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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Jeanne L'Étang

Jeanne-l-etang.jpgJeanne L'Étang, Perrine Le Querrec, Éd. Bruit Blanc, 2013

Jeanne L'Étang naît en cachette en 1856. Sa mère continuera à la cacher dans une soupente de la maison jusqu'à ses huit ans. Puis elle s'en ira pour la Salpêtrière, service des folles. Huit ans plus tard, elle prendra la direction d'une maison close pendant une dizaine d'années. De la maison-mère à la maison des folles puis à la maison close. Drôle de vie que la sienne.

Soyons direct, c'est un livre difficile. Par le thème qu'il traite bien sûr, mais surtout par l'écriture de Perrine Le Querrec. Totalement déstructurée. Alternance de phrases classiques. Puis des phrases nominales. Puis un mot entre deux points. Ça peut dégoûter. Énerver. Dérouter. Plaire. Enthousiasmer. D'un naturel tolérant, je suis à la fois ravi, enthousiasmé par le style, l'originalité et de l'écriture et de la mise pages (couleurs, tableaux, abécédaires, jeux avec les polices de caractères, les italiques, les gras, ...) et un rien fatigué sur la longueur. Pas aisé de tenir le rythme sur les 234 pages ! 

Un roman qui démarre fort, et les premières lignes sont à l'image de la totalité du texte. Soit ça passe soit ça casse :

"Elle entend. Jeanne. C'est Jeanne L'Étang. Elle arrive. Des feuilles humides. De la terre. La forêt. De l'air. Un cri. Celui de Jeanne L'Étang, née un jour d'octobre 1856. Pluie de feuilles, pluie de sang, pluie de cris. On la prend. On la débarrasse des feuilles. On la serre contre la bouche. "Jeanne ! Ma Jeanne !" On la mouille de sang et de salive. On la nettoie. ­A coups de langue, entre "Jeanne !" et "Jeanne !" Lever les petits bras, nettoyer, là aussi, plis du cou, jambes cerceaux, poings virgules, cheveux noirs. Les yeux, longuement. Jeanne s'envole au bout de deux bras, plonge sous la robe, rencontre la peau. appliquée. Transférée. Jeanne L'Étang a chaud. Elle s'endort contre Dora, Dora sa mère. Un sein au-dessus de ses cheveux noirs. On est à l'abri ici. Il fait chaud." (p.7)

Si vous passez ces lignes sans encombre, vous êtes prêts pour la suite. Moi, elles m'ont scotché et j'ai donc continué avec envie. Et je n'ai pas été déçu. Vous croiserez dans ce roman, Edgar Degas, le docteur Charcot et même compendieusement Sigmund Freud. Haussman également ou plutôt sa transformation de Paris : "Perversion, dégénérescence, homosexualité, peur du juif, criminalité, décadence, syphilis, statistiques, population migrante : Paris détruit ses taudis et se reconstruit dans un vocabulaire brutal." (p.21)

Avis aux amateurs et trices de livres qui sortent de l'ordinaire : laissez-vous tenter, faites-vous votre propre idée. 

Les critiques sur Babelio sont élogieuses.

Merci Harmonie.

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Géraldine 27/07/2013 19:09

Dommage, dans l'absolu, le sujet pouvait me plaire. Mais à écriture destructurée, je dis non. Par contre, j'en ai profité pour copier/coller le nouveau logo de lystig !

Yv 28/07/2013 15:30



C'est vrai que sur la longueur, le livre peut fatiguer



yuko 17/07/2013 11:19

J'avoue que le style que tu nous décris me rebute un peu...

Yv 18/07/2013 09:26



il peut, néanmoins, il est fort et original



Gwenaelle 16/07/2013 12:13

Je ne suis pas partie en courant en lisant l'extrait mais de là à tenir pendant deux cents pages... je ne suis pas certaine d'avoir assez de souffle. Et pourtant, la colonne d'air, ça me connait!
;-)

Yv 16/07/2013 16:14



C'est vrai qu'il faut du souffle et de la respiration



clara 16/07/2013 10:49

Les premières phrases m'ont envoûtée !

Yv 16/07/2013 16:13



Le reste risque de faire pareil



Aifelle 16/07/2013 07:35

Ecriture déstructurée, ce n'est pas vraiment pas pour moi en ce moment !

Yv 16/07/2013 16:13



Une autre fois alors...