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La malédiction du Lamantin

Publié le par Yv

La malédiction du Lamantin, Moussa Konaté, Fayard, 2009

La communauté des Bozos, peuple d'Afrique vivant principalement au Mali, est en émoi : leur Dieu protecteur, le Lamantin, génie du fleuve veut se venger. Et en effet, le chef des Bozos et sa femme meurent lors d'un orage terrible qui arrose et inonde Bamako. Les villageois voient dans ces éléments déchaînés et dans les morts la patte divine de Maa, le Lamantin. Pour eux, ces morts sont surnaturelles. Le commissaire Habib et son adjoint Sosso, eux, n'y croient pas, mais leur enquête est bien perturbée par les croyances et le pouvoir des sages de l'éthnie Bozo.

Après L'empreinte du renard, livre dans lequel les deux policiers enquêtaient dans la communauté dogon, les voici donc confrontés cette fois-ci à la tribu Bozo, à ses fortes croyances ancestrales, mâtinées d'Islam, puisqu'elle est en majorité musulmane. Le meurtre, puisque c'est bien de cela dont il s'agit, est déroutant, très empreint de certains rites bozos. Habib et Sosso vont avoir du mal à enquêter sereinement tellement l'influence des communautés est forte dans ce pays.

Fidèle à son précédent polar, Moussa Konaté nous plonge directement au coeur du Mali : on y apprend énormément de choses sur ce pays, sur les éthnies qui le composent, sur la difficulté de bien vivre ensemble en acceptant les pratiques et croyances des autres. La difficulté aussi pour un commissaire local, formé à l'école des blancs de se faire respecter totalement. Oh, certes, le commissaire Habib est connu honorablement et son travail est salué, dès lors qu'il ne gène pas les combines et arrangements locaux, ni même les us et coutumes du coin.

L'intrigue est crédible et tient la route, mais encore une fois, comme dans le roman précédent, le contexte est formidablement plus intéressant ; Le Mali et les peuples qui le composent donnent une densité au roman, aux personnages. C'est loin, très loin des polars européens ou américains, et c'est tant mieux. Une vraie bouffée d'air orageux, chaud et humide. Un peu de poussière des pistes en plus.

Catherine en parle aussi.

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alain 18/07/2010 22:49


J'adore ce livre, Moussa Konaté. Il était à St Malo cette année dans un débat sur l'Afrique noire est-elle maudite?


Yv 19/07/2010 10:24



J'ai bien aimé les deux romans policiers de Moussa Konaté que j'ai lus. J'y trouve dépaysement, découverte du Mali et plaisir de lecture.



Aliénor 01/07/2010 08:56


J'aime bien ces nouvelles couleurs !


Yv 01/07/2010 14:34



C'est l'été, il fait chaud, j'avais envie de fraîcheur !



le Merydien 29/06/2010 23:53


Soyons réaliste, la route n'est tenue que moyennement. Je l'ai commenté quand il est sorti en poche chez point au mois de Mars,interessant pour se plonger dans le Mali, mais pas assez pour en faire
un bon polar, ni un guide du routard.


Yv 30/06/2010 14:12



Certes, je n'irai pas au Mali avec ce livre en guide, mais il permet de se faire une idée des communautés du pays, surtout si l'on a lu la première aventure de Hbib et Sosso. Quant à l'intrigue,
je maintiens qu'elle reste crédible, plus que certains polars notamment états-uniens dont on nous rebat les oreilles et qui sont si prévisibles, à la fois dans l'écriture, la construction et la
résolution de l'enquête.



Kathel 29/06/2010 20:16


Ah, oui, un polar africain, ça me dirait bien, pour l'ambiance... je note tout de suite !


Yv 29/06/2010 20:20



Le précédent, L'empreinte du renard est très bien aussi.



Hélène 29/06/2010 20:10


Tu me tentes... Mais comment fais-tu pour lire toutes les tentations qui courent sur les blogs ? Ma PAL va exploser, je vais devoir déménager faute de place...


Yv 29/06/2010 20:20



Je lis, je lis. Beaucoup le soir plutôt que de regarder la télé, surtout en ce moment où l'on nous abreuve de foot ! Beurk ! Entre 21h00 et 22h30 dans le hamac, dans le jardin, c'est le rêve. Par
contre, ma PAL n'est pas très élevée, parce que j'emprunte beaucoup à la bibliothèque.



zarline 29/06/2010 14:41


J'ai lu récemment un polar se passant au Ghana écrit par Kwei Quartey qui ne m'a pas totalement convaincue. Je préfère les vrais romans d'ambiance africaine même si le livre que tu présentes a
l'air plutôt réussi de ce côté-là.


Yv 29/06/2010 14:47



Là l'ambiance africaine est très présente, c'est même l'un des attraits prinipaux du livre.



keisha 28/06/2010 14:10


Des polars africains qui tiennent la route? A noter, donc.
Je me demande s'il n'y a pas aussi des bozos en Côte d'Ivoire, ou alors c'est seulement sur le fleuve Niger?


Yv 28/06/2010 16:47



Cette ethnie est un peu dispersée dans plusieurs pays d'Afrique