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Le blog de Yv

Le blog de Yv

Des livres, des livres... encore des livres, toujours des livres. Parfois un peu de musique.

Ce qui n'est pas écrit

reig.jpgCe qui n'est pas écrit, Rafael Reig, Métailié, 2014 (traduit par Myriam Chirousse)...

Carmen et Carlos sont séparés. Ensemble ils ont eu un fils, Jorge, 14 ans aujourd'hui. Leur divorce fut pénible, puis la situation apaisée, Carlos revoit Jorge et l'emmène pour un week-end en montagne, entre hommes. Les rapports entre eux sont difficiles, tendus. Avant de partir de chez Carmen, Carlos lui a laissé un manuscrit d'un polar éprouvant dans lequel Carmen peut voir des pans de sa vie avec Carlos émerger. Lorsqu'elle comprend que Carlos pourrait se venger sur leur fils Jorge, l'angoisse la paralyse.

Excellente idée de départ : un père et son fils partent en excursion, la mère ou ex-femme reste angoissée en ville, un manuscrit étrange entre les mains. L'auteur a la bonne idée d'alterner les chapitres : ceux consacrés aux garçons, ceux qui parlent de la mère et ceux concernant le manuscrit. Dans ceux-ci, le héros, Riquelme est amateur de mots croisés, et chaque chapitre se finit par une définition (avec emplacement du mot dans la grille) ; le mot qui entre dans les cases est celui qui débute le chapitre suivant, celui qui concerne l'excursion en montagne. Tout commence bien pour le lecteur, moins pour Jorge qui ne sait quoi dire à son père : "Ils marchaient d'un bon pas vers la gare de banlieue de Nuevos Ministerios et, aux feux rouges, son père lui passait un bras sur les épaules, lui demandait si ça allait les cours, quelle était sa musique préférée ou s'il avait une petite copine. Jorge s'efforçait de montrer de l'enthousiasme, mais il n'arrivait pas à contenir une volubilité nerveuse et il en bégayait presque. Pour le reste, les cours ça allait très bien, il avait partout au-dessus de la mention assez bien, la musique qu'il préférait c'étaient les quatuors à cordes, et le contact le plus intime qu'il avait eu avec la fille qui lui plaisait, Teresa, ç'avait été de recevoir un crachat d'elle sur la joue. [...] Alors il raconta à son père qu'en cours ils étaient très exigeants, qu'il adorait Shakira et qu'il n'avait pas de copine, mais qu'une fille qui s'appelait Maria Luisa lui plaisait." (p.24/25). Et puis assez vite, l'histoire tourne en rond, chaque personnage se posant des questions sur le même événement sans vraiment faire avancer le roman ; on a aussi la version d'un même fait vu par les yeux de Carlos, puis par ceux de Jorge, répétition d'autant plus inutile que l'on sentait aisément dans les yeux de Carlos la réaction de Jorge.

De même Rafael Reig brosse à gros traits malhabiles l'effritement de l'amour, les rapports père-fils, les haines et rancœurs des uns et des autres, ça manque de finesse et de minutie. Un roman plus ramassé, plus court aurait gagné en densité et en intérêt. Si au départ, on pouvait penser à Sukkwan Island de David Vann avec une tension dès le départ parce que père et fils ne s'entendent pas, on est à l'arrivée avec un roman qui s'il n'est pas inintéressant ne parvient pas à l'égaler.  

Une déception (toute relative) que ce polar espagnol.

Sandrine, Clara et Jostein ont aimé

polars

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Aliénor 28/02/2014 12:01

Je fais partie de ceux qui ont aimé. J'ai trouvé troublant ce jeu autour de la création littéraire, de sa force de persuasion. Effectivement non peut penser que ça tourne en rond, mais cette
histoire est un serpent qui se mord la queue : où est la réalité, où est la fiction, et finalement, qui a manipulé l'autre avec ce roman dans le roman ?

Yv 28/02/2014 14:04



Oui, je comprends bien tout ce que tu écris, mais ça n'a pas fonctionné chez moi. Tant mieux que d'autres dont toi aient aimé



zarline 18/02/2014 21:32

Je l'avais repéré et il me tentait bien mais ton billet me refroidit un peu. Comme les avis sont généralement positifs, je le garde quand même au chaud; mais si j'ai bien compris, je devrais
probablement me concentrer pour le moment sur le Vann qui traine dans ma PAL depuis des lustres.

Yv 19/02/2014 08:48



Ou alors, lis d'abord celui-ci et le Vann après, peut-être le verras-tu d'une autre manière ?



dasola 18/02/2014 15:03

Bonjour Yv, tu es un des rares à ne pas avoir beaucoup apprécié ce roman. Ton avis discordant m'intéresse d'autant plus que ce roman est dans ma PAL depuis peu. Si c'est moins bien que Sukkwan
Island (que j'avais détesté), ça promet. Je verrai bien. De toute façon, j'en ai d'autres à lire avant. Bon après-midi.

Yv 19/02/2014 08:47



Je n'y ai pas retrouvé la tension qu'il y avait dans Sukkwan Island ni le travail sur les personnages, et puis, beaucoup trop derépétitions qui ne servent ni l'intrigue ni le texte. Bonne lecture
quand même



Sandrine 16/02/2014 10:26

Je ne suis pas d'accord pour les "gros traits malhabiles", et j'ai particulièrement aimé la méticuleuse construction.

Yv 16/02/2014 11:42



Comme quoi sur un même livre, les avis divergent, j'y ai trouvé plein de clichés, de grosses ficelles et de "gros traits malhabiles". Néanmoins, c'est un roman qui cache quelques belles
surprises, comme le roman dans le roman



Kathel 15/02/2014 08:00

Je continue d'avoir envie de le lire, malgré tout... avec un peu moins d'attentes...

Yv 15/02/2014 09:15



Donc peut-être moins de déceptions...



le Merydien 14/02/2014 20:20

Bon ben pour moi aussi c'est le syndrome David Vann avec la description du début.Tu l'as tellement bien vendu que je vais passer mon tour.

Yv 15/02/2014 09:15



Tu es sage, d'autres ouvrages t'attendent...



Philisine Cave 14/02/2014 15:14

Déjà que je n'ai pas raffolé de Sukkwan Island. Je sens que je vais m'abstenir.

Yv 15/02/2014 09:14



Ah oui, je te comprends, moi j'avais aimé Sukkwan Island, pas les autres de David Vann



Alex-Mot-à-Mots 14/02/2014 13:32

Tu es le premier avis discordant que je lis.

Yv 15/02/2014 09:13



Oui, j'ai vu ça, et je suis étonné d'être le seul...



Hélène 14/02/2014 09:34

Effectivement le pitch fait penser à "Sukkwan island", ce qui m'a refroidie, j'ai trop peur de la page 113...;)

Yv 14/02/2014 09:37



Tu ne cours aucun risque ici, p.113... ou autre d'ailleurs...



keisha 13/02/2014 09:12

J'hésitais à le lire, bon, ça attendra une éventuelle arrivée en bibli.

Yv 14/02/2014 09:14



Tu peux selon moi