Le cahier bleu

Publié le par Yv

 Le cahier bleu, James A. Levine, Ed. Buchet-Chastel, 2010

Batuk est petite fille indienne qui vit au calme, entourée de ses frères, soeurs, mère et père qu'elle adore et qui le lui rend bien. Mais la faillite gagne la famille, et le père de Batuk la vend lorsqu'elle a neuf ans à un réseau de prostitution enfantine. Elle est alors enfermée et va "travailler" dans un bordel de Common Street, à Bombay. Batuk, qui a appris à écrire lors d'un séjour dans un hôpital raconte ses journées, ses rêves et ses envies dans un cahier bleu qu'elle cache dans "son nid".

Sujet douloureux et délicat s'il en est, la prostitution des enfants est donc le thème principal du livre de James A. Levine. Cet auteur fut mandaté pour faire une enquête, pour les Nations Unies, sur le travail des enfants. "Il voit un jour une petite fille en sari rose qui écrit dans un cahier bleu", (4 ème de couverture) dans une sordide rue de Bombay. De là, nait son idée d'écrire ce roman pour dénoncer la prostitution enfantine.

Malgré le thème abordé, le livre n'est jamais scabreux ; il est dur, révoltant et très très fort. Batuk, la narratrice est adorable, admirable. Elle écrit ce qui lui arrive : on craint pour elle, on compatit, mais on reste impuissant à lui apporter notre aide dont elle aurait tellement besoin. Elle, elle reste positive, préfère parler de ce qu'elle vit de beau : l'amitié et l'écriture d'histoires, de contes.

Ce livre est une petite merveille à la fois d'émotions, de tendresse pour son héroïne, et de poésie, lorsqu'elle invente ses histoires, lorsqu'elle parle à des êtres imaginaires ou au Tigre naturalisé de l'Hôtel -et qui lui répond !

Un très bel exercice de l'auteur : "ce premier roman, dérangeant, puissant et engagé contre la prostitution des enfants dans le monde" (4ème de couverture). Preuve s'il en est besoin que par le biais d'un roman, on peut faire passer un message très fort. A lire absolument. Mille fois plus fort que n'importe quel témoignage.

Stephie, Pascale en parlent.

Publié dans Roman

Commenter cet article

Aifelle 05/04/2010


C'était un de mes choix pour la dernière opération masse critique, je ne l'ai pas eu, mais je le lirai tôt ou tard. Je m'attends à un choc, çà me paraît pourtant une lecture indispensable et tu me
le confirmes.


keisha 05/04/2010


Le thème m'a fait peur... à tort!


clara 05/04/2010


Je le note, je le surligne... c'est tout à fait le genre de livres que j'aime !


lasardine (la ronde des post-it) 05/04/2010


une lecture difficile mais une écriture très belle!
ce livre me hante encore...


Stephie 05/04/2010


Oui c'est un roman auquel je ne cesse de penser depuis que je l'ai lu. Je ne cesse de penser à tous ces enfants dont l'innocence et les droits sont bafoués chaque jour.


Bénédicte 05/04/2010


il est peut être très dur aussi ce livre je ne sais pas encore si je le lirai En tout cas tu en parles très bien Bonne fin de journée


Mathilde 06/04/2010


L'aspect roman plutôt que document me tente bien ; et cette couverture me plaît beaucoup !


Isa 06/04/2010


J'ai trouvé cette lecture très difficile. A lire, c'est sûr mais ça remue.


Eliane, Carré d'Art 31/07/2010


Après avoir lu tous les commentaires, je suis étonnée... Etonnée de ne pas avoir perçu cette dureté et étonnée de ne pas avoir trouvé cette lecture difficile. La manière dont la narratrice décrit
son quotidien est tellement poétique et décalée (même dans le vocabulaire utilisé)que j'ai trouvé que cette histoire ressemblait à un conte (si l'on s'éloigne du contexte tragique bien entendu). Il
m'a semblé qu'il y avait distanciation entre le corps et l'esprit et que l'histoire s'écrivait à deux niveaux différents, un peu comme dans des mondes parallèles... le vécu d'une part, et le rêvé
d'autre part. Et ceci évitait de décrire le tragique de la situation avec dureté, mais le faisait peut-être ressentir encore plus profondément. C'est je crois que qui nous touche le plus et nous
marque pour plus longtemps.