Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Fannie et Freddie

fannie-et-freddie.jpgFannie et Freddie, Marcus Malte, Zulma, 2014...,

 

Fannie, dite Minerve parce que son buste entier pivote lorsqu'elle répond à quelqu'un, pour compenser la perte de vision due à un œil de verre, est en chasse. Elle se rend dans un parking, se gare face à un coupé Mercédès, joue la femme en difficulté devant une roue crevée. Lorsque le propriétaire du coupé s'avance elle lui demande de l'aide et lorsqu'il se penche, le shoke avec poing électrique de 900 000 volts et l'installe dans le coffre de sa vieille Toyota. 

 

Un huis-clos sur fond de vengeance. La tension monte crescendo, pour nous lecteur, parce qu'on ne connaît pas le motif de l'enlèvement ni les relations entre Fannie et Freddie, l'homme agressé. Ce n'est que petit à petit que Fannie s'explique, que Freddie (ne) comprend (pas) les raisons de son geste.

Une nouvelle ou un court roman d'à peine 90 pages qui se déroule aux Etats-Unis, dans une ville sinistrée par la fermeture de l'aciérie locale. Pourtant cette usine et les gens qui y ont travaillé ont construit le pays, oubliés maintenant, victimes pour beaucoup du capitalisme outrancier et de la spéculation. "Elle dit : Je te parle de ceux qui ont l'argent et le pouvoir. Les tout-puissants. Les tout-permis. Ceux qui ont atteint les sommets de ce qu'on appelle la réussite. Ceux qui sont au-dessus de tout. Mais comment. Comment ils ont fait pour arriver là-haut, si haut ?... En écrasant les autres. C’est comme ça qu'ils font. Ils les piétinent. Ils leur marchent sur la tête, ils leur passent sur le corps. Et les cadavres s'accumulent sous eux. Des tas et des tas, sur lesquels ils continuent de grimper. Grimper, grimper, grimper. Tu peux être sûr que plus ils s'approchent du ciel, plus ils ont de morts sous leurs godasses." (p.59/60) Un roman noir social, en plein dans l'actualité de la crise et de la vie difficile pour les plus pauvres qui continuent à s'appauvrir alors que les riches n’ont jamais été aussi riches. Un roman rapide, aux phrases courtes qui va à l'essentiel sans oublier les personnages, fictifs mais sans doute très réels pas dans leur jusqu'au-boutisme, mais dans leurs difficultés à surmonter l'échec d'une vie ou au contraire dans leur manque d'empathie envers les plus faibles voire même leur mépris.

Ce roman est suivi d'une nouvelle d'une soixantaine de pages, intitulée Ceux qui construisent les bateaux ne le prennent pas. Les deux textes se répondent, ont un contexte similaire, même si ce dernier se déroule à La Seyne-sur-Mer, ville natale de Marcus Malte. La Seyne-sur-Mer était connue pour ses chantiers navals abandonnés depuis des années. Depuis, cette ville populaire -c'est rare dans le coin- des bords de la Méditerranée a du mal à se reconstruire. Le souvenir des chantiers est très vivace, on y travaillait de père en fils ; les fils d'aujourd'hui sont au chômage. C'est là que travaille Ingmar Perhsson, flic, qui depuis vingt-sept ans cherche à comprendre la mort de son seul ami, Paul, tué d'un coup de P 38, à l'âge de 14 ans. Il déambule en ville, tente de comprendre et de s'occuper pour que son mal-être ne le submerge pas. Un texte dans la lignée du précédent avec un héros de polar type, blasé, mal dans sa peau, solitaire. 

Dans ces deux textes, Marcus Malte nous balade dans des villes ouvrières à la reconstruction ardue qui laissera beaucoup de gens sur le côté. Pas gai, bien sûr, mais franchement bien vu, et l'écriture de l'auteur nous emmène jusqu'au bout de ses deux histoires sans qu'on ait vu passer le temps.

Et Oncle Paul, Noukette qu'en pensent-ils ?

 

rentrée 2014

polars 2015

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Noukette 26/12/2014 23:56

Une écriture au scalpel comme je les aime, j'ai adoré (mais ça tu le sais ! ;-) )

Yv 27/12/2014 09:24



Nos goûts en matière d'écriture se ressemblent, ceci étant, je peux aimer -et j'aime aussi- des écritures amples, de longues phrases pour peu qu'elles soient jolies. 



keisha 01/12/2014 15:26

Voui, je dois lire cet auteur.
Et puis Zulma, quoi! (je viens de dévorer l'ile du point nemo!)

Yv 02/12/2014 07:59



Ce dernier, L'île du Point Nemo est l'un de mes préférés de la rentrée



le Merydien 30/11/2014 23:16

Et un Zulma de plus , un !

Yv 01/12/2014 08:18



Et oui, quand on aime...



Asphodèle 30/11/2014 12:48

Il est dans ma liste de Noël celui-ci, tu penses bien ! Un auteur que j'aime beaucoup, que ce soient ses romans ou ses nouvelles, je ne suis jamais déçue ! Tu en parles très bien ! ;)

Yv 30/11/2014 21:53



Merci pour ton compliment, très gentil. Heureusement que Noël existe pour pouvoir assouvir une faim de bons livres



cathe 30/11/2014 12:21

Réservé à la bib, j'attens qu'il arrive :-)

Yv 30/11/2014 21:51



Bonne future lecture



Kathel 30/11/2014 10:34

Marcus Malte écrit tellement bien ! J'ai toujours un petit faible pour cet auteur que j'ai découvert grâce aux blogs, et qui a été le premier avec qui j'ai osé bavarder dans une fête du livre !
;-)
Mais je ne me suis toujours pas procuré ce dernier livre...

Yv 30/11/2014 21:51



Je l'ai découvert assez tardivement moi aussi, mais j'ai toujours beaucoup de plaisir à le lire



Oncle Paul 30/11/2014 08:22

Deux beaux textes que j'ai eu plaisir à lire et chroniquer mon cher Yv.
Bonne journée

Yv 30/11/2014 08:51



Bonjour Paul,


j'ai mis un lien vers ton article, ce que j'aoublie très régulièrement...


Bon dimanche