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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Étrange sabotage

Étrange sabotage

Etrange sabotage, Pierre d'Ovidio, Presses de la cité, 2014...,

Le 4 décembre, 1947, le rapide Paris-Lille déraille près d'Arras faisant vingt morts et  des blessés graves. Les policiers sur place privilégient très vite la piste du sabotage. En cette année agitée, dans laquelle les grèves et manifestations se multiplient et durent, qui a intérêt à faire dérailler ce train et plus généralement le tout nouveau gouvernement en place ? Maurice Clavault, flic de Paris est envoyé en renfort à Arras pour tenter de démêler ce qui pourrait bien être une affaire politico-criminelle. 

Le très bon point de ce bouquin, c'est de nous faire vivre l'époque de l'immédiat après-guerre en France. Une époque difficile, la IVe République est fragile, les gouvernements itou. Les communistes sont encore nombreux, actifs et pèsent sur la politique générale, notamment par la branche syndicale du Parti, la CGT. Les gaullistes tentent de s'implanter avec le nouveau parti créé par le Général en avril 1947, le Rassemblement du Peuple Français. Paul Ramadier est le Président du Conseil et Jules Moch, Ministre de l'Intérieur, inflexible contre les grévistes mineurs du Nord de la France. Ce contexte de violence et de répression musclée est fort bien décrit par Pierre d'Ovidio, il installe une tension tout au long du roman. Ajoutons à cela l'inflation qui explose, les tickets de rationnement qui sont toujours présents, les salaires qui stagnent, le froid de l'hiver nordiste, le manque d'argent pour chauffer les logements, et il n'y avait pas la coupe du monde de football pour réchauffer les cœurs (non, je déconne, la coupe du monde de foot ça ne réchauffe que les portefeuilles des joueurs, celui de la FIFA et des chaînes de télévision). 

Sur fond de société française en plein désarroi, en pleine déroute, Pierre d'Ovidio construit une intrigue politico-crimino-ferroviaire très réaliste, avec des personnages réels et d'autres fictifs. Les fictifs sont ceux qui sont mis en première ligne, les travailleurs et les flics ; Maurice Clavault a dû déjà résoudre des énigmes dans d'autres livres de l'auteur, mais pour moi c'est ma première rencontre avec lui, convaincante. Intrigue bien menée, maîtrisée dont j'ai cru un court moment qu'elle allait finir en queue de poisson, mais non, l'explication finale est là, claire, nette et précise. Nul doute que l'on retrouvera Maurice Clavault et sa compagne Ginette, la pétillante actrice pour des feuilletons radio qui étaient à l'époque très écoutés, et qui voudrait bien percer au cinéma.

Fort bien écrit, une plume documentée et très à l'aise à la description des personnages, des faits et des lieux. Des dialogues, mais point trop.

Un roman qui débute comme ceci :

"Bel engin ! Ouais... Belle mécanique, pour sûr, pensa Jules, ahanant pour relever les barrières du passage à niveau. Même pour une ricaine, chapeau ! Faut reconnaître ce qui est : "ils" savent construire les locos. Le Parti a beau dire !" (p. 9)

 

polars 2015

Etrange sabotage, Pierre d'Ovidio, Presses de la cité, 2014...,

Le 4 décembre, 1947, le rapide Paris-Lille déraille près d'Arras faisant vingt morts et  des blessés graves. Les policiers sur place privilégient très vite la piste du sabotage. En cette année agitée, dans laquelle les grèves et manifestations se multiplient et durent, qui a intérêt à faire dérailler ce train et plus généralement le tout nouveau gouvernement en place ? Maurice Clavault, flic de Paris est envoyé en renfort à Arras pour tenter de démêler ce qui pourrait bien être une affaire politico-criminelle. 

