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Frotti-frotta

Publié le par Yv

Frotti-frotta, Esparbec, Ed. La Musardine, 2011

"Dans ce nouveau "roman pornographique", Esparbec nous emmène au sein d'une étrange institution, une école privée entourée de murs infranchissables, où des filles perverses sont soumises à une éducation singulière : sous la férule d'une sévère directrice, livrées aux "dresseurs d'épouses" et aux "essayeurs nocturnes", elles vont devoir se livrer aux expériences les plus déroutantes pour explorer les mystères de leur libido." (4ème de couverture)

Oyez, oyez, bonnes gens, Yv a donné de sa personne -en tout bien tout honneur- pour vous, pour tester le nouveau "roman pornographique". Bon, en fait, je croyais que c'était érotique, eh bien je me suis trompé. Lorsque la liste de Masse critique de Babelio est parue, j'ai coché tout plein de livres, et c'est celui-ci qui est arrivé. Je ne crois pas qu'il y ait eu beaucoup de candidats-lecteurs. Investi d'une mission, je me suis donc plongé dans cette lecture. Ça commence plutôt bien, Esparbec s'adresse à ses lecteurs avec beaucoup d'humour et un recul de bon aloi. Très vite, bien sûr on arrive aux scènes chocs, parfois terribles, car il faut bien le dire, les garçons du pensionnat ne reculent devant aucune offense à faire aux jeunes femmes ; la directrice n'étant pas en reste. J'avoue ma pauvre culture de ce genre de littérature, m'étant plutôt cantonné, adolescent, aux lectures de SAS ou de quelques mais rares Brigade mondaine de de Villiers -non pas Philippe, Gérard ! Ou alors, des magazines, comme Newlook, mais je les lisais -et les prêtais- pour les articles de fond, bien sûr, pas pour les filles dévêtues à l'intérieur, pour qui me prenez-vous, voyons ?

Bon comment dire en en disant le moins possible pour que mon blog ne soit pas assailli par les pervers de tout poil -il en est beaucoup question dans le roman, des pervers, certes, mais des poils aussi. Je vais devoir choisir mes mots si possible non suspects de double sens.

Esparbec écrit bien, ça, je ne peux le contester ! Je l'ai dit, de l'humour, du détachement, de belles tournures de phrases, du vocabulaire... sauf dans les scènes très chaudes où là, les mêmes mots que vous voudrez m'excuser d'éluder rapport -oh mince !- aux mots-clefs de recherche, reviennent sans arrêt. Je sais qu'il n'y a probablement pas légion de synonymes, mais j'aurais aimé moins de répétitions. On est souvent plus proche de l'étalage du boucher que de la poésie. De même pour les situations coquines -et beaucoup plus si affinités, et même sans affinités d'ailleurs- qui se ressemblent beaucoup. 

On tâte -ah, zut alors- de la zoophilie, de la scatologie du sado-masochisme, on croise des amateurs de Sodome, des pervers, ... La femme est soumise -et c'est peu de le dire-, quasi violée, même si l'auteur prétend qu'elle aime ce qu'elle subit.

Je ne suis probablement pas le public pour le "roman pornographique", bien que je croie définitivement que la littérature de ce genre est ciblée mâle ! Mais attention, vrai mâle, dominateur, testostéroné et tout et tout. Tout le contraire de moi, pauvre petit être sensible et sûrement possesseur d'un côté féminin excessif -pour un garçon, bien entendu- qui ne goûte pas le plaisir de cette lecture. J'avoue même -ouh, honte à l'homme !- au risque d'être assimilé "aux mères la pudeur et à leurs consorts de toutes eaux" (4ème de couverture) avoir passé rapidement les 80/90 dernières pages (ça veut dire que j'en ai quand même lu une bonne centaine !). C'est d'ailleurs dommage, parce que si Esparbec écrivait de la littérature érotique, ou de la littérature "normale" avec moins de crudité -non, pas les légumes, encore qu'il soit question d'une carotte dans un chapitre- voire de vulgarité, je serais preneur pour tester, parce que j'aime bien sa langue -dites donc, bande de cochons, quand je dis sa langue, entendez son écriture, on a même pas été présenté Esparbec et moi, alors, pas de familiarités !- parce que j'aime bien aussi sa façon d'amener le lecteur à la scène polissonne (et c'est un doux euphémisme), de faire monter le suspens bien sûr -toute autre idée est à bannir dans mes propos- avant d'arriver en plein cœur de l'action, où là, je décroche.

A réserver aux amateurs de plus de dix-huit ans bien entendu.

 

Critiques et infos sur Babelio.com

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argali 28/06/2011 22:20


Je vous découvre par ce billet qui, je l'ai bien compris, ne ressemble ni à vos lectures, ni à votre personnalité. Mais j'ai passé un très bon moment à vous lire. J'aime beaucoup votre humour.


Yv 29/06/2011 20:15



Merci pour les compliments, n'hésitez surtout pas à revenir !



Sandrine(SD49) 21/05/2011 21:01


J'étais en vacances quand ton billet est paru,mais grâce à ton portrait chez les agents littéraires j'arrive ici !!!! Et je ne regrette pas la visite, j'ai bien ri en lisant ton billet. Bon week
end pauvre petit être sensible, ça me fait bien rire aussi ça !


Yv 22/05/2011 13:37



En douterais-tu ?



