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Eloge du contraire

Publié le par Yv

Éloge du contraire, François Bott, Ed. du Rocher, 2011

"Pourquoi cet éloge du « contraire » et dans le même mouvement, l'apologie du paradoxe ? Sans doute parce que toute vérité porte en elle son contraire... Le paradoxe est une façon particulière de ressentir les choses et de regarder le monde. Presque une philosophie de la vie, presque une manière de (mieux) respirer. Très éloignée du politiquement ou du moralement « correct », cette façon de penser, moqueuse et légère, presque frivole, déplaît à beaucoup de gens, notamment à la gardienne de mon immeuble, rue de Buci. Cela heurte et contrarie le bon sens de la brave dame, ses croyances et ses opinions." (présentation éditeur)

Voilà donc François Bott parti dans des discussions quasi philosophiques avec Sophie, la concierge de son immeuble et Alex, garçon de café au Flore, fils de garçon de café aux deux Magots qui a donc fréquenté Jean-Paul Sartre et consorts. L'éloge du contraire se bâtit sur une phrase de Madame de Sévigné : "Je ne suis pas toujours de mon avis" (p.22) et tourne autour des aphorismes des uns et des autres, plutôt drôles, cyniques ou ironiques comme par exemple celui de Tristan Bernard, interné à Drancy pendant l'Occupation : "Jusqu'à maintenant nous vivions dans l'angoisse. Eh bien ! nous allons vivre dans l'espoir" (p.19). L'auteur déroule son raisonnement mi-moqueur, mi-sérieux entrecoupé de citations très à propos : j'en ai souligné beaucoup dans ma lecture, mais  bien sûr, je ne peux pas toutes vous les citer. Si vous êtes sages, je verrais en fin d'article à en remettre une ou deux.

Des pages savoureuses consacrées à ceux "qui savent", à ceux qui pensent avoir LA Vérité, ceux-là, "Leur credo, c'est : "Je suis ce que je suis", " Je crois ce que je crois" [...] La seule ambition de ces gens, c'est de ressembler à eux-mêmes... Et à tout le monde, jusqu'à périr de grisaille et d'ennui." (p.29)

A soixante-quinze ans, François Bott cultive son anticonformisme et sa différence. Il les revendique et veut les avoir jusqu'à la fin.

En outre, il ne peut s'empêcher d'égratigner nos dirigeants, et parmi eux, celui qui est le plus haut (sauf dans les sondages) dans un portrait peu flatteur, mais tellement réaliste: "Mélange de sourire commercial, de cordialité électorale, de manières de parvenu, de bravades puériles et vulgaires, et de violences verbales de cour d'école, Sarko se prend pour Sarko, sans états d'âme. A ses yeux, c'est énorme. dans les miroirs du Palais, il est le garant, le héros, l'athlète, le champion, le Zorro de l'identité nationale." (p.47/48).

Un livre qui recense des paradoxes, qui fait réfléchir un peu mais d'une manière point trop intellectuelle. Le propos est aisé d'abord, l'écriture est un régal d'humour, de malice et de deuxième voire troisième degré. L'auteur s'autorise tous les paradoxes, revendiquant le droit de faire l'apologie du contraire de l'idée dominante et l'apologie de celle-ci dès lors qu'elle deviendra minoritaire.

Vous avez été sages ? Alors, je vous propose d'autres maximes, mais sous forme de quizz. Pas facile, sauf peut-être la dernière. Attention, pour la seconde, il y a deux papas. Qui a dit  :

1- "Dans chaque homme, il y a toujours deux hommes, et le plus vrai, c'est l'autre"

2- "La seule excuse de Dieu, c'est de ne pas exister"

3- "Les Américains et les Anglais ont beaucoup de choses en commun sauf la langue"

Et une petite dernière pour la route :

4- "Je ne crois pas à l'au-delà, mais j'emporterai toujours un caleçon de rechange"

Pour vraiment finir, je voudrais remercier Anaïs de chez Gilles Paris et vous préciser que la mise en page de ce livre est très aérée, très claire et la couverture d'un vert anis très seyant.

Réponses au quizz dans le premier commentaire que je me fais moi-même-tout-seul.

Commenter cet article

moustafette 19/06/2011 22:18


Savoureux !
"Je suis pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour" (Francis Blanche), partant de là je ne sais si je dois acheter ce livre, quel casse-tête !


Yv 20/06/2011 13:32



Ça résume bien le livre.



keisha 19/06/2011 15:46


Je connaissais le mot de Tristan bernhard, magnifique humour en dépit de tout, et puis les quatre autres, je me doutais bien qu'il y avait un W allen là dedans...


Yv 20/06/2011 13:31



probablement le plus facile à trouver, sans vouloir te vexer ; c'est d'ailleurs le seul que j'ai pu identifier du premier coup.



Yv 09/06/2011 16:07


1- Jorge Luis Borges
2- Stendhal, puis Nietzsche
3- Oscar Wilde
4- Woody Allen
Bravo à ceux et celles qui ont tout trouvé !