Le très bon point de ce bouquin, c'est de nous faire vivre l'époque de l'immédiat après-guerre en France. Une époque difficile, la IVe République est fragile, les gouvernements itou. Les communistes sont encore nombreux, actifs et pèsent sur la politique générale, notamment par la branche syndicale du Parti, la CGT. Les gaullistes tentent de s'implanter avec le nouveau parti créé par le Général en avril 1947, le Rassemblement du Peuple Français. Paul Ramadier est le Président du Conseil et Jules Moch, Ministre de l'Intérieur, inflexible contre les grévistes mineurs du Nord de la France. Ce contexte de violence et de répression musclée est fort bien décrit par Pierre d'Ovidio, il installe une tension tout au long du roman. Ajoutons à cela l'inflation qui explose, les tickets de rationnement qui sont toujours présents, les salaires qui stagnent, le froid de l'hiver nordiste, le manque d'argent pour chauffer les logements, et il n'y avait pas la coupe du monde de football pour réchauffer les cœurs (non, je déconne, la coupe du monde de foot ça ne réchauffe que les portefeuilles des joueurs, celui de la FIFA et des chaînes de télévision). 

Sur fond de société française en plein désarroi, en pleine déroute, Pierre d'Ovidio construit une intrigue politico-crimino-ferroviaire très réaliste, avec des personnages réels et d'autres fictifs. Les fictifs sont ceux qui sont mis en première ligne, les travailleurs et les flics ; Maurice Clavault a dû déjà résoudre des énigmes dans d'autres livres de l'auteur, mais pour moi c'est ma première rencontre avec lui, convaincante. Intrigue bien menée, maîtrisée dont j'ai cru un court moment qu'elle allait finir en queue de poisson, mais non, l'explication finale est là, claire, nette et précise. Nul doute que l'on retrouvera Maurice Clavault et sa compagne Ginette, la pétillante actrice pour des feuilletons radio qui étaient à l'époque très écoutés, et qui voudrait bien percer au cinéma.

Fort bien écrit, une plume documentée et très à l'aise à la description des personnages, des faits et des lieux. Des dialogues, mais point trop.

Un roman qui débute comme ceci :

"Bel engin ! Ouais... Belle mécanique, pour sûr, pensa Jules, ahanant pour relever les barrières du passage à niveau. Même pour une ricaine, chapeau ! Faut reconnaître ce qui est : "ils" savent construire les locos. Le Parti a beau dire !" (p. 9)

 

polars 2015

 

 

 

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Emma 18/07/2014 09:41

Si celui-ci est excellent, je le note.

Yv 18/07/2014 14:18



Oui, un très bon polar qui instruit



Claude Le Nocher 15/07/2014 07:38

Salut Yves
Pierre d'Ovidio est un auteur qui sait nous restituer cette période de l'après-guerre, oubliée ou caricaturée. Pas lu celui-là, mais il semble excellent. Amitiés.

Yv 15/07/2014 20:52



Salut Claude, je n'avais pas aimé le premier de l'auteur que j'avais lu, mais celui-ci est vraiment très très bon


Amicalement,



le Merydien 14/07/2014 18:50

Jules Moch, encore un adepte du il faut savoir terminer une greve, quitte à ce que cela soit à grands coups de matraque dans la ...D'ailleurs, il me semble qu'il était du même parti qu'un certain
françois.Comme quoi ! M'a l'air sympa ce polar sur fond de bete humaine.

Yv 15/07/2014 20:51



Je ne connaissais pas ce pan de l'histoire des grèves en France et n'avait aucune mémoire de Jules Moch, un polar qui en plus d'être bon est instructif



Alex-Mot-à-Mots 14/07/2014 13:14

Des histoires de catastrophes ferroviaires, très peu pour moi.

Yv 15/07/2014 20:50



Malheureusement dans les polars, il y a souvent des catastrophes



zazy 13/07/2014 12:00

Le livre lu de Pierre d'Ovidio m'a laissé un bon souvenir

Yv 15/07/2014 20:50



Moi, le premier que j'ai lu de lui m'avait déplu, comme quoi, il faut persévérer