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L'homme de Lyon

Publié le par Yv

L'homme de Lyon, François-Guillaume Lorrain, Grasset, 2011

"Un jour, le narrateur reçoit de son père un cadeau d'outre-tombe, un mystérieux paquet : des photos, quelques lettres." (4ème de couverture) Ce narrateur, un journaliste trentenaire qui avait des rapports très espacés avec son père décide d'ouvrir ce paquet et de suivre les indications paternelles lui demandant, d'après ces quelques éléments, de retracer sa vie. Entre Lyon, Paris, Berlin, le journaliste va alors plonger dans la Seconde Guerre Mondiale pour tenter de comprendre sa famille et ses secrets.

Je ne sais si c'est de mon fait ou non, mais en ce moment, j'ai du mal à entrer dans les bouquins. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Mais, j'ai passé le cap des premières pages pour mieux m'imprégner de cette quête. Et finalement, je sors du livre plutôt réjoui.

Toute la partie sur la Résistance, Jean Moulin et la guerre est intéressante, et François-Guillaume Lorrain, au travers de cette grande Histoire, nous conte la petite, celle de la famille du narrateur. Le Docteur Guy Rolin, douze ans en 1944 a vécu douloureusement cette période. L'enquête et la quête du fils sont bien menées et le secret ne se dévoile qu'en fin de roman, après des suppositions, des fausses-pistes, bien amené pour clore de belle manière ce livre. Le contexte est là, pesant, lourd, propice aux secrets, aux non-dits, aux mensonges.

Mais ce qui m'a le plus intéressé, ce sont les relations père-fils, père-fille, et comment l'histoire de l'un peut influencer notablement et durablement ces relations. En bien, ou malheureusement en mal. Cette famille est mal en point, même lorsque le père est mourant : "Sa chambre d'hôpital aurait pu nous réunir, mais la mort avait déjà mis les barbelés. Ceux qui entraient croyaient voir un père et son fils venu à son chevet, mais il n 'y avait plus qu'un vivant et un déjà-mort. Je faisais semblant de m'intéresser aux infirmières, je suivais leurs gestes mécaniques, j'écoutais malgré moi leurs propos insignifiants. Des banalités, toujours des banalités, qu'il laissait dire. Il gisait comme une tortue renversée sur le dos. Un père, à la fin, c'est un animal blessé, vulnérable. Une machine qui se déglingue et qui casse de partout." (p.18)

Au fil des pages, le journaliste découvre réellement son père. Entre eux, il y a toujours eu beaucoup de retenue, comme souvent dans cette génération de père-fils -et je sais de quoi je parle, mon papa avait aussi 12 ans en 1944 ! Et je suis un petit peu -à peine (?)-  plus que trentenaire !- : "Je revois son visage. Était-il beau ou laid ? Je ne sais pas. C'était un visage dur et fermé de statue, que j'effleurais du bout des lèvres, sans jamais le toucher. Mais les pères ne sont pas faits pour qu'on les touche." (p.109)

Sobrement écrite, cette recherche d'identité parlera aux hommes de ma génération. Mais je crois qu'elle touchera également un public plus large, plus jeune et féminin. Tout le monde, quoi !

 

dialogues croisés

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Michel 13/02/2011 12:34


Génial, je viens de le recevoir dans le cadre du prix Landerneau !


Yv 13/02/2011 16:29



Me reste donc à te souhaiter une bonne lecture. La seconde partie est meileure selon moi.



Alex-Mot-à-Mots 07/02/2011 15:20


Un roman qui toucherai pas mal de monde... sauf toi.


Yv 07/02/2011 15:47



Me serais-je mal exprimé ? Si bien sûr ce roman me touche. Certes, le début a été un peu difficile mais après, c'est bon, je l'ai trouvé très bien.



moustafette 07/02/2011 10:11


euh je disais un cocktail aux ingrédients bien tentants, noté !


Yv 07/02/2011 15:46



Ah un cocktail, je ne l'avais pas celui-là ;)



moustafette 07/02/2011 10:10


Un co


Yv 07/02/2011 15:46



...rmoran ? lléoptère ?? loriage ???



Michel 06/02/2011 22:27


Lallisé, une recherche familiale sur la seconde guerre, cela me touche quelque part


Yv 07/02/2011 08:59



Eh bien ne me reste plus qu'à te souhaiter une bonne lecture.



Dominique 06/02/2011 11:09


En bonne lyonnaise c'est le titre qui me fait flasher un peu , pourquoi pas ?


Yv 06/02/2011 13:49



Tu pourras voyager comme le narrateur dans les traboules.



keisha 06/02/2011 08:33


Un début pas très original, mais après cela a l'air pas mal... Relations père fils (ou fille) cela m'intéresse bien aussi... Même si mon propre père n'a pas laissé de secrets ou paquets derrière
lui... ^_^


Yv 06/02/2011 13:49



J'ai un peu de mal en ce moment à "entrer" dans les livres. Après quelques pages ou plusieurs, ça va mieux. enfin, pas pour tous.



In Cold Blog 05/02/2011 14:37


Tu es le premier à me donner envie de m'intéresser d'un peu plus près à ce titre. Je le note dans un coin de ma mémoire...


Yv 06/02/2011 13:47



Bien au chaud pour qu'il puisse ressortir au bon moment.


 



sylire 05/02/2011 11:12


j'ai entendu l'auteur en parler à la radio et je me suis dit que cela pourrait me plaire. Tu confirmes...


Yv 06/02/2011 13:48



Finalement asez large pour plaire à beaucoup.