Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

L'homme à la bulle de savon

LHomme-a-la-bulle-de-savon_9743.jpegL'homme à la bulle de savon, Sylvie Matton, Ed. Don Quichotte, 2014...,

 

Patrick découvre le tableau de Rembrandt, L'enfant à la bulle de savon, à treize ans au musée de Draguignan. C'est pour lui une véritable rencontre et cet enfant peint deviendra le confident du jeune garçon malheureux dans une famille qui subit l'alcoolisme et la violence du père. Quinze ans plus tard, il décide de le voler, à la faveur de la fête du 13 juillet 1999. Puis il le garde chez lui, en prend soin, lui parle, se confie. Quinze années plus tard encore, en mars 2014, Patrick décide de rendre le tableau  qui lui a apporté tout ce qu'il pouvait.

 

 

Ce roman n'en est pas un puisque c'est une histoire vraie dont on a beaucoup parlé dans le sud-est de la France, région dans laquelle toute cette histoire s'est déroulée mais que personnellement je découvre grâce à ce livre. Sylvie Matton ne pouvait que s'en emparer tant elle est elle-même imprégnée de Rembrandt, elle a écrit Moi, la putain de Rembrandt en 1998 et était l'épouse de Charles Matton, réalisateur -entre autres- du film Rembrandt, sorti tout juste quelques semaines après le vol du tableau (elle a cosigné le scénario).

Livre construit en deux parties, la première de l'enfance jusqu'au vol et la seconde du vol jusqu'à la restitution programmée du tableau. La première partie s'étend sur Patrick, le voleur et sa famille. Père violent, deux sœurs plus âgées, une mère battue. Patrick est un solitaire qui peut s'enfermer de lui-même dans un placard pour ne pas entendre ni voir la violence dans la maison. Le père est ancien combattant de la guerre d'Algérie, ancien de l'OAS qui n'hésite pas à décrire les tortures auxquelles il a participé. Alcoolique, les seuls moments de tranquillité des siens sont quand il est au travail ou quand il s'endort après une cuite de plus. Aussi lorsque sa mère l'emmène au musée de Draguignan, Patrick se sent attiré par le petit tableau de Rembrandt ; il entre dans le tableau autant que l'inverse Cet enfant avec la bulle deviendra son confident, une sorte d'ami imaginaire qui sera présent souvent sur son épaule. Sylvie Matton insiste sur la difficile relation père/fils, sur les dialogues entre Patrick et l'Enfant. Quand son père mourra, Patrick malgré tout ressentira un vide profond qui lui fera franchir le pas du vol.

La seconde partie est la paranoïa qui s'installe chez Patrick puisqu'il doit conserver un tableau de maître chez lui, mais dans le même temps, il s'épanouit, fait du sport s'extériorise, se marie et alors la paranoïa augmente puisqu'il doit cacher à sa femme l'existence du tableau ainsi qu'à son fils qui naîtra quelques temps plus tard.

 

L'écriture de Sylvie Matton est plaisante, limpide, très documentée sur la vie de Rembrandt et de son voleur. Elle n'est néanmoins pas exempte de quelques longueurs et il faut s'habituer à d'incessants allers-retours entre la vie présente de Patrick, son passé et le parallèle (assez judicieux) avec la vie du peintre dans la première partie. La seconde partie est davantage axée sur les effets de la possession d'une telle toile chez soi, sur le présent de la vie du voleur. La fin de la première partie m'a un peu perdu, mais le début de la seconde m'a retrouvé enthousiaste, plus intéressé par cet aspect de l'histoire de Patrick avec le tableau. C'est mieux ainsi, au moins, je reste sur une belle impression.

 

rentrée 2014  

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 29/11/2014 11:39

Le sujet me tente : Rembrandt en toile de fond.

Yv 29/11/2014 12:13



C'est un sujet intéressant



Violette 28/11/2014 16:51

tentée, à condition que ce ne soit pas trop érudit! :-)

Yv 28/11/2014 17:31



Un roman très accessible en rien élitiste



keisha 28/11/2014 15:10

Ah mais c'est que ça a l'air bien (ah rembrandt, j'ai visité récemment un musée, sans même regarder le nom du peintre j'ai dit ah oui Rembrandt, forcément, c'était un autoportrait... ^_^)

Yv 28/11/2014 17:31



C'est bien, et figure toi que je commence tout juste le dernier roman de Leonardo Padura qui parle d'un... Rembrandt