortie. Dans Le Petit Sauvage, point de règlements de compte avec sa famille, mais plutôt avec lui-même en tant qu'adulte. 

"Un jour, je m'aperçus avec effroi que j'étais devenu une grande personne, un empaillé de trente-huit ans. Mon enfance avait cessé de chanter en moi. Plus rien ne me révoltait. La vie et l'enjouement qui étaient jadis dans mes veines s'étaient carapatés. Le Monsieur prévisible que j'étais désormais jouissait sans plaisir d'une situation déjà assise, ne copulait plus guère et portait sur le visage un air éteint. Je me prélassais sans honte dans la peau d'un mari domestiqué indigne du petit garçon folâtre, imprudent et rêveur que j'avais été, celui que tout le monde appelait Le Petit Sauvage." (p.13)

Alors, toute la suite du roman consiste pour Alexandre à retrouver son âme et son esprit d'enfant, à la fois insouciant et cruel. Parce que c'est bien connu que les enfants, dans leurs jeux, dans la volonté d'assouvir leurs désirs sont égoïstes et donc cruels. 

Plutôt une bonne surprise cette lecture d'un écrivain, que je croyais, dans ses premiers romans cantonné aux bluettes et autres mièvreries. Le roman est rapide, enjoué mais aussi empli de réflexions sur l'enfance, sur le fait de devenir adulte et sur ce qu'on abandonne en passant d'un état à l'autre. Très bien écrit, Alexandre Jardin surjoue ses personnages en permanence, autant dans le malheur que dans la joie. Quelque peu caricaturaux, ils font néanmoins avancer le lecteur de page en page sans déplaisir, avec le désir de faire ce bout de chemin avec eux. Le désir, ce pourrait être le maître mot de ce roman. Le désir de redevenir enfant. Le désir sexuel également. Le désir de vivre tout simplement. L'auteur joue également avec les codes de la mise en page, ajoute des illustrations, des formes peu usitées dans le roman, tout pour ne pas lasser le lecteur. Comme si Alexandre Jardin avait peur de s'ennuyer sur la longueur et pensait que, comme les enfants, son lectorat avait besoin de renouvellement pour se bien concentrer sur le fond. 

Vraiment intéressant ce roman qui me permet de réviser mon jugement sur A. Jardin -un peu à l'emporte-pièce, je dois bien l'avouer, et pire que tout, sans l'avoir jamais lu ! Merci Maxime et pour être totalement informés, retrouvez autres aventuriers de cette épopée littéraire sur le blog l'épopée littéraire.

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Ameni 04/11/2011 23:22


La lecture a été somme toute assez agréable c'est vrai mais je ne sais pas si j'ai vraiment envie d'aller sur ses autres livres...


Yv 05/11/2011 09:50



Je n'en suis pas sûr moi non plus



Margotte 04/11/2011 18:06


Je suis moins enthousiaste que toi mais j'ai bien aimé quand même...


Yv 04/11/2011 18:14



Pas vraiment enthousiaste, j'ai bien aimé, mais avec quelques nuances quand même sur les personnages surjoués entre autres



Laeti (histoires-de-livres) 04/11/2011 12:23


Moi aussi j'ai bien aimé cette lecture d'un auteur que je ne connaissais que de nom. J'ai aussi apprécié l'originalité de la mise en page de la fin du livre qui nous montre l'état d'esprit
tourmenté du Petit Sauvage.


Yv 04/11/2011 16:26



Je n'avais lu de lui que son dernier, celui qui a fait scandale dans sa famille