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La 7ème femme

Publié le par Yv

La 7ème femme, Frédérique Molay, Fayard, 2006

Lundi l'enquête débute par le corps d'une femme retrouvé atrocement mutilé dans un appartement parisien. Nico Sirsky, chef de la brigade criminelle prend l'affaire en charge. Affaire qui prend une tournure autre lorsque le mardi, un deuxième corps de femme pareillement mutilé est retrouvé. Un tueur en série vient d'apparaître, qui bientôt lancera des messages personnels en forme de défi au commissaire divisionnaire Sirsky.

Tout commence par ces premiers meurtres horribles et par la mise en place de l'équipe de la police en charge de l'enquête. Chacun a sa tâche, chacun à fouiller le moindre petit début de piste, attendant des résultats d'analyse, des rapports d'autopsie. Parallèlement, Frédérique Molay installe ses personnages. C'est la première enquête de Nico Sisrky (à l'heure où j'écris ce billet deux autres ont été écrites dont je parlerai très bientôt). Évacuons tout de suite un petit bémol de ma part : tous les personnages sont jeunes et beaux : Nico Sisky a 38 ans, il est pourvu d'un charme indéniable, d'une sensibilité féminine qui les fait toutes craquer, mais il est divorcé, cœur solitaire et difficile à satisfaire. Il rencontre Caroline Dalry, 36 ans "professeur agrégé à l'hôpital, ce qui est tout à fait exceptionnel pour son âge. Elle doit être la seule dans ce cas-là." (p.189) dont il tombe immédiatement amoureux. Quasiment tous les personnages, même les secondaires sont du même acabit, jeunes, beaux, dynamiques. De vraies gravures de mode ; on se croirait dans un épisode d'une série américaine. Voilà, pour ma réserve, uniquement basée sur la jalousie, vous l'aurez bien compris, moi qui ne suis plus si jeune que cela.

Le reste ? Très bien ! F. Molay prend le temps de s'intéresser à tous les gens qui interviennent dans l'enquête (peut-être un peu trop nombreux, au risque parfois de se perdre, mais les principaux sont clairement identifiés). En tout bien tout honneur, Nico a sa faveur et bénéficie d'un traitement particulier. Puis, d'autres protagonistes sont détaillés : ses collègues, sa sœur, sa famille, Caroline. Ce qui donne un côté humain à toute cette équipe. Très prometteur pour la suite des aventures de Nico.

L'intrigue ? Très bien ! L'auteure tisse sa toile dès le départ. Cent premières pages plutôt lentes malgré l'atrocité des meurtres, F. Molay accélère le mouvement gentiment et progressivement, puis à la faveur d'un rebondissement inattendu vers la page 200, elle met la gomme pour tenir son lecteur en haleine jusqu'au bout avec un petit coup de turbo sur la fin. Le récit est construit d'abord avec l'enquête policière dans laquelle petit à petit s'immisce le coupable pour raconter ses meurtres. Ces parenthèses prennent du volume au fur et à mesure que l'on approche de la fin. De chausse-trappes et rebondissements en fausses pistes, F. Molay balade à la fois Nico et son équipe et les lecteurs (j'ai eu un flash vers la page 300 concernant le coupable, mais j'en étais déjà à mon troisième suspect, et j'ai eu encore pas mal de doutes quant aux méthodes et aux mobiles de mon favori jusqu'à la fin !).

Frédérique Molay semble connaître le monde judiciaire assez bien émaillant son texte de références juridiques, légales ou professionnelles qui le rendent réel. Toute proportion gardée et sans vouloir faire de comparaison, j'ai retrouvé dans cette enquête du Wallander : une équipe entière pour une enquête, avec des personnages auxquels l'auteur s'intéresse en dehors de leurs vies professionnelles, des pistes, les plus ténues soient-elles qui sont suivies jusqu'au bout, même si elles ne donnent rien et pour finir, une sorte de "sixième sens" de Nico, un peu comme Wallander qui a parfois des fulgurances bienvenues. Ce rapprochement a pour moi valeur de compliment, et vous comprendrez donc sans peine que je me lance dès  présent dans le tome 2 des aventures de Nico Sirsky !

Livre qui a reçu en 2007, le Prix du Quai des Orfèvres dont le jury est présidé par le Directeur de la Police judiciaire. D'autres avis (assez peu, à ma grande surprise vue la qualité du bouquin)  sur Babelio.

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Géraldine 18/06/2012 23:03

Tiens, cela me fait tout bizarre de trouver ce livre ici. C'est un prix que je lis tous les ans depuis 25 ans au moins, ayant été initiée par mon père. Depuis, c'est devenu une institution et pas
un Noel sans un quai des orfèvres sous le sapin pour moi, même si, depuis quelques années, je suis régulièrement déçue... Sans doute qu'à force de lire de thriller, on trouve les polars plus
plats...

Yv 19/06/2012 08:58



Alors que moi, je n'aime pas trop les thrillers ce qui me permet d'apprécier les polars !



Lystig 10/06/2012 21:46

si tu cites Wallander, je ne peux que noter ce titre !

Yv 12/06/2012 11:05



Il y en a un peu, mais beaucoup d'auteurs de maintenant s'en inspirent.



Mzazy 27/05/2012 22:50

je le note dans ma LAL qui, pire que l'inflation et les prix à la consommation augmente à vue de bibliothécaire !!!

Yv 28/05/2012 13:22



Et comme c'est la première enquête de Nico Sisrsky et que les autres sont bien aussi, je crains que ta LAL augmente de manière exceptionnelle



dasola 27/05/2012 21:59

Bonsoir Yv, je ne connais pas et je le note car ton billet donne envie et une femme auteur de polar, il n'y en a pas tant que cela. Bonne soirée.

Yv 28/05/2012 13:21



je viens de lire les trois sortis actuellement et la série se bonifie avec le temps



Aifelle 24/05/2012 17:34

Maj Sjowall et Per Wahloo l'avaient fait avant Mankell, avec le personnage de Martin Beck. A lire, si tu ne l'as déjà fait.

Yv 25/05/2012 14:08



Pas encore, mais j'ai noté leurs noms dans un coin de ma tête. merci



Aifelle 24/05/2012 13:25

Après des années de relative disette côté polars, je m'enfonce aussi dans une crise, alors je note, surtout si tu compares à Wallander, même vaguement.

Yv 24/05/2012 13:33



"Comparaison n'est pas raison", mais il est vrai que je note deci delà une tendance chez les auteurs de polars français à insérer dans leurs romans des réflexions sociales, des contextes
particuliers et à faire de leurs héros des personnages "normaux" comme on dit maintenant. J'ai vu cela chez des femmes écrivains (F. Molay mais aussi Marie Vindy pour les Françaises) et chez des
écrivains hommes étrangers (Volker Kutscher et William Ryan)  et je ne cite évidemment que ceux que j'ai lus il y en a sans doute d'autres.


C'est ce qui a fait le succès de  Mankell selon moi.



Asphodèle 24/05/2012 11:04

Je te conseille Le cinquième jour de Maud Tabachnik (si ce n'est déjà fait) et dans un autre genre mais plus savoureux encore La souris bleue de Kate Atkinson !

Yv 24/05/2012 11:30



Merci des conseils que je note



Asphodèle 24/05/2012 09:03

Il me semble en avoir entendu parler mais je n'étais plus dans ma "crise" polar, j'y reviens doucement, je le note au cas où !^^

Yv 24/05/2012 10:21



Et moi, je suis en plein dedans cette crise polar



Agathe 24/05/2012 07:18

Je me le note!!

Yv 24/05/2012 10:21



Tu peux, et la suite arrive bientôt