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Elles se rendent pas compte

Publié le par Yv

Elles se rendent pas compte, Boris Vian, Ed. Le terrain vague, 1953

Francis, un jeune homme de bonne famille de Washington tente d'aider une de ses amies, Gaya en proie aux affres de la drogue. Il va devoir lutter, en compagnie de Richard, son frère contre un gang d'homosexuels hommes et femmes, dirigé par Louise Walcott, lesbienne affichée.

Ce livre est présenté comme tous les polars noirs de Boris Vian : écrit par Vernon Sullivan et traduit par Boris Vian. De nombreuses éditions existent, notamment en poche et 10/18.

Envie de revenir à des lectures de ma "jeunesse" (je mets entre guillemets, pour faire croire que je suis encore très jeune, afin de m'attirer un public jeune lui aussi, dynamique, qui boostera mes statistiques. Bien joué, non ?). J'ai donc replongé avec délices dans ce vieux Boris Vian que je n'avais pas ouvert depuis des années. Il a un petit côté désuet par l'approche que fait l'auteur du monde homosexuel : les lesbiennes y sont décrites comme des femmes pas satisfaites par les hommes et lorsque Richard et Francis en honore une, celle-ci se révèle être une quasi nymphomane. Evidemment, Boris Vian y met de l'humour qui atténue ce qui serait peut-être difficile d'écrire aujourd'hui. Ceci étant, il n'est jamais homophobe même s'il n'est pas très tendre avec les homos, mais bon, dans ce livre les méchants sont homos, donc forcément pas très sympathiques !

Cette parenthèse fermée, j'ai retrouvé le monde des polars noirs américains des années 50 : le sexe, la drogue, les mecs virils qui tombent les filles : Boris Vian n'a rien à envier aux écrivains étasuniens de souche ! De l'action, du suspense, des bagarres, du fric à gogo.

Aujourd'hui, on lit beaucoup plus rapide, beaucoup plus violent et sexuel, mais dans les années 50, il faut savoir que les romans noirs, très durs de Boris Vian, tel J'irai cracher sur vos tombes ont été interdits à leur sortie. Bon ce n'est sans doute pas le cas de celui ci, beaucoup plus léger qui joue plutôt la carte de l'humour, tout en décrivant tout de même la jeunesse riche des Etats-Unis plongée dans l'alcool, la drogue et l'argent facile.

Une très bonne lecture : allez-y les jeunes ! Et les autres !

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Marie DGME 30/09/2011 19:27


Si vous voulez vous plonger dans l'oeuvre de Vian, je vous conseillerais de consulter ses manuscrits, accessibles sur Gallica le site de la BNF. Vous y trouverez notamment ceci:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8438628h, la manuscrit du très controversé "J'irai cracher sur vos tombes", signé par Vian sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Ce document est évidemment en
mode image, mais on peut trouver sur Gallica des livres numérisés en mode texte (et des estampes, des photographies, des partitions). Pour en savoir plus sur Gallica, vous pouvez vous rendre sur
http://cequecachangepourvous.modernisation.gouv.fr/bnf-gallica.htm


Yv 30/09/2011 21:03



Merci pour les tuyaux.



attila 31/07/2011 14:53


En inconditionnelle de Vian je ne peux que regretter que son oeuvre soit souvent resumée à de la litterature pour adolescents : Vian c'est tellement plus que ça! !!! De la poésie, du
désenchantement dilletante, du désespoir derrière un sourire et un air de jazz. .... Et surtout le style! !!! Et quoi d'autre que le style pour reconnaître un ecrivain comme le disait Céline?


Yv 01/08/2011 15:33



J'acquiesce et j'opine. Vian c'est tout cela et c'est pour ces raisons que de temps en temps j'en relis un.



Margotte 28/07/2011 08:55


C'est toujours un plaisir de (re)lire Boris Vian ! Je me souviens encore du choc lié à la découverte de son écriture au collège ;-)


Yv 29/07/2011 14:00



Pareil pour moi mêm si le collège, c'est un peu loin...



LN 19/07/2011 14:56


C'est sûr! ;-)


Yv 19/07/2011 18:36



Très mal accueilli à sa sortie d'ailleurs



LN 19/07/2011 12:03


J'ai beaucoup aimé ce roman à la fois léger et sombre mais nettement moins sombre que J'irai cracher sur vos tombes. ça fait du bien un peu de légèreté dans ce monde de brutes ;-)


Yv 19/07/2011 14:52



Plus lourd que J'irai cracher... eut été difficile...



Asphodèle 18/07/2011 12:16


J'aime beaucoup ta pirouette qui en présentant "ce vieux Boris" te place la barre plus jeune !! Ah ah, crise de la quarantaine Monsieur ? Bon ce livre me fait un peu penser aux univers de
Fitzgerald (époque Paris) ou Hemingway (même époque), je note, "My old sport" !


Yv 19/07/2011 14:49



Il faut payer e sa personne pour s'attirer les grâces d'un public jeune...