Armande 10/05/2011 16:43


savoir cocher avec modération, telle doit est la leçon de ta mésaventure, petit scarabée ! Ton article vaut son pesant de cacahuètes (Oh ! Mince ! Je n'aurais pas dû employer ce dernier mot,
certains hommes vont être blessés dans leur virilité. Je remplace par citron, orange, pamplemousse, chacun est libre de choisir le terme qui lui convient ;_))


Yv 10/05/2011 18:40



Si j'ai de remarques salaces à cause de tes cacahuètes (Ah, zut, moi aussi !), je te les fais parvenir.



Mathilde 06/05/2011 13:56


Voilà un billet assez réjouissant, même si on n'ira pas jusqu'à lire le livre...


Yv 06/05/2011 20:16



C'est dommage parec que je peux l'envoyer...



Hélène 06/05/2011 09:18


Et tu te moquais de mon "Eros dans un train chinois"... Le Sm, c'est quand même autre chose ! En tous cas, il ne me tente pas, trop de filles perverses a priori, pas assez de mâles musclés...


Yv 06/05/2011 10:46



Je me suis moqué moi ? J'aurais dû tourner la langue 7 fois dans ma bouche avant de dire kekchose. On ne sait jamais de quoi est fait l'avenir...


PS : les mâles ne sont pas musclés, mais ils ont d'autres avantages sur lesquels je ne m'étendrai pas (sans allusion honteuse bien entendu)



Lystig 05/05/2011 20:20


je n'ose dire "article touffu" !!!


Yv 05/05/2011 20:34



On n'ose rien dire de peur d'interprétations.



alain 05/05/2011 16:26


Joli billet.


Yv 05/05/2011 20:33



Merci beaucoup.



dasola 05/05/2011 14:17


Bonjour Yv, j'aurais dû cocher un roman de ce type (il y en avait pas mal), pas osé, un peu timorée peut-être. En tout cas, cette fois-ci, je n'ai pas été retenue par Babelio. Bravo pour ce billet
très bien troussé (si je puis dire). Bonne journée.


Yv 05/05/2011 15:42



Je n'ai vu que celui-ci, mais c'est vrai que j'avais entendu parler un peu du nom de l'auteur. Tu vois même dans les comm' toute la difficulté d'user de certains mots.



Cécile 05/05/2011 08:38


Ce que je retiens de ce billet :
-Quel bonheur d'avoir un homme dans ma blogroll : je n'aurais, sinon, pas eu droit à un billet pêchu de si bon matin !
- La testostérone exigerait-elle en littérature des des femelles non consentantes ?...
- La mode n'est, certes, plus aux strings mais aux culottes : mais quand même, celles-là : vraiment bof !
- Tu devais vraiment être le seul à postuler pour ce roman-là : l'éditeur ne devait pas être débordé ( parce que, moi, je ne l'ai toujours pas reçue, ma sélection Babelio)
Bref, joli billet : merci pour ce beau début de journée !


Yv 05/05/2011 13:45



Il me semble que le genre de ce livre qu'il se décline en roman ou en film exige des femmes qui suggèrent au moins leur non-consentement. Leur image n'en grandit pas, mais sans doute, les
amateurs du style ont-ils besoin de ce sentiment de domination ? Peut-être est-ce d'ailleurs le seul endroit où ils peuvent l'exercer ? Bon assez de sérieux, je ne vais pas faire une thèse.


Merci pour les compliments.



keisha 05/05/2011 08:24


Excellent billet!
Ce roman, je l'ai vu en librairie, rayonnage bien étiqueté adultes, tout là haut là haut, je ne pouvais donc pas le prendre, j'suis trop p'tite (en taille)
Bon, pas du tout ce que j'aime, je vois le genre. Tu as donné de ta personne, merci Yv, pour le bien commun!


Yv 05/05/2011 13:42



Ouh l'excuse bidon de la taille ! Tu sais qu'on peut se faire aider d'un vendeur ???



Bernhard 05/05/2011 08:16


Merci d'avoir donné de ta personne - et on te préfère comme tu es, faudra pas plus "vrai"


Yv 05/05/2011 13:41



Merci merci, je m'en suis bien remis



Ah ah ! Dès le matin,tAsphodèle 05/05/2011 08:05


Ah ah !! Dès le matin ton billet est un petit bonbon sucré à souhait mais "bromuré" !! Mon pôvre tu n'as décidément pas de chance et ton dévouement littéraire n'a pas de limites à ce que je vois !!
Hormis Histoire d'Ô lu au lycé, je dois dire que là je passe. Mais c'est bien de tester pour nous le renouvellement du genre...


Yv 05/05/2011 13:40



Aucune limite, je paie de ma personne, pour vous, pour mes nombreux (non, là je déc...) lecteurs



Aifelle 05/05/2011 07:50


Au moins, tu m'as fait passer un bon moment ce matin, ce qui n'est pas rien. Ton billet est excellent, surtout ton jonglage pour éviter les mots-clefs. A part çà, ce n'est pas mon genre de
littérature et ton avis ne risque pas de me faire changer, je n'ai pas la dose de testostérone voulue.


Yv 05/05/2011 13:39



Ce n'est pas une mince affaire que de passer entre les mots-clefs, mais bon, c'est marrant. A mon tout petit niveau et sans comparaison aucune, je suis une sorte de Perec de bazar qui se met des
contraintes : je dis ça parce que je suis plongé dans la lecture d'une conférence de cet écrivain !



Lystig 05/05/2011 06:37


j'aime ton billet où tu joues avec les mots (et pas seulement la langue)
mais je ne suis pas tentée de passer la porte de cette école !
(mois : pas reçu encore le Babelio !)


Yv 05/05/2011 13:37



J'ai voulu faire de l'humour pour faire passer ce bouquin, très particulier.